Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées
- Автор: Gersal Frédérick
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Editions de l'Opportun
- ISBN: 978-2360751815
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées». Краткое содержание книги:
Ce nom de biscuit peut se décomposer en deux mots : « bis » et « cuit »… ce qui veut bien dire que ce produit délicieux a été cuit deux fois… « bis-cuit » ! Mais pour cette expression il s’agit d’un biscuit moins délicat !
Fabriqués sous la forme d’anneaux, ces biscuits étaient enfilés à la ceinture de leur uniforme.
Il y a bien longtemps, pour les Romains, le biscuit était avant tout un « aliment militaire » mangé quotidiennement par les légionnaires en campagne. Fabriqués sous la forme d’anneaux, ces biscuits étaient enfilés à la ceinture de leur uniforme.
Mais il n’y a pas que l’armée de terre qui soit concernée, puisque les marins, eux aussi, ont droit à leur biscuit. Ce pain de navigation est une sorte de galette qui se conserve parfaitement à bord des bateaux.
L’habitude va se transmettre aux marins et grands découvreurs des XVe, XVIe et XVIIe siècles qui veillent à « ne pas s’embarquer sans biscuit »…
Passer l’arme à gauche
« Passer l’arme à gauche », cela signifie partir pour le grand voyage, partir pour toujours, vers un au-delà.
Ce dernier soupir, ce dernier souffle gonfle peut-être les voiles d’un navire imaginaire partant pour de lointains rivages !
L’ arme dont il est question s’écrit bien en deux mots, et non pas en un seul mot comme ces « larmes » qui coulent sur nos joues quand un être cher quitte le monde des vivants !
« Passer l’arme à gauche », c’est à la fois avoir l’arme au pied et la larme à l’œil !
« Passer l’arme à gauche », c’est à la fois avoir l’arme au pied et la larme à l’œil !
Car cette expression est liée aux activités militaires. Dans un monde où les droitiers sont les plus nombreux, l’arme à feu, le fusil des soldats, est portée du côté droit, sur l’épaule droite.
Lors des rassemblements, les soldats entendent des ordres donnés par leurs supérieurs, comme : « GAArde à vous ! Présentez armes ! » ou encore : « REPOS ! » C’est justement au moment précis du repos que les soldats doivent poser la crosse de leur fusil, à terre, du côté gauche !
Si ce côté gauche s’apparente à ce repos, ordonné par les militaires, il n’est pas étonnant que le « repos éternel » soit devenu synonyme de « passer l’arme à gauche »…
Passer sur le billard
« Passer sur le billard » signifie se confier aux mains expertes d’un chirurgien et entrer dans un bloc opératoire, pour se faire opérer !
Quand ils partaient en opération, qu’ils montaient à l’attaque, les Poilus de la Première Guerre mondiale employaient l’expression « monter sur le billard », en parlant du terrain qui séparait les tranchées des deux camps.
Pourtant le « billard » est un jeu, il n’a rien à voir avec un terme médical, chirurgical ou militaire. Le « billard » vient du mot « bille », qui désignait notamment un « bâton recourbé » pour jouer aux jeux de billes ou de boules.
L’ancêtre de notre billard était un jeu de plein air !
L’ancêtre de notre billard était un jeu de plein air ! C’est au XVe siècle que le roi Louis XI commande une table spéciale pour pouvoir jouer à ce jeu, même par mauvais temps.
Au XIXe siècle, les crosses se sont redressées définitivement pour devenir rectilignes comme les queues de billard, et le bois des tables est transformé en marbre puis en ardoise ; elles sont aussi solides que des tables d’opération !
Jouer au billard demande une grande patience et une grande précision, deux qualités que l’on reconnaît aux chirurgiens qui nous font « passer sur le billard »…
Passer un savon
« Passer un savon » signifie « gronder quelqu’un », le réprimander, le blâmer, le chapitrer, le gourmander, bref, lui donner un avertissement !
Jadis, cela allait beaucoup plus loin qu’un simple reproche ou même qu’une colère. Avec l’expression « savonner la tête », utilisée au sens figuré, il s’agissait d’une vraie correction !
Il faut dire que le savon a d’abord été utilisé pour la tête, pour les cheveux. À l’origine, c’est un mélange de graisses animales et de cendres de bois, riches en potasse. Le savon était une pâte molle et non une savonnette parfumée.
Il faut attendre le ive siècle de notre ère pour voir le savon se transformer en un produit de toilette !
D’après certains auteurs latins, les Gaulois ne se servaient pas de leur savon comme produit d’hygiène, mais comme teinture capillaire et même parfois comme lotion.
Il faut attendre le ive siècle de notre ère pour voir le savon se transformer en un produit de toilette ! Et parmi les lieux importants de fabrication du savon, il y a la ville de Marseille sur les rives de la Méditerranée où se cultive l’olivier !
C’est une décision du roi Louis XV, en 1754, qui fait officiellement entrer l’huile d’olive dans la conception du savon… vous voilà informé, vous voilà au parfum… inutile de me « passer un savon »…
Payer en monnaie de singe
« Payer en monnaie de singe », voilà une expression qui signifie « payer par de belles paroles » ou encore « payer par de fausses promesses… », en somme, éviter de payer en monnaie sonnante et trébuchante !
Pour remonter aux origines de cette expression, il nous faut replonger au cœur du Moyen Âge, à une époque où en Europe occidentale les petits singes sont devenus synonymes de divertissement. Ces animaux sont capables de se montrer rusés et malins, mélancoliques et affectueux, querelleurs et irascibles ! Des qualités et des défauts que possèdent également les artistes des théâtres ambulants, chargés de divertir le public. Car c’est bien de spectacle qu’il est question avec ces nombreux singes qui accompagnent acteurs et jongleurs sur les routes chaotiques de la France médiévale.
Ces animaux sont capables de se montrer rusés et malins, mélancoliques et affectueux, querelleurs et irascibles !
Au XIIIe siècle, le roi de France s’appelle Louis IX, c’est le futur Saint Louis. Il prend une décision concernant l’entrée des singes dans la capitale. À cette époque-là, déjà, certains animaux arrivaient à Paris pour être vendus. Considérés comme de simples marchandises, ils étaient soumis à des taxes et à des droits d’entrée dans la cité. Il fallait donc différencier les commerçants des artistes. Alors, pour éviter que ces petits compagnons des jongleurs et autres ménestrels ne paient cette taxe, ils devaient accomplir une clownerie ou une pirouette devant le préposé au péage. C’est donc une simple exhibition, une simple grimace, qui offrait l’entrée gratuite à l’animal et à son maître… Ces artistes avaient donc « payé en monnaie de singe »…