Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Avons-nous maintenant une législation des expressions faciales ? » voulut savoir Julia.
Joe l’Épouvantail se cacha la bouche, mais Randolph et Big Jim avaient eu le temps de voir son sourire. Et d’entendre le ricanement qui s’échappa d’entre ses doigts.
« Dites-moi tous, lança alors le sous-lieutenant des marines, vous feriez bien de dégager la scène. Le temps passe.
— Julia, tournez la caméra vers moi, s’il vous plaît », dit Barbie.
Julia le fit.
16
Jamais le Dipper’s n’avait connu une telle affluence, pas même pour la mémorable soirée du nouvel an 2009, quand s’étaient produits les Vatican Sex Kittens. Et il n’avait jamais été aussi silencieux. Plus de cinq cents personnes tournées vers l’écran, épaule contre épaule, hanche contre hanche, virent la caméra placée sur le PowerBook de Joe pivoter de cent quatre-vingts degrés pour venir s’arrêter sur Dale Barbara.
« C’est mon p’tit gars », murmura Rose Twitchell avec un sourire.
« Bonjour tout le monde », dit Barbie. L’image était tellement bonne que plusieurs personnes lui répondirent à mi-voix, bonjour. « Je m’appelle Dale Barbara et je viens d’être réintégré dans l’armée des États-Unis avec le grade de colonel. »
À cette annonce, une onde de surprise parcourut l’assistance.
« Cette retransmission vidéo faite depuis Little Bitch Road est entièrement sous ma responsabilité et, comme vous l’avez peut-être compris, il y a eu une divergence d’opinion entre le deuxième conseiller Rennie et moi-même sur la question de savoir s’il fallait ou non la poursuivre. »
Cette fois, l’onde de murmures fut plus forte. Légèrement mécontente.
« Nous n’avons pas le temps de discuter des détails de la chaîne de commandement telle qu’elle se présente, ce matin, poursuivit Barbie. Nous allons braquer la caméra sur le point que doit en principe frapper le missile. Il appartient à votre deuxième conseiller de décider si nous devons ou non poursuivre cette retransmission. S’il la fait cesser, vous n’aurez à vous en prendre qu’à lui. Merci de votre attention. »
Il sortit du champ. Pendant un instant, la foule rassemblée sur la piste de danse ne vit que les bois, puis l’image pivota de nouveau, vacilla, et se fixa finalement sur le X flottant dans l’air. Au-delà, les sentinelles rangeaient ce qui restait de leur matériel dans deux gros camions.
Will Freeman, concessionnaire Toyota à Chester’s Mill et qui n’était guère des amis de James Rennie, s’adressa directement à la télé : « Touchez pas à ça, Jimmy, sans quoi il risque d’y avoir un nouveau deuxième conseiller à Chester’s Mill d’ici la fin de la semaine. »
Il y eut un murmure général d’approbation. Les gens restèrent tranquillement debout, où ils étaient, attendant de voir si le programme annoncé — à la fois dépourvu d’intérêt et insupportablement excitant — allait se poursuivre. Ou si la retransmission allait cesser.
17
« Qu’est-ce que vous voulez que je fasse, Big Jim ? » demanda Randolph. Il sortit un mouchoir de sa poche-revolver et s’épongea la nuque.
« Et vous, qu’est-ce que vous voulez faire ? » rétorqua Big Jim.
Pour la première fois depuis qu’il avait pris les clefs de la voiture de patrouille du chef Perkins, Peter Randolph se dit qu’il les aurait volontiers restituées. Il soupira : « Je pense qu’il vaut mieux laisser tomber. »
Big Jim acquiesça comme pour dire, T’en prends la responsabilité. Puis il sourit — si l’on peut qualifier ainsi un simple étirement des lèvres. « Eh bien, c’est vous le chef il me semble, non ? » Puis il se tourna vers Barbie, Julia et Joe l’Épouvantail. « Nous nous sommes fait manœuvrer, n’est-ce pas, Mr Barbara ?
