Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 10 11 12 13 14 15 16 17 18 ... 86
Перейти на страницу:

� Connaissez-vous donc l�auteur?

� L�auteur est Jean-Jacques Rousseau.

� Rousseau! s��cria vivement le jeune homme.

� Oui. Il y a ici quelques feuillets de son dernier livre, d�tach�s, �gar�s.

� Ainsi ce jeune homme, pauvre, inconnu, obscur, mendiant presque par les grands chemins qu�il parcourait � pied, c��tait Rousseau, c�est-�-dire l�homme qui devait un jour faire l��mile et �crire le Contrat social?

� C��tait lui, ou plut�t non, dit le vieillard avec une expression de m�lancolie difficile � rendre. Non, ce n��tait pas lui; l�auteur du Contrat social et de l��mile est l�homme d�senchant� du monde, de la vie, de la gloire, et presque de Dieu; l�autre� l�autre Rousseau� celui de madame de Warens, c�est l�enfant entrant dans la vie par la m�me porte que l�aurore entre dans le monde; c�est l�enfant avec ses joies, ses esp�rances. Il y a entre les deux Rousseau un ab�me qui les emp�chera de jamais se joindre� trente ans de malheurs!

Le vieillard secoua la t�te, laissa tomber tristement ses bras, et parut se perdre dans une r�verie profonde.

Gilbert �tait demeur� comme �bloui.

� Ainsi donc, dit-il, cette aventure avec mademoiselle Galley et mademoiselle de Graffenried est donc vraie? Cet amour ardent pour madame de Warens, il l�a donc �prouv�? Cette possession de la femme qu�il aimait, possession qui l�attristait au lieu de le transporter au ciel comme il s�y attendait, ce n�est donc pas un ravissant mensonge?

� Jeune homme, dit le vieillard, Rousseau n�a jamais menti. Rappelez-vous sa devise: Vitam impendere vero.

� Je la connaissais, dit Gilbert; mais, comme je ne sais pas le latin, je n�ai jamais pu la comprendre.

� Cela veut dire: �Donner sa vie pour la v�rit�.�

� Ainsi, continua Gilbert, cette chose est possible, qu�un homme parti d�o� est parti Rousseau, soit aim� d�une belle dame, d�une grande dame! Oh! mon Dieu! savez-vous que c�est � rendre fous d�espoir ceux qui, partis d�en bas comme lui, ont jet� les yeux au-dessus d�eux?

� Vous aimez, dit Jacques, et vous voyez une analogie entre votre situation et celle de Rousseau?

Gilbert rougit; seulement, il ne r�pondit point � la question.

� Mais toutes les femmes ne sont point comme madame de Warens, dit-il; il y en a de fi�res, de d�daigneuses, d�inaccessibles, et celles-l�, c�est une folie de les aimer.

� Cependant, jeune homme, dit le vieillard, de pareilles occasions ont �t� plus d�une fois offertes � Rousseau.

� Oh! oui, s��cria Gilbert, mais il �tait Rousseau. Bien certainement, si je sentais en moi une �tincelle du feu qui a br�l� son c�ur en �chauffant son g�nie�

� Eh bien?

� Eh bien, je me dirais qu�il n�y a pas de femme, si grande dame qu�elle soit par la naissance, qui puisse compter avec moi; tandis que, n��tant rien, n�ayant point la conviction de mon avenir, quand je regarde au-dessus de moi, je suis �bloui. Oh! je voudrais pouvoir parler � Rousseau!

� Pour quoi faire?

� Pour lui demander si madame de Warens n��tant pas descendue � lui, il n�e�t pas mont� � elle; pour lui dire: �Cette possession qui vous a attrist�, si elle vous e�t �t� refus�e, ne l�eussiez-vous pas conquise, m�me�?�

Le jeune homme s�arr�ta.

� M�me�? r�p�ta le vieillard.

� M�me par un crime!

Jacques tressaillit.

� Ma femme doit �tre r�veill�e, dit-il coupant court � l�entretien; nous allons descendre. D�ailleurs, la journ�e d�un travailleur ne commence jamais assez t�t: venez, jeune homme, venez.

� C�est vrai, dit Gilbert; pardon, monsieur; mais il y a certaines conversations qui m�enivrent, certains livres qui m�exaltent, certaines pens�es qui me rendent presque fou.

� Allons, allons, vous �tes amoureux, dit le vieillard.

Gilbert ne r�pondit rien, et se mit � ramasser les haricots et � reformer les sacs � l�aide des �pingles; Jacques le laissa faire.

