Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Cela dépend de ce que nous allons trouver. Si c’est ce que nous avons perdu à l’hôpital, vous et moi pourrions échanger quelques petites informations.
— À propos de ce que vous avez perdu ?
— Du propane, mon frère. »
Barbie réfléchit un instant. « Et pourquoi pas… Allons voir ça. »
10
Junior se tenait au pied de l’escalier branlant qui montait le long de la pharmacie et se demandait s’il serait capable de le monter, tant sa tête lui faisait mal. Peut-être. Probablement. Il se disait aussi qu’arrivé à mi-chemin, son crâne risquait d’exploser comme un pétard du nouvel an. La tache était de retour devant son œil, avec ses pulsations hachées, battant au rythme de son cœur, mais elle n’était plus blanche. Elle était devenue d’un rouge éclatant.
Je serais mieux dans le noir, pensa-t-il. Dans l’arrière-cuisine, avec mes petites copines.
Si tout se passait bien, il pourrait y aller. En ce moment, l’arrière-cuisine de la maison McCain, sur Prestile Street, lui paraissait l’endroit le plus désirable de la Terre. Certes, Coggins s’y trouvait aussi — et alors ? Junior n’aurait qu’à pousser de côté ce trou-du-cul brailleur d’évangiles. Et Coggins devait rester caché, au moins pour le moment. Junior ne cherchait nullement à protéger son père (et n’avait été ni surpris ni consterné par ce qu’il avait fait ; il avait toujours su que Big Jim Rennie avait le meurtre en lui) ; ce qu’il cherchait, c’était à régler son compte à Dale Barbara.
Si nous menons bien notre barque, nous pourrons faire mieux que le sortir de notre chemin, lui avait dit Big Jim ce matin. Nous pourrons nous servir de lui pour unifier la ville en cette période de crise. Lui et cette cueilleuse de coton de journaliste à la gomme. J’ai aussi mon idée pour elle. Il avait posé une main chaude et charnue sur l’épaule de son fils. Nous formons une équipe, fiston.
Peut-être pas pour toujours, mais pour le moment, ils tiraient la même charrue. Et ils allaient s’occuper de Baaarbie. Junior en était même venu à se convaincre que Barbie était responsable de ses maux de tête. Si Barbie avait vraiment été à l’étranger — la rumeur parlait de l’Irak —, il était peut-être revenu au pays avec quelques souvenirs moyens-orientaux bizarroïdes. Du poison, par exemple. Junior avait souvent mangé au Sweetbriar Rose. Barbie avait pu très facilement verser un petit quelque chose dans sa nourriture. Ou dans son café. Et si Barbie n’avait pas été aux fourneaux, il avait pu convaincre Rose de le faire. Cette conne était sous le charme de son cuistot.
Junior attaqua l’escalier, montant lentement, s’arrêtant toutes les quatre marches. Sa tête n’explosa pas et, quand il atteignit le sommet, il tâta sa poche pour y prendre la clef qu’Andy Sanders lui avait confiée. Il ne la trouva pas tout de suite et crut qu’il l’avait perdue, puis ses doigts tombèrent dessus, au milieu de pièces de monnaie.
Il regarda autour de lui. Quelques personnes revenaient encore du Dipper’s, mais personne ne leva les yeux vers le palier extérieur desservant l’appartement de Barbie. La clef tourna sans peine et il se glissa à l’intérieur.
Il n’alluma pas, même si le générateur de Sanders devait aussi donner du courant jusqu’à l’appartement. Dans la pénombre, la tache palpitante, devant son œil, était moins visible. Il regarda autour de lui avec curiosité. Il y avait des livres : des étagères et des étagères de livres. Baaarbie avait-il prévu de les laisser en quittant la ville ? Ou bien avait-il pris des dispositions — avec Petra Searles, par exemple, qui travaillait en bas dans l’officine — pour les faire expédier quelque part ? Dans ce cas, il avait dû prendre des dispositions semblables pour faire suivre aussi le tapis de son séjour — un machin de gardien de chameau que Barbie avait dû trouver dans un bazar local, quand il n’avait pas de suspect à passer à la gégène ou de petit garçon à tripoter.