— Je vous assure qu’il n’y a eu aucune manœuvre ici, monsieur, lui répondit Barbie.
— Mes cou… du pipeau, oui. C’est un coup pour prendre le pouvoir, purement et simplement. J’en ai vu plus d’un dans ce genre, dans ma vie. Des fois ils réussissent… et des fois ils échouent. »
Il s’approcha de Barbie, tenant toujours son bras droit douloureux. À cette distance, Barbie sentait l’odeur de son eau de Cologne et de sa sueur. L’homme respirait avec peine. Il parla à voix basse. Julia n’entendit peut-être pas ce qu’il dit. Mais Barbie, si.
« Vous avez misé gros, fiston. Tout ce que vous avez en poche. Si le missile passe à travers, vous raflez la mise. S’il rebondit… faites gaffe à moi. » Un instant, ses yeux — qui disparaissaient presque dans les replis de la peau mais brillaient d’une intelligence claire et glaciale — fixèrent ceux de Barbie. Puis il se détourna. « Venez, chef Randolph. Cette situation est déjà assez compliquée comme ça grâce aux bons soins de Mr Barbara et de ses amis. Retournons en ville. Vous devez mettre vos troupes en ordre de marche au cas où il y aurait une émeute.
— C’est la chose la plus ridicule que j’aie jamais entendue dire ! » s’exclama Julia.
Big Jim lui adressa un geste désinvolte de la main, sans même la regarder.
« Vous voulez aller au Dipper’s, Jim ? demanda Randolph. On a encore le temps.
— Pas question de mettre les pieds dans ce repaire de pu… », rétorqua Big Jim. Il ouvrit la portière passager de la voiture verte. « Ce que j’aimerais, c’est piquer un somme. Mais il y a trop à faire et je ne vais pas en avoir le temps. J’ai de grandes responsabilités. Je ne les ai pas demandées, mais je dois les assumer.
— « Certains hommes naissent grands, et la grandeur est imposée à certains hommes[24] » — c’est ça, Big Jim ? » lança Julia.
Elle avait son sourire narquois.
Big Jim se tourna vers elle, et l’expression de haine absolue qu’il affichait la fit reculer d’un pas. Puis il eut un geste dédaigneux de la main. « Allons-y, chef. »
La voiture verte repartit pour Chester’s Mill, ses lumières continuant à lancer leurs éclairs dans la lumière brumeuse et étrangement estivale.
« Ouf, fit Joe. Fout la trouille, ce type.
— Exactement mon sentiment », convint Barbie.
Julia étudiait Barbie. Son sourire avait entièrement disparu. « Vous aviez un ennemi, dit-elle, vous avez maintenant un ennemi mortel.
— J’ai bien peur que vous aussi, vous en ayez un. »
Elle hocha la tête. « Dans notre intérêt, j’espère bien que le missile marchera. »
Le sous-lieutenant intervint une dernière fois : « Nous partons, colonel Barbara. Je serais beaucoup plus tranquille si je vous voyais en faire autant. »
Barbie répondit d’un hochement de tête affirmatif et, pour la première fois depuis des années, fit le salut militaire.
18
Le B-52 qui avait décollé de la base de l’Air Force à Carswell tôt ce lundi matin attendait en tournant au-dessus de Burlington, dans le Vermont, depuis 10 h 40’ (l’Air Force croyait beaucoup à l’idée qu’elle avait intérêt à afficher sa présence chaque fois que possible). La mission avait reçu pour nom de code GRAND ISLE. Le pilote et commandant de bord était le major Gene Ray, qui avait servi lors des deux guerres en Irak (faisant allusion, en privé, à la seconde comme au « plus grand foutoir à la con qu’il ait jamais vu »). Il disposait de deux missiles de croisière Fasthawk dans sa soute à munitions. Un bon engin, le Fasthawk, beaucoup plus fiable et puissant que l’ancien Tomahawk mais cela lui faisait une impression bizarre d’avoir à en tirer un bien réel sur le sol américain.
24
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, V. Notre traduction.