Joseph Balsamo. Tome IV
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #4
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:
� Enfin, mar�chal, c�est moi qui vous le dis, c�est un vilain homme, et qui a jou� un vilain r�le.
� Oh! si c�est Votre Majest� qui me le dit�
� Oui, monsieur, c�est moi!
� Eh bien, r�pondit Richelieu, Votre Majest� me met tout � fait � mon aise en parlant de la sorte. Non, je l�avoue, Taverney n�est pas une fleur de d�licatesse, et je m�en suis bien aper�u; mais, enfin, sire, tant que Votre Majest� n�a pas daign� me faire conna�tre son opinion�
� La voici, monsieur: je le d�teste.
� Ah! l�arr�t est prononc�, sire; heureusement pour cet infortun�, continua Richelieu, qu�une intercession puissante plaide pour lui pr�s de Votre Majest�.
� Que voulez-vous dire?
� Si le p�re a eu le malheur de d�plaire au roi�
� Et tr�s fort.
� Je ne dis pas non, sire.
� Que dites-vous alors?
� Je dis que certain ange aux yeux bleus et aux cheveux blonds�
� Je ne vous comprends pas, duc.
� Cela se con�oit, sire.
� Cependant, je d�sirerais vous comprendre, je l�avoue.
� Un profane tel que moi, sire, tremble � l�id�e de lever un coin du voile sous lequel s�abritent tant de myst�res amoureux et charmants; mais, je le r�p�te, combien Taverney ne doit-il pas d�actions de gr�ces � celle qui adoucit en sa faveur l�indignation royale! Oh! oui, mademoiselle Andr�e doit �tre un ange!
� Mademoiselle Andr�e est un petit monstre au physique comme son p�re l�est au moral! s��cria le roi.
� Bah! fit Richelieu au comble de la stupeur, nous nous trompions tous, et cette belle apparence�?
� Ne me parlez jamais de cette fille, duc; le frisson me gagne rien que d�y penser.
Richelieu joignit hypocritement les deux mains.
� Oh! mon Dieu! dit-il, les dehors devenus� Si Votre Majest�, le premier appr�ciateur du royaume, si Votre Majest�, l�infaillibilit� en personne, ne m�assurait cela, comment pourrais-je le croire?� Quoi! sire, contrefaite � ce point?
� Plus que cela, monsieur: atteinte d�une maladie� affreuse� un guet-apens, duc. Mais, pour Dieu, plus un mot sur elle, vous me feriez mourir.
� O ciel! s��cria Richelieu, je n�en ouvrirai plus la bouche, sire. Faire mourir Votre Majest�! oh! quelle tristesse! Quelle famille! doit-il �tre malheureux, ce pauvre gar�on!
� Mais de qui donc me parlez-vous encore?
� Oh! cette fois, d�un fid�le, d�un sinc�re, d�un d�vou� serviteur de Votre Majest�. Oh! par exemple, sire, voil� un mod�le, et vous l�avez bien jug�, celui-l�. Pour cette fois, j�en r�ponds, vos faveurs ne sont point tomb�es � faux.
� Mais de qui donc est-il question, duc? Achevez, j�ai h�te.
� Je veux parler, r�pondit moelleusement Richelieu, du fils de l�un, sire, et du fr�re de l�autre. Je veux parler de Philippe de Taverney, de ce brave jeune homme � qui Votre Majest� a donn� un r�giment.
� Moi! j�ai donn� un r�giment � quelqu�un?
� Oui, sire, un r�giment que Philippe de Taverney attend toujours, c�est vrai, mais que vous avez donn�, enfin.
� Moi?
� Dame! je le crois, sire.
� Vous �tes fou!
� Bah!
� Je n�ai rien donn� du tout, mar�chal.
� Vraiment?
� Mais de quoi diable vous m�lez-vous?
� Mais, sire�
� Est-ce que cela vous regarde?
� Moi, pas le moins du monde.
� Vous avez donc jur� alors de me br�ler � petit feu avec ce fagot d��pines?
� Que voulez-vous, sire! il me semblait � je vois bien que je me trompe maintenant � il me semblait que Votre Majest� avait promis�
� Mais ce n�est pas mon affaire, duc. Mais j�ai un ministre de la Guerre. Je ne donne pas de r�giment, moi� Un r�giment! la belle bourde qu�on vous a cont�e l�. Ah! vous �tes l�avocat de cette nich�e? Quand je vous disais que vous aviez tort de me parler; voil� que vous m�avez mis tout le sang � l�envers.
� Oh! sire.
� Oui, � l�envers. Le diable soit de l�avocat, je ne dig�rerai pas de toute la journ�e.
