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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Madame, dit le mar�chal, quand on vieillit, on devient capricieux.

� Ce qui veut dire que vous �tes repris pour Luciennes�

� D�un grand amour qui ne m�avait quitt� que par caprice. C�est tout � fait cela, et vous achevez admirablement ma pens�e.

� De sorte que vous revenez�

� De sorte que je reviens; c�est cela, dit Richelieu en s�installant dans le meilleur fauteuil qu�il avait distingu� du premier regard.

� Oh! oh! dit la comtesse, il y a peut-�tre bien encore quelque autre chose que vous ne dites pas; le caprice� ce n�est gu�re pour un homme comme vous.

� Comtesse, vous auriez tort de m�accabler, je vaux mieux que ma r�putation, et, si je reviens, voyez-vous, c�est�

� C�est�? interrogea la comtesse.

� De tout c�ur.

M. d�Aiguillon et la comtesse �clat�rent de rire.

� Que nous sommes heureux d�avoir un peu d�esprit, dit la comtesse, pour comprendre tout l�esprit que vous avez!

� Comment?

� Oui, je vous jure que des imb�ciles ne comprendraient pas, resteraient tout �bahis, et chercheraient tout autre part la cause de ce retour; en v�rit�, foi de du Barry, il n�y a que vous, cher duc, pour faire des entr�es et des sorties; Mol�, Mol� lui-m�me, est un acteur de bois aupr�s de vous.

� Alors, vous ne croyez pas que c�est le c�ur qui me ram�ne? s��cria Richelieu. Comtesse, comtesse, prenez garde! vous me donnerez de vous une mauvaise id�e; oh! ne riez pas, mon neveu, ou je vous appelle Pierre, et je ne b�tis rien sur vous.

� Pas m�me un petit minist�re? demanda la comtesse.

Et, pour la seconde fois, la comtesse �clata de rire avec une franchise qu�elle ne cherchait point � d�guiser.

� Bon! frappez, frappez, fit Richelieu en faisant le gros dos, je ne vous le rendrai pas, h�las! je suis trop vieux, je n�ai plus de d�fense; abusez, comtesse, abusez, c�est maintenant un plaisir sans danger.

� Prenez garde, au contraire, comtesse, dit d�Aiguillon; si mon oncle vous parle encore une fois de sa faiblesse, nous sommes perdus. Non, monsieur le duc, nous ne vous battrons pas, car, tout faible que vous �tes ou que vous pr�tendez �tre, vous nous rendriez les coups avec usure; non, voici toute la v�rit�, on vous voit revenir avec joie.

� Oui, dit la folle comtesse, et, en honneur de ce retour, on tire les bo�tes, les fus�es; et vous le savez, duc�

� Je ne sais rien, madame, dit le mar�chal avec une na�vet� d�enfant.

� Eh bien, dans les feux d�artifice, il y a toujours quelque perruque roussie par les �tincelles, quelque chapeau crev� par les baguettes.

Le duc porta la main � sa perruque et regarda son chapeau.

� C�est cela, c�est cela, dit la comtesse; mais vous nous revenez, c�est au mieux; quant � moi, je suis, comme vous le disait M. d�Aiguillon, d�une gaiet� folle; savez-vous pourquoi?

� Comtesse, comtesse, vous allez encore me dire quelque m�chancet�.

� Oui; mais ce sera la derni�re.

� Eh bien, dites.

� Je suis gaie, mar�chal, parce que votre retour m�annonce le beau temps.

Richelieu s�inclina.

� Oui, continua la comtesse, vous �tes comme les oiseaux po�tiques qui pr�disent le calme; comment appelle-t-on ces oiseaux-l�, monsieur d�Aiguillon, vous qui faites des vers?

� Des alcyons, madame.

� Justement! Ah! mar�chal, vous ne vous f�cherez pas, j�esp�re; je vous compare � un oiseau qui a un bien joli nom.

� Je me f�cherai d�autant moins, madame, fit Richelieu avec sa petite grimace qui annon�ait la satisfaction, et la satisfaction de Richelieu pr�sageait toujours quelque bonne noirceur, je me f�cherai d�autant moins que la comparaison est exacte.

� Voyez-vous!

� Oui, j�apporte de bonnes, d�excellentes nouvelles.

� Ah! fit la comtesse.

� Lesquelles? demanda d�Aiguillon.

� Que diable! mon cher duc, vous �tes bien press�, dit la comtesse; laissez donc le temps au mar�chal de les faire.

� Non, le diable m�emporte; je puis vous les dire tout de suite; elles sont toutes faites, et m�me elles sont d�j� d�ancienne date.

� Mar�chal, si vous nous apportez des vieilleries�

� Dame! fit le mar�chal, c�est � prendre ou � laisser, comtesse.

