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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Oui, monsieur, r�pondit Gilbert, les yeux fixes, la bouche entrouverte, car il avait vu Andr�e et, plac� comme il l��tait, il pouvait continuer � la regarder sans laisser au professeur le soup�on que sa d�monstration n��tait pas religieusement �cout�e et comprise.

� Pour go�ter la terre, dit M. de Jussieu, toujours abus� par l�hiatus de Gilbert, renfermez-en une poign�e dans un clayon, versez quelques gouttes d�eau doucement par-dessus et go�tez cette eau lorsqu�elle sortira filtr�e par la terre m�me en dessous du clayon. Les saveurs salines, ou �cres, ou fades, ou parfum�es de certaines essences naturelles s�approprieront � merveille aux sucs des plantes que vous voulez y faire pousser; car, dans la nature, dit M. Rousseau, votre ancien patron, tout n�est qu�analogie, assimilation, tendance � l�homog�n�it�.

� Oh! mon Dieu! s��cria Gilbert en �tendant les bras devant lui.

� Qu�y a-t-il donc?

� Elle s��vanouit, monsieur, elle s��vanouit!

� Qui cela? �tes-vous fou?

� Elle, elle!

� Elle?

� Oui, reprit vivement Gilbert, une dame.

Et son �pouvante et sa p�leur l�eussent trahi aussi bien que le mot elle, si M. de Jussieu n�e�t pas d�tourn� les yeux de dessus lui pour suivre la direction de sa main.

En suivant cette direction, M. de Jussieu vit, en effet, Andr�e qui s��tait tra�n�e derri�re une charmille et qui, arriv�e l�, �tait tomb�e sur un banc et qui, l�, demeurait immobile et pr�s de perdre le dernier souffle de sentiment qui lui rest�t.

C��tait l�heure � laquelle le roi avait l�habitude de faire sa visite � madame la dauphine et d�bouchait par le verger, passant du grand au petit Trianon.

Sa Majest� d�boucha donc tout � coup.

Elle tenait une p�che vermeille, miracle de pr�cocit�, et se demandait, en vrai roi �go�ste, s�il ne vaudrait pas beaucoup mieux, pour le bonheur de la France, que cette p�che f�t savour�e par lui que par madame la dauphine.

L�empressement de M. de Jussieu � courir vers Andr�e, que le roi, avec sa vue faible, distinguait � peine et ne reconnaissait pas du tout; les cris �touff�s de Gilbert qui indiquaient la terreur la plus profonde, acc�l�r�rent la marche de Sa Majest�.

� Qu�y a-t-il? qu�y a-t-il? demanda Louis XV en s�approchant de la charmille, dont il n��tait plus s�par� que par la largeur d�une all�e.

� Le roi! s��cria M. de Jussieu soutenant dans ses bras la jeune fille.

� Le roi! murmura Andr�e en s��vanouissant tout � fait.

� Mais qui donc est l�? r�p�ta Louis XV; une femme? Que lui arrive-t-il, � cette femme?

� Sire, un �vanouissement.

� Ah! voyons, dit Louis XV.

� Elle est sans connaissance, sire, ajouta M. de Jussieu en montrant la jeune fille �tendue raide et immobile sur le banc o� il venait de la d�poser.

Le roi s�approcha, reconnut Andr�e et s��cria en frissonnant:

� Encore!� Oh! mais c�est �pouvantable, cela; quand on a de pareilles maladies, on reste chez soi; ce n�est pas propre de mourir comme cela toute la journ�e devant le monde!

Et Louis XV rebroussa chemin pour gagner le pavillon du petit Trianon, en grommelant mille choses d�sagr�ables pour la pauvre Andr�e.

M. de Jussieu, qui ignorait les ant�c�dents, demeura un instant stup�fait; puis, se retournant et voyant Gilbert � dix pas dans l�attitude de la crainte et de l�anxi�t�:

� Arrive ici, Gilbert, cria-t-il; tu es fort; tu vas emporter mademoiselle de Taverney jusque chez elle.

� Moi! s��cria Gilbert fr�missant, moi, l�emporter, la toucher? Non, non, elle ne me le pardonnerait pas; non, jamais!

Et il s�enfuit �perdu en appelant au secours.

Chapitre 138. Le docteur Louis

� quelques pas de l�endroit o� Andr�e s��tait �vanouie, travaillaient deux aides jardiniers, qui accoururent aux cris de Gilbert et, s��tant mis aux ordres de M. de Jussieu, transport�rent Andr�e dans sa chambre, tandis que Gilbert suivait de loin, et la t�te baiss�e, ce corps inerte, morne, comme l�assassin qui marche derri�re le corps de sa victime.

