Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 11 12 13 14 15 16 17 18 19 ... 86
Перейти на страницу:

� Oh! monsieur, dit Gilbert rougissant, ne vous raillez pas de moi.

� Au contraire, mon enfant, vous m��tonnez. La musique est un art qui ne vient qu�apr�s les autres �tudes, et vous m�avez dit n�avoir re�u aucune �ducation, vous m�avez dit n�avoir rien appris.

� C�est la v�rit�, monsieur.

� Ce n�est cependant pas vous qui avez imagin� tout seul que ce point noir sur la derni�re ligne �tait un fa?

� Monsieur, dit Gilbert baissant la t�te et la voix, dans la maison que j�habitais, il y avait une� une jeune personne qui jouait du clavecin.

� Ah! oui, celle qui faisait de la botanique? fit Jacques.

� Justement, monsieur; elle en jouait m�me fort bien.

� Vraiment?

� Oui, et moi, j�adore la musique.

� Tout ceci n�est point une raison de conna�tre les notes.

� Monsieur, il y a dans Rousseau qu�incomplet est l�homme qui jouit de l�effet sans remonter � la cause.

� Oui; mais il y a aussi, dit Jacques, que l�homme, en se compl�tant par cette recherche, perd sa joie, sa na�vet� et son instinct.

� Qu�importe, dit Gilbert, s�il trouve dans l��tude des jouissances �gales � celles qu�il peut perdre!

Jacques surpris se retourna.

� Allons, dit-il, vous �tes non seulement botaniste et musicien, mais vous �tes encore logicien.

� H�las! monsieur, je ne suis malheureusement ni botaniste, ni musicien, ni logicien; je sais distinguer une note d�une autre note, un signe d�un autre signe, voil� tout.

� Vous solfiez alors?

� Moi? pas le moins du monde.

� Eh bien, n�importe, voulez-vous essayer de copier? Voici du papier tout r�gl�: mais prenez garde de le gaspiller, il co�te fort cher. Et m�me, faites mieux, prenez du papier blanc, rayez-le et essayez sur celui-l�.

� Oui, monsieur, je ferai comme vous me recommandez de faire; mais permettez-moi de vous le dire, ce n�est point l� un �tat pour toute ma vie; car, pour �crire de la musique que je ne comprends pas, mieux vaut me faire �crivain public.

� Jeune homme, jeune homme, vous parlez sans r�fl�chir, prenez garde.

� Moi?

� Oui, vous. Est-ce la nuit que l��crivain public exerce son m�tier et gagne sa vie?

� Non, certes.

� Eh bien! �coutez ce que je vais vous dire: un homme habile peut, en deux ou trois heures de nuit, copier cinq de ces pages et m�me six, lorsqu�� force d�exercice il a acquis une note grasse et facile, un trait pur et une habitude de lecture qui lui �conomise les rapports de l��il au mod�le. Six pages valent trois francs; un homme vit avec cela; vous ne direz pas le contraire, vous qui ne demandez que six sous. Donc, avec deux heures de travail de nuit, un homme peut suivre les cours de l��cole de chirurgie, de l��cole de m�decine et de l��cole de botanique.

� Ah! s��cria Gilbert, ah! je vous comprends, monsieur, et je vous remercie du profond de mon c�ur.

Et il se jeta sur la feuille de papier blanc que lui pr�sentait le vieillard.

Chapitre 46. Ce qu��tait M. Jacques

Gilbert travaillait avec ardeur, et son papier se couvrait d�essais consciencieusement �tudi�s lorsque le vieillard, apr�s l�avoir regard� faire pendant quelque temps, se mit � son tour � l�autre table, et commen�a � corriger des feuilles imprim�es, pareilles � l�enveloppe des haricots du grenier.

Trois heures s��coul�rent ainsi, et le cartel venait de sonner neuf heures, lorsque Th�r�se entra pr�cipitamment.

Jacques leva la t�te.

� Vite, vite! dit la m�nag�re, passez dans la salle. Voici un prince qui nous arrive. Mon Dieu! quand donc cette procession d�altesses finira-t-elle? Pourvu qu�il ne lui prenne pas fantaisie de d�jeuner avec nous, comme a fait l�autre jour le duc de Chartres!

� Et quel est ce prince? demanda Jacques � voix basse.

� Monseigneur le prince de Conti.

Gilbert, � ce nom, laissa tomber sur ses port�es un sol que Bridoison, s�il f�t n� � cette �poque, e�t appel� un p�aat� bien plut�t qu�une note [2].

� Un prince, une altesse! fit-il tout bas.

Jacques sortit en souriant derri�re Th�r�se, qui referma la porte.