� Vous n�avez pas �t� somptueusement log�, lui dit-il; mais au bout du compte vous avez ici le n�cessaire, et si vous eussiez �t� plus matinal, il vous f�t arriv� par cette fen�tre des �manations de verdure qui ont bien leur m�rite au milieu des odeurs naus�abondes qui infectent la grande ville. Il y a l� les jardins de la rue de la Jussienne: les tilleuls et les faux �b�niers y sont en fleurs, et les respirer le matin, n�est-ce pas, pour un pauvre captif, amasser du bonheur pour toute une journ�e?

� J�aime tout cela vaguement, dit Gilbert, mais j�y suis trop accoutum� pour y faire grande attention.

� Dites qu�il n�y a pas assez longtemps que vous avez perdu la campagne pour la regretter encore. Mais vous avez fini; allons travailler.

Et montrant le chemin � Gilbert, Jacques le fit sortir et ferma le cadenas derri�re lui.

Cette fois, Jacques conduisit son compagnon droit � la pi�ce que Th�r�se, la veille, avait d�sign�e sous le nom de son cabinet.

Des papillons sous verre, des herbes et des min�raux encadr�s dans des bordures de bois noir, des livres dans une biblioth�que de noyer, une table �troite et longue, couverte d�un petit tapis de laine verte et noire, us�e par le frottement, et sur laquelle des manuscrits �taient rang�s en bon ordre, quatre chaises-fauteuils de merisier, fonc�s et couverts de crin noir, tel �tait l�ameublement du cabinet; le tout luisant, cir�, irr�prochable d�ordre et de propret�, mais froid � l��il et au c�ur, tant le jour tamis� par des rideaux de siamoise �tait gris et faible, tant le luxe et m�me le bien-�tre semblait �loign� de cette cendre froide et de ce foyer noir.

Un petit clavecin en bois de rose port� par quatre pieds droits, et sur la chemin�e un maigre cartel, sign�: �Dolt, � l�Arsenal�, rappelaient seuls, l�un par la vibration de ses fils d�acier �veill�s par le passage des voitures dans la rue, l�autre par son balancier argentin, que quelque chose vivait dans cette esp�ce de tombeau.

Gilbert entra respectueusement dans le cabinet que nous venons de d�crire; il trouvait le mobilier presque somptueux, car c��tait � peu pr�s celui du ch�teau de Taverney; le carreau cir� surtout lui imposait fort.

� Asseyez-vous, lui dit Jacques en lui montrant une seconde petite table plac�e dans l�embrasure d�une fen�tre, je vais vous dire quelle est l�occupation que je vous ai destin�e.

Gilbert s�empressa d�ob�ir.

� Connaissez-vous ceci? demanda le vieillard.

Et il montrait � Gilbert un papier ray� � intervalles �gaux.

� Sans doute, r�pondit celui-ci; c�est du papier de musique.

� Eh bien, lorsqu�une de ces feuilles a �t� noircie convenablement par moi, c�est-�-dire quand j�ai copi� dessus autant de musique qu�elle peut en contenir, j�ai gagn� dix sous; c�est le prix que j�ai fix� moi-m�me. Croyez vous que vous apprendrez � copier de la musique?

� Oui, monsieur, je le crois.

� Mais est-ce que ce petit barbouillage de points noirs embroch�s de raies uniques, doubles ou triples, ne vous tourbillonne pas devant les yeux?

� C�est vrai, monsieur. Au premier coup d��il, je n�y comprends pas grand-chose; cependant, en m�appliquant, je distinguerai les notes les unes des autres; par exemple, voici un fa.

� O� cela?

� Ici, embroch� dans la ligne la plus �lev�e.

� Et cette autre entre les deux lignes basses?

� C�est encore un fa.

� La note au-dessus de celle qui est � cheval sur la deuxi�me ligne?

� C�est un sol.

� Mais vous savez lire la musique, alors?

� C�est-�-dire que je connais le nom des notes, mais je n�en connais point la valeur.

� Et savez-vous quand elles sont blanches, noires, croches, doubles croches et triples croches?

� Oh! oui, je sais cela.

� Et ces signes?

� Ceci, c�est un soupir.

� Et ceci?

� Un di�se.

� Et ceci?

� Un b�mol.

� Tr�s bien! Ah ��! mais, avec votre ignorance, fit Jacques, dont l��il commen�ait � se voiler de cette d�fiance qui lui paraissait habituelle, avec votre ignorance, voil� que vous parlez musique comme vous parliez botanique, et que vous avez failli me parler amour.

1 ... 10 11 12 13 14 15 16 17 18 ... 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)