Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Al Timmons sortit de l’hôtel de ville et partit au petit trot dans la rue. Il portait sa salopette grise de concierge, mais des jumelles pendaient à son cou et il avait une pompe indienne sur le dos — apparemment vide, à en juger par l’aisance avec laquelle il se déplaçait. Barbie supposa que c’était Al qui avait déclenché la sirène.
Barre-toi donc, Al, pensa Barbie. Qu’est-ce que t’en dis ?
Une demi-douzaine d’utilitaires remontèrent la rue. Les deux premiers étaient des pick-ups, le troisième un fourgon. Ils étaient tous les trois d’un jaune si éclatant qu’il faisait presque mal aux yeux. On lisait SUPERMARCHÉ sur les portières des deux premiers. Le fourgon portait le slogan de Burpee’s DES PETITS PRIX CHEZ BURPEE’S. Romeo lui-même était au volant du camion de tête. Sa tignasse, comme d’habitude, était coiffée dans le style tempête sur l’Atlantique. Brenda Perkins était à la place du mort. Sur la plate-forme du pick-up, il y avait des pelles, des tuyaux et une pompe flambant neuve portant encore ses étiquettes d’expédition.
Romeo s’arrêta à la hauteur d’Al Timmons. « Saute à l’arrière, collègue ! », et Al monta sur la plate-forme. Barbie se fit le plus invisible possible sous la marquise du cinéma abandonné. Pas question de se faire enrôler pour aller lutter contre l’incendie de Little Bitch Road ; il avait quelque chose à faire ici même.
Junior n’avait pas bougé des marches du poste de police et se frottait toujours les tempes, se tenait toujours la tête. Barbie attendit que le convoi eût disparu, puis traversa rapidement la rue. Junior ne leva pas les yeux et, en quelques instants, Barbie se trouva dissimulé par la masse couverte de lierre de l’hôtel de ville.
Il escalada les marches et s’arrêta, juste le temps de lire l’affiche sur le panneau des messages : GRANDE RÉUNION JEUDI À DIX-NEUF HEURES SI LA CRISE N’EST PAS TERMINÉE. Il repensa à Julia lui disant : Tant que vous n’aurez pas entendu le discours de candidature de Rennie, faites bien attention à lui. Il aurait peut-être une chance, jeudi soir ; Rennie allait certainement tout faire pour garder le contrôle de la situation.
Et pour se faire donner davantage de pouvoir, continua la voix de Julia dans sa tête. Ça aussi, il va le vouloir, bien entendu. Pour le bien de la ville.
La construction de l’hôtel de ville, bâti en pierres de taille, remontait à cent soixante ans ; il faisait frais et sombre dans le vestibule. Le générateur ne tournait pas ; inutile de le faire fonctionner quand il n’y avait personne.
Sauf qu’il y avait des gens. Barbie entendit des voix en provenance de la grande salle de réunion, des voix appartenant à des enfants. La grande porte de chêne à deux battants était entrouverte. Il jeta un coup d’œil dans la salle et vit un homme maigre avec une imposante masse de cheveux grisonnants assis à la table de conférences. En face de lui, il y avait une jolie petite fille d’une dizaine d’années. Un échiquier était posé entre eux ; Tignasse-grise, menton dans la main, étudiait son prochain coup. Un peu plus loin, dans l’allée entre les bancs, une jeune femme jouait au saut de grenouille avec un petit garçon de quatre ou cinq ans. Les joueurs d’échecs étaient studieux ; la jeune femme et le garçonnet riaient.
Barbie voulut se retirer, mais il était trop tard. La jeune femme avait levé les yeux. « Bonjour ? Salut ? » Elle souleva le petit garçon et vint vers lui. Les joueurs d’échecs levèrent aussi les yeux.
La jeune femme tendit la main qui ne soutenait pas l’enfant. « Je m’appelle Carolyn Sturges. Ce monsieur est mon ami, Thurston Marshall. Quant au petit bonhomme, c’est Aidan Appleton. Dis bonjour, Aidan.
