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Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
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Tu l'auras tranch�e d'avec toi-m�me, ce diamant ne lui �tant point chemin de toi vers elle, ni d'elle vers toi, mais tribut de ton esclavage.

C'est pourquoi chaque hommage la fera plus dure et plus solitaire.

Dis-lui:

�Je me suis certes h�t� vers toi, dans la joie de te joindre. Je t'ai fait porter des messages. Je t'ai combl�e. La douceur, pour moi, de l'amour c'�tait cette option que je te souhaitais sur moi-m�me. Je t'accordais des droits afin de me sentir li�. J'ai besoin de racines et de branches. Je me proposais pour t'assister. Ainsi du rosier que je cultive. Je me soumets donc � mon rosier. Rien de ma dignit� ne s'offense des engagements que je contracte. Et je me dois ainsi � mon amour.

�Je n'ai point craint de m'engager et j'ai fait le solliciteur. Je me suis librement avanc�, car nul au monde n'a barre sur moi. Mais tu te trompais sur mon appel, car tu as lu dans mon appel ma d�pendance: je n'�tais point d�pendant. J'�tais g�n�reux.

�Tu as compt� mes pas vers toi, ne te nourrissant point de mon amour mais de l'hommage de mon amour. Tu t'es m�prise sur la signification de ma sollicitude. Je me d�tournerai donc de toi pour honorer celle-l� seule qui est humble et qu'illuminera mon amour. J'aiderai � grandir celle-l� seule que mon amour grandira. De m�me que je soignerai l'infirme pour le gu�rir, non pour le flatter: j'ai besoin d'un chemin, non d'un mur.

�Tu pr�tendais non � l'amour mais � un culte. Tu as barr� ma route. Tu t'es dress�e sur mon chemin comme une idole. Je n'ai que faire de cette rencontre. J'allais ailleurs.

�Je ne suis ni idole � servir, ni esclave pour servir. Quiconque me revendiquera je le r�pudierai. Je ne suis point objet plac� en gage, et nul n'a cr�ance sur moi. Ainsi n'ai-je cr�ance sur personne: de celle qui m'aime je re�ois perp�tuellement.

�A qui m'as-tu donc achet� pour revendiquer cette propri�t�? Je ne suis point ton �ne. Je dois � Dieu peut-�tre de te demeurer fid�le. Mais non � toi.�

Ainsi de l'empire, lorsqu'un soldat lui doit sa vie. Ce n'est point cr�ance de l'empire, mais cr�ance de Dieu. Il ordonne que l'homme ait un sens. Or, le sens de cet homme est d'�tre soldat de l'empire.

Ainsi des sentinelles qui me doivent les honneurs. Je les exige mais n'en retiens rien pour moi-m�me. A travers moi les sentinelles ont des devoirs. Je suis n�ud du devoir des sentinelles.

Ainsi de l'amour.

Mais si je rencontre celle-l� qui rougit et qui balbutie, et qui a besoin de pr�sents pour apprendre � sourire, car ils lui sont vent de mer et non capture, alors je me ferai chemin qui la d�livre.

Je n'irai ni m'humilier ni l'humilier dans l'amour. Je serai autour d'elle comme l'espace et en elle comme le temps. Je lui dirai: �Ne te h�te point de me conna�tre, il n'est rien de moi � saisir. Je suis espace et temps, o� devenir.�

Si elle a besoin de moi, comme la graine de la terre pour se faire arbre, je n'irai point l'�touffer par ma suffisance.

Je ne l'honorerai point non plus pour elle-m�me. Je la grifferai durement des serres de l'amour. Mon amour lui sera aigle aux ailes puissantes. Et ce n'est point moi qu'elle d�couvrira mais, par moi, les vall�es, les montagnes, les �toiles, les dieux.

Il ne s'agit point de moi. Je ne suis que celui qui transporte. Il ne s'agit point de toi: tu n'es que sentier vers les prairies au r�veil du jour. Il ne s'agit point de nous: nous sommes ensemble passage pour Dieu qui emprunte un instant notre g�n�ration, et l'use.

CLXXI

Haine non de l'injustice car elle est instant de passage et devient juste.

Haine non de l'in�galit� car elle est hi�rarchie visible ou invisible.

Haine non du m�pris de la vie car si tu te soumets � plus grand que toi le don de ta vie devient �change.

Mais haine de l'arbitraire permanent car il ruine le sens m�me de la vie, lequel est dur�e dans l'objet m�me de ton �change.

