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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Puis levant les yeux au cieclass="underline"

� � jeunesse! � vigueur! � libert�! ajouta-t-il avec un soupir.

Et � ces mots, une m�lancolie d�une po�sie inexprimable se r�pandit sur ses traits fins et purs.

Puis il se leva, s�appuyant sur son b�ton.

� Et maintenant, dit-il plus gaiement, maintenant que vous avez une condition, vous pla�t-il que nous remplissions une seconde bo�te de plantes? J�ai ici des feuilles de papier gris sur lesquelles nous classerons la premi�re r�colte. Mais � propos, avez-vous encore faim? Il me reste du pain.

� Gardons-le pour l�apr�s-midi, s�il vous pla�t, monsieur.

� Tout au moins, mangez les cerises, elles nous embarrasseraient.

� Comme cela je le veux bien; mais permettez que je porte votre bo�te; vous marcherez plus � l�aise, et je crois, gr�ce � l�habitude, que mes jambes lasseraient les v�tres.

� Mais tenez, vous me portez bonheur; je crois voir l�-bas le picris hieracio�des, que je cherche inutilement depuis le matin; et, sous votre pied, prenez garde! le cerastium aquaticum. Attendez! Attendez! N�arrachez pas! Oh! vous n��tes pas encore herboriste, mon jeune ami; l�une est trop humide en ce moment pour �tre cueillie; l�autre n�est point assez avanc�e. En repassant ce soir, � trois heures, nous arracherons le picris hieracio�des et quant au cerastium, nous le prendrons dans huit jours. D�ailleurs, je veux le montrer sur pied � un savant de mes amis dont je compte solliciter pour vous la protection. Et maintenant, venez et conduisez-moi � cet endroit dont vous me parliez tout � l�heure, et o� vous avez vu de beaux capillaires.

Gilbert marcha devant sa nouvelle connaissance; le vieillard le suivit, et tous deux disparurent dans la for�t.

Chapitre 44. M. Jacques

Gilbert, enchant� de cette bonne fortune qui, dans ses moments d�sesp�r�s, lui faisait toujours trouver un soutien, Gilbert, disons-nous, marchait devant, se retournant de temps en temps vers l�homme �trange qui venait de le rendre si souple et si docile avec si peu de mots.

Il le conduisit ainsi vers ses mousses, qui �taient en effet de magnifiques capillaires. Puis, lorsque le vieillard en eut fait une collection, ils se mirent en qu�te de plantes nouvelles.

Gilbert �tait beaucoup plus avanc� en botanique qu�il ne le croyait lui-m�me. N� au milieu des bois, il connaissait comme des amies d�enfance toutes les plantes des bois: seulement, il les connaissait sous leurs noms vulgaires. � mesure qu�il les d�signait ainsi, son compagnon les lui indiquait, lui, sous leur nom scientifique, que Gilbert, en retrouvant une plante de la m�me famille, essayait de r�p�ter. Deux ou trois fois il estropiait ce nom grec ou latin. Alors l��tranger le lui d�composait, lui montrait les rapports du sujet avec ces mots d�compos�s, et Gilbert apprenait ainsi non seulement le nom de la plante, mais encore la signification du mot grec ou latin dont Pline, Linn� ou de Jussieu avaient baptis� cette plante.

De temps en temps il disait:

� Quel malheur, monsieur, que je ne puisse pas gagner mes six sous � faire ainsi de la botanique toute la journ�e avec vous! Je vous jure que je ne me reposerais pas un seul instant; et m�me il ne me faudrait pas six sous: un morceau de pain comme celui que vous aviez ce matin suffirait � mon app�tit de toute la journ�e. Je viens de boire � une source de l�eau aussi bonne qu�� Taverney, et la nuit derni�re, au pied de l�arbre o� j�ai couch�, j�ai bien mieux dormi que je ne l�eusse fait sous le toit d�un bon ch�teau.

L��tranger souriait.

� Mon ami, disait-il, l�hiver viendra; les plantes s�cheront, la source sera glac�e, le vent sifflera dans les arbres d�pouill�s, au lieu de cette douce brise qui agite si mollement les feuilles. Alors, il vous faudra un abri, des v�tements, du feu, et sur vos six sous par jour, vous n�auriez pu �conomiser une chambre, du bois et des habits.

Gilbert soupirait, cueillait de nouvelles plantes et faisait de nouvelles questions.

Ils coururent ainsi une bonne partie du jour dans les bois d�Aulnay, du Plessis-Piquet et de Clamart sous Meudon.

