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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Bien, grommela le baron; il ne nous manque plus que cela� malade!

Puis, entre ses dents:

� Peste soit des b�gueules! ajouta-t-il.

Et il rentra dans la chambre de sa fille, o� minutieusement il s�occupa de chercher tout ce qui pouvait aider ses conjectures et lui faire une opinion.

Pendant ce temps, Andr�e traversait l�esplanade et longeait les parterres. Elle levait parfois la t�te pour chercher en l�air de plus vigoureuses aspirations; car le parfum des fleurs nouvelles montait trop violemment � son cerveau et en �branlait chaque fibre.

Ainsi frapp�e, chancelante sous le soleil, et cherchant un appui autour d�elle, la jeune fille parvint, en combattant un malaise inconnu, jusqu�aux antichambres de Trianon, o� madame de Noailles, debout sur le seuil du cabinet de la dauphine, fit comprendre du premier mot � Andr�e qu�il �tait l�heure et qu�on l�attendait.

En effet, l�abb� ***, lecteur en titre de la princesse, d�jeunait avec Son Altesse royale, qui admettait souvent � de pareilles faveurs les personnes de son intimit�.

L�abb� vantait l�excellence de ces pains au beurre que les m�nag�res allemandes savent entasser si industrieusement autour d�une tasse de caf� � la cr�me.

L�abb� parlait au lieu de lire et racontait � la dauphine toutes les nouvelles de Vienne qu�il avait recueillies chez les gazetiers et chez les diplomates; car, � cette �poque, la politique se faisait en plein air, aussi bonne, ma foi, que dans les antres les plus secrets des chancelleries, et il n��tait point rare, au minist�re, d�apprendre des nouvelles que ces messieurs du Palais-Royal ou des quinconces de Versailles avaient devin�es, sinon forg�es.

L�abb� causait surtout des derni�res rumeurs d�une �meute clandestine � propos de la chert� des grains, �meute, disait-il, que M. de Sartine avait arr�t�e tout net en faisant conduire � la Bastille cinq des plus forts accapareurs.

Andr�e entra: la dauphine, elle aussi, avait ses jours de fantaisie et de migraine; l�abb� l�avait int�ress�e: le livre d�Andr�e arrivant apr�s la causerie l�ennuya.

En cons�quence, elle dit � sa lectrice en second de faire en sorte de ne pas manquer l�heure, ajoutant que telle chose bonne en soi l��tait surtout dans son opportunit�.

Andr�e, confuse du reproche et p�n�tr�e surtout de l�injustice, ne r�pliqua rien, quoiqu�elle e�t pu dire qu�elle avait �t� retenue par son p�re et forc�e de venir lentement, attendu qu�elle �tait souffrante.

Non, troubl�e, oppress�e, elle pencha la t�te, et, comme ci elle allait mourir, ferma les yeux et perdit l��quilibre.

Sans madame de Noailles, elle tombait.

� Que vous avez peu de maintien, mademoiselle! murmura madame l��tiquette.

Andr�e ne r�pondit pas.

� Mais, duchesse, elle se trouve mal! s��cria la dauphine en se levant pour courir � Andr�e.

� Non, non, r�pliqua vivement Andr�e, les yeux pleins de larmes, non, Votre Altesse, je suis bien, ou plut�t je suis mieux.

� Mais elle est blanche comme son mouchoir, duchesse, voyez donc. Au fait, c�est ma faute, je l�ai grond�e. Pauvre enfant, asseyez-vous, je le veux.

� Madame�

� Voyons, quand j�ordonne!� Donnez-lui votre pliant, l�abb�.

Andr�e s�assit, et peu � peu, sous la douce influence de cette bont�, son esprit se rass�r�na, les couleurs remont�rent � ses joues.

� Eh bien, mademoiselle, pouvez-vous lire, maintenant? demanda la dauphine.

� Oh! oui, bien certainement; je l�esp�re, du moins.

Et Andr�e ouvrit le livre � l�endroit o� elle avait abandonn� sa lecture de la veille, et, d�une voix qu�elle essayait de poser pour la rendre la plus intelligible et la plus agr�able possible, elle commen�a.

Mais � peine ses regards eurent-ils parcouru la valeur de deux ou trois pages, que des petits atomes noirs voltigeant devant ses yeux se mirent � tourbillonner, � trembloter, et devinrent ind�chiffrables.

Andr�e p�lit de nouveau; une sueur froide monta de sa poitrine � son front, et ce cercle noir que Taverney reprochait si am�rement aux paupi�res de sa fille s�agrandit, s�agrandit de telle fa�on, que la dauphine, � qui l�h�sitation d�Andr�e avait fait lever la t�te, s��cria:

� Encore!� Voyez, duchesse, en v�rit� cette enfant est malade, elle perd connaissance.

