Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
À 12 h 53’, une lumière rouge du tableau de bord prit une couleur ambrée. Le COMCOM reprit le contrôle de l’avion et le mit en position. Loin dessous, Burlington disparut de sous ses ailes.
Ray parla dans son micro. « C’est presque l’heure du spectacle, monsieur. »
De Washington, le colonel Cox lui répondit : « Bien reçu, major. Bonne chance. Balancez-moi la saloperie.
— C’est parti », dit Ray.
À 12 h 54’, la lumière ambrée se mit à clignoter. À 12 h 54’55’, elle devint verte. Ray appuya sur l’interrupteur marqué 1. Il ne ressentit rien et n’entendit qu’un son feutré en provenance de la soute, mais il vit, sur son écran de contrôle, le Fasthawk commencer son vol. Il atteignit rapidement sa vitesse maximale, laissant derrière lui une fine traînée blanche comme si un ongle avait griffé le ciel.
Gene Ray se signa et embrassa la base de son pouce. « Que Dieu te guide, mon bonhomme », dit-il.
La vitesse maximale du Fasthawk était de trois mille cinq cents milles à l’heure, soit cinq mille six cent trente kilomètres à l’heure. À environ quatre-vingts kilomètres de sa cible — soit à un peu moins de cinquante kilomètres à l’ouest de Conway, New Hampshire, et sur le versant est des White Mountains —, son ordinateur calcula et autorisa l’approche finale. La vitesse du missile fut ramenée un peu en dessous de trois mille kilomètres à l’heure pendant la descente. Il se verrouilla sur la Route 302, qui est aussi la rue principale de Conway North. Les passants levèrent la tête avec inquiétude quand le missile passa au-dessus d’eux.
« Il ne vole pas trop bas ? » demanda une femme à son compagnon, en s’abritant les yeux, dans le parking du Settlers Green Outlet Village. Si le système de guidage du Fasthawk avait pu lui répondre, il aurait peut-être dit : Et vous n’avez encore rien vu, ma puce.
Il était à trois mille pieds d’altitude quand il franchit la frontière entre le Maine et le New Hampshire, laissant dans son sillage des bangs supersoniques qui firent claquer des dents et dégringoler des vitres. Lorsque le système de guidage eut repéré la Route 119, il descendit à mille pieds, puis à cinq cents. L’ordinateur tournait à présent à plein régime, ajustant la trajectoire, à partir des données du système de guidage, au rythme d’un millier de fois par minute.
À Washington, le colonel James O. Cox dit : « Approche finale, messieurs. Accrochez-vous à vos dentiers. »
Le Fasthawk trouva Little Bitch Road et descendit presque au ras du sol, fonçant toujours à une vitesse à peine inférieure à Mach 2, décryptant chaque colline et chaque virage, éjectant des flammes si brillantes qu’elles en étaient aveuglantes et laissant une puanteur toxique de kérosène brûlé dans son sillage. Le déplacement d’air arrachait les feuilles des arbres et les enflammait parfois. Il fit imploser une baraque de bord de route à Tarker’s Hollow, expédiant en tous sens planches et citrouilles. Le bang qui s’ensuivit fit tomber les gens au sol, mains sur les oreilles.
Ça va marcher, se dit Cox. Comment pourrait-il en être autrement ?
19
Au Dipper’s, c’était à présent quelque huit cents spectateurs qui s’entassaient. Personne ne parlait, mais les lèvres de Lissa Jamieson bougeaient en silence ; elle adressait ses prières à la super-âme New Age dont elle était actuellement entichée. Elle étreignait une boule de cristal dans une main. De son côté, la révérende Piper Libby embrassait la croix qu’elle tenait de sa mère.
« Il arrive, dit Ernie Calvert.
— Où ça ? demanda Marty Arsenault. Je ne vois…
— Écoutez donc ! » lui dit Brenda Perkins.
