Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Et Brownie ne lui avait jamais fait mal.
Ce qui s’était passé la nuit dernière était différent. DeLesseps n’avait pas été trop brutal, mais Carter lui avait fait mal (en haut) et l’avait fait saigner (en bas). Le pire s’était cependant produit après : lorsque Mel Searles avait baissé son pantalon, exhibant une matraque comme elle en avait vu parfois dans les films porno que Phil regardait, avant que son intérêt pour le crystal ne l’emporte sur celui qu’il avait pour le sexe.
Searles n’avait pas fait dans la dentelle et elle avait eu beau essayer d’évoquer ce qu’elle et Dodee avaient fait deux jours auparavant, ça n’avait pas marché. Elle était restée aussi sèche que par un mois d’août sans pluie. Jusqu’au moment où ce que Carter Thibodeau n’avait fait qu’irriter s’était complètement déchiré. Il y avait eu du lubrifiant, alors. Elle avait sentie une flaque se former sous elle, chaude et collante. Il y avait eu aussi de l’humidité sur son visage, celle des larmes qui coulaient sur ses joues pour aller se nicher dans ses oreilles. Durant l’interminable cavalcade de Mel, il lui était venu à l’esprit qu’il allait peut-être la tuer. Mais alors, qu’adviendrait-il de Little Walter ?
Et en contrepoint de tout ça, il y avait eu la voix criarde de Georgia Roux : baise-la, baise-la, baise-moi cette salope ! Fais-la gueuler !
Sammy avait gueulé, pas de doute. Elle avait beaucoup gueulé, et Little Walter aussi avait gueulé depuis son berceau, dans l’autre pièce.
Après, ils lui avaient dit qu’elle avait intérêt à la fermer et ils l’avaient laissée qui pissait le sang sur le canapé, blessée mais vivante. Elle avait vu les phares des voitures balayer le plafond de la pièce, puis s’estomper tandis qu’ils s’éloignaient vers la ville. Il n’y avait plus eu qu’elle et Little Walter. Elle l’avait promené dans ses bras, allant et venant, allant et venant, ne s’était arrêtée que le temps de mettre une petite culotte (et pas l’une des roses ; elle ne voulait plus jamais en porter) en la bourrant de papier-toilette. Elle avait des Tampax, mais la seule idée d’en mettre un là la faisait se recroqueviller.
Finalement, la tête de Little Walter était retombée lourdement sur son épaule et elle avait senti sa bave la mouiller — signe des plus fiables qu’il était bel et bien K-O. Elle l’avait recouché dans son berceau (priant pour qu’il dorme toute la nuit), après quoi elle avait été ouvrir la boîte à chaussures, au fond du placard. Le Dreamboat — un calmant puissant quelconque dont elle ne savait pas grand-chose — avait tout d’abord atténué la douleur là en bas, puis elle s’était retrouvée complètement assommée. Elle avait dormi plus de douze heures.
Et maintenant, ça.
Les cris de Little Walter étaient comme une lumière éclatante perçant un épais brouillard. Elle sortit pesamment du lit et courut dans la chambre du petit, ayant compris que le berceau, un assemblage bricolé par Phil alors qu’il était à moitié pété, avait fini par s’effondrer. Little Walter l’avait secoué tant et plus la veille, pendant que « les adjoints » étaient occupés avec elle. Les secousses avaient dû affaiblir la structure et ce matin, quand il avait de nouveau commencé à s’agiter…
Little Walter gisait par terre, au milieu de l’épave du berceau. Il rampa vers elle, du sang coulant d’une blessure qu’il avait au front.
« Little Walter ! » hurla-t-elle en le prenant dans ses bras. Elle se tourna, trébucha sur une des planches cassées du berceau, mit un genou au sol, se releva et courut jusqu’à la salle de bains, le bébé continuant à geindre dans ses bras. Elle tourna le robinet mais, évidemment, pas une goutte ne coula : il n’y avait plus de courant pour faire fonctionner la pompe du puits. Elle s’empara d’une serviette et essuya le visage du bébé, dégageant la blessure — pas très profonde, mais longue et en zigzag. Il aurait une cicatrice. Elle appuya la serviette dessus aussi fort qu’elle osa, sans tenir compte des hurlements de Little Walter, des hurlements de douleur scandalisés. Des gouttes de sang de la taille d’une pièce tombèrent sur ses pieds. Lorsqu’elle baissa les yeux, elle constata que la petite culotte bleue qu’elle avait mise après le départ des « adjoints » était imbibée d’un liquide poisseux de couleur violacée. Elle crut tout d’abord que c’était le sang de Little Walter. Puis elle vit les filets rubis qui coulaient sur ses cuisses.
5
Elle parvint à faire rester Little Walter tranquille le temps de lui coller trois pansements Bob l’Éponge sur sa blessure, puis de lui enfiler un sous-vêtement propre et la seule salopette en état qui lui restait (proclamant, sur le devant : LE BON P’TIT DIABLE À SA MAMAN). Elle s’habilla à son tour pendant que Little Walter décrivait des cercles à quatre pattes sur le plancher de la chambre, ses pleurs frénétiques à présent réduits à quelques reniflements occasionnels. Elle commença par jeter la petite culotte imbibée de sang dans la poubelle et par en mettre une propre. Elle la rembourra cette fois avec un torchon de cuisine et en prit un deuxième pour pouvoir se changer. Elle saignait toujours. Non, ça ne coulait pas à flots, mais beaucoup plus, cependant, que dans ses pires règles. Et cela avait duré toute la nuit. Le lit en était imbibé.
Elle remplit le sac d’affaires de Little Walter, puis souleva le bébé dans ses bras. Il était lourd et un élancement douloureux monta de là, en bas : le genre de douleur sourde que l’on ressent quand on a mangé quelque chose qui ne passe pas.
« Nous allons au centre de soins, lui annonça-t-elle, et ne t’en fais pas, Little Walter, le Dr Haskell va nous remettre d’aplomb tous les deux. Et de toute façon, les cicatrices, c’est moins embêtant pour les garçons. Des fois, il y a même des filles qui les trouvent sexy. Je roulerai aussi vite que je pourrai, et on y sera le temps de le dire. » Elle ouvrit la porte. « Tout va très bien aller. »
Mais sa vieille Toyota toute pourrie, elle, n’allait pas bien du tout. Les « adjoints » ne s’étaient pas fatigués avec les pneus arrière, se contentant de crever les deux de devant. Sammy regarda sa voiture pendant un long moment, se sentant envahie par un sentiment de dépression plus fort que jamais. Une idée, passagère mais claire, lui vint à l’esprit : elle n’avait qu’à partager les Dreamboats restants avec Little Walter. Il suffirait de réduire les siens en poudre et de les mettre dans un de ses biberons, qu’il appelait des « boggies ». Du lait chocolaté masquerait le goût. Little Walter adorait le lait chocolaté. Avec cette idée, lui vint à l’esprit une chanson d’un vieil album de Phil : Rien n’a d’importance, et puis quand bien même ?
Elle repoussa l’idée.