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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Mais � quel propos me dites-vous cela? Mais que voulez-vous donc que je fasse? s��cria Andr�e, stup�faite du ton et du sens des paroles.

� �tes-vous dispos�e, oui ou non, � demander quelque chose pour moi et pour votre fr�re? Dites.

� Monsieur, r�pondit Andr�e, je ferai tout ce que vous m�ordonnerez de faire; mais, en v�rit�, ne craignez-vous pas que nous ne paraissions trop avides? D�j� le roi m�a fait don d�une parure qui vaut, dites-vous, plus de cent mille livres. Sa Majest� a, en outre, promis un r�giment � mon fr�re; nous absorbons ainsi une part consid�rable des bienfaits de la cour.

Taverney ne put retenir un �clat de rire strident et d�daigneux.

� Ainsi, dit-il, vous trouvez que c�est assez pay�, mademoiselle?

� Je sais, monsieur, que vos services valent beaucoup, r�pondit Andr�e.

� Eh! s��cria Taverney impatient�, qui diable vous parle de mes services?

� Mais de quoi me parlez-vous donc, alors?

� En v�rit�, vous jouez avec moi un jeu de dissimulation absurde!

� Qu�ai-je donc � dissimuler, mon Dieu? demanda Andr�e.

� Mais je sais tout, ma fille!

� Vous savez?�

� Tout, vous dis-je.

� Tout, quoi, monsieur?

Et le visage d�Andr�e se couvrit d�une rougeur instinctive n�e de cette attaque grossi�re � la plus pudique des consciences.

Le respect du p�re envers l�enfant arr�ta Taverney sur la pente devenue si rapide de ses interrogations.

� Allons! soit, tant qu�il vous plaira, dit-il; vous voulez faire la r�serv�e, � ce qu�il para�t, la myst�rieuse! soit. Vous laissez croupir votre p�re et votre fr�re dans l�obscurit� de l�oubli, c�est bien; mais rappelez-vous mes paroles: quand ce n�est pas d�s le d�but qu�on prend de l�empire, on s�expose � n�avoir de l�empire jamais.

Et Taverney fit une pirouette sur le talon.

� Je ne vous comprends pas, monsieur, dit Andr�e.

� Tr�s bien; mais je me comprends, moi, r�pondit Taverney.

� Cela ne suffit point, lorsqu�on parle � deux.

� Eh bien, je serai plus clair: employez toute la diplomatie dont vous �tes pourvue naturellement, et qui est une vertu de la famille, � faire, pendant que l�occasion s�en pr�sente, la fortune de votre famille et la v�tre; et, la premi�re fois que vous verrez le roi, dites-lui que votre fr�re attend son brevet, et que vous vous �tiolez dans un logement sans air et sans vue; en un mot, ne soyez pas assez ridicule pour avoir trop d�amour ou trop de d�sint�ressement.

� Mais, monsieur�

� Dites cela au roi, d�s ce soir.

� Mais o� voulez-vous que je voie le roi?

� Et ajoutez qu�il n�est pas m�me convenable pour Sa Majest� de venir�

Au moment o� Taverney allait sans doute, par des paroles plus explicites, soulever la temp�te qui s�amassait sourdement dans la poitrine d�Andr�e et provoquer l�explication qui eut �clairci le myst�re, on entendit des pas dans l�escalier.

Le baron s�interrompit aussit�t et courut � la rampe pour voir qui venait chez sa fille.

Andr�e vit avec �tonnement son p�re se ranger contre la muraille.

Presque au m�me moment, la dauphine, suivie d�un homme v�tu de noir et appuy� sur une longue canne, entra dans le petit appartement.

� Votre Altesse! s��cria Andr�e en r�unissant toutes ses forces pour aller au-devant de la dauphine.

� Oui, petite malade, r�pondit la princesse, je vous am�ne la consolation et le m�decin. Venez, docteur. Ah! monsieur de Taverney, continua la princesse en reconnaissant le baron, votre fille est souffrante, et vous n�avez gu�re soin de cette enfant.

� Madame�, balbutia Taverney.

� Venez, docteur, dit la dauphine avec cette bont� charmante qui n�appartenait qu�� elle; venez, t�tez ce pouls, interrogez ces yeux battus, et dites-moi la maladie de ma prot�g�e.

� Oh! madame, madame, que de bont�!� murmura la jeune fille. Comment os�-je recevoir Votre Altesse royale�?

� Dans ce taudis, voulez-vous dire, ch�re enfant; tant pis pour moi, pour moi qui vous loge si mal; j�aviserai � cela. Voyons, mon enfant, donnez votre main � M. Louis, mon chirurgien, et prenez garde: c�est un philosophe qui devine, en m�me temps que c�est un savant qui voit.

