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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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�Enfin le jour o� je devais commencer mon noviciat arriva, mon p�re r�unit cinq cents �cus romains destin�s � payer ma dot au couvent, et nous part�mes pour Subiaco.

�Il y a huit � neuf lieues de Rome � Subiaco; mais les chemins de la montagne sont si mauvais, que, cinq heures apr�s notre d�part, nous n�avions fait encore que trois lieues. Cependant le voyage, tout fatigant qu�il �tait en r�alit�, me plaisait. Je lui souriais comme � mon dernier bonheur, et tout le long du chemin je disais tout bas adieu aux arbres, aux buissons, aux pierres, aux herbes dess�ch�es m�me. Qui savait si l�-bas, au couvent, il y avait de l�herbe, des pierres, des buissons et des arbres!

�Tout � coup, au milieu de mes r�ves, et comme nous passions entre un petit bois et une masse de rochers crevass�s, la voiture s�arr�ta, j�entendis ma m�re pousser un cri, mon p�re fit un mouvement pour saisir des pistolets. Mes yeux et mon esprit retomb�rent du ciel sur la terre; nous �tions arr�t�s par des bandits.

� Pauvre enfant! dit Madame Louise, qui prenait de plus en plus int�r�t � ce r�cit.

� Eh bien, vous le dirai-je, Madame? je ne fus pas fort effray�e, car ces hommes nous arr�taient pour notre argent, et l�argent qu�ils allaient nous prendre �tait destin� � payer ma dot au couvent. S�il n�y avait plus de dot, mon entr�e au couvent �tait retard�e pour tout le temps qu�il faudrait � mon p�re pour en trouver une autre, et je savais la peine et le temps que ces cinq cents �cus avaient co�t� � r�unir.

�Mais quand, apr�s ce premier butin partag�, au lieu de nous laisser continuer notre route, les bandits s��lanc�rent sur moi, quand je vis les efforts de mon p�re pour me d�fendre, quand je vis les larmes de ma m�re pour les supplier, je compris qu�un grand malheur, qu�un malheur inconnu me mena�ait, et je me mis � crier mis�ricorde, par ce sentiment naturel qui vous porte � appeler au secours; car je savais bien que j�appelais inutilement, et que dans ce lieu sauvage personne ne m�entendrait.

�Aussi, sans s�inqui�ter de mes cris, des larmes de ma m�re, des efforts de mon p�re, les bandits me li�rent les mains derri�re le dos, et, me br�lant de leurs regards hideux que je compris alors tant la terreur me faisait clairvoyante, ils se mirent, avec des d�s qu�ils tir�rent de leur poche, � jouer sur le mouchoir de l�un d�eux.

�Ce qui m�effraya le plus, c�est qu�il n�y avait point d�enjeu sur l�ignoble tapis.

�Pendant le temps que les d�s pass�rent de main en main, je frissonnai; car je compris que j��tais la chose qu�ils jouaient.

�Tout � coup, l�un d�eux, poussant un rugissement de triomphe, se leva, tandis que les autres blasph�maient en grin�ant des dents, courut � moi, me saisit dans ses bras et posa ses l�vres sur les miennes.

�Le contact d�un fer rouge ne m�e�t point fait pousser un cri plus d�chirant.

�� Oh! la mort, la mort, mon Dieu! m��criai-je.

�Ma m�re se roulait sur la terre, mon p�re s��vanouit.

�Je n�avais plus qu�un espoir: c�est que l�un ou l�autre des bandits qui avaient perdu me tuerait, dans un moment de rage, d�un coup du couteau qu�ils serraient dans leurs mains crisp�es.

�J�attendais le coup, je l�esp�rais, je l�invoquais.

�Tout � coup un homme � cheval parut dans le sentier.

�Il avait parl� bas � une des sentinelles, qui l�avait laiss� passer en �changeant un signe avec lui.

�Cet homme, de taille moyenne, d�une physionomie imposante, d�un coup d��il r�solu, continua de s�avancer calme et tranquille au pas ordinaire de son cheval.

�Arriv� en face de moi, il s�arr�ta.

�Le bandit, qui d�j� m�avait prise dans ses bras, et qui commen�ait � m�emmener, se retourna au premier coup de sifflet que cet homme donna dans le manche de son fouet.

�Le bandit me laissa glisser jusqu�� terre.

�� Viens ici, dit l�inconnu.

�Et, comme le bandit h�sitait, l�inconnu forma un angle avec son bras, posa deux doigts �cart�s sur sa poitrine. Et, comme si ce signe e�t �t� l�ordre d�un ma�tre tout-puissant, le bandit s�approcha de l�inconnu.

