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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Celle-ci prit le pain et en donna un morceau � Gilbert.

Ce morceau �tait si exigu, que Jacques en rougit; il attendit que Th�r�se e�t achev� de le servir, lui, et de se servir elle-m�me, puis, lui prenant le pain des mains:

� C�est vous qui taillerez votre pain vous-m�me, mon jeune ami, et taillez-le � votre faim, je vous prie; le pain ne doit �tre mesur� qu�� ceux qui le perdent.

Un moment apr�s, parurent des haricots verts assaisonn�s au beurre.

� Voyez comme ils sont verts, dit Jacques; ce sont de nos conserves, on les mange excellents ici.

Et il passa le plat � Gilbert.

� Merci, monsieur, dit celui-ci, j�ai bien d�n�, je n�ai plus faim.

� Monsieur n�est pas de votre avis sur mes conserves, dit aigrement Th�r�se; il aimerait mieux des haricots frais, sans doute, mais ce sont des primeurs au-dessus de notre bourse.

� Non, madame, dit Gilbert, je les trouve app�tissants, au contraire, et je les aimerais fort, mais je ne mange jamais que d�un plat.

� Et vous buvez de l�eau? dit Jacques en lui tendant la bouteille.

� Toujours, monsieur.

Jacques se versa un doigt de vin pur.

� Maintenant, ma femme, dit-il en reposant la bouteille sur la table, vous vous occuperez, je vous prie, de coucher ce jeune homme; il doit �tre bien las.

Th�r�se laissa �chapper sa fourchette et fixa ses deux yeux effar�s sur son mari.

� Coucher! �tes-vous fou? Vous amenez quelqu�un � coucher! C�est donc dans votre lit que vous le coucherez? Mais, en v�rit�, il perd la t�te. Alors vous allez tenir pension d�sormais? En ce cas ne comptez plus sur moi; cherchez une cuisini�re et une servante; c�est assez d��tre la v�tre, sans devenir aussi celle des autres.

� Th�r�se, r�pondit Jacques de son ton grave et ferme, Th�r�se, je vous prie de m��couter, ch�re amie: c�est pour une nuit seulement. Ce jeune homme n�a jamais mis le pied � Paris; il y vient sous ma conduite. Je ne veux pas qu�il couche � l�auberge, je ne le veux pas, d�t-il prendre mon lit, comme vous le dites.

Apr�s cette seconde manifestation de sa volont� le vieillard attendit.

Alors Th�r�se, qui l�avait regard� avec attention, et qui, tandis qu�il parlait, paraissait �tudier chaque muscle de son visage, sembla comprendre qu�il n�y avait pas de lutte possible en ce moment, et changea de tactique subitement.

Elle e�t �chou� en s�obstinant � combattre contre Gilbert; elle se mit � combattre pour lui: il est vrai que c��tait en alli�e bien pr�s de trahir.

� Au fait, dit-elle, puisque ce jeune monsieur vous a accompagn� ici, c�est que vous le connaissez bien, et mieux vaut qu�il reste chez nous. Je ferai tant bien que mal un lit dans votre cabinet, pr�s des liasses de papier.

� Non, non, dit Jacques vivement; un cabinet n�est point un endroit o� l�on couche. On peut mettre le feu � ces papiers.

� Beau malheur! murmura Th�r�se.

Puis tout haut:

� Dans l�antichambre, alors, devant le buffet?

� Non plus.

� Alors, je vois que, malgr� notre bonne volont� � tous deux, ce sera impossible; car, � moins que de prendre votre chambre ou la mienne�

� Il me semble, Th�r�se, que vous ne cherchez pas bien.

� Moi?

� Sans doute. N�avons-nous point la mansarde?

� Le grenier, voulez-vous dire?

� Non, ce n�est pas un grenier, c�est un cabinet un peu mansard�, mais sain, avec une vue sur des jardins magnifiques, ce qui est rare � Paris.

� Oh! qu�importe, monsieur, dit Gilbert, f�t-ce un grenier, je m�estimerai encore heureux, je vous jure.

� Pas du tout, pas du tout, dit Th�r�se. Tiens, c�est l� que j��tends mon linge.

� Ce jeune homme n�y d�rangera rien, Th�r�se. N�est-ce pas, mon ami, vous veillerez � ce qu�il n�arrive aucun accident au linge de cette bonne m�nag�re? Nous sommes pauvres, et toute perte nous est lourde.

� Oh! soyez tranquille, monsieur.

Jacques se leva et s�approcha de Th�r�se.

� Je ne veux pas, voyez-vous, ch�re amie, que ce jeune homme se perde. Paris est un s�jour pernicieux; ici, nous le surveillerons.

