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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Balsamo t�moigna par un geste qu�il ne se rappelait rien.

� Je vais aider ta m�moire. Les cinq personnes dont il s�agit �taient repr�sent�es par cinq caract�res arabes, et les caract�res correspondaient, sur la note � toi communiqu�e, aux noms et aux chiffres des nouveaux fr�res.

� Soit, dit Balsamo.

� Tu reconnais?

� Ce que vous voudrez.

Le pr�sident regarda ses assesseurs pour prendre acte de cet aveu.

� Eh bien, continua-t-il, sur cette m�me note, la seule, entends-tu bien, qui ait pu compromettre les fr�res, un sixi�me nom se trouvait; t�en souviens tu?

Balsamo ne r�pliqua point.

� Ce nom �tait celui-ci: comte de F�nix!

� D�accord, dit Balsamo.

� Pourquoi alors, si les cinq noms des fr�res ont figur� sur cinq lettres de cachet, pourquoi le tien, respect�, caress�, est-il entendu avec faveur � la cour ou dans les antichambres des ministres? Si nos fr�res m�ritaient la prison, tu la m�rites aussi; qu�as-tu � r�pondre?

� Rien.

� Ah! je devine ton objection; tu peux dire que la police a, par des moyens � elle, surpris les noms des fr�res plus obscurs, mais qu�elle a d� respecter le tien, nom d�ambassadeur, nom d�homme puissant; tu diras m�me qu�elle n�a pas su soup�onner ce nom.

� Je ne dirai rien du tout.

� Ton orgueil survit � ton honneur; ces noms, la police ne les a d�couverts qu�en lisant la note confidentielle que le conseil supr�me t�avait adress�e, et voici comment elle l�a lue� Tu l�avais enferm�e dans un coffret; est-ce vrai?

�Un jour, une femme est sortie de chez toi portant le coffret sous son bras; elle a �t� vue par nos agents de surveillance et suivie jusqu�� l�h�tel du lieutenant de police, dans le faubourg Saint-Germain. Nous pouvions arr�ter le malheur dans sa source; car, en prenant le coffret, en arr�tant cette femme, tout devenait pour nous calme et s�r. Mais nous avons ob�i aux articles de la constitution, qui prescrit de respecter les moyens occultes � l�aide desquels certains associ�s entendent servir la cause, m�me lorsque ces moyens auraient une apparence de trahison ou d�imprudence.�

Balsamo parut approuver cette assertion, mais par un geste si peu marqu�, que, sans son immobilit� pass�e, le geste e�t paru insensible.

� Cette femme parvint jusqu�au lieutenant de police, dit le pr�sident; cette femme donna le coffret, et tout fut d�couvert. Est-ce vrai?

� Parfaitement vrai.

Le pr�sident se leva.

� Qu��tait cette femme? s��cria-t-il. Belle, passionn�e, d�vou�e � toi corps et �me, tendrement aim�e de toi; aussi spirituelle, aussi adroite, aussi souple qu�un des anges des t�n�bres qui aident l�homme � r�ussir dans le mal; Lorenza Feliciani est ta femme, Balsamo!

Balsamo laissa �chapper un rugissement de d�sespoir.

� Tu es convaincu? dit le pr�sident.

� Concluez, dit Balsamo.

� Je n�ai pas encore achev�. Un quart d�heure apr�s son entr�e chez le lieutenant de police, tu y entras toi-m�me. Elle avait sem� la trahison; tu venais r�colter la r�compense. Elle avait pris sur elle, en ob�issante servante, la perp�tration du crime; tu venais, toi, �l�gamment donner un dernier tour � l��uvre inf�me. Lorenza ressortit seule. Tu la reniais sans doute, et tu ne voulais pas �tre compromis en l�accompagnant. Toi, tu sortis triomphant avec madame du Barry, appel�e l� pour recueillir de ta bouche les indices que tu voulais te faire payer� Tu es mont� dans le carrosse de cette prostitu�e, comme le batelier dans le bateau avec la p�cheresse Marie l��gyptienne; tu laissais les notes qui nous perdaient chez M. de Sartine, mais tu emportais le coffret qui pouvait te perdre pr�s de nous. Heureusement, nous avons vu! la lumi�re de Dieu ne nous manque pas dans les bonnes occasions�

Balsamo s�inclina sans rien dire.

� Maintenant, je puis conclure, ajouta le pr�sident. Deux coupables ont �t� signal�s � l�ordre: une femme, ta complice, qui, peut-�tre innocemment, mais qui, de fait, a port� pr�judice � la cause en r�v�lant un de nos secrets; toi secondement, toi le ma�tre, toi le grand cophte; toi le rayon lumineux qui as eu la l�chet� de t�abriter derri�re cette femme pour que l�on v�t moins clairement la trahison.