�Celui-ci se pencha � l�oreille du bandit, et tout bas pronon�a ce mot:

�� Mac.

�Il ne pronon�a que ce seul mot, j�en suis s�re, moi qui regardais comme on regarde le couteau qui va vous tuer, moi qui �coutais comme on �coute quand la parole qu�on attend doit �tre la mort ou la vie.

�� Benac, r�pondit le brigand.

�Puis, dompt� comme un lion et rugissant comme lui, il revint � moi, d�tacha la corde qui me liait les poignets, et alla en faire autant � mon p�re et � ma m�re.

�Alors, comme l�argent �tait d�j� partag�, chacun vint � son tour d�poser sa part sur une pierre. Pas un �cu ne manqua aux cinq cents �cus.

�Pendant ce temps, je me sentais revivre aux bras de mon p�re et de ma m�re.

�� Maintenant, allez�, dit l�inconnu aux bandits.

�Les bandits ob�irent et rentr�rent dans le bois jusqu�au dernier.

�� Lorenza Feliciani, dit alors l��tranger en me couvrant de son regard surhumain, continue ta route maintenant, tu es libre.

�Mon p�re et ma m�re remerci�rent l��tranger qui me connaissait, et que nous ne connaissions pas, nous. Puis ils remont�rent dans la voiture. Je les suivis comme � regret, car je ne sais quelle puissance �trange, irr�sistible m�attirait vers mon sauveur.

�Lui �tait rest� immobile � la m�me place, comme pour continuer de nous prot�ger.

�Je l�avais regard� tant que j�avais pu le voir, et ce n�est que lorsque je l�eus perdu de vue tout � fait que l�oppression qui serrait ma poitrine disparut.

�Deux heures apr�s, nous �tions � Subiaco.

� Mais quel �tait donc cet homme extraordinaire? demanda la princesse, �mue de la simplicit� de ce r�cit.

� Daignez encore m��couter, Madame, dit Lorenza. H�las! tout n�est pas fini!

� J��coute, dit Madame Louise.

La jeune femme continua:

� Nous arriv�mes � Subiaco deux heures apr�s cet �v�nement.

�Pendant toute la route, nous n�avions fait que nous entretenir, mon p�re, ma m�re et moi, de ce singulier sauveur qui nous �tait venu tout � coup, myst�rieux et puissant, comme un envoy� du ciel.

�Mon p�re, moins cr�dule que moi, le soup�onnait chef d�une de ces bandes qui, bien que divis�es en fragments autour de Rome, rel�vent de la m�me autorit�, et sont inspect�es de temps en temps par le chef supr�me, lequel, investi d�une autorit� absolue, r�compense, punit et partage.

�Mais moi, moi qui cependant ne pouvais lutter d�exp�rience avec mon p�re; moi qui ob�issais � mon instinct, qui subissais le pouvoir de ma reconnaissance, je ne croyais pas, je ne pouvais pas croire que cet homme f�t un bandit.

�Aussi, dans mes pri�res de chaque soir � la Vierge, je consacrais une phrase destin�e � appeler les gr�ces de la madone sur mon sauveur inconnu.

�D�s le m�me jour, j�entrai au couvent. La dot �tait retrouv�e, rien n�emp�chait qu�on ne m�y re��t. J��tais plus triste, mais aussi plus r�sign�e que jamais. Italienne et superstitieuse, cette id�e m��tait venue que Dieu tenait � me poss�der pure, enti�re et sans tache, puisqu�il m�avait d�livr�e de ces bandits, suscit�s sans doute par le d�mon pour souiller la couronne d�innocence que Dieu seul devait d�tacher de mon front. Aussi m��lan�ai-je avec toute l�ardeur de mon caract�re dans les empressements de mes sup�rieurs et de mes parents. On me fit adresser une demande au souverain pontife � l�effet de me voir dispens�e du noviciat. Je l��crivis, je la signai. Elle avait �t� r�dig�e par mon p�re dans les termes d�un si violent d�sir, que Sa Saintet� crut voir dans cette demande l�ardente aspiration d�une �me d�go�t�e du monde vers la solitude. Elle accorda tout ce qu�on lui demandait, et le noviciat d�un an, de deux ans quelquefois pour les autres, fut, par faveur sp�ciale, fix� pour moi � un mois.

�On m�annon�a cette nouvelle, qui ne me causa ni douleur ni joie. On e�t dit que j��tais d�j� morte au monde, et que l�on op�rait sur un cadavre auquel son ombre impassible survivait seule.

�Quinze jours on me tint renferm�e, de crainte que l�esprit mondain me v�nt saisir. Vers le matin de ce quinzi�me jour, je re�us l�ordre de descendre � la chapelle avec les autres s�urs.

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