Andr�e, souriante, tendit sa main au docteur.

Celui-ci, homme jeune encore et dont la physionomie intelligente tenait tout ce que la dauphine avait promis pour lui, n�avait point cess�, depuis son entr�e dans la chambre, de consid�rer la malade d�abord, puis la localit�, puis cette �trange figure de p�re qui n�annon�ait que la g�ne et pas du tout l�inqui�tude.

Le savant allait voir, le philosophe avait peut-�tre d�j� devin�.

Le docteur Louis �tudia longtemps le pouls de la jeune fille, et l�interrogea sur ce qu�elle ressentait.

� Un profond d�go�t pour toute nourriture, r�pondit Andr�e; des tiraillements subits, des chaleurs qui montent tout � coup � la t�te, des spasmes, des palpitations, des d�faillances.

� mesure qu�Andr�e parlait, le docteur s�assombrissait de plus en plus.

Il finit par abandonner la main de la jeune fille et par d�tourner les yeux.

� Eh bien, docteur, dit la princesse au m�decin, quid? comme disent les consultants. L�enfant est-elle menac�e, et la condamnez-vous � mort?

Le docteur reporta ses yeux sur Andr�e, et l�examina une fois encore en silence.

� Madame, dit-il, la maladie de mademoiselle est des plus naturelles.

� Et dangereuse?

� Non, pas ordinairement, r�pondit le docteur en souriant.

� Ah! fort bien, dit la princesse en respirant plus librement; ne la tourmentez pas trop.

� Oh! je ne la tourmenterai pas du tout, madame.

� Comment! vous n�ordonnez aucune prescription?

� Il n�y a absolument rien � faire � la maladie de mademoiselle.

� Vrai?

� Non, madame.

� Rien?

� Rien.

Et le docteur, comme pour �viter une plus longue explication, prit cong� de la princesse sous pr�texte que ses malades le r�clamaient.

� Docteur, docteur, dit la dauphine, si ce que vous dites n�est pas seulement pour me rassurer, je suis bien plus malade alors que mademoiselle de Taverney; apportez-moi donc sans faute, � votre visite de ce soir, les drag�es que vous m�avez promises pour me faire dormir.

� Madame, je les pr�parerai moi-m�me en rentrant chez moi.

Et il partit.

La dauphine resta pr�s de sa lectrice.

� Rassurez-vous donc, ma ch�re Andr�e, dit-elle avec un bienveillant sourire, votre maladie n�offre rien de bien inqui�tant, car je docteur Louis s�en va sans vous rien prescrire.

� Tant mieux, madame, r�pliqua Andr�e; car alors rien n�interrompra mon service aupr�s de Votre Altesse royale, et c�est cette interruption que je craignais par-dessus toute chose; cependant, n�en d�plaise au savant docteur, je souffre bien, madame, je vous jure.

� Ce ne doit cependant pas �tre une grande souffrance qu�un mal dont rit le m�decin. Dormez donc, mon enfant; je vais vous envoyer quelqu�un pour vous servir, car je remarque que vous �tes seule. Veuillez m�accompagner, monsieur de Taverney.

Elle tendit la main � Andr�e et partit apr�s l�avoir consol�e, ainsi qu�elle l�avait promis.

Chapitre 139. Les jeux de mots de M. de Richelieu

M. le duc de Richelieu, comme nous l�avons vu, s��tait port� sur Luciennes avec cette rapidit� de d�cision et cette s�ret� d�intelligence qui caract�risaient l�ambassadeur � Vienne et le vainqueur de Mahon.

Il arriva l�air joyeux et d�gag�, monta comme un jeune homme les marches du perron, tira les oreilles de Zamore ainsi qu�aux beaux jours de leur intelligence, et for�a pour ainsi dire la porte de ce fameux boudoir de satin bleu o� la pauvre Lorenza avait vu madame du Barry pr�parant son voyage de la rue Saint-Claude.

La comtesse, couch�e sur son sofa, donnait � M. d�Aiguillon ses ordres du matin.

Tous deux se retourn�rent au bruit et demeur�rent stup�faits en apercevant le mar�chal.

� Ah! M. le duc! s��cria la comtesse.

� Ah! mon oncle! fit M. d�Aiguillon.

� Eh! oui, madame! eh! oui, mon neveu.

� Comment, c�est vous?

� C�est moi, moi-m�me, en personne.

� Mieux vaut tard que jamais, r�pliqua la comtesse.

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