Balsamo souleva lentement sa t�te p�le, attacha sur les commissaires un regard �tincelant de tout le feu qui avait couv� dans sa poitrine depuis le commencement de l�interrogatoire.

� Pourquoi accusez-vous cette femme? dit-il.

� Ah! nous savons que tu essayeras de la d�fendre; nous savons que tu l�aimes avec idol�trie, que tu la pr�f�res � tout. Nous savons qu�elle est ton tr�sor de science, de bonheur et de fortune; nous savons qu�elle est pour toi un instrument plus pr�cieux que tout le monde.

� Vous savez cela? dit Balsamo.

� Oui, nous le savons, et nous te frapperons bien plus par elle que par toi.

� Achevez�

Le pr�sident se leva.

� Voici la sentence: Joseph Balsamo est un tra�tre; il a manqu� � ses serments; mais sa science est immense, elle est utile � l�ordre. Balsamo doit vivre pour la cause qu�il a trahie; il appartient � ses fr�res, bien qu�il les ait reni�s.

� Ah! ah! dit Balsamo sombre et farouche.

� Une prison perp�tuelle prot�gera l�association contre ses nouvelles perfidies, en m�me temps qu�elle permettra aux fr�res de recueillir de Balsamo l�utilit� qu�elle a droit d�attendre de chacun de ses membres. Quant � Lorenza Feliciani, un ch�timent terrible�

� Attendez, dit Balsamo avec le plus grand calme dans la voix. Vous oubliez que je ne me suis pas d�fendu; l�accus� doit �tre entendu dans sa justification� Un mot me suffira, un seul document. Attendez-moi une minute, je vais rapporter la preuve que j�ai promise.

Les commissaires se consult�rent un moment.

� Oh! vous craignez que je ne me tue? dit Balsamo avec un sourire amer. Si je l�eusse voulu, ce serait fait. Il y a dans cette bague de quoi vous tuer tous cinq si je l�ouvrais. Vous craignez que je ne m�enfuie? Faites-moi accompagner si cela vous convient.

� Va! dit le pr�sident.

Balsamo disparut pendant une minute; puis on l�entendit redescendre pesamment l�escalier; il rentra.

Il tenait sur son �paule le cadavre roidi, froid et d�color� de Lorenza, dont la blanche main pendait vers la terre.

� Cette femme que j�adorais, cette femme qui �tait mon tr�sor, mon bien unique, ma vie, cette femme qui a trahi, comme vous dites, s��cria-t-il, la voici, prenez-la! Dieu ne vous a pas attendus pour punir, messieurs, ajouta t-il.

Et, par un mouvement prompt comme l��clair, il fit glisser le cadavre sur ses bras et l�envoya rouler sur le tapis jusqu�aux pieds des juges, que les froids cheveux et les mains inertes de la morte all�rent effleurer dans leur horreur profonde, tandis qu�� la lueur des lampes, on voyait la blessure d�un rouge sinistre et profond s�ouvrir au milieu de son cou d�une blancheur de cygne.

� Prononcez, maintenant, ajouta Balsamo.

Les juges, �pouvant�s, pouss�rent un cri terrible, et, saisis d�une vertigineuse terreur, ils s�enfuirent dans une confusion inexprimable. On entendit bient�t les chevaux hennir et pi�tiner dans la cour; la porte gronda sur ses gonds, puis le silence, le silence solennel revint s�asseoir aupr�s de la mort et du d�sespoir.

Chapitre 134. L�homme et Dieu

Tandis que la sc�ne terrible que nous venons de raconter s�accomplissait entre Balsamo et les cinq ma�tres, rien n��tait chang� en apparence dans le reste de la maison; seulement, le vieillard avait vu Balsamo rentrer chez lui et emporter le cadavre de Lorenza, et cette nouvelle d�monstration l�avait rappel� au sentiment de tout ce qui se passait autour de lui.

En voyant Balsamo charger sur ses �paules le corps et redescendre avec lui dans les �tages inf�rieurs, il crut que c��tait le dernier, l��ternel adieu de cet homme dont il avait bris� le c�ur, et la peur le prit d�un abandon qui, pour lui, pour lui surtout qui avait tout fait pour ne pas mourir, doublait les horreurs de la mort.

Ne sachant pas dans quel but Balsamo s��loignait, ne sachant pas o� il �tait all�, il commen�a � appeler:

� Acharat! Acharat!

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