Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 86
Перейти на страницу:

Au bout de cette heure, la porte par laquelle il �tait entr� se rouvrit, et un laquais parut qui lui dit:

� Venez!

Chapitre 41. Le m�decin malgr� lui

Gilbert se sentait d�sagr�ablement affect� d�avoir � ob�ir � un laquais; n�anmoins, comme il s�agissait sans doute d�un changement dans son �tat, et qu�il lui semblait que tout changement lui devait �tre avantageux, il se h�ta.

Mademoiselle Chon, libre enfin de toute n�gociation apr�s avoir mis sa belle-s�ur au courant de sa mission pr�s de madame de B�arn, d�jeunait fort � l�aise, dans un beau d�shabill� du matin, pr�s d�une fen�tre, � la hauteur de laquelle montaient les acacias et les marronniers du plus prochain quinconce.

Elle mangeait de fort bon app�tit, et Gilbert remarqua que cet app�tit �tait justifi� par un salmis de faisans et par une galantine aux truffes.

Le philosophe Gilbert, introduit aupr�s de mademoiselle Chon, chercha des yeux sur le gu�ridon la place de son couvert: il s�attendait � une invitation.

Mais Chon ne lui offrit pas m�me un si�ge.

Elle se contenta de jeter un coup d��il sur Gilbert; puis ayant aval� un petit verre de vin couleur de topaze:

� Voyons, mon cher m�decin, o� en �tes-vous avec Zamore? dit-elle.

� O� j�en suis? demanda Gilbert.

� Sans doute; j�esp�re que vous avez fait connaissance.

� Comment voulez-vous que je fasse connaissance avec une esp�ce d�animal qui ne parle pas, et qui, lorsqu�on lui parle, se contente de rouler les yeux et de montrer les dents?

� Vous m�effrayez, r�pondit Chon sans discontinuer son repas et sans que l�air de son visage correspond�t aucunement � ses paroles; vous �tes donc bien rev�che en amiti�?

� L�amiti� suppose l��galit�, mademoiselle.

� Belle maxime! dit Chon. Alors vous ne vous �tes pas cru l��gal de Zamore?

� C�est-�-dire, reprit Gilbert, que je n�ai pas cru qu�il f�t le mien.

� En v�rit�, dit Chon comme se parlant � elle-m�me, il est ravissant!

Puis, se retournant vers Gilbert, dont elle remarqua l�air rogue:

� Vous disiez donc, cher docteur, ajouta-t-elle, que vous donnez difficilement votre c�ur?

� Tr�s difficilement, madame.

� Alors, je me trompais quand je me flattais d��tre de vos amies, et des bonnes?

� J�ai beaucoup de penchant pour vous personnellement, madame, dit Gilbert avec raideur. Mais�

� Ah! grand merci pour cet effort; vous me comblez! Et combien de temps faut-il, mon beau d�daigneux, pour qu�on obtienne vos bonnes gr�ces?

� Beaucoup de temps, madame; il y a m�me des gens qui, quelque chose qu�ils fassent, ne les obtiendront jamais.

� Ah! cela m�explique comment, apr�s �tre rest� dix-huit ans dans la maison du baron de Taverney, vous l�avez quitt�e tout d�un coup. Les Taverney n�avaient pas eu la chance de se mettre dans vos bonnes gr�ces. C�est cela, n�est-ce pas?

Gilbert rougit.

� Eh bien! vous ne r�pondez pas? continua Chon.

� Que voulez-vous que je vous r�ponde, madame, si ce n�est que toute amiti� et toute confiance doivent se m�riter.

� Peste! il para�trait, en ce cas, que les h�tes de Taverney n�auraient m�rit� ni cette amiti�, ni cette confiance?

� Tous? Non, madame.

� Et que vous avaient fait ceux qui ont eu le malheur de vous d�plaire?

� Je ne me plains point, madame, dit fi�rement Gilbert.

� Allons, allons, dit Chon, je vois que, moi aussi, je suis exclue de la confiance de M. Gilbert. Ce n�est cependant pas l�envie de la conqu�rir qui me manque; c�est l�ignorance o� je suis des moyens que l�on doit employer.

Gilbert se pin�a les l�vres.

� Bref, ces Taverney n�ont pas su vous contenter, ajouta Chon avec une curiosit� dont Gilbert sentit la tendance. Dites-moi donc un peu ce que vous faisiez chez eux?

Gilbert fut assez embarrass�, car il ne savait pas lui-m�me ce qu�il faisait � Taverney.

� Madame, dit-il, j��tais�, j��tais homme de confiance.

� ces mots, prononc�s avec le flegme philosophique qui caract�risait Gilbert, Chon fut prise d�un tel acc�s de rire, qu�elle se renversa sur sa chaise en �clatant.

