Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
� Mais � quel propos me dites-vous cela? Mais que voulez-vous donc que je fasse? s��cria Andr�e, stup�faite du ton et du sens des paroles.
� �tes-vous dispos�e, oui ou non, � demander quelque chose pour moi et pour votre fr�re? Dites.
� Monsieur, r�pondit Andr�e, je ferai tout ce que vous m�ordonnerez de faire; mais, en v�rit�, ne craignez-vous pas que nous ne paraissions trop avides? D�j� le roi m�a fait don d�une parure qui vaut, dites-vous, plus de cent mille livres. Sa Majest� a, en outre, promis un r�giment � mon fr�re; nous absorbons ainsi une part consid�rable des bienfaits de la cour.
Taverney ne put retenir un �clat de rire strident et d�daigneux.
� Ainsi, dit-il, vous trouvez que c�est assez pay�, mademoiselle?
� Je sais, monsieur, que vos services valent beaucoup, r�pondit Andr�e.
� Eh! s��cria Taverney impatient�, qui diable vous parle de mes services?
� Mais de quoi me parlez-vous donc, alors?
� En v�rit�, vous jouez avec moi un jeu de dissimulation absurde!
� Qu�ai-je donc � dissimuler, mon Dieu? demanda Andr�e.
� Mais je sais tout, ma fille!
� Vous savez?�
� Tout, vous dis-je.
� Tout, quoi, monsieur?
Et le visage d�Andr�e se couvrit d�une rougeur instinctive n�e de cette attaque grossi�re � la plus pudique des consciences.
Le respect du p�re envers l�enfant arr�ta Taverney sur la pente devenue si rapide de ses interrogations.
� Allons! soit, tant qu�il vous plaira, dit-il; vous voulez faire la r�serv�e, � ce qu�il para�t, la myst�rieuse! soit. Vous laissez croupir votre p�re et votre fr�re dans l�obscurit� de l�oubli, c�est bien; mais rappelez-vous mes paroles: quand ce n�est pas d�s le d�but qu�on prend de l�empire, on s�expose � n�avoir de l�empire jamais.
Et Taverney fit une pirouette sur le talon.
� Je ne vous comprends pas, monsieur, dit Andr�e.
� Tr�s bien; mais je me comprends, moi, r�pondit Taverney.
� Cela ne suffit point, lorsqu�on parle � deux.
� Eh bien, je serai plus clair: employez toute la diplomatie dont vous �tes pourvue naturellement, et qui est une vertu de la famille, � faire, pendant que l�occasion s�en pr�sente, la fortune de votre famille et la v�tre; et, la premi�re fois que vous verrez le roi, dites-lui que votre fr�re attend son brevet, et que vous vous �tiolez dans un logement sans air et sans vue; en un mot, ne soyez pas assez ridicule pour avoir trop d�amour ou trop de d�sint�ressement.
� Mais, monsieur�
� Dites cela au roi, d�s ce soir.
� Mais o� voulez-vous que je voie le roi?
� Et ajoutez qu�il n�est pas m�me convenable pour Sa Majest� de venir�
Au moment o� Taverney allait sans doute, par des paroles plus explicites, soulever la temp�te qui s�amassait sourdement dans la poitrine d�Andr�e et provoquer l�explication qui eut �clairci le myst�re, on entendit des pas dans l�escalier.
Le baron s�interrompit aussit�t et courut � la rampe pour voir qui venait chez sa fille.
Andr�e vit avec �tonnement son p�re se ranger contre la muraille.
Presque au m�me moment, la dauphine, suivie d�un homme v�tu de noir et appuy� sur une longue canne, entra dans le petit appartement.
� Votre Altesse! s��cria Andr�e en r�unissant toutes ses forces pour aller au-devant de la dauphine.
� Oui, petite malade, r�pondit la princesse, je vous am�ne la consolation et le m�decin. Venez, docteur. Ah! monsieur de Taverney, continua la princesse en reconnaissant le baron, votre fille est souffrante, et vous n�avez gu�re soin de cette enfant.
� Madame�, balbutia Taverney.
� Venez, docteur, dit la dauphine avec cette bont� charmante qui n�appartenait qu�� elle; venez, t�tez ce pouls, interrogez ces yeux battus, et dites-moi la maladie de ma prot�g�e.
� Oh! madame, madame, que de bont�!� murmura la jeune fille. Comment os�-je recevoir Votre Altesse royale�?
� Dans ce taudis, voulez-vous dire, ch�re enfant; tant pis pour moi, pour moi qui vous loge si mal; j�aviserai � cela. Voyons, mon enfant, donnez votre main � M. Louis, mon chirurgien, et prenez garde: c�est un philosophe qui devine, en m�me temps que c�est un savant qui voit.
