Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Alex - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 77
Перейти на страницу:

— Jean ? dit-il, je pense que j’ai retrouvé le fils Trarieux.

L’heure tournait, elle a dû rappeler son patron, c’est le jeune inspecteur qui lui a parlé de nouveau. Plus question d’enquête urgente cette fois, il a dit : « Nous procédons à des prélèvements. » C’est ambigu, comme phrase, parce que Sandrine, justement, travaille dans un labo. Comme Nathalie. Biologistes toutes les deux, mais Nathalie ne voulait jamais parler de son travail. Elle disait : « Moi, quand je suis sortie, je suis sortie ! »

Et vingt minutes plus tard, c’est le branle-bas de combat. Ils ont bloqué la rue, des techniciens sont entrés avec des combinaisons de cosmonautes, ils ont apporté tout leur matériel dans le jardin, des mallettes, des projecteurs, des bâches, ils ont écrasé toutes les fleurs, ils ont pris les mesures du récupérateur et l’ont vidé avec des précautions inimaginables. Ils ne voulaient pas que l’eau se répande par terre.

— Je sais ce qu’ils vont trouver, a dit le nabot, j’en suis sûr. Je peux aller dormir un peu.

Il a demandé à Sandrine où était la chambre qu’occupait Nathalie. Il s’est allongé tout habillé, il n’a même pas retiré ses chaussures, elle en est sûre.

Le jeune est resté avec eux dans le jardin.

Vraiment bien comme garçon, et vraiment, ces vêtements, ces chaussures… Et même ses manières ! Sandrine a essayé de lier conversation de manière plus personnelle, c’est grand comme maison pour une fille toute seule, ce genre de trucs, mais ça n’a pas donné grand-chose.

Elle est convaincue que ce flic est homosexuel.

Les techniciens ont vidé le récupérateur, l’ont déplacé, ils ont creusé, pas très profond, avant de rencontrer un corps. Enveloppé dans une bâche plastique comme on en trouve dans les magasins de bricolage.

Ça lui en a fichu un coup, à Sandrine, les flics l’ont repoussée, ne restez pas là mademoiselle, elle est rentrée dans la maison et elle a regardé par la fenêtre, au moins personne ne pouvait le lui interdire, c’était chez elle quand même. Ce qui l’a démontée, c’est quand ils ont soulevé la bâche à plusieurs pour la poser sur un plateau : elle a été tout de suite certaine que c’était Pascal.

Elle a reconnu ses tennis.

Quand ils ont écarté les pans de la bâche, ils se sont penchés à plusieurs, ils se sont appelés les uns les autres pour se montrer quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir. Elle a ouvert la fenêtre pour écouter.

Un technicien disait :

— Oh, non, ça ne ferait pas des dégâts comme ça.

C’est à ce moment que le nain est descendu de sa chambre.

Il est arrivé dans le jardin en sautillant, il s’est intéressé tout de suite à ce qui se passait au-dessus du corps.

Il a hoché la tête, sacrément épaté par ce qu’il voyait.

Il a dit :

— Moi, je suis d’accord avec Brichot, je vois que l’acide pour faire ça.

23

C’est une corde d’un modèle ancien, pas de ces cordes synthétiques et lisses comme sur les bateaux mais du chanvre, du gros diamètre. Forcément, pour soutenir une cage pareille.

Les rats sont une dizaine. Il y a ceux qu’Alex connaît, qui sont là depuis le début, et les nouveaux, elle ne sait pas d’où ils viennent, comment ils ont été prévenus. Ils ont adopté la stratégie du groupe. L’encerclement.

Trois ou quatre prennent position sur la caisse du côté de ses pieds, deux ou trois autres campent de l’autre côté. D’après elle, quand ils le jugeront bon, ils lui sauteront dessus tous en même temps, mais pour l’heure quelque chose les retient, l’énergie d’Alex. Elle ne cesse de les insulter, de les provoquer, de hurler, ils sentent qu’il y a de la vie dans cette caisse, de la résistance, qu’il va falloir se battre. Il y a déjà deux rats crevés en bas. Ça les fait réfléchir.

