Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées
- Автор: Gersal Frédérick
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Editions de l'Opportun
- ISBN: 978-2360751815
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées». Краткое содержание книги:
Au fil du temps et dans les différentes civilisations, les calendriers ont été modifiés, transformés. Ainsi Jules César a-t-il imaginé un calendrier solaire de 365 jours un quart, divisés en 12 mois. Il porte son nom, c’est le calendrier julien.
C’est ce calendrier, modifié au XVIe siècle par le pape Grégoire XIII, qui est devenu notre actuel calendrier grégorien !
Vous l’avez compris, les calendes sont des inventions romaines. Auparavant, chez les Grecs anciens, les calendes n’existaient pas… Il est donc impensable et impossible de « renvoyer aux calendes grecques »…
Chez les Romains, ces calendes désignaient les premiers jours de chaque mois.
Riche comme Crésus
L’expression « riche comme Crésus » peut s’appliquer tout aussi bien au gagnant d’un gros lot du Loto qu’à un puissant homme d’affaires.
« Être riche comme Crésus » signifie posséder une impressionnante fortune ! Ce Crésus dont il est question n’est autre que le souverain du petit royaume de Lydie, jadis situé en Asie Mineure, que l’on peut aujourd’hui placer géographiquement dans l’actuelle Turquie.
Cette rivière étonnante s’est mise à transporter des pépites d’or, à la suite d’une incroyable aventure.
Baigné par les eaux de la mer Égée, ce royaume était traversé par une rivière légendaire… le Pactole ! Oui, oui, vous avez bien entendu, ce nom de « pactole », qui désigne de véritables richesses, était à l’origine un cours d’eau ! Cette rivière étonnante s’est mise à transporter des pépites d’or, à la suite d’une incroyable aventure survenue au roi Midas. Ce roi de Phrygie avait obtenu du dieu de la vigne, Bacchus, le don de transformer tout ce qu’il touchait en or ! Malheureusement, il s’est vite aperçu qu’il ne pouvait plus s’alimenter ; il ne pouvait ni boire ni manger, l’or était devenu trop indigeste. Midas implora la pitié du dieu vigneron ! Ému par tant de désespoir, Bacchus accepta de revenir sur sa décision et il envoya Midas se baigner et se nettoyer entièrement dans les eaux du Pactole. Tout cet or qui lui collait à la peau se déposa dans le lit de la rivière ! Depuis ce temps-là, ce n’est plus du sable, mais des paillettes d’or que roule le Pactole, offrant une fortune à Crésus, le très chanceux roi de Lydie. Alors, la prochaine fois que vous irez vous promener au bord d’une rivière, peut-être deviendrez-vous « riche comme Crésus »…
Se dorer la pilule
« Se dorer la pilule » évoque une pause, un moment de détente, de farniente, histoire d’en profiter pour se faire dorer par les rayons du soleil.
Pour découvrir l’origine de cette expression, il faut nous rendre chez les ancêtres de nos pharmaciens, les apothicaires ! Ils fabriquaient dans leurs officines des remèdes, des potions, des pilules.
Le mot « pilule » vient du latin pilula désignant une « petite balle ». Cette pilule était conçue avec une pâte composée de substances diverses, ce qui lui donnait bien souvent un mauvais goût. Il n’était pas facile « d’avaler la pilule » !
Il n’était pas facile « d’avaler la pilule » !
Bien souvent, cette pilule, difficile à avaler, vous restait en travers de la gorge. Pour les patients qui voulaient se soigner, la pilule était amère, alors pour les aider, certains apothicaires ajoutaient du sucre.
D’autres vont encore plus loin en recouvrant leurs pilules d’une mince pellicule d’argent ou même d’or, voilà sans doute un médicament qui était hors de prix, vendu à prix d’or !
Si la pilule dorée n’était réservée qu’à une couche aisée de la population, en revanche aujourd’hui, il suffit d’un transat et de quelques rayons de soleil pour « se dorer la pilule »…
Se mettre sur son 31
« Se mettre sur son 31 », c’est être bien habillé, même très bien habillé…
Et surtout ne croyez pas qu’il faille obligatoirement chausser du 31 ou porter un vêtement de taille 31… Non !
Pourtant, dans cette expression on parle bien du nombre 31 ; celui qui se situe après le 30, comme les « Trente Glorieuses », ces fameuses années de croissance économique. Et avant le 32, comme le nombre de dents que nous sommes censés avoir dans la bouche !
« Se mettre sur son 31 » ne signifie pas non plus qu’il faille s’habiller de façon élégante le 31 de chaque mois, comme tous les ans le 31 décembre, pour le réveillon de fin d’année.
Et surtout ne croyez pas qu’il faille obligatoirement chausser du 31 ou porter un vêtement de taille 31… Non !
Ce nombre 31 serait le total de points à obtenir dans une partie de cartes ou bien alors il serait le fruit d’une erreur de langage, à partir du mot « trentain ».
Le trentain était un drap de luxe, un tissu de grande qualité dont la trame était formée de 30 centaines de fils ! De ce trentain, la langue populaire en aurait fait notre « 31 » !
Que ce « trentain » soit ou non à l’origine de notre expression, peu importe, car pour soi et pour les autres, il est toujours agréable de « se mettre sur son 31 »…
Se tenir à carreau
« Se tenir à carreau », rien de plus simple, il suffit d’être sagement installé, de ne pas bouger, de ne pas broncher.
Ce carreau nous fait immédiatement penser à nos jeux de cartes et à ce dicton devenu célèbre : « Qui se garde à carreau n’est pas capot ! » Pourtant le carreau qui nous intéresse ne semble pas être celui-là.
Il faut se tourner vers les armes et étudier plus précisément l’arbalète, cette arme de trait bien plus puissante qu’un arc, capable d’envoyer un projectile à plusieurs centaines de pas !
Il faut se tourner vers les armes et étudier plus précisément l’arbalète, cette arme de trait bien plus puissante qu’un arc.
Ses traits sont plus gros que de simples flèches et portent différents noms comme le « vireton », la « dondaine » ou le « carreau » ce qui s’explique parfaitement par la forme de sa pointe : un fer à quatre pans !
Cette arbalète était redoutable, à tel point que certaines voix se sont élevées pour demander l’interdiction de son utilisation dans les batailles, en vain ! Face à cette arme capable de transpercer une armure et de vous laisser sur le carreau, il est facile de comprendre que l’adversaire mis en joue préférait ne pas bouger.
Heureusement de nos jours, il n’est plus nécessaire d’être visé par une arbalète pour « se tenir à carreau ».
Séparer le bon grain de l’ivraie