Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Le bon côté de la chose est qu’on ne fera pas non plus toute une affaire pour un peu de marijuana, la coupa Barbie. Match nul, comme disent les sportifs. Et comment avez-vous récupéré les mômes ?
— Les flics sur lesquels nous sommes tombés dans le chalet de Thurston nous ont vus au restaurant, répondit Carolyn. La patronne nous a dit que c’était fermé jusqu’au dîner, mais elle a eu pitié de nous quand nous lui avons dit que nous étions du Massachusetts. Elle nous a donné des sandwichs et du café.
— Elle nous a donné du beurre de cacahuètes et de la gelée avec le café, oui, la corrigea Thurston. Il n’y avait pas le choix, même pas du thon en boîte. Je lui ai dit que le beurre de cacahuètes me restait collé au palais, mais elle m’a répondu qu’elle rationnait ses provisions. Avez-vous jamais entendu dire quelque chose d’aussi ridicule ? »
Barbie trouvait cela d’autant moins ridicule que l’idée était de lui ; il ne répondit rien.
« Quand j’ai vu les flics arriver, reprit Carolyn, je m’attendais à ce que nous ayons encore des ennuis, mais on aurait dit qu’Aidan et Alice les avaient amadoués. »
Thurston eut un reniflement de mépris. « Pas amadoués au point de nous présenter des excuses. À moins que cela m’ait échappé. »
Carolyn soupira, puis se tourna vers Barbie. « Ils nous on dit que peut-être le pasteur de l’église congrégationaliste pourrait nous trouver un logement vide que nous n’aurions qu’à occuper jusqu’à ce que ce soit terminé. J’ai bien l’impression que nous allons nous retrouver parents adoptifs, du moins temporairement. »
Elle caressa les cheveux du petit garçon. Thurston paraissait beaucoup moins enthousiaste à la perspective de devenir père adoptif, mais il passa un bras autour des épaules d’Alice et du coup Barbie le trouva plus sympathique.
« L’un des flics s’appelle Junior, dit alors la fillette. Il est gentil. Il est mignon, aussi. Frankie n’est pas aussi mignon. Il nous a donné un Milky Way. Maman dit qu’on ne doit pas accepter de confiseries d’un inconnu, mais… » Elle haussa les épaules pour montrer que les choses avaient changé, un fait qu’elle et Carolyn paraissaient avoir nettement mieux assimilé que Thurston.
« Ils ne se sont pas montrés si gentils que ça avant, observa Thurston. Et pas gentils du tout quand ils m’ont donné un coup de poing à l’estomac, Caro.
— Il faut prendre l’amer avec le sucré, lui fit remarquer Alice avec philosophie. C’est ce que dit toujours maman. »
Carolyn ne put s’empêcher de rire. Barbie l’imita et finalement Marshall aussi, même s’il dut se tenir l’estomac, regardant sa jeune compagne avec un léger air de reproche.
« J’ai remonté la rue et j’ai frappé à la porte de l’église, raconta Carolyn. Il n’y a pas eu de réponse, alors je suis entrée — ce n’était pas fermé à clef — mais il n’y avait personne. Avez-vous une idée de l’endroit où je peux trouver le pasteur ? »
Barbie secoua la tête. « À votre place, je prendrais mon jeu d’échecs et j’irais jusqu’au presbytère, répondit-il. C’est juste derrière. Le pasteur est une femme du nom de Piper Libby.
— Cherchez la femme* », dit Thurston.
Barbie haussa les épaules, puis acquiesça. « C’est quelqu’un de bien et Dieu sait que les maisons vides ne manquent pas à Chester’s Mill. Vous allez presque pouvoir choisir. Et vous trouverez probablement des provisions dans les placards, où que vous alliez. »
Ce qui lui fit penser, une fois de plus, à l’abri antiatomique.
Alice avait aussitôt fourré les pièces du jeu d’échecs dans ses poches et avait pris l’échiquier, qu’elle garda à la main. « Mr Marshall m’a battue à chaque fois, dit-elle à Barbie. Il dit que c’est faire preuve de mépris pour les enfants, de les laisser gagner juste parce que ce sont des enfants. Mais je fais des progrès, pas vrai, Mr Marshall ? »
Elle lui sourit. Thurston Marshall lui rendit son sourire. Barbie se dit que cet improbable quatuor allait peut-être fonctionner.