Gilbert, selon son habitude, s��tait d�j� mis avec son compagnon sur le pied de la familiarit�. De son c�t�, le vieillard questionnait avec une admirable adresse; cependant Gilbert, d�fiant, circonspect, craintif, se r�v�lait le moins possible.

� Ch�tillon, l��tranger acheta du pain et du lait dont il fit sans peine accepter la moiti� � son compagnon; puis tous deux prirent le chemin de Paris, afin que Gilbert, de jour encore, p�t entrer dans la ville.

Le c�ur du jeune homme battait � cette seule id�e d��tre � Paris, et il ne chercha point � cacher son �motion, lorsque, des hauteurs de Vanves, il aper�ut Sainte-Genevi�ve, les Invalides, Notre-Dame et cette mer immense de maisons dont les flots �pars vont, comme une mar�e, battre les flancs de Montmartre, de Belleville et de M�nilmontant.

� Oh! Paris, Paris! murmura-t-il.

� Oui, Paris, un amas de maisons, un gouffre de maux, dit le vieillard. Sur chacune des pierres qu�il y a l�-bas, vous verriez sourdre une larme ou rougir une goutte de sang, si les douleurs que ces murs renferment pouvaient appara�tre au dehors.

Gilbert r�prima son enthousiasme. D�ailleurs, son enthousiasme tomba bient�t de lui-m�me.

Ils entr�rent par la barri�re d�Enfer. Le faubourg �tait sale et infect; des malades qu�on portait � l�h�pital passaient sur des civi�res; des enfants � demi nus jouaient dans la fange avec des chiens, des vaches et des porcs.

Le front de Gilbert se rembrunissait.

� Vous trouvez tout cela hideux, n�est-ce pas? dit le vieillard. Eh bien, ce spectacle, vous ne le verrez m�me plus tout � l�heure. C�est encore une richesse qu�un porc et qu�une vache; c�est encore une joie qu�un enfant. Quant � la fange, vous la trouverez, elle, toujours et partout.

Gilbert n��tait pas mal dispos� � voir Paris sous un jour sombre; il accepta donc le tableau tel que son compagnon le lui faisait.

Quant � ce dernier, prolixe d�abord dans sa d�clamation, il �tait devenu peu � peu, et � mesure qu�il avan�ait vers le centre de la ville, silencieux et muet. Il paraissait si soucieux, que Gilbert n�osa point lui demander quel �tait ce jardin qu�on apercevait � travers la grille, quel �tait ce pont sur lequel on passait la Seine. Ce jardin, c��tait le Luxembourg; ce pont, c��tait le Pont-Neuf.

Cependant, comme on marchait toujours, et que l��tranger paraissait pousser la r�verie jusqu�� l�inqui�tude, Gilbert se hasarda de dire:

� Logez-vous encore bien loin, monsieur?

� Nous approchons, dit l��tranger, que cette question sembla rendre encore plus morose.

Ils c�toy�rent, rue du Four, le magnifique h�tel de Soissons, dont les b�timents avaient vue et entr�e principale sur cette rue, mais dont les jardins splendides s��tendaient sur celles de Grenelle et des Deux-�cus.

Gilbert passa devant une �glise qui lui parut fort belle. Il s�arr�ta un instant � la regarder.

� Voil� un beau monument, dit-il.

� C�est Saint-Eustache, dit le vieillard.

Puis, levant la t�te:

� Il est huit heures! s��cria-t-il. Oh! mon Dieu! mon Dieu! venez vite, jeune homme, venez.

L��tranger allongea le pas, Gilbert le suivit.

� � propos, dit l��tranger apr�s quelques instants d�un silence si froid qu�il commen�ait � inqui�ter Gilbert, j�oubliais de vous dire que je suis mari�.

� Ah! fit Gilbert.

� Oui, et que ma femme, en v�ritable Parisienne, va sans doute gronder de ce que nous rentrons tard; en outre, je dois vous le dire, elle se d�fie des �trangers.

� Vous pla�t-il que je me retire, monsieur? dit Gilbert, dont cette parole gla�a tout � coup l�expansion.

� Non pas, non pas, mon ami; je vous ai invit� � venir chez moi, venez.

� Je vous suis, dit Gilbert.

� L�, � droite, par ici, nous y sommes.

Gilbert leva les yeux, et, aux derniers rayons du jour mourant, il lut, � l�angle de la place, au-dessus de la boutique d�un �picier, ces mots: �Rue Plastri�re�.

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