Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées
- Автор: Gersal Frédérick
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Editions de l'Opportun
- ISBN: 978-2360751815
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées». Краткое содержание книги:
Henri III décide de créer un nouvel ordre de chevalerie.
Cet ordre chevaleresque est composé de cent membres, tous français. En certaines occasions, chevaliers et officiers portent le costume d’apparat qui se compose notamment d’un habit entièrement blanc, d’un large manteau de velours noir doublé de soie orange avec une collerette de soie verte.
Le tout est surmonté d’une toque noire à plumet blanc. Et sur ce costume usuel, les membres portent une croix suspendue à un grand ruban bleu ciel, le fameux cordon bleu !
Vers la fin du XVIe siècle, certains chevaliers se réunissent pour partager de bons repas. Dans ce club très fermé, ces bons vivants cultivent leur amour pour la bonne chère ; ils sont devenus pour l’Histoire de fins « cordons-bleus »…
Un coup de Trafalgar
« Un coup de Trafalgar » nous indique un mauvais coup du sort, un effroyable incident, pire encore : une défaite terrible !
C’est ce qui s’est passé en 1805. Tout a commencé au mois de janvier, lorsque Napoléon Ier, décidé à envahir l’Angleterre, signe une convention avec l’Espagne, unissant les forces navales des deux pays.
Pour lui permettre de débarquer son armée outre-Manche, il a l’idée d’attirer la flotte anglaise dans un piège. Après avoir tenté une diversion vers les Antilles, l’escadre franco-espagnole se réfugie dans le port de Cadix, au sud de l’Espagne.
Le plan de Napoléon est un échec, plus question d’envahir l’Angleterre. Mais il faut que le vice-amiral Villeneuve quitte ce port de Cadix bloqué par la flotte anglaise, dirigée par l’amiral Nelson.
Finalement, le 21 octobre 1805, le vice-amiral Villeneuve décide de faire sortir ses 33 vaisseaux, 18 français et 15 espagnols, et il se retrouve au nord-ouest du cap Trafalgar, où se déroule une bataille navale historique.
Le plan de Napoléon est un échec, plus question d’envahir l’Angleterre.
En plein océan Atlantique ce fut une victoire anglaise et une défaite française inscrites dans nos livres d’histoire et dans nos dictionnaires, ce fut « un coup de Trafalgar »…
Un enfant de la balle
« Un enfant de la balle » est un enfant qui suit les traces professionnelles de ses parents.
Les exemples sont nombreux dans les arts, dans le commerce et dans bien d’autres métiers…
L’ « enfant de la balle » n’est pas nécessairement un « fils de famille » ou un « fils à papa », il correspondrait plutôt aux expressions « tel père, tel fils » ou « telle mère, telle fille ».
Pourtant, à l’origine, certains historiens pensent que cet « enfant de la balle » désignerait, avant tout, le fils d’un « paumier », nom donné au directeur ou propriétaire d’une salle de jeu de paume. Le jeune garçon pouvait aisément s’entraîner en suivant les conseils éclairés de son père. Avec de la volonté, il devenait rapidement un joueur expérimenté et un adversaire redoutable dans une partie de jeu de paume.
Pourtant, à l’origine, certains historiens pensent que cet « enfant de la balle » désignerait, avant tout, le fils d’un « paumier ».
Quand les premières troupes de théâtre ont commencé à se sédentariser, il fallut trouver des salles assez grandes pour accueillir non seulement leurs décors, mais surtout le public de plus en plus nombreux.
Les comédiens s’installèrent dans des salles de jeu de paume et voilà comment le fils des artistes a remplacé le fils du paumier pour devenir « un enfant de la balle »…
Une épée de Damoclès
Une « épée de Damoclès » est un objet devenu dangereux car l’expression « avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête » désigne en général un danger immédiat !
Mais attention à l’orthographe… Quand on parle d’une « épée de Damoclès », il ne s’agit pas de l’épée d’une princesse ou d’une certaine dame Oclès, non ! L’orthographe est bien D.A.M.O.C.L.È.S. !
Cette expression célèbre nous vient d’une lointaine histoire qui a débuté en l’an 405 avant notre ère, lorsque Denys l’Ancien est devenu le tyran de Syracuse, en Sicile. Ce dictateur cruel a pourtant peur pour sa vie, il se sent perpétuellement menacé. Personne ne peut l’approcher sans avoir été fouillé.
Il ne s’agit pas de l’épée d’une princesse ou d’une certaine dame Oclès.
Seul son barbier fait exception à la règle. Ses soupçons permanents tournent à la folie ! Dans son palais, il se fait installer une chambre entourée par un large fossé qui ne peut être franchi que par un pont-levis. C’est dans cet état d’esprit qu’il dirige son pays jusqu’au jour où l’un de ses plus fidèles courtisans, Damoclès, lui affirme, pour le flatter, qu’il est sans doute le plus heureux des hommes ! Devant un tel discours, Denys l’Ancien invite Damoclès à vivre comme lui, le temps d’une journée… Il lui offre un repas somptueux avec des mets raffinés et des boissons agréables. Damoclès en profite, il se donne du bon temps…
Lorsque tout à coup il aperçoit, là, juste au-dessus de sa tête, une épée suspendue au plafond par un simple crin de cheval… D’un coup d’œil il a compris que le bonheur est tout à fait relatif, à cause d’« une épée de Damoclès »…
Un poisson d’avril
Un « poisson d’avril » est un sujet de plaisanterie, une farce, une bonne blague que l’on peut faire à sa famille, à ses amis, à ses collègues de bureau ou même à son patron.
Ce poisson est lié au mois d’avril pour plusieurs raisons. D’abord à cause de la pêche, ensuite parce que jadis durant cette période pascale on mangeait principalement du poisson, enfin parce que le soleil vient tout juste de quitter le signe zodiacal des Poissons.
Mais… le mois d’avril a aussi son rôle à jouer dans cette histoire !
Le jour marquant le début de l’année a changé à plusieurs reprises.
Depuis le début de l’ère chrétienne, le jour marquant le début de l’année a changé à plusieurs reprises. Ce fut tantôt le 1er mars, tantôt au moment de Noël et même au moment de Pâques… Bref, rien n’est arrêté définitivement avant 1564. Cette année-là, le roi de France, âgé de 14 ans, se nomme Charles IX. C’est d’ailleurs la reine mère, Catherine de Médicis, qui lui suggère d’effectuer un véritable tour de France pour aller à la rencontre de ses sujets.
Après avoir quitté le château de Fontainebleau, le jeune roi, sa mère et toute la Cour passent par la Champagne, la Lorraine, le Lyonnais avant d’arriver dans l’actuel département de l’Isère.