� C�est une �ducation que vous faites. Il paiera donc pension, votre �l�ve?

� Non, mais je vous r�ponds qu�il ne vous co�tera rien. � partir de demain, il se nourrira lui-m�me. Quant au logement, comme la mansarde nous est � peu pr�s inutile, faisons-lui cette charit�.

� Comme tous les paresseux s�entendent! murmura Th�r�se en haussant les �paules.

� Monsieur, dit Gilbert, plus fatigu� que son h�te lui-m�me de cette lutte qu�il livrait pied � pied, pour une hospitalit� qui l�humiliait, je n�ai jamais g�n� personne, et je ne commencerai certes point par vous, qui avez �t� si bon pour moi. Ainsi, permettez que je me retire. J�ai aper�u, du c�t� du pont que nous avons travers�, des arbres sous lesquels il y a des bancs. Je dormirai fort bien, je vous assure, couch� sur un de ces bancs.

� Oui, dit Jacques, pour que le guet vous arr�te comme un vagabond.

� Qu�il est, dit tout bas Th�r�se en desservant.

� Venez, venez, jeune homme, dit Jacques, il y a l�-haut, autant que je puis m�en souvenir, une bonne paillasse. Cela vaudra toujours mieux qu�un banc; et puisque vous vous contenteriez d�un banc�

� Oh! monsieur, je n�ai jamais couch� que sur des paillasses, dit Gilbert.

Puis, revenant sur cette v�rit� par un petit mensonge:

� La laine m��chauffe trop, continua-t-il.

Jacques sourit.

� La paille est en effet rafra�chissante, dit-il. Prenez sur la table un bout de chandelle et suivez-moi.

Th�r�se ne regarda m�me plus du c�t� de Jacques. Elle poussa un soupir, elle �tait vaincue.

Gilbert se leva gravement et suivit son protecteur.

En traversant l�antichambre, Gilbert vit une fontaine.

� Monsieur, dit-il, l�eau est-elle ch�re � Paris?

� Non, mon ami; mais, f�t-elle ch�re, l�eau et le pain sont deux choses que l�homme n�a pas le droit de refuser � l�homme qui les demande.

� Oh! c�est qu�� Taverney l�eau ne co�tait rien, et le luxe du pauvre, c�est la propret�.

� Prenez, mon ami, prenez, dit Jacques en indiquant du doigt � Gilbert un grand pot de fa�ence, prenez.

Et il pr�c�da le jeune homme en s��tonnant de trouver, dans un enfant de cet �ge, toute la fermet� du peuple unie � tous les instincts de l�aristocratie.

Chapitre 45. La mansarde de M. Jacques

L�escalier, d�j� �troit et difficile au bout de l�all�e, � la place o� Gilbert en avait heurt� la premi�re marche, devenait de plus en plus difficile et de plus en plus �troit � partir du troisi�me �tage, qu�habitait Jacques. Celui-ci et son prot�g� arriv�rent donc p�niblement � un vrai grenier. Cette fois, c��tait Th�r�se qui avait eu raison; c��tait bien un vrai grenier coup� en quatre compartiments, dont trois �taient inhabit�s.

Il est vrai de dire que tous, m�me celui destin� � Gilbert, �taient inhabitables.

Le toit s�abaissait si rapidement � partir du comble, qu�il formait avec le plancher un angle aigu. Au milieu de cette pente, une lucarne ferm�e d�un mauvais ch�ssis sans vitres donnait le jour et l�air: le jour chichement, l�air � profusion, surtout par les vents d�hiver.

Heureusement que l�on touchait � l��t�, et cependant, malgr� le doux voisinage de la chaude saison, la chandelle que tenait Jacques faillit s��teindre lorsqu�ils p�n�tr�rent dans le grenier.

La paillasse dont avait fastueusement parl� Jacques gisait en effet � terre et s�offrait tout d�abord aux regards comme le meuble principal de la chambre. �� et l� des piles de vieux papiers imprim�s, jaunis sur leurs tranches, s��levaient au milieu d�un amas de livres rong�s par les rats.

� deux cordes plac�es transversalement, et � la premi�re desquelles faillit s��trangler Gilbert, cr�pitaient en dansant au vent de la nuit des sacs de papier renfermant des haricots s�ch�s dans leurs gousses, des herbes aromatiques et des linges de m�nage m�l�s � de vieilles hardes de femme.

� Ce n�est pas beau, dit Jacques; mais le sommeil et l�obscurit� rendent �gaux aux plus somptueux palais les plus pauvres chaumi�res. Dormez comme on dort � votre �ge, mon jeune ami, et rien ne vous emp�chera de croire demain matin que vous avez dormi dans le Louvre. Mais surtout prenez bien garde au feu!

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