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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� C�est possible dans les circonstances ordinaires; mais Son Altesse, arriv�e d�avant-hier seulement, est � peine install�e et ce soir tient chapitre.

� Madame! Madame! reprit l��trang�re, j�arrive de bien loin, j�arrive de Rome. Je viens de faire soixante lieues � cheval, je suis � bout de mon courage.

� Que voulez-vous! l�ordre de Madame est formel.

� Ma s�ur, j�ai � r�v�ler � votre abbesse des choses de la plus haute importance.

� Revenez demain.

� Impossible� Je suis rest�e un jour � Paris, et d�j�, pendant cette journ�e� d�ailleurs, je ne puis pas coucher � l�h�tellerie.

� Pourquoi cela?

� Parce que je n�ai point d�argent.

La s�ur touri�re parcourut d�un �il stup�fait cette femme couverte de pierreries et ma�tresse d�un beau cheval, qui pr�tendait n�avoir point d�argent pour payer son g�te d�une nuit.

� Oh! ne faites point attention � mes paroles, non plus qu�� mes habits, dit la jeune femme; non, ce n�est point la v�rit� exacte que j�ai dite en disant que je n�avais point d�argent, car dans toute h�tellerie, on me ferait cr�dit sans doute. Non! non! ce que je viens chercher ici, ce n�est point un g�te, c�est un refuge.

� Madame, ce couvent n�est point le seul qu�il y ait � Saint-Denis, et chacun de ces couvents a son abbesse.

� Oui, oui, je le sais bien; mais ce n�est point � une abbesse vulgaire que je puis m�adresser, ma s�ur.

� Je crois que vous vous tromperiez en insistant. Madame Louise de France ne s�occupe plus des choses de ce monde.

� Qu�importe! Annoncez-lui toujours que je veux lui parler.

� Il y a un chapitre, vous dis-je.

� Apr�s le chapitre.

� Le chapitre commence � peine.

� J�entrerai dans l��glise et j�attendrai en priant.

� Je suis d�sesp�r�e, madame.

� Quoi?

� Vous ne pouvez pas attendre.

� Je ne puis pas attendre?

� Non.

� Oh! je me trompais donc! je ne suis donc pas dans la maison du bon Dieu? s��cria l��trang�re avec une telle �nergie dans le regard et dans la voix, que la s�ur, n�osant prendre sur elle de r�sister plus longtemps, r�pliqua:

� S�il en est ainsi, je vais essayer.

� Oh! dites bien � Son Altesse, ajouta l��trang�re, que j�arrive de Rome; que je n�ai pris, l�exception de deux haltes que j�ai faites, l�une � Mayence, l�autre � Strasbourg, que je n�ai pris en chemin que le temps n�cessaire pour dormir, et que, depuis quatre jours surtout, je ne me suis repos�e que pour retrouver la force de me tenir sur mon cheval, et pour donner � mon cheval la force de me porter.

� Je le dirai, ma s�ur.

Et la religieuse s��loigna.

Un instant apr�s, une s�ur converse parut.

La touri�re marchait derri�re elle.

� Eh bien? demanda l��trang�re provoquant la r�ponse, tant elle �tait impatiente de l�entendre.

� Son Altesse royale a dit, madame, r�pondit la s�ur converse, que ce soir il �tait de toute impossibilit� qu�elle vous donn�t audience, mais que l�hospitalit� ne vous en serait pas moins offerte au couvent, puisque vous pensiez avoir un si urgent besoin de trouver un asile. Vous pouvez donc entrer, ma s�ur, et, si vous venez d�accomplir cette longue course, si vous �tes aussi fatigu�e que vous le dites, vous n�avez qu�� vous mettre au lit.

� Mais mon cheval?

� On en aura soin; soyez tranquille, ma s�ur.

� Il est doux comme un mouton. Il s�appelle Dj�rid et vient � ce nom quand on l�appelle. Je vous le recommande instamment, car c�est un merveilleux animal.

� Il sera trait� comme le sont les propres chevaux du roi.

� Merci.

� Maintenant, conduisez madame � sa chambre, dit la s�ur converse � la s�ur touri�re.

� Non, pas � ma chambre, � l��glise. Je n�ai pas besoin de dormir, j�ai besoin de prier.

� La chapelle vous est ouverte, ma s�ur, dit la religieuse en montrant du doigt une petite porte lat�rale donnant dans l��glise.

� Et je verrai madame la sup�rieure? demanda l��trang�re.

� Demain.

� Demain matin?

� Oh! demain matin, ce sera encore chose impossible.

� Et pourquoi cela?

� Parce que demain matin il y aura grande r�ception.