Non, il n’avait pas dû prendre de dispositions pour se faire expédier ces trucs, décida Junior. Il n’en avait pas eu besoin, car il n’avait jamais envisagé de partir. Lorsque cette idée lui vint à l’esprit, Junior se demanda pourquoi il n’y avait pas pensé avant. Baaarbie aimait le coin ; jamais il ne le quitterait volontairement. Il y était aussi à l’aise qu’un asticot dans un dégueulis de clébard.
Trouve un truc dont il ne pourra pas nier être le propriétaire, lui avait dit Big Jim. Quelque chose qui ne peut être qu’à lui. Tu as bien compris ?
Pour qui tu me prends ? Pour un crétin ? songeait maintenant Junior. Si je suis aussi crétin que ça, comment se fait-il que ce soit moi qui aie sauvé ton cul, hier au soir ?
Mais son père avait un énorme pouvoir sur lui quand il se mettait en colère, c’était indéniable. Il n’avait jamais frappé ni fouetté Junior quand il était petit, il fallait lui rendre cette justice, même si Junior avait toujours pensé que la bonne influence de feu sa mère y avait été pour quelque chose. À présent, il soupçonnait que c’était parce que son père avait compris, tout au fond de lui, qu’une fois qu’il aurait commencé, il risquait de ne plus être capable de s’arrêter.
« Tel père, tel fils », dit Junior à haute voix, en pouffant de rire. Cela lui faisait mal à la tête, mais il rit néanmoins. N’y avait-il pas un ancien dicton qui prétendait que le rire était la meilleure des médecines ?
Il passa dans la chambre de Barbie, vit le lit fait au carré et songea brièvement que ce serait génial de couler un bon gros bronze au milieu. Oui. Et de s’essuyer avec la taie d’oreiller. Ça te plairait pas, Baaarbie ?
Au lieu de cela, il s’approcha de la commode. Trois ou quatre jeans dans le tiroir du haut, plus deux shorts kaki. Il y avait un téléphone portable sous les shorts et il pensa un moment que c’était ce qu’il cherchait. Mais non. Il s’agissait d’un modèle de supermarché à bas prix ; ce que les lycéens appelaient un jetable ou un burner. Barbie pourrait toujours prétendre qu’il ne lui appartenait pas.
Il y avait une demi-douzaine de slips et plusieurs paires de chaussettes de sport dans le tiroir du milieu. Et rien dans le troisième.
Il regarda sous le lit, tandis que ça cognait à tout-va dans sa tête — pas d’amélioration, en fin de compte. Et rien là-dessous, pas même des moutons. Baaarbie était un maniaque de la propreté. Junior eut envie de prendre un Imitrex, mais il s’abstint. Il en avait déjà pris deux sans que cela lui fasse le moindre effet, sinon de lui laisser un arrière-goût métallique au fond de la gorge. Il savait quel traitement il lui fallait : l’arrière-cuisine plongée dans la pénombre de Prestile Street. Et la compagnie de ses petites copines.
En attendant, il était ici. Et il devait bien y avoir quelque chose.
« Kék’chose, murmura-t-il. Faut bien qu’y ait un p’tit kék’chose. »
Il repartait déjà vers le séjour, essuyant l’eau qui coulait de son œil gauche (sans remarquer que les larmes étaient teintées de sang), quand il s’arrêta, frappé par une idée. Il retourna à la commode et rouvrit le tiroir des sous-vêtements. Les chaussettes étaient roulées en boule. Ado, Junior avait parfois caché un peu d’herbe ou des amphètes dans ses chaussettes roulées ; une fois, un ruban appartenant à Adriette Nedeau. Les chaussettes étaient une bonne cachette. Il prit les paires une à une et les tâta.
Il toucha le gros lot dès la troisième ; il eut l’impression qu’elle contenait une pièce métallique plate. Non, deux. Il déroula les chaussettes et secoua la plus lourde à l’envers sur la commode.
Il en tomba les deux plaques militaires de Dale Barbara. Et, en dépit de son terrible mal de tête, Junior sourit.