Andr�e, souriante, tendit sa main au docteur.
Celui-ci, homme jeune encore et dont la physionomie intelligente tenait tout ce que la dauphine avait promis pour lui, n�avait point cess�, depuis son entr�e dans la chambre, de consid�rer la malade d�abord, puis la localit�, puis cette �trange figure de p�re qui n�annon�ait que la g�ne et pas du tout l�inqui�tude.
Le savant allait voir, le philosophe avait peut-�tre d�j� devin�.
Le docteur Louis �tudia longtemps le pouls de la jeune fille, et l�interrogea sur ce qu�elle ressentait.
� Un profond d�go�t pour toute nourriture, r�pondit Andr�e; des tiraillements subits, des chaleurs qui montent tout � coup � la t�te, des spasmes, des palpitations, des d�faillances.
� mesure qu�Andr�e parlait, le docteur s�assombrissait de plus en plus.
Il finit par abandonner la main de la jeune fille et par d�tourner les yeux.
� Eh bien, docteur, dit la princesse au m�decin, quid? comme disent les consultants. L�enfant est-elle menac�e, et la condamnez-vous � mort?
Le docteur reporta ses yeux sur Andr�e, et l�examina une fois encore en silence.
� Madame, dit-il, la maladie de mademoiselle est des plus naturelles.
� Et dangereuse?
� Non, pas ordinairement, r�pondit le docteur en souriant.
� Ah! fort bien, dit la princesse en respirant plus librement; ne la tourmentez pas trop.
� Oh! je ne la tourmenterai pas du tout, madame.
� Comment! vous n�ordonnez aucune prescription?
� Il n�y a absolument rien � faire � la maladie de mademoiselle.
� Vrai?
� Non, madame.
� Rien?
� Rien.
Et le docteur, comme pour �viter une plus longue explication, prit cong� de la princesse sous pr�texte que ses malades le r�clamaient.
� Docteur, docteur, dit la dauphine, si ce que vous dites n�est pas seulement pour me rassurer, je suis bien plus malade alors que mademoiselle de Taverney; apportez-moi donc sans faute, � votre visite de ce soir, les drag�es que vous m�avez promises pour me faire dormir.
� Madame, je les pr�parerai moi-m�me en rentrant chez moi.
Et il partit.
La dauphine resta pr�s de sa lectrice.
� Rassurez-vous donc, ma ch�re Andr�e, dit-elle avec un bienveillant sourire, votre maladie n�offre rien de bien inqui�tant, car je docteur Louis s�en va sans vous rien prescrire.
� Tant mieux, madame, r�pliqua Andr�e; car alors rien n�interrompra mon service aupr�s de Votre Altesse royale, et c�est cette interruption que je craignais par-dessus toute chose; cependant, n�en d�plaise au savant docteur, je souffre bien, madame, je vous jure.
� Ce ne doit cependant pas �tre une grande souffrance qu�un mal dont rit le m�decin. Dormez donc, mon enfant; je vais vous envoyer quelqu�un pour vous servir, car je remarque que vous �tes seule. Veuillez m�accompagner, monsieur de Taverney.
Elle tendit la main � Andr�e et partit apr�s l�avoir consol�e, ainsi qu�elle l�avait promis.
Chapitre 139. Les jeux de mots de M. de Richelieu
M. le duc de Richelieu, comme nous l�avons vu, s��tait port� sur Luciennes avec cette rapidit� de d�cision et cette s�ret� d�intelligence qui caract�risaient l�ambassadeur � Vienne et le vainqueur de Mahon.
Il arriva l�air joyeux et d�gag�, monta comme un jeune homme les marches du perron, tira les oreilles de Zamore ainsi qu�aux beaux jours de leur intelligence, et for�a pour ainsi dire la porte de ce fameux boudoir de satin bleu o� la pauvre Lorenza avait vu madame du Barry pr�parant son voyage de la rue Saint-Claude.
La comtesse, couch�e sur son sofa, donnait � M. d�Aiguillon ses ordres du matin.
Tous deux se retourn�rent au bruit et demeur�rent stup�faits en apercevant le mar�chal.
� Ah! M. le duc! s��cria la comtesse.
� Ah! mon oncle! fit M. d�Aiguillon.
� Eh! oui, madame! eh! oui, mon neveu.
� Comment, c�est vous?
� C�est moi, moi-m�me, en personne.
� Mieux vaut tard que jamais, r�pliqua la comtesse.