Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées
- Автор: Gersal Frédérick
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Editions de l'Opportun
- ISBN: 978-2360751815
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées». Краткое содержание книги:
Cette liste disparaîtra quatre siècles plus tard, en 1966, sous le pontificat de Paul VI, dès lors il n’y aura plus aucun livre à « mettre à l’Index »…
Mettre un bémol
« Mettre un bémol » signifie « tempérer », « modérer », « atténuer », « adoucir »… bref, réduire l’intensité, mettre la pédale douce, mettre en sourdine !
Car il s’agit bien d’un terme musical. Ce « bémol » est composé de la lettre « b » comme bémol et de « mol » qui vient du latin mollis, « mou ».
Ce « b mou » est en fait un signe utilisé pour la notation musicale. Ce signe d’altération, qui est placé devant une note, indique aux instrumentistes qu’il faut abaisser cette note d’un demi-ton.
Car en musique, comme dans la vie courante, il est de bon ton d’être dans le ton.
Car en musique, comme dans la vie courante, il est de bon ton d’être dans le ton ; d’éventuellement donner le ton, mais surtout de baisser d’un ton ou d’un demi-ton quand on vous le demande gentiment !
Ce bémol se retrouve dans l’intitulé de nombreuses œuvres célèbres. Mozart a composé la Symphonie n° 39 en mi bémol majeur. On doit au génie de Chopin La Tarentelle en la bémol majeur ; le Scherzo n°2 en si bémol mineur ou La Berceuse en ré bémol majeur !
Décidément la musique est un art extraordinaire, c’est un pur bonheur qui se vit, se partage, comme le dit l’adage « La musique adoucit les mœurs », et il suffit parfois de « mettre un bémol »…
Mi-figue, mi-raisin
« Mi-figue, mi-raisin », avec cette expression, d’un seul coup, le doute s’installe !
C’est un mélange à la fois de sérieux et d’amusant, de lourd et de léger, de bon et de mauvais… c’est une sorte d’équilibre instable…
Cette figue et ce raisin sont bien les fruits du figuier et de la vigne que nous connaissons et que nous dégustons. Pour comprendre l’association de ces deux fruits à parts égales : « mi-figue, mi-raisin », il existe une étrange explication commerciale !
Rapidement, la mode se répand en Europe du Sud et les marchands vénitiens achètent des raisins secs à prix d’or, à Corinthe, en Grèce !
On sait que depuis bien longtemps les marins naviguant en Méditerranée apprécient les fruits secs, notamment pour leur valeur nutritive. Rapidement, la mode se répand en Europe du Sud et les marchands vénitiens achètent des raisins secs à prix d’or, à Corinthe, en Grèce !
Certains auteurs affirment que quelques commerçants corinthiens peu scrupuleux n’hésitaient pas à glisser dans leurs livraisons des petits morceaux de figue… qui valaient bien sûr beaucoup moins cher !
Pour d’autres historiens, cette escroquerie commerciale n’est pas la bonne réponse… Il s’agit tout simplement de deux fruits secs que l’on pouvait consommer jadis au moment du carême : « mi-figue, mi-raisin ».
Monter sur ses grands chevaux
« Monter sur ses grands chevaux »…, mais c’est inutile !
Ce n’est pas la peine de se mettre en colère, de crier, de hurler pour se faire entendre, alors je vous en supplie restons calmes.
Ces « grands chevaux » font partie de ces nombreux équidés qui servaient jadis au travail ou à la monte. Mais ceux qui nous intéressent plus particulièrement, ce sont les chevaux de guerre !
Il y avait ceux chargés de transporter les vivres et les armes que l’on appelait le « roncin » ou le « sommier ». Et puis, il y avait les chevaux de combat comme le « coursier » ou le « destrier » dont le nom nous rappelle que l’écuyer le tenait de la main droite !
Ce cheval de combat, si précieux, est le « cheval de bataille » !
Et il ne sert pas uniquement à défendre une idée comme on le comprend aujourd’hui. C’était une monture parfaitement choisie pour guerroyer et défendre ses biens et parfois aussi ses idées… quand même !
Avec leurs armures et les équipements de plus en plus lourds, les chevaliers ont utilisé de robustes et grands chevaux pour partir au combat !
Alors quelqu’un qui s’emporte, qui le prend de haut… eh bien, lui aussi, il vient de « monter sur ses grands chevaux »…
Mais ceux qui nous intéressent plus particulièrement, ce sont les chevaux de guerre !
Montrer patte blanche
« Montrer patte blanche », c’est montrer une autorisation, un signe distinctif, un signe de reconnaissance, une sorte de laissez-passer permettant de pénétrer dans un lieu plus ou moins privé.
Mais ici le mot « patte » ne s’écrit pas « pâte », il ne s’agit donc pas de pâte à modeler, de pâte feuilletée ou de pâte fraîche. Non, notre « patte blanche » s’écrit avec deux « t » et dans notre belle langue, les histoires de pattes ne manquent pas !
Entre la personne qui graisse la patte et celle qui retombe sur ses pattes, entre celle qui tire dans les pattes et celle qui ne casse pas trois pattes à un canard, il y a tout un monde.
On doit bien retrouver le porteur de cette fameuse patte blanche… Mais qui est-il donc ?
Et à propos d’animaux justement, du mille-pattes au mouton à cinq pattes, en passant par la patte de lapin, la patte-d’oie ou les pattes de mouche, on doit bien retrouver le porteur de cette fameuse patte blanche… Mais qui est-il donc ?
C’est encore une fois Jean de La Fontaine qui nous offre la réponse. Dans sa fable intitulée : Le Loup, la Chèvre et le Chevreau, il nous raconte comment cette patte blanche est devenue synonyme de mot de passe et de sécurité. Dans cette histoire, la chèvre partie paître referme sa porte, laissant seul son chevreau. Quelques instants plus tard le loup arrive à son tour, pensant tromper la vigilance du petit.
Voici ce qu’écrit La Fontaine : « Le biquet soupçonneux, par la fente regarde : “Montrez-moi patte blanche ou je n’ouvrirai point.” » Le loup n’avait que ses pattes noires à lui présenter. Comme quoi, ce n’est pas donné à tout le monde de « montrer patte blanche »…
Ne pas s’embarquer sans biscuit
« Ne pas s’embarquer sans biscuit », c’est d’une prudence élémentaire, c’est une prévision de provision car il faut toujours se préparer au pire !
Ah… ces biscuits ! Que l’on soit petit ou grand, les biscuits se dégustent toujours avec plaisir, au petit déjeuner, à la fin des repas, au goûter, à l’heure du thé… bref, à tout moment de la journée.