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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Allons, allons, dit-il, je meurs sans regret; j�ai tout poss�d� sur la terre; j�ai tout connu; j�ai pu tout ce qu�il est donn� � la cr�ature de pouvoir; j�allais atteindre � l�immortalit�.

Balsamo fit entendre un sombre rire dont le sinistre �clat rappela l�attention du vieillard.

Alors Althotas, lui lan�ant � travers les flammes qui lui faisaient comme un voile un regard empreint d�une majest� farouche:

� Oui, tu as raison, dit-il, il y a une chose que je n�avais pas pr�vue: je n�avais pas pr�vu Dieu.

Et, comme si ce mot puissant e�t d�racin� toute son �me, Althotas se renversa sur son fauteuil; il avait rendu � Dieu ce dernier soupir qu�il avait esp�r� soustraire � Dieu.

Balsamo poussa un soupir; et, sans essayer de rien soustraire au b�cher pr�cieux sur lequel cet autre Zoroastre s��tait couch� pour mourir, il redescendit pr�s de Lorenza et l�cha le ressort de la trappe, qui alla se rajuster au plafond, d�robant � ses yeux l�immense fournaise qui bouillonnait, pareille au crat�re d�un volcan.

Pendant toute la nuit, la flamme gronda au-dessus de la t�te de Balsamo comme un ouragan, sans que Balsamo fit rien pour l��teindre ou pour la fuir, insensible qu�il �tait � tout danger pr�s du corps insensible de Lorenza; mais, contre son attente, apr�s avoir tout d�vor�, apr�s avoir mis � nu la vo�te de brique dont il avait an�anti les pr�cieux ornements, le feu s��teignit, et Balsamo entendit ses derniers rugissements, qui, pareils � ceux d�Althotas, d�g�n�raient en plaintes et mouraient en soupirs.

Chapitre 135. O� l�on redescend sur la terre

M. le duc de Richelieu �tait dans la chambre � coucher de son h�tel de Versailles, o� il prenait son chocolat � la vanille, en compagnie de M. Raft�, lequel lui demandait ses comptes.

Le duc, fort occup� de son visage, qu�il regardait de loin dans une glace, ne pr�tait qu�une fort m�diocre attention aux calculs plus ou moins exacts de M. son secr�taire.

Tout � coup, un certain bruit de souliers craquant dans l�antichambre annon�a une visite, et le duc exp�dia promptement le reste de son chocolat en regardant avec inqui�tude du c�t� de la porte.

Il y avait des heures o� M. de Richelieu, comme les vieilles coquettes, n�aimait pas � recevoir tout le monde.

Le valet de chambre annon�a M. de Taverney.

Le duc allait sans doute r�pondre par quelque �chappatoire, qui eut remis � un autre jour, ou du moins � une autre heure la visite de son ami; mais, aussit�t la porte ouverte, le p�tulant vieillard se pr�cipita dans la chambre, tendit, en passant, un bout de doigt au mar�chal et courut s�ensevelir dans une immense berg�re qui g�mit sous le choc bien plus que sous le poids.

Richelieu vit passer son ami, pareil � un de ces hommes fantastiques � l�existence desquels Hoffmann nous a fait croire depuis. Il entendit le craquement de la berg�re, il entendit un soupir �norme et, se retournant vers son h�te:

� Eh! baron, dit-il, qu�y a-t-il donc de nouveau? Tu me sembles triste comme la mort.

� Triste, dit Taverney, triste!

� Pardieu! ce n�est pas un soupir de joie que tu as pouss� l�, ce me semble.

Le baron regarda le mar�chal d�un air qui voulait dire que, tant que Raft� serait l�, on n�aurait pas l�explication de ce soupir.

Raft� comprit sans avoir la peine de se retourner; car lui aussi, comme son ma�tre, regardait parfois dans les glaces.

Ayant compris, il se retira donc discr�tement.

Le baron le suivit des yeux, et, comme la porte se refermait derri�re lui:

� Ne dis pas triste, duc, fit le baron; dis inquiet, et inquiet mortellement.

� Bah!

� En v�rit�, s��cria Taverney en joignant les mains, je te conseille de faire l��tonn�. Voil� pr�s d�un grand mois que tu me prom�nes avec des mots vagues, tels que ceux-ci: �Je n�ai pas vu le roi�; ou bien encore: �Le roi ne m�a pas vu� ou bien: �Le roi me boude.� Cordieu! duc, ce n�est pas ainsi qu�on r�pond � un vieil ami. Un mois, comprends donc! mais c�est l��ternit�.

Richelieu haussa les �paules.

� Que diable veux-tu que je dise, baron? r�pliqua-t-il.

