Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Rusty décida de rester encore un moment sur son banc. On était très bien, sous l’arbre, et il était curieux de savoir qui Junior attendait. Des gens arrivaient encore en ordre dispersé du Dipper’s (certains y seraient restés plus longtemps si l’alcool avait pu couler). La plupart, comme le jeune homme assis sur les marches, de l’autre côté, se tenaient tête baissée. Pas à cause de la douleur, estima Rusty, mais parce qu’ils étaient accablés. À moins que cela ne revienne au même. Voilà une idée qui aurait mérité qu’on s’y arrêtât.
C’est alors que se présenta un véhicule noir, aux formes cubiques et glouton en essence que Rusty connaissait bien : le gros Hummer de Big Jim Rennie. Il adressa un coup de klaxon agacé à trois citoyens qui marchaient dans la rue, les chassant vers le trottoir comme des moutons.
Le Hummer s’arrêta devant le poste de police. Junior leva les yeux mais resta assis. Les portières s’ouvrirent. Andy Sanders descendit de derrière le volant, Rennie du siège du passager. Rennie laissant Sanders conduire sa bien-aimée perle noire ? Rusty haussa les sourcils. Il ne se souvenait pas d’avoir jamais vu quelqu’un d’autre que Big Jim lui-même derrière le volant du monstre. Il a peut-être décidé de donner une promotion à Andy — de souffre-douleur à chauffeur, pensa-t-il. Mais lorsqu’il vit Big Jim monter les marches en direction de son fils, il changea d’avis.
Comme tous les vétérans des services médicaux, Rusty était un assez bon expert en matière de diagnostic à distance. Certes, il n’aurait jamais fondé un traitement sur une telle évaluation, mais il était capable de faire la différence entre un individu opéré de la hanche six mois auparavant et un autre souffrant d’une crise d’hémorroïdes rien qu’à leur démarche ; d’identifier un problème de cervicales à la façon dont une femme tournait tout son corps et pas seulement son cou pour regarder derrière elle ; de dire qu’un gosse avait attrapé des poux lors de son camp de vacances rien qu’à sa manière de se gratter tout le temps le crâne. Big Jim garda le bras droit posé sur la partie convexe de son volumineux abdomen, tandis qu’il escaladait les marches, attitude classique de quelqu’un qui vient de subir un claquage à l’épaule ou au bras, ou aux deux. Du coup, ce n’était pas si surprenant qu’il ait demandé à Sanders de piloter la bête à sa place.
Il y eut un dialogue entre les trois personnages. Junior ne se leva pas mais Sanders s’assit à côté de lui, fouilla dans sa poche et en sortit quelque chose qui scintilla un instant dans la lumière embrumée de l’après-midi. Rusty avait de bons yeux, mais il se trouvait au moins cinquante mètres trop loin pour distinguer ce qu’était l’objet. Du verre ou du métal ; c’était tout ce qu’il pouvait affirmer. Junior le mit dans sa poche, puis les trois hommes parlèrent encore un peu. Rennie fit un geste en direction du Hummer et Junior secoua la tête. Sanders montra à son tour le véhicule. Junior déclina l’offre une deuxième fois, laissant retomber la tête, et se remit à se masser les tempes. Les deux conseillers se regardèrent, Sanders, en position assise, se tordant le cou dans l’ombre de Big Jim — ce que Rusty trouva approprié. Big Jim haussa les épaules et ouvrit les mains en signe d’impuissance. Sanders se leva et les deux hommes entrèrent dans le poste de police, non sans que Big Jim eût tapoté l’épaule de son fils. Junior resta sans réaction. Il ne bougea pas d’où il était, comme s’il avait l’intention de rester assis là jusqu’à la fin des temps. Sanders tint la porte pour Big Jim et entra à sa suite.
À peine les deux conseillers avaient-ils quitté la scène que Rusty vit un quatuor sortir de l’hôtel de ville : un homme âgé et distingué, une jeune femme, une fillette et un petit garçon. La fillette tenait le petit garçon par une main et un échiquier de l’autre. Le gamin avait l’air presque aussi navré que Junior, trouva Rusty… et qu’il soit pendu s’il ne se frottait pas aussi la tempe de sa main libre. Le groupe coupa par le sentier qui traversait la pelouse, ce qui le fit passer directement devant le banc de Rusty.