Et, cette fois, la dauphine elle-m�me recourut � un flacon de sels qu�elle fit respirer � sa lectrice. Ainsi ranim�e, Andr�e voulut essayer de ramasser le livre, mais ce fut en vain; ses mains avaient conserv� un tremblement nerveux que rien ne put apaiser durant quelques minutes.

� D�cid�ment, duchesse, dit la dauphine, Andr�e est souffrante, et je ne veux pas qu�elle aggrave son mal en restant ici.

� Alors il faut que mademoiselle retourne promptement chez elle, fit la duchesse.

� Et pourquoi cela, madame? demanda la dauphine.

� Parce que, r�pliqua la dame d�honneur avec une profonde r�v�rence, parce que c�est ainsi que commence la petite v�role.

� La petite v�role?�

� Oui, des �vanouissements, des syncopes, des frissons.

L�abb� se crut essentiellement compromis dans le danger que signalait madame de Noailles, car il leva le si�ge et, gr�ce � la libert� que lui donnait cette indisposition d�une femme, il s�esquiva sur la pointe du pied et si adroitement, que personne ne remarqua sa disparition.

Lorsque Andr�e se vit pour ainsi dire entre les bras de la dauphine, la honte d�avoir incommod� � ce point une aussi grande princesse lui rendit des forces, ou plut�t du courage; elle s�approcha donc de la fen�tre pour respirer.

� Ce n�est pas ainsi qu�il faut prendre l�air, ma ch�re demoiselle, dit madame la dauphine; retournez chez vous, je vous ferai accompagner.

� Oh! je vous assure, madame, dit Andr�e, que me voil� tout � fait remise; j�irai bien chez moi seule, puisque Votre Altesse veut bien me donner la permission de me retirer.

� Oui, oui et, soyez tranquille, reprit la dauphine, on ne vous grondera plus, puisque vous �tes si sensible, petite rus�e.

Andr�e, touch�e de cette bont�, qui ressemblait � une amiti� de s�ur, baisa la main de sa protectrice et sortit de l�appartement, tandis que la dauphine la suivait des yeux avec inqui�tude.

Lorsqu�elle fut au bas des degr�s, la dauphine lui cria de la fen�tre:

� Ne rentrez pas tout de suite, mademoiselle, promenez-vous un peu dans les parterres, ce soleil vous fera du bien.

� Oh! mon Dieu, madame, que de gr�ces! murmura Andr�e.

� Et puis faites-moi le plaisir de me renvoyer l�abb�, qui fait l�-bas son cours de botanique dans un carr� de tulipes de Hollande.

Andr�e, pour aller joindre l�abb�, fut contrainte de faire un d�tour; elle traversa le parterre.

Elle allait t�te baiss�e, un peu lourde encore du poids des �tourdissements �tranges qui la faisaient souffrir depuis le matin; elle ne donnait aucune attention aux oiseaux qui se poursuivaient effarouch�s sur les haies et les charmilles en fleurs, ni aux abeilles bourdonnant sur le thym et le lilas.

Elle ne remarquait pas m�me, � vingt pas d�elle, deux hommes qui causaient ensemble, et dont l�un la suivait d�un regard troubl� et inquiet.

C��taient Gilbert et M. de Jussieu.

Le premier, appuy� sur sa b�che, �coutait le savant professeur, qui lui expliquait la mani�re d�arroser les plantes l�g�res, de fa�on � ce que l�eau pass�t seulement par les terres sans y s�journer.

Gilbert semblait �couter la d�monstration avec avidit�, et M. de Jussieu ne trouvait rien que de naturel dans cette ardeur pour la science, car la d�monstration �tait de celles qui soul�vent les applaudissements sur les bancs des �coliers, dans un cours public; or, pour un pauvre gar�on jardinier, n��tait-ce point une bonne fortune inappr�ciable que la le�on d�un si grand ma�tre donn�e en pr�sence m�me de la nature?

� Vous avez, voyez-vous, mon enfant, vous avez ici quatre sortes de terrains, disait M. de Jussieu, et, si je voulais, j�en d�couvrirais dix autres m�l�s � ces quatre principaux. Mais, pour l�apprenti jardinier, la distinction serait un peu subtile. Toujours est-il que le fleuriste doit go�ter la terre, comme le jardinier doit go�ter les fruits. Vous m�entendez bien, n�est-ce pas, Gilbert?

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