Ils l’entendirent approcher : un bourdonnement surnaturel qui allait croissant, en provenance des limites occidentales de la ville, un mmm qui se transforma en MMMMM en l’espace de quelques secondes. Sur le grand écran, on ne distingua presque rien pendant encore une demi-heure après l’échec du missile. Pour ceux qui étaient restés dans l’établissement, Benny Drake refit passer l’enregistrement image après image. Ils virent le missile déboucher de la courbe connue sous le nom de Little Bitch Bend. Il volait à moins de quatre pieds du sol, effleurant presque son ombre floue. Sur l’image suivante, le Fasthawk, qui était équipé d’une charge à fragmentation destinée à exploser au contact, se trouvait immobilisé en l’air juste à l’endroit où les marines avaient établi leur campement.
Les images suivantes étaient remplies d’une telle lumière que les gens durent s’abriter les yeux. Puis, lorsque l’éclat commença à s’atténuer, ils virent les fragments du missile — autant de taches noirâtres de plus en plus distinctes — et une énorme marque de calcination à l’endroit où avait été peint le X rouge. Le missile avait mis en plein dans le mille.
Les gens du Dipper’s virent ensuite le bois prendre feu du côté Tarker’s du Dôme. Ils virent aussi l’asphalte se déformer puis commencer à fondre.
20
« Tirez le second », dit Fox d’un ton sombre, et Gene Ray obéit. Il cassa d’autres vitres et fit peur à encore d’autres citoyens du New Hampshire oriental et du Maine occidental.
Mais le résultat fut le même.
Pris au piège
1
Au 19, Mill Street, domicile de la famille McClatchey, il y eut un moment de silence à la fin de l’enregistrement. Sur quoi Norrie Calvert éclata de nouveau en sanglots. Benny Drake et Joe McClatchey, après avoir échangé un regard qui disait, bon qu’est-ce qu’on fait maintenant ? par-dessus la tête inclinée de la jeune fille, passèrent les bras autour de ses épaules agitées de secousses et se prirent par les poignets, dans une sorte d’étreinte d’âmes.
« Et c’est tout ? » demanda une Claire McClatchey incrédule. La mère de Joe ne pleurait pas, mais les larmes n’étaient pas loin ; ses yeux brillaient. Elle tenait la photo de son mari entre ses mains depuis qu’elle l’avait décrochée du mur, peu après que Joe et ses amis étaient arrivés avec le DVD. « C’est tout ? »
Personne ne répondit. Barbie était perché sur le bras du gros fauteuil dans lequel Julia s’était assise.Je pourrais avoir de sérieux ennuis, pensait-il. Ce n’était cependant pas la première chose à laquelle il avait pensé. La première chose à laquelle il avait pensé était : La ville risque de connaître de sérieux ennuis.
Mrs McClatchey se leva. Elle tenait toujours la photo de son mari. Sam était parti pour le marché aux puces qui se tenait sur l’Oxford Speedway, tous les samedis jusqu’aux grands froids. Il avait pour passe-temps le retapage du vieux mobilier et il trouvait souvent des pièces intéressantes chez l’un ou l’autre des brocanteurs. Trois jours plus tard, il était toujours à Oxford, partageant un peu d’espace au Raceway Motel avec plusieurs bataillons de journalistes et de gens de la télé. Lui et Claire ne pouvaient se parler par téléphone, mais ils avaient pu rester en contact par courriels. Jusqu’ici.
« Qu’est-il arrivé à ton ordinateur, Joe ? demanda-t-elle. Il n’a pas explosé ? »
Joe, le bras toujours passé autour des épaules de Norrie et la main toujours agrippée au poignet de Benny, secoua la tête. « Je ne crois pas. Il a dû simplement fondre. » Il se tourna vers Barbie. « La chaleur a peut-être mis le feu aux bois, là-bas. Il faudrait que quelqu’un s’en occupe.
— Je crois qu’il n’y a plus une seule voiture de pompiers en ville, rappela Benny. Ou alors une ou deux vieilles.