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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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M. d�Aiguillon toucha droit � l�h�tel de M. de Richelieu. Il n�y trouva que Raft�.

M. le mar�chal, r�pondit celui-ci, �tait attendu d�un instant � l�autre; un retard de poste le retenait sans doute aux barri�res.

M. d�Aiguillon proposa d�attendre, tout en manifestant quelque mauvaise humeur � Raft�, car il prenait l�excuse pour une nouvelle d�faite.

Ce fut bien pis lorsque Raft� lui r�pondit que le mar�chal serait au d�sespoir, quand il rentrerait, qu�on e�t fait attendre M. d�Aiguillon; que, d�ailleurs, il ne devait pas coucher � Paris, ainsi qu�il avait �t� convenu d�abord; que sans doute il ne reviendrait pas seul de la campagne, et traverserait seulement Paris en prenant des nouvelles � son h�tel; que, par cons�quent, M. d�Aiguillon ferait bien de retourner chez lui-m�me, o� le mar�chal monterait en passant.

� �coutez, Raft�, dit d�Aiguillon, qui s��tait fort assombri durant cette r�plique tout obscure, vous �tes la conscience de mon oncle: r�pondez-moi en honn�te homme. On me joue, n�est-ce pas, et M. le mar�chal ne veut pas me voir? Ne m�interrompez pas, Raft�; vous avez �t� pour moi souvent un bon conseil, et j�ai pu �tre pour vous ce que je serai encore, un bon ami; faut-il que je retourne � Versailles?

� Monsieur le duc, sur l�honneur, vous recevrez chez vous, avant une heure d�ici, la visite de M. le mar�chal.

� Mais alors, autant que je l�attende ici, puisqu�il y viendra.

� J�ai eu l�honneur de vous dire qu�il n�y viendrait peut-�tre pas seul.

� Je comprends� et j�ai votre parole, Raft�.

� ces mots, le duc sortit tout r�veur, mais d�un air aussi noble et aussi gracieux que l��tait peu la figure du mar�chal lorsqu�il sortit d�un cabinet vitr� apr�s le d�part de son neveu.

Le mar�chal souriait comme un de ces laids d�mons que Callot a sem�s dans ses Tentations.

� Il ne se doute de rien, Raft�? dit-il.

� De rien, monseigneur.

� Quelle heure est-il?

� L�heure ne fait rien � la chose, monseigneur; il faut attendre que notre petit procureur du Ch�telet soit venu m�avertir. Les commissaires sont encore chez l�imprimeur.

Raft� n�avait point achev� quand un valet de pied fit entrer par une porte secr�te un personnage assez crasseux, assez laid, assez noir, une de ces plumes vivantes pour lesquelles M. du Barry professait une si violente antipathie.

Raft� poussa le mar�chal dans le cabinet et s�avan�a souriant � la rencontre de cet homme.

� Ah! c�est vous, ma�tre Flageot! dit-il; enchant� de votre visite.

� Votre serviteur, monsieur de Raft�; eh bien, l�affaire est faite!

� C�est imprim�?

� Et tir� � cinq mille. Les premi�res �preuves courent d�j� la ville, les autres s�chent.

� Quel malheur! cher monsieur Flageot, quel d�sespoir pour la famille de M. le mar�chal!

M. Flageot, pour se dispenser de r�pondre, c�est-�-dire de mentir, tira une large bo�te d�argent o� il puisa lentement une prise de tabac d�Espagne.

� Et ensuite que fait-on? continua Raft�.

� La forme, cher monsieur de Raft�. MM. les commissaires, s�rs du tirage et de la distribution, monteront imm�diatement dans le carrosse qui les attend � la porte de l�imprimerie, et s�en iront signifier l�arr�t � M. le duc d�Aiguillon, qui justement, voyez le bonheur, c�est-�-dire le malheur, monsieur Raft�, se trouve en son h�tel � Paris, o� l�on va pouvoir parler � sa personne.

Raft� fit un brusque mouvement pour atteindre sur un meuble un �norme sac de proc�dure qu�il remit � ma�tre Flageot en lui disant:

� Voici les pi�ces dont je vous ai parl�, monsieur; monseigneur le mar�chal a la plus grande confiance en vos lumi�res et vous abandonne cette affaire, qui doit �tre avantageuse pour vous. Merci de vos bons offices dans le d�plorable conflit de M. d�Aiguillon avec le tout-puissant parlement de Paris, merci de vos bons avis!

Et il poussa doucement, mais avec une certaine h�te, vers la porte de l�antichambre, ma�tre Flageot ravi du poids de son dossier.

Aussit�t, d�livrant le mar�chal de sa prison:

� Allons, monseigneur, dit-il, en voiture! vous n�avez pas de temps � perdre si vous voulez assister � la repr�sentation. T�chez que vos chevaux marchent plus vite que ceux de MM. les commissaires.