— B’jour », dit Aidan d’une petite voix, en se mettant à sucer son pouce.
Il regardait Barbie avec des yeux bleus et ronds qui exprimaient un peu de curiosité.
La fillette courut le long de l’allée pour venir se tenir à côté de Carolyn Sturges. Tignasse-grise suivit, mais plus lentement. Il paraissait fatigué, secoué. « Je m’appelle Alice Rachel Appleton, dit la fillette. Je suis la grande sœur d’Aidan. Sors ton pouce de ta bouche, Aidan. »
Aidan n’obéit pas.
« Je suis ravi de vous rencontrer », répondit Barbie, qui ne leur donna pas son nom. C’était tout juste s’il ne regrettait pas de ne pas porter une fausse moustache. Mais c’était peut-être sans importance. Il lui paraissait presque certain que ces gens n’étaient pas de la ville.
« Vous êtes un officiel de Chester’s Mill ? demanda Thurston Marshall. Parce que si c’est le cas, je veux déposer plainte.
— Je ne suis que le gardien, le concierge », répondit Barbie — qui se rendit compte, au moment où les mots sortirent de sa bouche, qu’ils avaient presque certainement vu Al Timmons partir. Qu’ils avaient sans doute même eu une conversation avec lui. « L’autre gardien. Vous avez sans doute déjà rencontré Al.
— Je veux ma maman, dit Aidan Appleton. Elle me manque beaucoup.
— Oui, nous l’avons rencontré, répondit Carolyn Sturges. Il prétend que le gouvernement a tiré un missile sur la chose, là, le truc qui nous retient, et que tout ce qui est arrivé, c’est qu’il a rebondi dessus.
— C’est exact, confirma Barbie, qui ne put en dire davantage car Marshall revenait à la charge :
— Je veux déposer plainte. En fait, il s’agit même d’une accusation. J’ai été agressé par un soi-disant officier de police. Il m’a donné un coup de poing à l’estomac. J’ai été opéré de la vésicule biliaire il y a quelques années, et je crains d’avoir des blessures internes. En outre, Carolyn a été agressée verbalement. On l’a traitée d’une manière sexuellement dégradante. »
Carolyn lui posa la main sur le bras. « Avant de déposer plainte, il ne faut pas oublier que nous avions de la D-O-P-E.
— De la dope ! s’exclama aussitôt Alice. Notre maman fume de la marijuana, des fois, ça l’aide quand elle a ses règles.
— Oh, fit Carolyn. Bon. »
Elle eut un sourire hésitant.
Marshall se redressa de toute sa taille. « La possession de marijuana est un simple délit. Ce qu’ils m’ont fait relève d’une agression physique criminelle ! Et j’ai terriblement mal ! »
Carolyn eut pour lui un regard d’affection mêlée d’exaspération. Barbie comprit soudain la nature de leur relation. Joli-Mois-de-Mai-Sexy avait rencontré Novembre-l’Érudit, et ils étaient à présent coincés ensemble, des réfugiés dans une version Nouvelle-Angleterre de Huis clos. « Je ne suis pas convaincue que cette notion de délit tiendrait devant un tribunal, Thurston. (Elle eut un sourire d’excuse pour Barbie.) On en avait beaucoup. Ils ont tout pris.
— Ils vont peut-être fumer leurs preuves matérielles », suggéra Barbie.
Si Carolyn rit, son ami aux cheveux gris garda son sérieux. Il fronçait ses sourcils broussailleux. « N’empêche, je tiens à déposer une plainte.
— À votre place j’attendrais, dit Barbie. La situation ici est… si vous préférez… disons qu’un coup de poing à l’estomac ne sera pas considéré comme une affaire sérieuse tant que nous resterons coincés sous le Dôme.
— Je considère que c’est une affaire sérieuse, moi, mon jeune ami concierge. »
Cette fois-ci, l’exaspération l’emporta sur l’affection dans l’expression de Carolyn. « Écoute, Thurs…