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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Les paupières de la jeune femme battirent et s’ouvrirent à ce bruit ; c’est alors que Piper vit que son pantalon était imbibé de sang.

« Li’l Walter », coassa la jeune femme. Piper comprit water (de l’eau).

« Ne vous inquiétez pas. J’ai de l’eau dans la voiture. Ne bougez pas. J’ai votre bébé, il va bien. » Même si elle n’en savait rien. « Je vais m’occuper de lui.

— Li’l Walter », répéta la femme au jean ensanglanté, puis elle referma les yeux.

Piper courut jusqu’à sa voiture, le cœur battant tellement fort qu’elle en sentait les pulsations jusque dans ses yeux. Elle avait un goût de cuivre dans la bouche. Mon Dieu aide-moi, pria-t-elle, incapable de penser à autre chose, si bien qu’elle le répéta dans sa tête : Oh, mon Dieu aide-moi, oh, mon Dieu aide-moi, aide cette femme.

La Subaru avait l’air conditionné, mais elle ne l’avait pas branché en dépit de la chaleur. Elle le faisait rarement. D’après ce qu’elle avait compris, ce n’était pas très écologique. Mais pour le coup, elle le mit. Plein pot. Elle déposa le bébé sur le siège arrière, remonta les vitres, ferma les portières et repartit vers la jeune femme gisant dans la poussière, puis fut frappée par une pensée terrible : et si le bambin arrivait à grimper par-dessus le siège et poussait le mauvais bouton, l’enfermant dehors ?

Seigneur, que je suis idiote. La femme la plus idiote au monde en cas de véritable crise. Mon Dieu, aide-moi à être moins idiote.

Elle revint en courant à la voiture, rouvrit la portière du conducteur, regarda par-dessus le dossier du siège et vit le petit garçon toujours allongé là où elle l’avait posé ; il suçait simplement son pouce. Ses yeux se tournèrent un instant vers Piper, puis revinrent au plafond, comme s’il y avait quelque chose d’intéressant là-haut. Des dessins animés mentaux, peut-être. La sueur assombrissait le devant de son T-shirt, sous sa petite salopette. Piper retira la clef électronique du tableau de bord puis repartit, toujours courant, vers la femme qui essayait de se relever.

« Non, ne bougez pas », lui dit Piper, s’agenouillant et lui passant un bras autour des épaules. Je crois que vous ne devriez pas…

— Little Walter », coassa de nouveau la femme.

Merde, j’ai oublié l’eau ! Mon Dieu, pourquoi m’avez vous laissée oublier l’eau ?

Et la femme qui essayait maintenant de se relever ! L’idée paraissait mauvaise au pasteur, elle allait à l’encontre de tout ce qu’elle savait des soins d’urgence, mais quel choix avait-elle ? La route était déserte et elle ne pouvait pas l’abandonner sous ce soleil de plomb, ce serait pire, bien pire. Si bien qu’au lieu de l’obliger à se rallonger, Piper l’aida à se mettre debout.

« Doucement, dit-elle, tenant à présent la femme par la taille et guidant ses pas vacillants du mieux qu’elle pouvait. Doucement… petit à petit, l’oiseau fait son nid. Il fait frais dans la voiture. Et il y a de l’eau.

— Li’l Walter ! » La femme se mit à osciller, reprit son équilibre, puis essaya de marcher un peu plus vite.

« De l’eau, dit Piper. Oui. Ensuite je vous emmène tout droit à l’hôpital.

— Non… au centre. »

Cette fois Piper comprit correctement et elle secoua la tête avec fermeté. « Pas question. Je vous emmène directement à l’hôpital. Vous et votre bébé.

— Li’l Walter », murmura la femme.

Elle resta à vaciller sur place, les cheveux retombant devant son visage, pendant que Piper ouvrait la portière du passager et l’aidait à s’installer.