CLXXII

Tu liras dans le pr�sent l'�tre que tu devines. Tu l'�nonceras. Il donnera leur sens aux hommes et aux actes des hommes. Il n'exigera rien d'eux pr�sentement que ce qu'ils donnent et d�j� donnaient hier. Ni plus de courage, ni moins de courage, ni plus de sacrifices, ni moins de sacrifices. Il ne s'agit point de te les pr�cher, ni de fl�trir quelque part que ce soit d'eux-m�mes. Ni de rien changer d'abord en eux-m�mes. Il ne s'agit que de te les �noncer. Car de leurs m�mes morceaux tu peux b�tir quelque construction que tu d�sires. Et ils d�sirent cet �nonc�, ne sachant quoi faire de leurs morceaux.

Mais de quiconque tu �nonces tu es le ma�tre. Car tu gouvernes celui-l� qui cherchait son objet quand il ne trouve point son chemin ou sa solution. Car l'homme est domin� par l'esprit.

Tu les consid�res non comme un juge mais comme un dieu qui gouverne. Tu les places et les fais devenir. Le reste suivra de soi-m�me. Car tu as fond� l'�tre. D�sormais il se nourrira et changera en soi le reste du monde.

CLXXIII

Il n'�tait rien qu'une barque perdue au loin sur le calme de la mer.

Il est sans doute, Seigneur, une autre �chelle d'o� ce p�cheur l�-bas dans sa barque me para�trait flamme de ferveur ou n�ud de col�re, tirant des eaux le pain de l'amour � cause de la femme et des enfants, ou le salaire de famine. Ou bien se montrerait � moi le mal dont peut-�tre il meurt et qui le remplit et qui le br�le.

Petitesse de l'homme? O� vois-tu qu'il y ait petitesse? Tu ne prends point mesure de l'homme avec une cha�ne d'arpenteur. C'est au contraire quand j'entre dans la barque que tout devient immense.

Il te suffit, Seigneur, pour que je me connaisse, que Tu plantes en moi l'ancre de la douleur. Tu tires sur la corde et je me r�veille.

Soumis peut-�tre � l'injustice, l'homme de la barque? Rien ne diff�re dans le spectacle. La m�me barque. Le m�me calme jour sur les eaux. La m�me oisivet� du jour.

Qu'ai-je � recevoir des hommes si je ne me fais pas humble pour eux?

Seigneur, rattachez-moi � l'arbre dont je suis. Je n'ai plus de sens si je suis seul. Qu'on appuie sur moi. Que j'appuie sur l'autre. Que Tes hi�rarchies me contraignent. Je suis ici d�fait et provisoire.

J'ai besoin d'�tre.

CLXXIV

Je t'ai parl� du boulanger qui te p�trit la p�te � pain et tant que celle-ci lui c�de c'est que rien ne vient. Mais voici l'heure o� la p�te se noue, comme ils disent. Et les mains d�couvrent au travers de la masse informe des lignes de force et des tensions et des r�sistances. Il se d�veloppe dans la p�te � pain une musculature de racines. Le pain s'empare de la p�te comme un arbre de la terre.

Tu rumines tes probl�mes et rien ne se montre. Tu vas de l'une � l'autre des solutions car il n'en est point qui te satisfasse. Tu es malheureux, faute d'agir, car la marche seule est exaltante. Et te voil� pris du d�go�t de te sentir �pars et divis�. Tu te tournes alors vers moi afin que je tranche tes litiges. Et je puis certes les trancher en choisissant l'une des solutions contre l'autre. Si te voil� captif de ton vainqueur, il me serait permis de te dire: si te voil� simplifi� par le choix d'une part contre l'autre, certes te voil� pr�t pour l'action mais tu trouves la paix de fanatique ou paix de termite ou paix de l�che. Car le courage n'est point de s'en aller donnant des coups aux porteurs d'autres v�rit�s.

Ta souffrance certes t'oblige � sortir des conditions de ta souffrance. Mais il te faut accepter ta souffrance pour �tre pouss� vers ton ascension. Ainsi d�j� de la simple souffrance caus�e par un membre malade. Elle t'oblige de te soigner et de refuser ta pourriture.

Mais tel qui souffre de ses membres et s'en ampute plut�t que de s'efforcer vers le rem�de, je ne le dis point courageux mais fou ou l�che. Je ne souhaite point d'amputer l'homme mais de le gu�rir.

C'est pourquoi, de la montagne o� je dominais la ville, j'adressai � Dieu cette pri�re:

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