� Vous en doutez? dit Gilbert en fron�ant le sourcil.

� Dieu m�en garde! Savez-vous, mon cher ami, que vous �tes f�roce et que l�on ne peut vous rien dire. Je vous demandais quels gens �taient ces Taverney. Ce n�est point pour vous d�sobliger, mais bien plut�t pour vous servir en vous vengeant.

� Je ne me venge pas, ou je me venge moi-m�me, madame.

� Tr�s bien; mais nous avons nous-m�mes un grief contre les Taverney; puisque de votre c�t� vous en avez un, et m�me peut-�tre plusieurs, nous sommes donc naturellement alli�s.

� Vous vous trompez, madame; ma fa�on de me venger ne peut avoir aucun rapport avec la v�tre, car vous parlez des Taverney en g�n�ral, et moi j�admets diff�rentes nuances dans les divers sentiments que je leur porte.

� Et M. Philippe de Taverney, par exemple, est-il dans les nuances sombres ou dans les nuances tendres?

� Je n�ai rien contre M. Philippe. M. Philippe ne m�a jamais fait ni bien ni mal. Je ne l�aime ni le d�teste; il m�est tout � fait indiff�rent.

� Alors vous ne d�poseriez pas devant le roi ou devant M. de Choiseul contre M. Philippe de Taverney?

� � quel propos?

� � propos de son duel avec mon fr�re.

� Je dirais ce que je sais, madame, si j��tais appel� � d�poser.

� Et que savez-vous?

� La v�rit�.

� Voyons, qu�appelez-vous la v�rit�? C�est un mot bien plastique.

� Jamais pour celui qui sait distinguer le bien du mal, le juste de l�injuste.

� Je comprends: le bien� c�est M. Philippe de Taverney; le mal� c�est M. le vicomte du Barry.

� Oui, madame, � mon avis, et selon ma conscience, du moins.

� Voil� ce que j�ai recueilli en chemin! dit Chon avec aigreur; voil� comment me r�compense celui qui me doit la vie!

� C�est-�-dire, madame, celui qui ne vous doit pas la mort.

� C�est la m�me chose.

� C�est bien diff�rent, au contraire.

� Comment cela?

� Je ne vous dois pas la vie; vous avez emp�ch� vos chevaux de me l��ter, voil� tout, et encore ce n�est pas vous, c�est le postillon.

Chon regarda fixement le petit logicien qui marchandait si peu avec les termes.

� J�aurais attendu, dit-elle en adoucissant son sourire et sa voix, un peu plus de galanterie de la part d�un compagnon de voyage qui savait si bien, pendant la route, trouver mon bras sous un coussin et mon pied sur son genou.

Chon �tait si provocante avec cette douceur et cette familiarit�, que Gilbert oublia Zamore, le tailleur et le d�jeuner auquel on avait oubli� de l�inviter.

� Allons! allons, nous voil� redevenu gentil, dit Chon en prenant le menton de Gilbert dans sa main. Vous t�moignerez contre Philippe de Taverney, n�est-ce pas?

� Oh! pour cela, non, fit Gilbert. Jamais!

� Pourquoi donc, ent�t�?

� Parce que M. le vicomte Jean a eu tort.

� Et en quoi a-t-il eu tort, s�il vous pla�t?

� En insultant la dauphine. Tandis qu�au contraire, M. Philippe de Taverney�

� Eh bien?

� Avait raison en la d�fendant.

� Ah! nous tenons pour la dauphine, � ce qu�il semble?

� Non, je tiens pour la justice.

� Vous �tes un fou, Gilbert! taisez-vous, qu�on ne vous entende point parler ainsi dans ce ch�teau.

� Alors dispensez-moi de r�pondre quand vous m�interrogerez.

� Changeons de conversation, en ce cas.

Gilbert s�inclina en signe d�assentiment.

� �a, petit gar�on, demanda la jeune femme d�un ton de voix assez dur, que comptez-vous faire ici, si vous ne vous y rendez agr�able?

� Faut-il me rendre agr�able en me parjurant?

� Mais o� donc allez-vous prendre tous ces grands mots-l�?

� Dans le droit que chaque homme a de rester fid�le � sa conscience.

� Bah! dit Chon, quand on sert un ma�tre, ce ma�tre assume sur lui toute responsabilit�.

� Je n�ai pas de ma�tre, grommela Gilbert.

� Et au train dont vous y allez, petit niais, dit Chon en se levant comme une belle paresseuse, vous n�aurez jamais de ma�tresse. Maintenant, je r�p�te ma question, r�pondez-y cat�goriquement: que comptez-vous faire chez nous?

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ... 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)