Piper prit la bouteille de Poland Spring dans la console centrale et dévissa le bouchon. La femme la lui arracha avant que Piper puisse la lui tendre et but avidement ; l’eau lui coulait dans le cou et dégouttait de son menton, inondant le devant de son T-shirt.

« Vous vous appelez comment ? demanda Piper.

— Sammy Bushey. »

C’est alors, l’eau lui provoquant une crampe d’estomac, que la rose noire se rouvrit de nouveau devant ses yeux. La bouteille lui échappa des mains et tomba au sol, où elle se vida avec un gargouillis. Sammy s’évanouit.

Piper conduisit aussi vite qu’elle put, c’est-à-dire très vite, Motton Road restant déserte, mais lorsqu’elle arriva à l’hôpital, ce fut pour découvrir que le Dr Haskell était mort la veille et que l’assistant du médecin, Everett, n’était pas là.

Sammy fut donc admise et examinée par Dougie Twitchell, le célèbre expert médical.

8

Tandis que Ginny essayait d’arrêter l’hémorragie vaginale de Sammy Bushey et que Twitch installait une perfusion pour traiter l’état de déshydratation avancée dans lequel était Little Walter, Rusty Everett était tranquillement assis sur un banc du parc, côté hôtel de ville de la place centrale. Le banc était placé sous la vaste ramure d’une imposante sapinette bleue, et il pensait que l’ombre était assez profonde pour le rendre pratiquement invisible. Du moins, tant qu’il ne bougeait pas.

Car il y avait des choses intéressantes à observer.

Il avait prévu de gagner directement le hangar situé derrière l’hôtel de ville (Twitch avait parlé d’une grange, mais le long bâtiment de bois, qui abritait également les chasse-neige de Chester’s Mill, était en réalité nettement plus grand que ça) pour vérifier quel était l’état des réserves de propane ; mais une voiture de police était arrivée à ce moment-là avec Frankie DeLesseps au volant. Junior Rennie était descendu du siège du passager. Les deux jeunes hommes avaient parlé un moment, puis DeLesseps était reparti.

Junior avait monté les marches conduisant au poste de police, mais au lieu d’y entrer, il s’était assis sur la dernière, se frottant les tempes comme s’il avait mal à la tête. Rusty avait décidé d’attendre. Il ne voulait pas être vu fouinant dans les réserves en énergie de la ville, en particulier par le fils du deuxième conseiller.

À un moment donné, Junior sortit son téléphone portable de sa poche, l’ouvrit, écouta, dit quelque chose, écouta encore un peu, dit de nouveau quelque chose puis referma l’appareil. Il se remit à se frotter les tempes. Le Dr Haskell avait fait une remarque à propos du jeune homme. Il avait parlé de migraines, non ? Cela faisait tout à fait l’effet d’une migraine. Pas seulement à cause du geste de se frotter les tempes ; aussi par la manière dont il gardait la tête baissée.

Pour atténuer l’éclat de la lumière, pensa Rusty. Il doit avoir oublié son Imitrex ou son Zomig chez lui. En supposant que Haskell lui en ait prescrit.

Rusty s’était déjà à moitié levé, avec l’intention de couper par Commonwealth Lane pour rejoindre l’arrière de l’hôtel de ville — la vigilance de Junior étant des plus réduites —, mais il repéra alors quelqu’un d’autre et se rassit. Dale Barbara, le cuistot qui aurait été élevé au rang de colonel (par le Président en personne, d’après certains), se tenait sous la marquise du Globe, encore plus enfoncé dans l’ombre que Rusty. Et Barbara paraissait aussi surveiller le jeune Mr Rennie.

Intéressant.

Barbara en arriva apparemment à la même conclusion que Rusty : Junior ne surveillait pas les lieux mais attendait. Peut-être quelqu’un qui devait venir le chercher. Le cuistot traversa rapidement la rue et — une fois caché à la vue (éventuelle) de Junior par l’hôtel de ville — s’arrêta pour parcourir des yeux le tableau d’information, à l’extérieur. Puis il entra.

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