Chapitre 97. O� il est d�montr� que le chemin du minist�re n�est pas sem� de roses

Les chevaux de M. de Richelieu marchaient plus vite que ceux de MM. les commissaires, puisque le mar�chal entra le premier dans la cour de l�h�tel d�Aiguillon.

Le duc n�attendait plus son oncle et se pr�parait � repartir pour Luciennes, afin d�annoncer � madame du Barry que l�ennemi s��tait d�masqu�; mais l�huissier, annon�ant le mar�chal, r�veilla du fond de sa torpeur cet esprit d�courag�.

Le duc courut au-devant de son oncle, et lui prit les mains avec une affectation de tendresse mesur�e � la peur qu�il avait eue.

Le mar�chal s�abandonna comme le duc: le tableau fut touchant. On voyait cependant M. d�Aiguillon h�ter le moment des explications, tandis que le mar�chal le reculait de son mieux en regardant soit un tableau, soit un bronze, soit une tapisserie, et en se plaignant d�une fatigue mortelle.

Le duc coupa la retraite � son oncle, l�enferma dans un fauteuil comme M. de Villars avait enferm� le prince Eug�ne dans Marchiennes et, pour attaque:

� Mon oncle, lui dit-il, est-il vrai que vous, l�homme le plus spirituel de France, vous m�ayez jug� assez mal pour croire que je ne ferais pas de l��go�sme � nous deux?

Il n�y avait plus � reculer. Richelieu prit son parti.

� Que me dis-tu l�, r�pliqua-t-il, et en quoi vois-tu que je t�aie bien ou mal jug�, mon cher?

� Mon oncle, vous me boudez.

� Moi! � quel propos?

� Oh! pas de ces faux-fuyants, monsieur le mar�chal; vous m��vitez lorsque j�ai besoin de vous, c�est tout dire.

� D�honneur, je ne comprends pas.

� Je vais vous expliquer alors. Le roi n�a pas voulu vous nommer ministre, et, comme j�ai accept�, moi, les chevau-l�gers, vous supposez que je vous ai abandonn�, trahi. Cette ch�re comtesse, qui vous porte dans son c�ur�

Ici, Richelieu pr�ta l�oreille, mais ce ne fut pas seulement aux paroles de son neveu.

� Tu me dis qu�elle me porte dans son c�ur, cette ch�re comtesse? ajouta t-il.

� Et je le prouverai.

� Mais, mon cher, je ne conteste pas� Je te fais venir pour pousser avec moi � la roue. Tu es plus jeune, par cons�quent plus fort; tu r�ussis, j��choue; c�est dans l�ordre, et, par ma foi, je ne devine pas pourquoi tu prends tous ces scrupules; si tu as agi dans mes int�r�ts, tu es cent fois approuv�; si tu as agi contre moi, eh bien, je te rendrai ta gourmande� Cela m�rite-t-il qu�on s�explique?

� Mon oncle, en v�rit�

� Tu es un enfant, duc. Ta position est magnifique: pair de France, duc, commandant les chevau-l�gers, ministre dans six semaines, tu dois �tre au-dessus de toute futile mesquinerie; le succ�s absout, mon cher enfant. Suppose� � j�aime les apologues, moi� � suppose que nous soyons les deux mulets de la fable� Mais qu�est-ce que j�entends par l�?

� Rien, mon oncle; continuez.

� Si fait, j�entends un carrosse dans la cour.

� Mon oncle, ne vous interrompez pas, je vous prie; votre conversation m�int�resse par-dessus toute chose; moi aussi, j�aime les apologues.

� Eh bien, mon cher, je voulais te dire que jamais, dans la prosp�rit�, tu ne trouveras en face le reproche et n�auras � craindre le d�pit des envieux; mais, si tu cloches, si tu buttes� ah! diable, prends garde, c�est � ce moment que le loup attaque; mais, vois-tu, je te disais bien, il y a du bruit dans ton antichambre, on vient sans doute t�apporter le portefeuille� La petite comtesse aura travaill� pour toi dans l�alc�ve.

L�huissier entra.

� MM. les commissaires du parlement, dit-il avec inqui�tude.

� Tiens! fit Richelieu.

� Des commissaires du parlement ici?� Que me veut-on? r�pondit le duc, peu rassur� par le sourire de son oncle.

� De par le roi! articula une voix sonore au bout de l�antichambre.

� Oh! oh! s��cria Richelieu.

M. d�Aiguillon se leva tout p�le et vint au seuil du salon introduire lui-m�me les deux commissaires, derri�re lesquels apparaissaient deux huissiers impassibles, puis, � distance, une l�gion de valets �pouvant�s.

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