« Il faut que jeunesse se passe, Alice, et tu auras ta revanche. Mais pas tout de suite, ma chérie.
— Je veux ma maman, dit Aidan d’un ton morose.
— Si seulement on pouvait entrer en contact ave elle, dit Carolyn. Tu es sûre de ne pas te souvenir de son adresse courriel, Alice ? Leur mère, ajouta-t-elle à l’adresse de Barbie, a laissé son numéro de portable dans le chalet, mais ça ne sert à rien.
— Elle est sur hotmail. C’est tout ce que je sais, répondit Alice. Elle dit parfois qu’avant elle était sur hot-femelle, mais que papa s’est occupé de ça. »
Carolyn regarda son petit ami aux cheveux blancs. « On se tire d’ici ?
— Oui. Autant aller jusqu’au presbytère et espérer que cette dame revienne vite de la mission de miséricorde qu’elle vient d’être appelée à remplir.
— Le presbytère ne devrait pas être fermé à clef non plus, dit Barbie. Et s’il l’est, regardez donc sous le paillasson.
— Je n’ose supposer…, fit observer Thurston.
— Moi si », le coupa Carolyn en pouffant.
Cela fit sourire le petit garçon.
« Soupeser ! s’écria Alice Appleton en se précipitant dans l’allée centrale, bras écartés, l’échiquier pliable fouettant l’air. Soupeser, soupeser, allez venez tout le monde, allons soupeser ! »
Thurston soupira et suivit la fillette. « Si tu casses l’échiquier, Alice, tu ne pourras jamais me battre.
— Si, je vous battrai, parce qu’il faut que jeunesse se passe ! lui lança-t-elle par-dessus son épaule. De toute façon, on pourra toujours le scotcher ! Allez, venez ! »
Aidan se mit à s’agiter avec impatience dans les bras de Carolyn. La jeune femme le posa à terre pour qu’il puisse courir après sa sœur. Puis elle tendit la main à Barbie. « Merci beaucoup, Mr…
— Ce fut un plaisir », répondit Barbie en lui serrant la main.
Puis il se tourna vers Thurston. L’homme avait cette poignée de main en ventre de poisson que Barbie associait aux types dont le rapport activité intellectuelle/exercice physique est complètement déséquilibré.
Les deux adultes suivirent les enfants. Une fois à hauteur des portes battantes, Thurston se retourna. Un rayon de soleil, tombant des hautes fenêtres, vint éclairer son visage, le faisant paraître plus vieux qu’il n’était. Lui donnant l’air d’avoir quatre-vingts ans. « J’ai contribué au dernier numéro de Ploughshares », dit-il. L’indignation et le chagrin faisaient trembler sa voix. « C’est une excellente revue littéraire, l’une des meilleures du pays. Ils n’avaient aucun droit de me frapper ou de se moquer de moi.
— Non, en effet, dit Barbie. Bien sûr que non. Prenez bien soin de ces enfants.
— Nous le ferons », dit Carolyn. Elle prit le bras de l’homme et le serra. « Allons-y, Thurston. »
Barbie attendit d’entendre la porte d’entrée se refermer, puis il partit à la recherche de l’escalier conduisant à la salle de conférences de l’hôtel de ville et à la cuisine. Julia lui avait dit que l’accès à l’abri antiatomique était là.
7
Piper Libby crut tout d’abord qu’il s’agissait d’un sac de détritus jeté sur le bord de la route. En se rapprochant, elle vit que c’était un corps. Elle se gara et se précipita si vite hors de sa voiture qu’elle tomba sur un genou et s’écorcha. Lorsqu’elle se releva, elle se rendit compte qu’il n’y avait pas un corps, mais deux : ceux d’une femme et d’un bébé. L’enfant, au moins, était vivant, agitant faiblement ses bras.
Elle courut à eux et retourna la femme sur le dos. Elle était jeune et son visage lui disait quelque chose, mais elle n’était pas membre de sa congrégation. Elle présentait d’importantes ecchymoses au front et à la joue. Piper libéra l’enfant du porte-bébé et lorsqu’elle le tint contre elle et caressa ses cheveux humides de sueur, il se mit à geindre d’une voix rauque.