Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 96 97 98 99 100 101 102 103 104 ... 131
Перейти на страницу:

Tel aime sa maison. Elle est humble. Mais il a pein� et veill� pour elle. Elle manque cependant de quelque tapis de haute laine ou de l'aigui�re d'argent qui est du th� aupr�s de la bien-aim�e avant l'amour. Et voici qu'un soir, ayant pein�, veill� et souffert, il est entr� chez le marchand et il a choisi le plus beau tapis, la plus belle aigui�re, comme on choisit l'objet d'un culte. Et le voil� qui rentre rouge d'orgueil car il habitera ce soir une vraie maison. Et il invite tous ses amis � boire pour f�ter l'aigui�re. Et il parle au cours du banquet, lui le timide, et je ne vois rien l� qui ne m'�meuve. Car l'homme certes est augment�, et � sa maison sacrifiera plus, car elle est plus belle.

Mais s'il n'est point d'empire que tu serves, si l'hommage ou l'objet ou l'honneur sont pour toi, alors c'est comme s'ils �taient jet�s dans un puits vide. Car tu engloutis. Et te voil� de plus en plus avide d'�tre de moins en moins rassasi� et abreuv�. Et tu ne comprends point l'amertume qui te vient le soir du vide des choses que tu as tellement d�sir�es. Vanit� des biens, dis-tu, vanit�!..

Et quiconque crie ainsi c'est qu'il a cherch� � se servir soi. Et, certes, il ne s'est point trouv�.

CLXXVII

Car je te parlerai et tu recevras de moi un signe. Je te rendrai tes dieux. Certains ont cru aux anges, aux d�mons, aux g�nies. Et il suffisait qu'ils fussent con�us pour agir. De m�me que, d�s l'heure o� tu l'as formul�e, la charit� commence de coloniser le c�ur des hommes. Tu avais la fontaine. Non seulement cette pierre de la margelle us�e par les g�n�rations, non seulement l'eau chantante, non seulement la provision d�j� amass�e dans le r�servoir comme les fruits dans la corbeille (et tes b�ufs vont � l'abreuvoir s'emplir de l'eau d�j� re�ue), non seulement l'eau et le chant de l'eau et le silence de la r�serve d'eau et la fra�cheur de l'eau agile dans tes paumes, et non seulement la nuit sur l'eau tremblante d'�toiles � et douce au gosier � mais quelque dieu de la fontaine afin qu'elle soit une en lui et que, de la distribuer en cette pierre-ci et cette autre, cette margelle, et cette conduite, et cette rigole, et cette procession lente des b�ufs, tu n'ailles point la perdre en mat�riaux divers. Car il importe que tu te r�jouisses des fontaines.

Et moi j'en peuplerai ta nuit. Suffisant que je t'y r�veille, m�me si la voil� lointaine. Et en quoi suis-je moins raisonnable qu'en t'offrant le diamant pur ou l'objet d'or qui ne valent point non plus pour leur usage mais pour la f�te promise ou le souvenir de la f�te? De m�me que le ma�tre du domaine (lequel ne lui sert de rien dans l'instant), s'il se prom�ne dans son chemin creux de campagne, est cependant tel et non un autre et grand de c�ur � cause des troupeaux et des �tables et des m�tayers encore endormis et des amandiers qui sortent leurs fleurs, et des lourdes moissons � venir qui tous lui sont invisibles dans l'instant, mais dont il se sent responsable. Et cela par le seul effet du n�ud divin qui noue les choses et lie le domaine en un dieu qui se rit des murs et des mers. Ainsi je te veux dans ta nuit, m�me si te voil� mourant de soif dans le d�sert, ou tirant le sang de ta vie du d�sensablement d'un puits avare, visit� par le dieu des fontaines. Et si je te dis simplement qu'elles sont comme le c�ur chantant des pommiers et des orangers et des amandiers qui vivent d'elles (et tu les vois mourir quand elles se taisent) alors je te veux enrichi comme celui-l� de mes soldats que je vois calme et s�r de lui dans le petit jour du d�sert o� je m'en vais charriant ces graines pour les semailles, et cela simplement parce qu'au loin, ne lui servant de rien dans l'instant, et comme morte puisque absente et peut-�tre endormie, il est une bien-aim�e dont la voix, s'il lui �tait permis de l'entendre, serait chantante pour son c�ur.

Je ne te veux point tuant tes faibles dieux qui mourront sans bruit comme ces colombes dont tu ne retrouves point la d�pouille. Car tu ne sauras rien de leur mort. Toujours sera la margelle et l'eau et le bruit de l'eau, et le bec d'�tain, et la mosa�que, et toi qui d�nombres pour conna�tre tu ne conna�tras point ce que tu as perdu, car tu n'as rien perdu de la somme des mat�riaux, hormis leur vie.