� Eh bien, soit! prenons.

� Il para�t, comtesse, que le roi a donn� dans le pi�ge.

� Dans le pi�ge?

� Oui, compl�tement.

� Dans quel pi�ge?

� Dans celui que vous lui aviez tendu.

� Moi, fit la comtesse, j�avais tendu un pi�ge au roi?

� Parbleu! vous le savez bien.

� Non, sur ma parole, je ne le sais pas.

� Ah! comtesse, ce n�est pas aimable de me mystifier ainsi.

� Vrai, mar�chal, je n�y suis pas; expliquez-vous donc, je vous en supplie.

� Oui, mon oncle, expliquez-vous, dit d�Aiguillon, qui devinait quelque m�chant dessein sous le sourire ambigu du mar�chal; madame attend et est tout inqui�te.

Le vieux duc se retourna vers son neveu.

� Pardieu! dit-il, il serait dr�le que madame la comtesse ne vous e�t pas mis dans sa confidence, mon cher d�Aiguillon; ah! dans ce cas, ce serait bien autrement profond encore que je ne croyais.

� Moi, mon oncle?

� Lui?

� Sans doute, toi; sans doute, lui; voyons, comtesse, de la franchise: l�avez-vous mis de moiti� dans vos petites conspirations contre Sa Majest� ce pauvre duc, qui y a jou� un si grand r�le?

Madame du Barry rougit. Il �tait si matin, qu�elle n�avait encore ni rouge ni mouches; rougir �tait donc possible.

Mais rougir �tait surtout dangereux.

� Vous me regardez tous deux avec vos grands beaux yeux �tonn�s, dit Richelieu; il faut donc que je vous instruise de vos propres affaires?

� Instruisez, instruisez, dirent � la fois le duc et la comtesse.

� Eh bien, le roi aura p�n�tr� tout, gr�ce � sa merveilleuse sagacit�, et il aura pris peur.

� Qu�aura-t-il p�n�tr�? Voyons, demanda la comtesse; car, en v�rit�, mar�chal, vous me faites mourir d�impatience.

� Mais votre semblant d�intelligence avec mon beau neveu que voici�

D�Aiguillon p�lit et sembla dire par son regard � la comtesse: �Voyez vous, j��tais s�r d�une m�chancet�.�

Les femmes sont braves, en pareil cas, beaucoup plus braves que les hommes. La comtesse en vint tout de suite au combat.

� Duc, dit-elle, je crains les �nigmes lorsque vous remplissez le r�le de sphinx; car alors, un peu plus t�t, un peu plus tard, il me semble que je vais �tre immanquablement d�vor�e: tirez-moi d�inqui�tude, et, si c�est une plaisanterie, eh bien, permettez-moi de la trouver mauvaise.

� Mauvaise, comtesse! mais c�est qu�au contraire elle est excellente, s��cria Richelieu; pas la mienne, la v�tre, bien entendu.

� Je n�y suis aucunement, mar�chal, fit madame du Barry en pin�ant ses l�vres avec une impatience que son petit pied mutin d�celait plus visiblement encore.

� Allons, allons, pas d�amour-propre, comtesse, continua Richelieu. C�est bien; vous avez redout� que le roi ne s�attach�t � mademoiselle de Taverney. Oh! ne contestez pas, c�est d�montr� pour moi jusqu�� l��vidence.

� Oh! c�est vrai, je ne m�en cache point.

� Eh bien! ayant redout� cela, vous avez voulu de votre c�t�, autant que possible, piquer au jeu Sa Majest�.

� Je n�en disconviens pas. Apr�s?

� Nous arrivons, comtesse nous arrivons. Mais, pour piquer Sa Majest�, dont l��piderme est un peu coriace, il fallait quelque aiguillon bien fin� Ah! ah! ah! voila, ma foi! un m�chant jeu de mots qui m�est �chapp�. Comprenez-vous?

Et le mar�chal se mit � rire ou � feindre de rire aux �clats, pour observer mieux, dans les convulsions de cette hilarit�, la physionomie tout anxieuse de ses deux victimes.

� Quel jeu de mots voyez-vous donc l�, mon oncle? demanda d�Aiguillon, remis le premier et jouant la na�vet�.

� Tu ne l�as pas compris? dit le mar�chal. Ah! tant mieux! il �tait ex�crable. Eh bien, je voulais dire que madame la comtesse avait voulu donner de la jalousie au roi, et qu�elle avait choisi pour cela un seigneur de bonne mine, d�esprit, une merveille de la nature enfin.

� Qui dit cela? s��cria la comtesse, furieuse comme tous ceux qui sont puissants et qui ont tort.

� Qui dit cela?� Mais tout le monde, madame.

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