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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Votre Excellence a-t-elle des ordres � me donner? dit-il.

� Aucun ordre, Fritz.

� Votre Excellence�, continua Fritz en balbutiant.

� Et bien? demanda Balsamo avec une douceur infinie.

� Votre Excellence se rend-elle pr�s d�eux sans armes?

� Sans armes, oui.

� M�me sans votre �p�e?

� Et pourquoi prendrais-je mon �p�e, Fritz?

� Mais je ne sais, dit le fid�le serviteur en baissant les yeux; je pensais, je croyais, j�avais peur�

� C�est bien, retirez-vous, Fritz.

Fritz fit quelques pas pour ob�ir et revint.

� N�avez-vous pas entendu? demanda Balsamo.

� Excellence, je voulais vous dire que vos pistolets � deux coups sont dans le coffret d��b�ne, sur le gu�ridon dor�.

� Allez, vous dis-je, r�pondit Balsamo.

Et il entra dans le salon.

Chapitre 133. Le jugement

Fritz avait bien raison, les h�tes de Balsamo n��taient pas entr�s rue Saint-Claude avec un appareil pacifique, pas plus qu�avec un ext�rieur bienveillant.

Cinq hommes � cheval escortaient la voiture de voyage dans laquelle les ma�tres �taient venus; cinq hommes de mine alti�re et sombre, arm�s jusqu�aux dents, avaient referm� la porte de la rue et la gardaient, tout en paraissant attendre leurs ma�tres.

Un cocher, deux laquais, sur le si�ge de ce carrosse, tenaient sous leur manteau des couteaux de chasse et des mousquetons. C��tait bien plut�t pour une exp�dition que pour une visite que tout ce monde �tait venu rue Saint Claude.

Aussi cette invasion nocturne de gens terribles que Fritz avait reconnus, cette prise d�assaut de l�h�tel avait-elle impos� tout d�abord � l�Allemand une terreur indicible. Il avait essay� de refuser l�entr�e � tout le monde, lorsqu�il avait vu par le guichet l�escorte et devin� les armes; mais ces signes tout-puissants, irr�sistible t�moignage du droit des arrivants, ne lui avaient plus permis de contester. � peine ma�tres de la place, les �trangers s��taient post�s, comme d�habiles capitaines, � chaque issue de la maison, sans prendre la peine de dissimuler leurs intentions malveillantes.

Les pr�tendus valets dans la cour et dans les passages, les pr�tendus ma�tres dans le salon, ne pr�sageaient rien de bon � Fritz: voil� pourquoi il avait bris� la sonnette.

Balsamo, sans s��tonner, sans se pr�parer, entra dans le salon, que Fritz, pour faire honneur comme il le devait � tout visiteur, avait �clair� convenablement.

Il vit assis sur des fauteuils les cinq visiteurs dont pas un ne se leva quand il parut.

Lui, le ma�tre du logis, les ayant vus tous, les salua civilement.

Ce fut alors seulement qu�ils se lev�rent et lui rendirent gravement son salut.

Il prit un fauteuil en face des leurs, sans remarquer ou sans para�tre remarquer l��trange ordonnance de cette assistance. En effet, les cinq fauteuils formaient un h�micycle pareil � ceux des tribunaux antiques, avec un pr�sident dominant deux assesseurs, et son fauteuil � lui, Balsamo, �tabli en face de celui du pr�sident, occupant la place qu�on donne � l�accus� dans les conciles ou les pr�toires.

Balsamo ne prit pas le premier la parole, comme il l�e�t fait en toute autre circonstance; il regardait sans bien voir, toujours par suite de cette douloureuse somnolence qui lui �tait rest�e apr�s le choc.

� Tu nous as compris, � ce qu�il para�t, fr�re, dit le pr�sident, ou plut�t celui qui occupait le fauteuil du milieu. Tu as cependant bien tard� � venir, et nous d�lib�rions d�j� pour savoir si l�on enverrait � ta recherche.

� Je ne vous comprends pas, r�pondit simplement Balsamo.

� Ce n�est pas ce que j�avais cru en te voyant prendre vis-�-vis de nous la place et l�attitude de l�accus�.

� De l�accus�? balbutia vaguement Balsamo.

Et il haussa les �paules.

� Je ne comprends pas, dit-il.

� Nous allons te faire comprendre, et cela ne sera pas difficile, si j�en crois ton front p�le, tes yeux �teints, ta voix qui tremble� On dirait que tu n�entends pas.

� Si fait, j�entends, r�pondit Balsamo en secouant la t�te comme pour en faire tomber des pens�es qui l�obs�daient.