� Eh! la v�rit�.

� Mordieu! je te l�ai dite, la v�rit�; mordieu! je te la corne aux oreilles, la v�rit�; seulement, tu ne veux pas la croire, voil� tout.

� Comment, toi, un duc et pair, un mar�chal de France, un gentilhomme de la chambre, tu veux me faire accroire que tu ne vois pas le roi, toi qui vas tous les matins au lever? Allons donc!

� Je te l�ai dit et je te le r�p�te, cela n�est pas croyable, mais c�est ainsi; depuis trois semaines, je vais tous les jours au lever, moi duc et pair, moi mar�chal de France, moi gentilhomme de la chambre!

� Et le roi ne te parle pas, interrompit Taverney, et tu ne parles pas au roi? Et tu veux me faire avaler une pareille bourde?

� Eh! baron, mon cher, tu deviens impertinent; tendre ami, tu me d�mens, en v�rit�, comme si nous avions quarante ans de moins et le coup de pointe facile.

� Mais c�est � enrager, duc.

� Ah! cela, c�est autre chose; enrage, mon cher; j�enrage bien, moi.

� Tu enrages?

� Il y a de quoi. Puisque je te dis que, depuis ce jour, le roi ne m�a pas regard�! Puisque je te dis que Sa Majest� m�a constamment tourn� le dos! Puisque, chaque fois que j�ai cru devoir lui sourire agr�ablement, le roi m�a r�pondu par une affreuse grimace! Puisque enfin je suis las d�aller me faire bafouer � Versailles! Voyons, que veux-tu que j�y fasse?

Taverney se mordait cruellement les ongles pendant cette r�plique du mar�chal.

� Je n�y comprends rien, dit-il enfin.

� Ni moi, baron.

� En v�rit�, c�est � croire que le roi s�amuse de tes inqui�tudes; car enfin�

� Oui, c�est ce que je me dis, baron. Enfin!�

� Voyons, duc, il s�agit de nous sortir de cet embarras; il s�agit de tenter quelque adroite d�marche par laquelle tout s�explique.

� Baron, baron, reprit Richelieu, il y a du danger � provoquer les explications des rois.

� Tu penses?

� Oui. Veux-tu que je te dise?

� Parle.

� Eh bien, je me d�fie de quelque chose.

� Et de quoi? demanda le baron fi�rement.

� Ah! voil� que tu te f�ches.

� Il y a de quoi, ce me semble.

� Alors, n�en parlons plus.

� Au contraire, parlons-en; mais explique-toi.

� Tu as le diable au corps avec tes explications; en v�rit�, c�est une monomanie. Prends-y garde.

� Je te trouve charmant, duc; tu vois tous nos plans arr�t�s, tu vois une stagnation inexplicable dans la marche de mes affaires, et tu me conseilles d�attendre!

� Quelle stagnation? Voyons.

� D�abord, tiens.

� Une lettre?

� Oui, de mon fils.

� Ah! le colonel.

� Beau colonel!

� Bon! qu�y a-t-il encore par l�?

� Il y a que, depuis pr�s d�un mois aussi, Philippe attend � Reims la nomination que le roi lui a promise, que cette nomination n�arrive pas, et que le r�giment va partir dans deux jours.

� Diable! le r�giment part?

� Oui, pour Strasbourg. De sorte que, si dans deux jours Philippe n�a pas re�u ce brevet�

� Eh bien?

� Dans deux jours, Philippe sera ici.

� Oui, je comprends, on l�a oubli�, le pauvre gar�on: c�est l� l�ordinaire dans les bureaux organis�s comme ceux du nouveau minist�re. Ah! si j�eusse �t� ministre, le brevet serait parti!

� Hum! reprit Taverney.

� Tu dis?

� Je dis que je n�en crois pas un mot.

� Comment?

� Si tu eusses �t� ministre, tu eusses envoy� Philippe aux cinq cents diables.

� Oh!

� Et son p�re aussi.

� Oh! oh!

� Et sa s�ur encore plus loin.

� Il y a du plaisir � causer avec toi, Taverney; tu es rempli d�esprit; mais brisons l�.

� Je ne demande pas mieux pour moi; mais mon fils ne peut briser l�, lui! sa position n�est pas tenable. Duc, il faut absolument voir le roi.

� Eh! je ne fais que cela, te dis-je.

� Lui parler.

� Eh! mon cher, on ne parle pas au roi, s�il ne vous parle pas.

� Le forcer.

� Ah! je ne suis pas le pape, moi.

� Alors, dit Taverney, je vais me d�cider � parler � ma fille; car il y a dans tout ceci du louche, monsieur le duc.

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