M. de Jussieu, arriv� au perron des communs, d�barrassa les jardiniers de leur fardeau; Andr�e venait d�ouvrir les yeux.

Le bruit des voix et cet empressement significatif qui a lieu autour de tout accident attira M. de Taverney hors de la chambre: il vit sa fille, chancelante encore, essayer de se redresser pour monter les degr�s avec l�appui de M. de Jussieu.

Il accourut en demandant, comme le roi:

� Qu�y a-t-il? Qu�y a-t-il?

� Rien, mon p�re, r�pliqua faiblement Andr�e, un malaise, une migraine.

� Mademoiselle est votre fille, monsieur? dit M. de Jussieu en saluant le baron.

� Oui, monsieur.

� Je ne puis donc la laisser en de meilleures mains; mais, au nom du Ciel, consultez un m�decin.

� Oh! ce n�est rien, dit Andr�e.

Et Taverney r�p�ta:

� Certainement, ce n�est rien.

� Je le souhaite, dit M. de Jussieu; mais, en v�rit�, mademoiselle �tait bien p�le.

Et, l�-dessus, apr�s avoir donn� la main � Andr�e jusqu�au haut du perron, M. de Jussieu prit cong�.

Le p�re et la fille demeur�rent seuls.

Taverney, qui, pendant l�absence d�Andr�e, avait mis certainement le temps � profit pour de bonnes r�flexions, vint prendre la main d�Andr�e, rest�e debout, la conduisit � un sofa, la fit asseoir et s�assit pr�s d�elle.

� Pardon, monsieur, dit Andr�e; mais soyez assez bon pour ouvrir la fen�tre; je manque d�air.

� C�est que je voulais causer un peu s�rieusement avec vous, Andr�e, et, dans cette cage que l�on vous a donn�e pour demeure, un souffle s�entend de tous les c�t�s; mais il n�importe, je parlerai bas.

Et il ouvrit la fen�tre.

Puis, revenant s�asseoir en secouant la t�te pr�s de sa fille:

� Il faut avouer, dit-il, que le roi, qui nous avait d�abord t�moign� tant d�int�r�t, ne fait pas preuve de galanterie en vous laissant habiter un pareil taudis.

� Mon p�re, r�pondit Andr�e, il n�y a pas de logement � Trianon; vous savez que c�est le grand d�faut de cette r�sidence.

� Qu�il n�y ait pas de logement pour d�autres, dit Taverney avec un sourire insinuant, je le concevrais � la rigueur, ma fille; mais, pour vous, en v�rit�, je ne le con�ois pas.

� Vous avez trop bonne opinion de moi, monsieur, r�pliqua Andr�e en souriant, et, malheureusement, tout le monde n�est pas comme vous.

� Tous ceux qui vous connaissent, ma fille, sont, au contraire, comme moi.

Andr�e s�inclina comme elle e�t fait pour remercier un �tranger; car ces compliments, de la part de son p�re, commen�aient � lui donner quelque inqui�tude.

� Et, continua Taverney avec son m�me ton doucereux, et� le roi vous conna�t, je suppose?

Et, tout en parlant, il dardait sur la jeune fille un regard dont l�inquisition �tait insupportable.

� Mais le roi me conna�t � peine, r�pliqua Andr�e le plus naturellement du monde, et je suis peu de chose pour lui, � ce que je pr�sume.

Ces mots firent bondir le baron.

� Peu de chose! s��cria-t-il; mais, en v�rit�, je ne con�ois rien � vos paroles, mademoiselle; peu de chose! par exemple, vous mettez un bien bas prix � votre personne!

Andr�e regarda son p�re avec �tonnement.

� Oui, oui, continua le baron, je le dis et je le r�p�te, vous �tes d�une modestie qui va jusqu�� l�oubli de la dignit� personnelle.

� Oh! monsieur, vous exag�rez tout: le roi s�est int�ress� aux malheurs de notre famille, c�est vrai; le roi a daign� faire quelque chose pour nous; mais il y a tant d�infortunes autour du tr�ne de Sa Majest�, il s��chappe tant de largesses de sa main royale, que l�oubli devait n�cessairement nous envelopper apr�s le bienfait.

Taverney regarda fixement sa fille, et non sans une certaine admiration de sa r�serve et de sa discr�tion imp�n�trable.

� Voyons, lui dit-il en se rapprochant d�elle, voyons, ma ch�re Andr�e, votre p�re sera le premier solliciteur qui s�adresse � vous et, � ce titre, j�esp�re que vous ne le repousserez pas.

Andr�e, � son tour, regarda son p�re en femme qui demande une explication.

� Voyons, continua-t-il, nous vous en prions tous, interc�dez pour nous, faites quelque chose pour votre famille�

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