� Te souvient-il, fr�re, continua le pr�sident, que, dans ses derni�res communications, le comit� sup�rieur t�ait donn� avis d�une trahison m�dit�e par un des grands appuis de l�ordre?

� Peut-�tre� oui� je ne dis pas non.

� Tu r�ponds comme il convient � une conscience tumultueuse et troubl�e; mais remets-toi� ne te laisse point abattre; r�ponds avec la clart�, la pr�cision que te commande une position terrible; r�ponds-moi d�apr�s cette certitude que tu peux nous convaincre, car nous n�apportons ici ni pr�ventions ni haine; nous sommes la loi: elle ne parle qu�apr�s que le juge a �cout�.

Balsamo ne r�pliqua rien.

� Je te le r�p�te, Balsamo, et mon avertissement une fois donn� sera comme l�avis que se donnent des combattants avant de s�attaquer l�un l�autre; je vais t�attaquer avec des armes loyales mais puissantes; d�fends toi.

Les assistants, voyant le flegme et l�immobilit� de Balsamo, se regard�rent non sans �tonnement, puis report�rent leurs yeux sur le pr�sident.

� Tu m�as entendu, n�est-ce pas, Balsamo? r�p�ta ce dernier.

Balsamo fit de la t�te un signe affirmatif.

� J�ai donc, en fr�re plein de loyaut�, de bienveillance, averti ton esprit et fait pressentir le but de mon interrogatoire. Tu es averti; garde-toi, je recommence.

�Apr�s cet avertissement, continua le pr�sident, l�association d�l�gua cinq de ses membres pour surveiller � Paris les d�marches de celui qu�on nous signalait comme un tra�tre.

�Or, nos r�v�lations � nous ne sont pas sujettes � l�erreur; nous les tenons ordinairement, tu le sais toi-m�me, soit d�agents d�vou�s parmi les hommes, soit d�indices certains parmi les choses, soit de sympt�mes et de signes infaillibles parmi les myst�rieuses combinaisons que la nature n�a encore r�v�l�es qu�� nous. Or, l�un de nous avait eu sa vision par rapport � toi; nous savons qu�il ne s�est jamais tromp�; nous nous sommes tenus sur nos gardes, et nous t�avons surveill�.�

Balsamo �couta le tout sans donner la moindre marque d�impatience ou m�me d�intelligence. Le pr�sident continua:

� Ce n��tait pas chose ais�e que de surveiller un homme tel que toi; tu entres partout, ta mission est de prendre pied partout o� nos ennemis ont une maison, un pouvoir quelconque. Tu as � ta disposition toutes tes ressources naturelles, qui sont immenses, celles que l�association te donne pour faire triompher sa cause. Longtemps nous avons flott� dans le doute en voyant venir chez toi des ennemis tels qu�un Richelieu, une du Barry, un Rohan. Il y avait eu, d�ailleurs, dans la derni�re assembl�e de la rue Pl�tri�re, un discours prononc� par toi, discours plein d�habiles paradoxes qui nous ont laiss� croire que tu jouais un r�le en flattant, en fr�quentant cette race incorrigible qu�il s�agit d�extirper de la terre. Nous avons respect� pendant un temps les myst�res de ta conduite, esp�rant un heureux r�sultat; mais enfin la d�sillusion est arriv�e.

Balsamo conserva son immobilit�, son impassibilit�, de sorte que le pr�sident se laissa gagner par l�impatience.

� Il y a trois jours, dit-il, cinq lettres de cachet furent exp�di�es. Elles avaient �t� demand�es au roi par M. de Sartine; remplies aussit�t qu�elles furent sign�es, elles furent pr�sent�es, le m�me jour, � cinq de nos principaux agents, fr�res tr�s fid�les, tr�s d�vou�s, qui habitent � Paris. Tous cinq furent arr�t�s et conduits, deux � la Bastille, o� ils sont �crou�s au plus profond secret; deux � Vincennes, dans l�oubliette; un � Bic�tre, dans le plus mortel des cabanons. Connaissais-tu cette particularit�?

� Non, dit Balsamo.

� Cela est �trange, d�apr�s les relations que nous te connaissons avec les puissants du royaume. Mais ce qui est plus �trange encore, le voici.

Balsamo �couta.

� M. de Sartine, pour faire arr�ter ces cinq fid�les amis, devait avoir eu sous les yeux la seule note qui renferme lisiblement les cinq noms des victimes. Cette note t�a �t� adress�e par le conseil supr�me en 1769, et c�est toi-m�me qui as d� recevoir les nouveaux membres et leur donner imm�diatement le rang que le conseil supr�me leur assignait.

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