Alors Gilbert regarda autour de lui, et, se voyant seul, leva sa t�te toute boulevers�e.

� Mais o� suis-je donc ici? s��cria-t-il. Des princes, des altesses chez M. Jacques! M. le duc de Chartres, Monseigneur le prince de Conti chez un copiste!

Il s�approcha de la porte pour �couter; le c�ur lui battait singuli�rement.

Les premi�res salutations avaient d�j� �t� �chang�es entre M. Jacques et le prince; le prince parlait.

� J�eusse voulu vous emmener avec moi, disait-il.

� Pour quoi faire, mon prince? demandait Jacques.

� Mais pour vous pr�senter � la dauphine. C�est une �re nouvelle pour la philosophie, mon cher philosophe.

� Mille gr�ces de votre bon vouloir, Monseigneur; mais impossible de vous accompagner.

� Cependant, vous avez bien, il y a six ans, accompagn� madame de Pompadour � Fontainebleau?

� J��tais de six ans plus jeune; aujourd�hui je suis clou� � mon fauteuil par mes infirmit�s.

� Et par votre misanthropie.

� Et quand cela serait, Monseigneur? Ma foi, le monde n�est-il pas une chose bien curieuse, qu�il faille se d�ranger pour lui?

� Eh bien! voyons, je vous tiens quitte de Saint-Denis et du grand c�r�monial, et je vous emm�ne � la Muette, o� couchera apr�s-demain soir Son Altesse royale.

� Son Altesse royale arrive donc apr�s-demain � Saint-Denis?

� Avec toute sa suite. Voyons, deux lieues sont bient�t faites et ne causent pas un grand d�rangement. On dit la princesse excellente musicienne; c�est une �l�ve de Gluck.

Gilbert n�en entendit point davantage. � ces mots: �Apr�s-demain, madame la dauphine arrive avec toute sa suite � Saint-Denis�, il avait pens� � une chose, c�est que, le surlendemain, il allait se retrouver � deux lieues d�Andr�e.

Cette id�e l��blouit comme si ses yeux eussent rencontr� un miroir ardent.

Le plus fort de deux sentiments �touffa l�autre. L�amour suspendit la curiosit�; un instant il sembla � Gilbert qu�il n�y avait plus assez d�air pour sa poitrine dans ce petit cabinet; il courut � la fen�tre dans l�intention de l�ouvrir, la fen�tre �tait cadenass�e en dedans, sans doute pour qu�on ne p�t jamais voir de l�appartement situ� en face ce qui se passait dans le cabinet de M. Jacques.

Il retomba sur sa chaise.

� Oh! je ne veux plus �couter aux portes, dit-il; je ne veux plus p�n�trer les secrets de ce petit bourgeois, mon protecteur, de ce copiste, qu�un prince appelle son ami et veut pr�senter � la future reine de France, � la fille des empereurs, � laquelle mademoiselle Andr�e parlait presque � genoux.

�Et cependant, peut-�tre apprendrais-je quelque chose de mademoiselle Andr�e en �coutant.

�Non, non, je ressemblerais � un laquais. La Brie aussi �coutait aux portes.�

Et il s��carta courageusement de la cloison dont il s��tait rapproch�; ses mains tremblaient, un nuage obscurcissait ses yeux.

Il �prouvait le besoin d�une distraction puissante, la copie l�eut trop peu occup�. Il saisit un livre sur le bureau de M. Jacques.

� Les Confessions, lut-il avec une surprise joyeuse; les Confessions, dont j�ai, avec tant d�int�r�t lu une centaine de pages.

��dition orn�e du portrait de l�auteur, continua-t-il.

�Oh! et moi qui n�ai jamais vu de portrait de M. Rousseau! s��cria-t-il. Oh! voyons, voyons.�

Et il retourna vivement la feuille de papier joseph qui cachait la gravure, aper�ut le portrait et poussa un cri.

En ce moment la porte s�ouvrit; Jacques rentrait.

Gilbert compara la figure de Jacques au portrait qu�il tenait � la main, et, les bras �tendus, tremblant de tout son corps, laissa tomber le volume en murmurant:

� Je suis chez Jean-Jacques Rousseau!

� Voyons comment vous avez copi� votre musique, mon enfant, r�pondit en souriant Jean-Jacques, bien plus heureux au fond de cette ovation impr�vue qu�il ne l�avait �t� des mille triomphes de sa glorieuse vie.

Et, passant devant Gilbert fr�missant, il s�approcha de la table et jeta les yeux sur le papier.

вернуться

[2] �Le mariage de Figaro�, acte III, sc�ne XV.

1 ... 11 12 13 14 15 16 17 18 19 ... 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)