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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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�D�abord, je n�avais pu le regarder sans crainte; ensuite, je le d�sirai; enfin, je courus avec la pens�e au-devant de lui. Et souvent, comme on voit dans un songe, il me semblait le voir la nuit dans la rue ou le sentir passer sous ma fen�tre.

�Cet �tat n�avait point �chapp� � mes compagnes. La sup�rieure en fut avertie; elle pr�vint ma m�re. Trois jours avant celui o� je devais prononcer mes v�ux, je vis entrer dans ma cellule les trois seuls parents que j�eusse au monde: mon p�re, ma m�re, mon fr�re.

�Ils venaient pour m�embrasser encore une fois, disaient-ils, mais je vis bien qu�ils avaient un autre but, car, rest�e seule avec moi, ma m�re m�interrogea. Dans cette circonstance, il est facile de reconna�tre l�influence du d�mon, car, au lieu de lui tout dire, comme j�eusse d� le faire, je niai tout obstin�ment.

�Le jour o� je devais prendre le voile �tait venu au milieu d�une �trange lutte que je soutenais en moi-m�me, d�sirant et redoutant l�heure qui me donnerait tout enti�re � Dieu, et sentant bien que, si le d�mon avait quelque tentative supr�me � faire sur moi, ce serait � cette heure solennelle qu�il l�essayerait.

� Et cet homme �trange ne vous avait pas �crit depuis la premi�re lettre que vous trouv�tes dans votre guimpe? demanda la princesse.

� Jamais, Madame.

� � cette �poque, vous ne lui aviez jamais parl�?

� Jamais, sinon mentalement.

� Ni �crit?

� Oh! jamais.

� Continuez. Vous en �tiez au jour o� vous pr�tes le voile.

� Ce jour-l�, comme je le disais � Votre Altesse, je devais enfin voir finir mes tortures; car, tout m�l� qu�il �tait d�une douceur �trange, c��tait un supplice inimaginable pour une �me rest�e chr�tienne que l�obsession d�une pens�e, d�une forme toujours pr�sente et impr�vue, toujours railleuse par l��-propos qu�elle mettait � m�appara�tre juste dans mes moments de lutte contre elle et par son obstination � me dominer alors invinciblement. Aussi il y avait des moments o� j�appelais cette heure sainte de tous mes v�ux. Quand je serai � Dieu, me disais-je, Dieu saura bien me d�fendre, comme il m�a d�fendue lors de l�attaque des bandits. J�oubliais que, lors de l�attaque des bandits, Dieu ne m�avait d�fendue que par l�entremise de cet homme.

�Cependant, l�heure de la c�r�monie �tait venue. J��tais descendue � l��glise, p�le, inqui�te, et cependant moins agit�e que d�habitude; mon p�re, ma m�re, mon fr�re, cette voisine de la via Frattina qui m��tait venue voir, tous nos autres amis �taient dans l��glise, tous les habitants des villages voisins �taient accourus, car le bruit s��tait r�pandu que j��tais belle, et une belle victime, dit-on, est plus agr�able au Seigneur. L�office commen�a.

�Je le h�tais de tous mes v�ux, de toutes mes pri�res, car il n��tait pas dans l��glise, et je me sentais, lui absent, assez ma�tresse de mon libre arbitre. D�j� le pr�tre se tournait vers moi, me montrant le Christ auquel j�allais me consacrer, d�j� j��tendais les bras vers ce seul et unique Sauveur donn� � l�homme, quand le tremblement habituel qui m�annon�ait son approche commen�a d�agiter mes membres, quand le coup qui comprimait ma poitrine m�indiqua qu�il venait de mettre le pied sur le seuil de l��glise, quand enfin l�attraction irr�sistible amena mes yeux du c�t� oppos� � l�autel, quelques efforts qu�ils fissent pour rester fid�les au Christ.

�Mon pers�cuteur �tait debout pr�s de la chaire et plus appliqu� que jamais � me regarder.

�De ce moment, je lui appartenais; plus d�office, plus de c�r�monie, plus de pri�res.

�Je crois que l�on me questionna selon le rite, mais je ne r�pondis pas. Je me souviens que l�on me tira par le bras et que je vacillai comme une chose inanim�e que l�on d�place de sa base. On me montra des ciseaux sur lesquels un rayon du soleil venait refl�ter son �clair terrible: l��clair ne me fit pas sourciller. Un instant apr�s, je sentis le froid du fer sur mon cou, le grincement de l�acier dans ma chevelure.

