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Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
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— On a pas le choix, il faut continuer. On va passer en France par la montagne.

Fahrid ne réalisait pas ce qu’impliquait ce changement de programme. Il imagina cependant que ça allait devenir sportif et ça suffisait à lui plaire.

Une voiture se gara en face d’eux.

— C’est quoi, ça ?

D’un geste machinal, Eduardo laissa sa main droite s’aventurer vers l’intérieur de son blouson jusqu’à ce qu’elle se pose sur la crosse de son Beretta. Fahrid observait dans le rétroviseur, une main sur le calibre caché dans la porte.

Le conducteur et sa passagère sortirent simultanément de leur véhicule.

— Des flics ?

— Ils ne seraient pas venus au contact comme ça.

— On n’est sûr de rien.

— T’as raison, mais je te dis qu’ils ne sont pas flics.

L’homme caressa les fesses de la femme en passant à côté d’elle, geste qui rendit leur sourire aux voyous. Ils les virent échanger leur place et redémarrer.

À ce moment, arrivèrent les deux Hell’s. Ils s’immobilisèrent dans un cliquetis de soupapes, en cherchant du pied la béquille de leur bécane. Avec leur look, il y avait peu de chance qu’on leur cherche des ennuis. Le Mexicain leur fit signe de les rejoindre.

— C’est la merde ! Faut qu’on change nos plans. On peut plus rester sur l’autoroute. On doit passer par la montagne. Vous connaissez le coin ?

Raynal fit une moue sur une mine déjà préoccupée. L’autre préféra rouler une cigarette pendant qu’on réglait des problèmes d’intendance qui ne semblaient pas le concerner.

— Ouais. Je connais, je vais de temps en temps en Andorre, mais faut surtout pas y aller, c’est truffé de douaniers et il n’y a qu’une route. On serait piégé en cas d’emmerdes. On peut essayer de passer par Bourg-Madame et ensuite on plonge sur Perpignan ou Limoux.

— C’est quoi, le mieux ?

— Moi, je prendrais la direction Limoux, la route est merdique, mais il n’y a quasiment pas de circulation. Par contre, si on veut nous bloquer, c’est facile pour les flics.

Eduardo se crispa un peu plus. Les routes de montagne n’étaient pas son fort. Les virages le rendaient malade. Il regarda sa montre. Changer d’itinéraire les assurait que personne, en dehors d’eux, n’était au courant. Pas de flics, pas d’équipe adverse pour les braquer. À partir de maintenant, il fallait resserrer le convoi.

Entre deux taffes, le motard muet décida de s’exprimer :

— On risque quand même d’avoir un problème.

Sans aucune pitié pour les nerfs d’Eduardo, il les laissa mariner… se contentant au final de lever l’index vers le ciel.

— Le temps !

Celui-ci s’assombrissait progressivement et des nuages menaçants bouchaient presque totalement l’horizon.

— S’il se met à flotter sur ces foutues routes, on va peiner à suivre. Et il ne faudrait pas qu’il neige. Les motos ne sont pas équipées pour…

Fahrid en rajouta une couche.

— C’est vrai qu’avec ma vitre éclatée, je risque d’être emmerdé aussi.

Eduardo reprit l’initiative :

— Ne traînons pas ici, commencez à avancer. J’attends les autres et on vous rejoint.

Penché vers Fahrid, Raynal observa les éclats de verre disséminés dans le véhicule. Les yeux du motard trahirent un certain plaisir comme s’il se délectait de l’odeur du sang, avec un sourire malsain, presque dangereux.

— Tu nous suis, on connaît la route.

— J’ai un GPS.

— Ben, tu t’en sers pas. De toute manière, avec les routes qu’on va faire, il n’y aura rien de suspect à cela, peu de téméraires doublent des motards.

16

Debout à l’extérieur de la voiture, Léanne décrocha dès la première vibration de son téléphone.

— Oui.

Le commissaire de Perpignan vit le visage de la commandant se décomposer. Elle s’approcha de la voiture jusqu’à s’appuyer contre sa portière, tout d’un coup frigorifiée, abattue par le « poids du vide » sur ses épaules, sans pouvoir parler.

— C’est pas possible. Comment ils ont pu disparaître ?

À la fin de la communication, elle confirma à son passager ce qu’il avait déjà compris.

— Ils ont perdu le convoi. Ils ne savent plus où il est.

Les rêves d’interpellations glorieuses que nourrissait le jeune chef, partaient en fumée.

— Comment ça ?

— Un accident sur l’autoroute, au sud de Barcelone, a créé un immense embouteillage et perturbé la circulation. Ils ignorent où sont sorties les voitures et les motos… Rien… Ils ne savent rien !!!

— Ils ne devaient pas assurer toutes les issues possibles ?

— Si, je croyais, c’est ce qui était prévu. C’est toujours comme ça. Près du but, ils ont dû se relâcher, comme si c’était déjà fini.

— Et l’accident, c’est quoi ?

— Un camion qui a pulvérisé un camping-car.

— Ils peuvent avoir déclenché l’accident exprès ?

— Apparemment, non. Les Espagnols sont en train de vérifier les caméras d’autoroute pour localiser leur passage, mais ça va prendre un peu de temps…

17

La commandant s’emporta contre les imbéciles qui avaient laissé filer le convoi. Comment trois voitures et des motos pouvaient-elles disparaître dans la nature ? Depuis presque une heure au téléphone, elle avait d’abord appelé Vignon à Nice, puis la juge d’instruction pour l’avertir de ce fiasco, et enfin Paris, surtout Paris. Ils avaient besoin de la DCPJ pour toucher les Espagnols. Vignon, lui, avait communiqué avec le chef de l’OCRTIS, le chef de la division des relations internationales de la PJ et les membres de la DCI en charge des policiers français postés à l’étranger. Ces services, habitués à traiter avec les flics d’autres pays, avaient à leur tour carillonné en Espagne. D’abord, et c’était positif, les flics espagnols, avec les officiers de liaison français en poste chez eux, tentaient toujours de localiser le convoi. Ensuite, plus négatif mais réaliste, on était dimanche soir et, en Espagne comme en France, il ne fallait pas s’attendre à des miracles avant le lendemain matin. Même en se raisonnant, la flic ne put s’empêcher de rager et de jurer comme une poissonnière entre chaque communication. Près d’elle, le chef de l’antenne de Perpignan et une partie du dispositif se gardaient bien d’intervenir. Elle aboya un « allô » en réponse à un appel de l’officier de police français en poste à Marbella. Il était dans le groupe qui filochait le convoi.

— Alors, vous les avez trouvés ?

Léanne se raisonna encore. Inutile d’accabler les collègues, tout le monde devait être parfaitement conscient du problème. Ne pas insister ! La balle était dans le camp espagnol. Rien n’avancerait sans eux.

— Bon, qu’est-ce que tu en penses ?

— Je peux t’assurer que nos équipes remuent ciel et terre pour les retrouver. Ils se sont fait passer une avoinée par leur chef de service, et le juge d’instruction en a rajouté une couche. À cet instant, ils n’ont rien de tangible, si ce n’est les témoignages récoltés sur le lieu de l’accident. Les deux véhicules qui transportent la came ont été vus et identifiés. Le Porsche Cayenne a peut-être même été impliqué.

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