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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Enfin, mar�chal, c�est moi qui vous le dis, c�est un vilain homme, et qui a jou� un vilain r�le.

� Oh! si c�est Votre Majest� qui me le dit�

� Oui, monsieur, c�est moi!

� Eh bien, r�pondit Richelieu, Votre Majest� me met tout � fait � mon aise en parlant de la sorte. Non, je l�avoue, Taverney n�est pas une fleur de d�licatesse, et je m�en suis bien aper�u; mais, enfin, sire, tant que Votre Majest� n�a pas daign� me faire conna�tre son opinion�

� La voici, monsieur: je le d�teste.

� Ah! l�arr�t est prononc�, sire; heureusement pour cet infortun�, continua Richelieu, qu�une intercession puissante plaide pour lui pr�s de Votre Majest�.

� Que voulez-vous dire?

� Si le p�re a eu le malheur de d�plaire au roi�

� Et tr�s fort.

� Je ne dis pas non, sire.

� Que dites-vous alors?

� Je dis que certain ange aux yeux bleus et aux cheveux blonds�

� Je ne vous comprends pas, duc.

� Cela se con�oit, sire.

� Cependant, je d�sirerais vous comprendre, je l�avoue.

� Un profane tel que moi, sire, tremble � l�id�e de lever un coin du voile sous lequel s�abritent tant de myst�res amoureux et charmants; mais, je le r�p�te, combien Taverney ne doit-il pas d�actions de gr�ces � celle qui adoucit en sa faveur l�indignation royale! Oh! oui, mademoiselle Andr�e doit �tre un ange!

� Mademoiselle Andr�e est un petit monstre au physique comme son p�re l�est au moral! s��cria le roi.

� Bah! fit Richelieu au comble de la stupeur, nous nous trompions tous, et cette belle apparence�?

� Ne me parlez jamais de cette fille, duc; le frisson me gagne rien que d�y penser.

Richelieu joignit hypocritement les deux mains.

� Oh! mon Dieu! dit-il, les dehors devenus� Si Votre Majest�, le premier appr�ciateur du royaume, si Votre Majest�, l�infaillibilit� en personne, ne m�assurait cela, comment pourrais-je le croire?� Quoi! sire, contrefaite � ce point?

� Plus que cela, monsieur: atteinte d�une maladie� affreuse� un guet-apens, duc. Mais, pour Dieu, plus un mot sur elle, vous me feriez mourir.

� O ciel! s��cria Richelieu, je n�en ouvrirai plus la bouche, sire. Faire mourir Votre Majest�! oh! quelle tristesse! Quelle famille! doit-il �tre malheureux, ce pauvre gar�on!

� Mais de qui donc me parlez-vous encore?

� Oh! cette fois, d�un fid�le, d�un sinc�re, d�un d�vou� serviteur de Votre Majest�. Oh! par exemple, sire, voil� un mod�le, et vous l�avez bien jug�, celui-l�. Pour cette fois, j�en r�ponds, vos faveurs ne sont point tomb�es � faux.

� Mais de qui donc est-il question, duc? Achevez, j�ai h�te.

� Je veux parler, r�pondit moelleusement Richelieu, du fils de l�un, sire, et du fr�re de l�autre. Je veux parler de Philippe de Taverney, de ce brave jeune homme � qui Votre Majest� a donn� un r�giment.

� Moi! j�ai donn� un r�giment � quelqu�un?

� Oui, sire, un r�giment que Philippe de Taverney attend toujours, c�est vrai, mais que vous avez donn�, enfin.

� Moi?

� Dame! je le crois, sire.

� Vous �tes fou!

� Bah!

� Je n�ai rien donn� du tout, mar�chal.

� Vraiment?

� Mais de quoi diable vous m�lez-vous?

� Mais, sire�

� Est-ce que cela vous regarde?

� Moi, pas le moins du monde.

� Vous avez donc jur� alors de me br�ler � petit feu avec ce fagot d��pines?

� Que voulez-vous, sire! il me semblait � je vois bien que je me trompe maintenant � il me semblait que Votre Majest� avait promis�

� Mais ce n�est pas mon affaire, duc. Mais j�ai un ministre de la Guerre. Je ne donne pas de r�giment, moi� Un r�giment! la belle bourde qu�on vous a cont�e l�. Ah! vous �tes l�avocat de cette nich�e? Quand je vous disais que vous aviez tort de me parler; voil� que vous m�avez mis tout le sang � l�envers.

� Oh! sire.

� Oui, � l�envers. Le diable soit de l�avocat, je ne dig�rerai pas de toute la journ�e.