« Bonjour, lui dit la fillette avec un grand sourire. Je m’appelle Alice. Et lui, c’est Aidan.
— Nous allons au précitère », déclara d’un ton sinistre le petit garçon qui s’appelait Aidan.
Il se frottait toujours la tempe et était très pâle.
« Ça va être passionnant, répondit Rusty. Des fois, je rêve moi aussi d’habiter un précitère. »
Les deux adultes venaient de rattraper les enfants. Ils se tenaient par la main. Le père et la fille, supposa Rusty.
« En fait, nous souhaitons seulement parler avec la révérende Libby, dit la jeune femme. Vous ne savez pas si elle est de retour, par hasard ?
— Aucune idée, répondit Rusty.
— Eh bien, nous allons l’attendre. Au précitère. » Elle sourit à son compagnon en disant cela. Rusty eut l’impression qu’ils n’étaient peut-être pas père et fille, en fin de compte. « C’est ce que le concierge nous a dit de faire.
— Al Timmons ? »
Rusty avait vu l’homme sauter dans le pick-up de Burpee.
« Non, l’autre, dit l’homme âgé. Il a dit que la révérende pourrait peut-être nous aider à nous loger. »
Rusty hocha la tête. « Celui qui s’appelle Dale ?
— Je ne me souviens pas qu’il nous ait donné son nom », dit la jeune femme.
Délaissant la main de sa sœur pour prendre celle de la jeune femme, le petit garçon s’écria : « Allez, venez ! Je veux jouer à l’autre jeu que vous avez dit. » Il donnait cependant l’impression d’être plus grognon qu’impatient de jouer. Un léger état de choc, peut-être. Ou bien un état fiévreux. Dans ce dernier cas, Rusty espéra que ce n’était qu’un rhume. La dernière chose dont Chester’s Mill avait besoin, en ce moment, était bien une épidémie de grippe.
« Ils sont séparés de leur mère, du moins temporairement, dit la jeune femme à voix basse. Nous nous occupons d’eux.
— C’est bien de votre part, dit Rusty, puis sur un ton sérieux : Dis-moi, Aidan, tu as mal à la tête ?
— Non.
— Tu as mal à la gorge ?
— Non. » Le petit garçon étudiait l’homme qui l’interrogeait, l’air grave. « Tu sais quoi ? dit-il alors, si on fait pas blagues-ou-bonbons[26] cette année, je m’en fiche.
— Aidan Appleton ! » s’écria Alice d’un ton hautement scandalisé. Rusty sursauta légèrement sur son banc, sans pouvoir s’en empêcher. « Ah bon ? Et pourquoi ?
— Parce que maman nous a amenés avec elle et maman est partie faire des missions.
— Il veut dire des commissions, le corrigea avec indulgence Alice.
— Elle est allée chercher des Whoops », reprit Aidan. On aurait dit un petit vieux — un petit vieux inquiet. « J’aurais peur d’aller à Halloween sans ma maman.
— Allez, viens, Caro, dit son compagnon. Nous devons… »
Rusty se leva. « Est-ce que je pourrais vous parler une minute, madame ? Faisons quelques pas par là. »
Carolyn parut intriguée et un peu sur ses gardes, mais l’accompagna près de la sapinette bleue.
« Le garçon n’a-t-il pas manifesté certains symptômes d’épilepsie ? demanda Rusty. Par exemple, s’arrêter soudain au milieu de ce qu’il est en train de faire… rester un moment immobile… avoir le regard fixe… claquer des lèvres.
— Non, non, rien de tel, intervint son compagnon, qui les avait rejoints.
— Non », confirma Carolyn. Cependant, elle avait l’air effrayé.
L’homme s’en rendit compte et adressa un regard soupçonneux à Rusty. « Vous êtes médecin ?
26
Trick-or-treat, début de la comptine que les enfants chantent à Halloween pour avoir des friandises.