Ils sentent le sang en permanence, debout, le museau dressé vers la corde. Excités, fébriles, ils sont venus tour à tour gratter la corde avec leurs dents, Alex ne sait pas comment ils s’organisent pour décider qui va venir bouffer le sang sur la corde.

Peu lui importe. Elle s’est fait une nouvelle blessure, en bas du mollet cette fois, près de la cheville. Elle a trouvé une veine propre, abondante. Le plus difficile, c’est de les éloigner le temps d’imbiber la corde.

Qui a diminué de moitié. C’est une course contre la montre entre la corde et Alex. Laquelle des deux cédera en premier.

Alex ne cesse de se balancer, la cage bascule d’un côté à l’autre, ça rend la tâche des rats difficile pour le cas où ils se décideraient à venir lui demander des comptes et elle espère que ça aidera la corde à céder.

C’est aussi que si sa stratégie fonctionne, il faut que la cage tombe sur un angle et non à plat, pour que des planches cassent. Elle donne donc le plus de ballant possible, elle repousse les rats, imprègne la corde. Quand l’un d’eux vient la ronger, elle tient les autres à distance. Alex est extrêmement fatiguée, elle meurt de soif. Depuis les orages qui ont duré plus d’une journée, elle ne sent plus du tout certaines parties de son corps qu’on dirait anesthésiées.

Le gros rat gris s’impatiente.

Depuis une heure, il laisse les autres se gorger à la corde. Il n’y va plus, il passe son tour.

Manifestement, ce n’est plus ce qui l’intéresse.

Il fixe Alex et pousse des cris vraiment stridents.

Et pour la première fois, il introduit sa tête entre les planches et siffle.

Comme un serpent, en retroussant les babines.

Ce qui marche avec les autres ne marche pas avec lui. Alex peut hurler, hurler, l’insulter, il ne bouge pas, les griffes plantées dans le bois pour ne pas glisser à cause du mouvement de balancier de la cage.

Il s’accroche et la regarde fixement.

Alex, elle aussi, le fixe.

Ils sont comme des amoureux qui feraient ensemble un tour de manège en se regardant dans le fond des yeux.

Viens, susurre Alex en souriant. En ployant profondément les reins, elle donne à la cage tout l’élan dont elle est capable, et elle sourit au gros rat posté au-dessus d’elle, viens mon petit père, viens voir, maman a quelque chose pour toi…

24

Ça lui a fait drôle, cette demi-sieste dans la chambre de Nathalie. Pourquoi en a-t-il eu envie ? Il n’en sait rien. Un escalier en bois qui craque, un palier à la moquette élimée, une poignée de porte en porcelaine, la chaleur de la maison qui semble se condenser dans les hauteurs. Une atmosphère de maison de campagne, maison de famille, avec ces chambres qu’on n’ouvre que pour les invités, à la belle saison. Fermées le reste du temps.

La chambre sert aujourd’hui de débarras. Elle ne semble pas avoir jamais eu beaucoup de personnalité, on dirait un peu une chambre d’hôtel, une chambre d’hôte. Quelques chromos de guingois sur les murs, une commode dont il manque un pied, on a glissé un livre à la place. Le lit s’enfonce comme une guimauve, profondément, c’en est impressionnant. Camille se redresse, se hisse vers les oreillers et, assis contre la tête de lit, il cherche son carnet, un crayon. Tandis que dans le jardin les techniciens déblayent la terre autour du récupérateur d’eaux pluviales, il esquisse un visage. Le sien. Quand il était jeune, quand il préparait les Beaux-Arts, il a fait des centaines d’autoportraits, sa mère prétendait que c’est le seul véritable exercice, le seul qui permet de trouver « la bonne distance ». Elle en avait fait elle-même des dizaines, il n’en reste qu’un, une huile, superbe, il n’aime pas penser à ça. Et Maud avait raison, le problème de Camille, c’est toujours de trouver la bonne distance, il est trop près ou il est trop loin. Ou il s’immerge et ne voit plus rien, il se débat, à la limite de se noyer, ou il reste loin, prudemment, et se condamne à ne rien comprendre. « Ce qui manque alors, c’est le grain des choses », dit Camille. Sur son carnet, le visage qui émerge est émacié, le regard perdu, un homme brûlé par l’épreuve.

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 77
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)