Et, l�-dessus, le roi tourna le dos au duc et se r�fugia tout furieux dans son cabinet, laissant Richelieu plus malheureux qu�on ne saurait dire.

� Ah! pour cette fois, murmura le vieux mar�chal, on sait � quoi s�en tenir.

Et, s��poussetant avec son mouchoir, car dans la chaleur du choc il s��tait tout empoudr�, Richelieu se dirigea vers la galerie � l�angle de laquelle son ami l�attendait avec une impatience d�vorante.

� peine le mar�chal parut-il que, semblable � l�araign�e qui fond sur sa proie, le baron courut sur les nouvelles fra�ches.

L��il �veill�, la bouche en c�ur, les bras en guirlande, il se pr�senta.

� Eh bien, quoi de nouveau? demanda-t-il.

� Il y a de nouveau, monsieur, r�pondit Richelieu en se redressant avec une bouche d�daigneuse et une m�prisante attaque � son jabot, il y a que je vous prie de ne plus m�adresser la parole.

Taverney regarda le duc avec des yeux �bahis.

� Oui, vous avez fort d�plu au roi, continua Richelieu, et qui d�pla�t au roi m�offense.

Taverney, comme si ses pieds eussent pris racine dans le marbre, resta clou� dans sa stup�faction.

Cependant Richelieu continua son chemin.

Puis, arriv� � la porte de la galerie des Glaces o� l�attendait son valet de pied:

� � Luciennes! cria-t-il.

Et il disparut.

Chapitre 137. Les �vanouissements d�Andr�e

Taverney, lorsqu�il eut repris ses sens et approfondi ce qu�il appelait son malheur, comprit que le moment �tait venu d�avoir une explication s�rieuse avec la cause premi�re de tant d�alarmes.

En cons�quence, bouillant de col�re et d�indignation, il se dirigea vers la demeure d�Andr�e.

La jeune fille donnait la derni�re main � sa toilette, levant ses bras arrondis pour boucler derri�re l�oreille deux tresses de cheveux rebelles.

Andr�e entendit le pas de son p�re dans l�antichambre, au moment o�, son livre sous le bras, elle allait franchir le seuil de son appartement.

� Ah! bonjour, Andr�e, dit M. de Taverney; vous sortez?

� Oui, mon p�re.

� Seule?

� Vous voyez.

� Vous �tes donc encore seule?

� Depuis la disparition de Nicole, je n�ai pas repris de fille de chambre.

� Mais vous ne pouvez vous habiller, Andr�e, cela vous fait tort; une femme ainsi mise n�a aucun succ�s � la cour; je vous avais recommand� tout autre chose, Andr�e.

� Pardon, mon p�re, mais madame la dauphine m�attend.

� Je vous assure, Andr�e, r�pliqua Taverney s��chauffant � mesure qu�il parlait, je vous assure, mademoiselle, qu�avec cette simplicit�, vous finirez par �tre ridiculis�e ici.

� Mon p�re�

� Le ridicule tue partout, et fait plus � la cour.

� Monsieur, j�aviserai. Mais, pour l�instant, madame la dauphine me saura gr� de me v�tir moins �l�gamment, en faveur de mon empressement � me rendre aupr�s d�elle.

� Allez donc et revenez, je vous prie, aussit�t que vous serez libre; car j�ai � vous entretenir d�une affaire s�rieuse.

� Oui, mon p�re, dit Andr�e.

Et elle essaya de continuer son chemin.

Le baron la regardait de tous ses yeux.

� Attendez, attendez, cria-t-il, vous ne pouvez sortir ainsi; vous avez oubli� votre rouge, mademoiselle; vous �tes d�une p�leur repoussante.

� Moi, mon p�re? fit Andr�e s�arr�tant.

� Mais, en v�rit�, quand vous vous regardez au miroir, � quoi pensez-vous donc? Vos joues sont blanches comme cire, vos yeux cern�s d�un demi-pied. On ne sort pas comme cela, mademoiselle, sous peine de faire peur aux gens.

� Je n�ai plus le temps de rien changer � ma toilette, mon p�re.

� C�est odieux, en v�rit�, c�est odieux! s��cria Taverney en haussant les �paules; il n�y a qu�une femme comme celle-l� au monde, et je l�ai pour fille! Quelle atroce chance! Andr�e! Andr�e!

Mais Andr�e �tait d�j� au bas de l�escalier.

Elle se retourna.

� Au moins, s��cria Taverney, dites que vous �tes malade; rendez-vous int�ressante, mordieu! si vous ne voulez pas vous faire belle!

� Oh! quant � cela, mon p�re, ce me sera chose facile, et je dirai que je suis malade sans mentir, car je me sens r�ellement souffrante en ce moment.

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