La preuve en est que je puis t'apporter ce mot dans mon po�me comme un cadeau. Je puis l'allier � d'autres dieux lentement b�tis. Car ton village aussi se fait un quand il dort avec sa provision de chaume et de graines et d'instruments, et sa petite cargaison de souhaits, de convoitises, de col�res, de piti�s, et telle vieille qui de lui va mourir comme un fruit devenu qui quitte l'arbre dont il vivait, et tel enfant qui va lui na�tre, et le crime qui y fut commis et trouble sa substance comme une maladie, et son incendie de l'ann�e derni�re dont tu te souviens pour l'avoir gu�ri, et la maison du conseil des notables qui sont si fiers de mener leur village � travers le temps comme un navire, bien qu'il ne soit que barque de p�cheurs sans grande destin�e sous les �toiles. Et voici que je puis te dire: �� la fontaine de ton village� et ainsi t'�veiller le c�ur et peu � peu t'enseigner cette marche vers Dieu qui seule peut te satisfaire car de signes en signes tu l'atteindras, Lui qui se lit au travers de la trame, Lui le sens du livre dont j'ai dit les mots, Lui la Sagesse, Lui qui Est, Lui dont tu re�ois tout en retour, car d'�tage en �tage Il te noue les mat�riaux afin d'en tirer leur signification, Lui le Dieu qui est dieu aussi des villages et des fontaines.

Mon peuple bien-aim�, tu as perdu ton miel qui est non des choses mais du sens des choses, et te voil� qui �prouve encore la h�te de vivre mais n'en trouves plus le chemin. J'ai connu celui-l� qui �tait jardinier et mourant laissait un jardin en friche. Il me disait: �Qui taillera mes arbres� qui s�mera mes fleurs�?� Il demandait des jours pour b�tir son jardin, car il poss�dait les graines de fleurs toutes tri�es dans sa r�serve � graines, et les instruments pour ouvrir la terre, dans le magasin, et le couteau � rajeunir les arbres pendu � sa ceinture, mais ce n'�taient plus l� qu'objets �pars qui n'avaient point servi un culte. Et toi de m�me avec tes provisions. Avec ton chaume, avec tes graines, et tes envies et tes piti�s et tes disputes, et tes vieilles pr�s de mourir, et ta margelle du puits, et ta mosa�que, et ton eau chantante que tu n'as pas su fondre encore, par le miracle du n�ud divin qui noue les choses et d�salt�re seul l'esprit et le c�ur, en un village et sa fontaine.

CLXXVIII

De ne point les �couter, je les entendis. Les uns sages, les autres non sages. Et celles-l� qui faisaient le mal pour le mal. Car elles n'y trouvaient d'autre joie que la chaleur de leur visage et quelque sentiment obscur semblable au mouvement de la panth�re. Elle lance sa patte bleue pour �blouir.

J'y voyais quelque chose du feu du volcan, lequel est puissance sans emploi ni r�gle. Mais du m�me feu qui b�tit un soleil. Et du soleil, la fleur. Comme, de cons�quence en cons�quence, ton sourire du matin ou ton mouvement vers la bien-aim�e est ainsi la signification de toute chose. Car te suffit d'un p�le pour te rassembler et d�s lors tu commences de na�tre.

Mais celles-l� ne sont plus que br�lure�

Et tu le vois bien de l'arbre qui est sommeil apparent et mesure et lenteur, et parfum �tabli autour comme un r�gne, bien qu'il puisse servir d'aliment pour la poudre, ou l'incendie, dilapidant � jamais son pouvoir. Ainsi de toi et de tes col�res rentr�es, et de tes jalousies, et de tes ruses et de cette chaleur des sens qui te rend si difficile la nuit venue, je veux faire un arbre pacifique. Non par amputation mais, de m�me que la semence te sauve dans l'arbre un soleil qui s'en irait fondre la glace et pourrir avec elle, la semence spirituelle qui te b�tira dans ta propre gaine, ne refusant rien de toi, ne t'amputant point, ne te ch�trant point, mais fondant tes mille caract�res dans ton unit�. C'est pourquoi je dirai non pas �Viens chez moi te faire tailler, ni r�duire, ni m�me modeler�, mais �Viens chez moi te faire na�tre � toi-m�me�. Tu me soumets tes mat�riaux en vrac et je te rends � toi devenu un. Ce n'est point moi qui marche en toi. C'est toi qui marches. Je ne suis rien, sinon ta commune mesure. Donc celle-l� chaude et m�ditant le mal. A cause que t'incline au mal la cruaut� des nuits chaudes quand tu te tournes et te retournes sans devenir, toute bris�e et abandonn�e et d�faite. Mauvaise sentinelle d'une ville d�mantel�e. Et je la vois bien ne sachant quoi faire de ses mat�riaux �pars. Et elle appelle le chanteur, et il chante. �Non, dit-elle, qu'il s'en aille.� Elle en appelle un autre, puis un autre. Et elle les use. Puis elle se l�ve de fatigue et r�veille l'amie: �Irr�parable est mon ennui! Les chants ne me peuvent distraire��

1 ... 96 97 98 99 100 101 102 103 104 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)