Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées
- Автор: Gersal Frédérick
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Editions de l'Opportun
- ISBN: 978-2360751815
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «Façon de parler ! : Petites et grandes histoires de nos expressions préférées». Краткое содержание книги:
Alors, quand Achille, son septième enfant, naît, Thétis change de stratégie. Elle choisit de le tremper, de l’immerger dans les eaux du Styx, le fleuve infernal, réputé pour rendre invulnérable ! Pour éviter de noyer Achille, sa mère le plonge dans le fleuve la tête en bas, en le tenant, par le talon ! Cette partie de son corps devient son unique point sensible et vulnérable.
L’éducation d’Achille est confiée au centaure Chiron qui en fait un homme fier, intelligent, malin et courageux ! À tel point qu’il fait partie de l’expédition militaire menée par Ulysse et les Grecs ; c’est la fameuse guerre de Troie. Pendant dix ans, Achille et ses compagnons se battent contre les Troyens. Jamais la balance ne penche d’un côté ou de l’autre. Les affrontements sont terribles. Et puis un jour, une flèche décochée par un Troyen, guidée par le dieu Apollon, vient tuer notre héros.
Cette flèche s’était plantée dans « le talon d’Achille » !…
Manger sur le pouce
« Manger sur le pouce » est une façon rapide de se nourrir en avalant en quelques minutes un sandwich, une salade ou un plat préparé, accompagné d’un bon verre d’eau !
Ce pouce dont il est question désigne bien ce doigt de la main, à la fois le plus court, avec ses deux phalanges, et le plus gros, celui qui signifie que tout va bien.
Pendant longtemps le pouce a servi d’unité de mesure de longueur équivalant à la douzième partie du pied. Alors, pour ne pas perdre pied, il ne fallait pas reculer d’un pouce, surtout ne pas céder un pouce de terrain !
Dans les champs ou sur les chantiers, on avait tout juste le temps de déjeuner.
Dans notre vocabulaire, le pouce s’est transformé en aide et en soutien avec le fameux « coup de pouce » qui est, en fait, ni plus ni moins qu’un « coup de main » !
Quand les enfants disent « Pouce ! », le jeu s’arrête pour un instant, histoire de reprendre son souffle, de renouer ses lacets, de se « tourner les pouces »… ou de manger un petit morceau !
Dans les champs ou sur les chantiers, on avait tout juste le temps de déjeuner. Avec son couteau, on coupait son pain et son fromage en se servant de son pouce pour pousser. Depuis toujours on sait « manger sur le pouce »…
Marquer d’une pierre blanche
« Marquer d’une pierre blanche », cela signifie que l’on va se souvenir d’un instant particulièrement heureux, d’un moment partagé, d’un lieu que l’on a trouvé enchanteur !
« Marquer d’une pierre blanche », c’est marquer d’une pierre de taille ! Non… mais non ! Pas une « pierre de taille » mais une grande pierre, une pierre de grande taille… Elle devient alors une véritable pierre précieuse… car elle souligne un beau souvenir !
Le choix de la couleur blanche n’est pas innocent dans cette expression. Ne parle-t-on pas de la pureté de la blanche colombe ? N’évoque-t-on pas la carte blanche, synonyme de confiance absolue ? Ne dit-on pas un blanc immaculé pour parler de perfection ?
En « marquant d’une pierre blanche », on fait d’une pierre deux coups.
Ainsi, en « marquant d’une pierre blanche », on fait d’une pierre deux coups, on utilise un objet qui peut se révéler précieux et une couleur qui symbolise de belles qualités !
L’un des exemples les plus célèbres nous est donné par le Petit Poucet. Ce héros d’un conte de Charles Perrault a l’ingénieuse idée de semer discrètement derrière lui de petits cailloux blancs pour retrouver son chemin dans les bois. Ces petits cailloux blancs ne sont rien d’autres que de véritables « pierres blanches » choisies volontairement à la taille de cet enfant, grand comme une puce… ce qui lui vaut ce surnom de « Petit Poucet »…
Comme dans un jardin japonais, ces pierres, qu’elles soient petites ou grosses, sont de véritables marque-pages de la mémoire ! Mais… tout en vous parlant, je suis subitement en train de me demander ce qui, dans cette explication, est à « marquer d’une pierre blanche ! »
Mener une vie de bâton de chaise
« Mener une vie de bâton de chaise » signifie mener une vie un peu déréglée, une vie dissolue… On peut affirmer, sans se tromper, qu’une telle personne « mène une vie de patachon ».
Pour chacune de ces deux expressions, que ce soit « mener une vie de patachon » ou bien « mener une vie de bâton de chaise », on évoque des moyens de transport.
Cette « vie de patachon » fait allusion à l’existence du conducteur d’une patache qui n’était rien d’autre qu’une mauvaise diligence, « … une affreuse guimbarde », comme l’écrivit Victor Hugo.
Ce véhicule hippomobile du XIXe siècle permettait aux gens les plus modestes de voyager à moindres coûts. Le patachon, lui, il était toujours par monts et par vaux, ballotté, bringuebalé, remué sur les plus mauvais chemins du pays. À chaque halte il en profitait pour se désaltérer.
Décidément, cette « vie de patachon » était plutôt désordonnée !
Mener une vie un peu déréglée, une vie dissolue.
Bien des siècles avant que n’apparaisse la patache, il existait un autre moyen de transport, plus individuel, c’était la « chaise portative », plus connue sous le nom de « chaise à porteurs » à partir du XVIIe siècle. Ce véhicule était déplacé par deux personnes soulevant les deux montants installés de part et d’autre d’une petite cabine dans laquelle on pouvait s’asseoir. Ces montants, ces fameux bâtons de chaise qui étaient sans cesse soulevés, posés, portés, déplacés offraient une idée de mouvement perpétuel et de vie décousue…
Voilà bien de l’agitation pour tous ceux qui « mènent une vie de patachon » ou tous ceux qui mènent « une vie de bâton de chaise »…
Mettre à l’index
« Mettre à l’index », cela signifie signaler avec précision quelque chose qui est estimé dangereux.
Il faut donc le retirer pour le rendre inaccessible.
Le mot « index » vient du latin et il se définit comme étant « celui qui montre, qui désigne, qui indique, qui dénonce… ». Il est logique que ce soit le nom donné au deuxième doigt de nos mains, le doigt qui signale, qui guide, qui indique !
L’indication peut être visible, localisable, mais elle peut être aussi imagée quand on indique la marche à suivre, quand on indique l’heure ou quand on indique une liste de noms ou d’objets.
Il est logique que ce soit le nom donné au deuxième doigt de nos mains, le doigt qui signale, qui guide, qui indique !
C’est justement ce qui s’est passé au XVIe siècle. Le pape Paul IV, qui a été élu en 1555, ordonne de dresser une liste, un catalogue de livres qui doivent être interdits à la lecture.
Si de telles décisions ont déjà été prises depuis l’invention de l’imprimerie, dans différents pays d’Europe, c’est la première fois qu’un pape fait publier une telle liste, en 1559, sous le titre : Index Librorum Prohibitorum.