Et, l�-dessus, le roi tourna le dos au duc et se r�fugia tout furieux dans son cabinet, laissant Richelieu plus malheureux qu�on ne saurait dire.
� Ah! pour cette fois, murmura le vieux mar�chal, on sait � quoi s�en tenir.
Et, s��poussetant avec son mouchoir, car dans la chaleur du choc il s��tait tout empoudr�, Richelieu se dirigea vers la galerie � l�angle de laquelle son ami l�attendait avec une impatience d�vorante.
� peine le mar�chal parut-il que, semblable � l�araign�e qui fond sur sa proie, le baron courut sur les nouvelles fra�ches.
L��il �veill�, la bouche en c�ur, les bras en guirlande, il se pr�senta.
� Eh bien, quoi de nouveau? demanda-t-il.
� Il y a de nouveau, monsieur, r�pondit Richelieu en se redressant avec une bouche d�daigneuse et une m�prisante attaque � son jabot, il y a que je vous prie de ne plus m�adresser la parole.
Taverney regarda le duc avec des yeux �bahis.
� Oui, vous avez fort d�plu au roi, continua Richelieu, et qui d�pla�t au roi m�offense.
Taverney, comme si ses pieds eussent pris racine dans le marbre, resta clou� dans sa stup�faction.
Cependant Richelieu continua son chemin.
Puis, arriv� � la porte de la galerie des Glaces o� l�attendait son valet de pied:
� � Luciennes! cria-t-il.
Et il disparut.
Chapitre 137. Les �vanouissements d�Andr�e
Taverney, lorsqu�il eut repris ses sens et approfondi ce qu�il appelait son malheur, comprit que le moment �tait venu d�avoir une explication s�rieuse avec la cause premi�re de tant d�alarmes.
En cons�quence, bouillant de col�re et d�indignation, il se dirigea vers la demeure d�Andr�e.
La jeune fille donnait la derni�re main � sa toilette, levant ses bras arrondis pour boucler derri�re l�oreille deux tresses de cheveux rebelles.
Andr�e entendit le pas de son p�re dans l�antichambre, au moment o�, son livre sous le bras, elle allait franchir le seuil de son appartement.
� Ah! bonjour, Andr�e, dit M. de Taverney; vous sortez?
� Oui, mon p�re.
� Seule?
� Vous voyez.
� Vous �tes donc encore seule?
� Depuis la disparition de Nicole, je n�ai pas repris de fille de chambre.
� Mais vous ne pouvez vous habiller, Andr�e, cela vous fait tort; une femme ainsi mise n�a aucun succ�s � la cour; je vous avais recommand� tout autre chose, Andr�e.
� Pardon, mon p�re, mais madame la dauphine m�attend.
� Je vous assure, Andr�e, r�pliqua Taverney s��chauffant � mesure qu�il parlait, je vous assure, mademoiselle, qu�avec cette simplicit�, vous finirez par �tre ridiculis�e ici.
� Mon p�re�
� Le ridicule tue partout, et fait plus � la cour.
� Monsieur, j�aviserai. Mais, pour l�instant, madame la dauphine me saura gr� de me v�tir moins �l�gamment, en faveur de mon empressement � me rendre aupr�s d�elle.
� Allez donc et revenez, je vous prie, aussit�t que vous serez libre; car j�ai � vous entretenir d�une affaire s�rieuse.
� Oui, mon p�re, dit Andr�e.
Et elle essaya de continuer son chemin.
Le baron la regardait de tous ses yeux.
� Attendez, attendez, cria-t-il, vous ne pouvez sortir ainsi; vous avez oubli� votre rouge, mademoiselle; vous �tes d�une p�leur repoussante.
� Moi, mon p�re? fit Andr�e s�arr�tant.
� Mais, en v�rit�, quand vous vous regardez au miroir, � quoi pensez-vous donc? Vos joues sont blanches comme cire, vos yeux cern�s d�un demi-pied. On ne sort pas comme cela, mademoiselle, sous peine de faire peur aux gens.
� Je n�ai plus le temps de rien changer � ma toilette, mon p�re.
� C�est odieux, en v�rit�, c�est odieux! s��cria Taverney en haussant les �paules; il n�y a qu�une femme comme celle-l� au monde, et je l�ai pour fille! Quelle atroce chance! Andr�e! Andr�e!
Mais Andr�e �tait d�j� au bas de l�escalier.
Elle se retourna.
� Au moins, s��cria Taverney, dites que vous �tes malade; rendez-vous int�ressante, mordieu! si vous ne voulez pas vous faire belle!
� Oh! quant � cela, mon p�re, ce me sera chose facile, et je dirai que je suis malade sans mentir, car je me sens r�ellement souffrante en ce moment.