� Oh! qui peut �tre re�u qui soit plus press� ou plus malheureux que moi?

� Madame la dauphine nous fait l�honneur de s�arr�ter deux heures en passant demain. C�est une grande faveur pour notre couvent, une grande solennit� pour nos pauvres s�urs; de sorte que vous comprenez�

� H�las!

� Madame l�abbesse d�sire que tout soit ici digne des h�tes royaux que nous recevons.

� Et en attendant, dit l��trang�re regardant avec un frisson visible autour d�elle, en attendant que je puisse voir l�auguste sup�rieure, je serai en s�ret� ici?

� Oui, ma s�ur, sans doute. Notre maison est un asile m�me pour les coupables, � plus forte raison pour les�

� Fugitifs, dit l��trang�re; bien. De sorte que personne n�entre ici, n�est-ce pas?

� Sans ordre, non, personne.

� Oh! et s�il obtenait cet ordre, mon Dieu, mon Dieu, dit l��trang�re, lui qui est si puissant, que sa puissance m��pouvante parfois.

� Qui, lui? demanda la s�ur.

� Personne, personne.

� Voil� une pauvre folle, murmura la religieuse.

� L��glise, l��glise! r�p�ta l��trang�re comme pour justifier l�opinion que l�on commen�ait � prendre d�elle.

� Venez, ma s�ur, je vais vous y conduire.

� C�est qu�on me poursuit, voyez-vous; vite, vite, l��glise!

� Oh! les murailles de Saint-Denis sont bonnes, fit la s�ur converse avec un sourire compatissant, de sorte que, si vous m�en croyez, fatigu�e comme vous l��tes, vous vous en rapporterez � ce que je vous dis, et vous irez vous reposer dans un bon lit, au lieu de meurtrir vos genoux sur la dalle de la chapelle.

� Non, non, je veux prier; je veux prier afin que Dieu �carte de moi ceux qui me poursuivent, s��cria la jeune femme en disparaissant par la porte que lui avait indiqu�e la religieuse et en fermant la porte derri�re elle.

La religieuse, curieuse comme une religieuse, fit le tour par la grande porte, et, s�avan�ant doucement, elle vit au pied de l�autel la femme inconnue priant et sanglotant la face contre terre.

Chapitre 48. Les bourgeois de Paris

Le chapitre �tait assembl� en effet, comme l�avaient dit les religieuses � l��trang�re, afin d�aviser au moyen de faire � la fille des C�sars une brillante r�ception.

Son Altesse royale Madame Louise inaugurait ainsi � Saint-Denis son commandement supr�me.

Le tr�sor de la fabrique �tait un peu en baisse; l�ancienne sup�rieure, en r�signant ses pouvoirs, avait emport� la majeure partie des dentelles qui lui appartenaient en propre, ainsi que les reliquaires et les ostensoirs, que pr�taient � leurs communaut�s ces abbesses tir�es toutes des meilleures familles, en se vouant au service du Seigneur aux conditions les plus mondaines.

Madame Louise, en apprenant que la dauphine s�arr�terait � Saint-Denis, avait envoy� un expr�s � Versailles, et, la nuit m�me, un chariot �tait arriv� charg� de tapisseries, de dentelles et d�ornements.

Il y en avait pour six cent mille livres.

Aussi, quand la nouvelle se fut r�pandue des splendeurs royales de cette solennit�, vit-on redoubler cette ardente, cette effrayante curiosit� des Parisiens, qui, en petit tas, comme disait Mercier, peuvent bien faire rire, mais qui font toujours r�fl�chir et pleurer lorsqu�ils vont tous ensemble.

Aussi, d�s l�aube, comme l�itin�raire de madame la dauphine avait �t� rendu public, on vit arriver, dix par dix, cent par cent, mille par mille, les Parisiens sortis de leurs tani�res.

Les gardes-fran�aises, les suisses, les r�giments cantonn�s � Saint-Denis avaient pris les armes et se pla�aient en haie pour contenir les flots mouvants de cette mar�e, formant d�j� ses terribles remous autour des porches de la basilique et se hissant aux sculptures des portails de la communaut�. Il y avait des t�tes partout, des enfants sur les auvents des portes, des hommes et des femmes aux fen�tres, enfin des milliers de curieux arriv�s trop tard ou pr�f�rant, comme Gilbert, leur libert� aux exigences qu�impose toujours une place gard�e ou conquise dans la foule � des milliers de curieux, disons-nous, pareils � des fourmis actives, grimpaient contre les troncs et s��parpillaient sur les branches des arbres qui, de Saint-Denis � la Muette, formaient la haie sur le passage de la dauphine.

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