�En ce moment, il me sembla que toutes les forces me manquaient, que mon �me s��lan�ait de mon corps pour aller � lui, et je tombai �tendue sur la dalle, non pas, chose �trange, comme une personne �vanouie, mais comme une personne prise de sommeil. J�entendis un grand murmure puis je devins sourde, muette, insensible. La c�r�monie fut interrompue avec un �pouvantable tumulte.�

La princesse joignit les mains avec compassion.

� N�est-ce pas, dit Lorenza, que c�est l� un terrible �v�nement, et dans lequel il est facile de reconna�tre l�intervention de l�ennemi de Dieu et des hommes?

� Prenez garde, dit la princesse avec un accent de tendre compassion, prenez garde, pauvre femme, je crois que vous avez trop de pente � attribuer au merveilleux ce qui n�est que l�effet d�une faiblesse naturelle. En voyant cet homme, vous vous �tes �vanouie, et voil� tout; il n�y a rien autre chose; continuez.

� Oh! Madame, Madame, ne me dites pas cela, s��cria Lorenza, ou, du moins, attendez, pour porter un jugement, que vous ayez tout entendu. Rien de merveilleux! continua-t-elle; mais alors n�est-ce pas, je fusse revenue � moi, dix minutes, un quart d�heure, une heure apr�s mon �vanouissement? Je me serais entretenue avec mes s�urs, j�aurais repris courage et foi parmi elles?

� Sans doute, dit Madame Louise. Eh bien! n�est-ce pas ainsi que la chose est arriv�e?

� Madame, dit Lorenza d�une voix sourde et acc�l�r�e, lorsque je revins � moi, il faisait nuit. Un mouvement rapide et saccad� me fatiguait depuis quelques minutes. Je soulevai ma t�te, croyant �tre sous la vo�te de la chapelle ou sous les rideaux de ma cellule. Je vis des rochers, des arbres, des nuages; puis, au milieu de tout cela, je sentais une haleine ti�de qui me caressait le visage, je crus que la s�ur infirmi�re me prodiguait ses soins, et je voulus la remercier� Madame, ma t�te reposait sur la poitrine d�un homme, et cet homme �tait mon pers�cuteur. Je portai les yeux et les mains sur moi-m�me pour m�assurer si je vivais ou du moins si je veillais. Je poussai un cri. J��tais v�tue de blanc. J�avais sur le front une couronne de roses blanches, comme une fianc�e ou comme une morte.

La princesse poussa un cri; Lorenza laissa tomber sa t�te dans ses deux mains.

� Le lendemain, continua en sanglotant Lorenza, le lendemain je v�rifiai le temps qui s��tait �coul�: nous �tions au mercredi. J��tais donc rest�e pendant trois jours sans connaissance; pendant ces trois jours, j�ignore enti�rement ce qui s�est pass�.

Chapitre 51. Le comte de F�nix

Pendant longtemps un silence profond laissa les deux femmes, l�une � ses m�ditations douloureuses, l�autre � son �tonnement, facile � comprendre.

Enfin Madame Louise rompit la premi�re le silence.

� Et vous n�avez rien fait pour faciliter cet enl�vement? dit-elle.

� Rien, Madame.

� Et vous ignorez comment vous �tes sortie du couvent?

� Je l�ignore.

� Cependant un couvent est bien ferm�, bien gard�; il y a des barreaux aux fen�tres, des murs presque infranchissables, une touri�re qui ne quitte pas ses clefs. Cela est ainsi, en Italie surtout, o� les r�gles sont plus s�v�res encore qu�en France.

� Que vous dirai-je, Madame, quand moi-m�me depuis ce moment je m�ab�me � creuser mes souvenirs sans y rien trouver?

� Mais vous lui reproch�tes votre enl�vement?

� Sans doute.

� Que vous r�pondit-il pour s�excuser?

� Qu�il m�aimait.

� Que lui dites-vous?

� Qu�il me faisait peur.

� Vous ne l�aimiez donc pas?

� Oh! non, non!

� En �tiez-vous bien s�re?

� H�las! Madame, c��tait un sentiment �trange que j��prouvais pour cet homme. Lui l�, je ne suis plus moi, je suis lui; ce qu�il veut, je le veux; ce qu�il ordonne, je le fais; mon �me n�a plus de puissance, mon esprit plus de volont�: un regard me dompte et me fascine. Tant�t il semble pousser jusqu�au fond de mon c�ur des pens�es qui ne sont pas miennes, tant�t il semble attirer au dehors de moi des id�es si bien cach�es jusqu�alors � moi-m�me, que je ne les avais pas devin�es. Oh! vous voyez bien, Madame, qu�il y a magie.

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