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Les mailles du réseau

Электронная книга - «Les mailles du réseau». Краткое содержание книги:

Bienvenue dans les années 2020 !Multinationales toutes-puissantes, complots terroristes, réseaux informatiques, réveil du tiers-monde, ingénierie génétique, retour en force de l’irrationnel, sida, torture, intox, chantage atomique… Toute ressemblance avec la Terre que vous connaissez n’est pas une pure coïncidence.Citoyenne de ce monde dément, Laura Webster a su s’adapter, trouver l’équilibre entre réalité et virtuel. Mais quand elle se retrouve impliquée malgré elle dans le meurtre du représentant d’un État-pirate, une course contre la mort s’engage pour échapper aux mailles du réseau.
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L’aspect rudimentaire ne la gênait pas ; les thèmes en revanche étaient incroyables.

L’un des jeux était baptisé « Missile Command ». Le joueur contrôlait des petites taches sur l’écran, censées représenter des cités. L’ordinateur attaquait celles-ci avec tout un arsenal nucléaire : bombes, avions à réaction, missiles balistiques.

La machine gagnait toujours, annihilant toute vie dans un grand éclair éblouissant. Des enfants avaient autrefois joué à ça. C’était parfaitement morbide.

Il y avait cet autre, aussi, intitulé « Envahisseurs de l’espace ». Les envahisseurs étaient des espèces de petits crabes et de démons géométriques, des sortes d’ovnis venus d’une autre planète. Figurines déshumanisées qui défilaient sur l’écran au pas de l’oie. Et qui gagnaient toujours. Vous pouviez les massacrer par centaines, même gagner quelques nouveaux forts[9] pour leur tirer dessus – à coups de faisceaux laser ? de bombes ? –, vous finissiez toujours par mourir au bout du compte. L’ordinateur gagnait toujours. C’était tellement absurde – laisser la machine gagner à chaque coup, comme si des circuits électroniques pouvaient prendre plaisir à gagner. Et chaque effort, si héroïque fût-il, finissait toujours en Armageddon. Tout cela était complètement surnaturel, tellement XXe siècle.

Il y avait un troisième jeu qui faisait intervenir une espèce de petit consommateur jaune et rond – le personnage était censé dévorer tout ce qui était en vue, y compris parfois les petits ennemis bleus lancés à sa poursuite.

En général, c’était à celui-là qu’elle jouait, en choisissant le niveau de violence le moins agressif. Ces jeux ne la passionnaient pas vraiment, mais à mesure que se succédaient les quarts et leur interminable manège d’heures creuses, elle en découvrait peu à peu la fascination obsédante… cette insouciante insistance à rompre tout lien avec la raison qui était la marque du prémillénaire. Elle y jouait à en avoir des ampoules aux mains.

La-la-lère, trois hommes dans une galère : le boucher, le boucher et le boucher… Trois marins gouvernaient le pneumatique, sous un soleil torride et un ciel infini sans nuages, sur la platitude turquoise d’un océan clapotant doucement. À eux quatre, ils constituaient la seule humanité qui eût jamais existé. Et la petite coque de caoutchouc était leur seule terre.

Ils étaient assis les uns contre les autres, vêtus de cirés à capuche fermés par des élastiques, en fin tissu métallisé. Une matière qui réfléchissait douloureusement l’éclat implacable du soleil des tropiques.

Laura retira sa capuche. Elle repoussa une mèche de cheveux graisseux. Ses cheveux avaient poussé. Depuis qu’elle avait embarqué à bord du submersible, elle n’avait jamais vraiment réussi à les nettoyer.

« Remettez votre capuche », avertit marin n°1.

Laura hocha la tête, un peu ivre. « J’ai envie de me sentir à l’air libre.

— C’est pas bon pour vous, dit numéro 1 en rajustant ses manches. Avec cette couche d’ozone disparue, vous êtes bonne pour un cancer de la peau sous un soleil pareil. »

Laura demanda prudemment : « Ils disaient que cette histoire d’ozone, c’était surtout pour affoler les gogos.

— Oh ! sûrement ! railla numéro 1. Si vous croyez sur parole votre gouvernement. » Les deux autres marins étouffèrent des rires brefs qui s’évaporèrent dans le parfait silence océanique.

« Où sommes-nous ? » demanda Laura.

Marin n°1 regarda par-dessus bord. Il plongea ses doigts pâles dans l’eau de mer puis, les regardant s’égoutter, murmura : « Au pays des cœlacanthes…

— Quelle heure est-il ? demanda Laura.

— À deux heures de la fin du quart jaune.

— Quel jour, au moins ?

— Je serai pas mécontent de vous voir partir, dit soudain marin n°2. Vous me donnez de l’urticaire. »

Laura ne dit rien. Un silence inquiétant tomba de nouveau. Ils allaient à la dérive, mannequins en fer-blanc chromé posés dans leur bulle de caoutchouc noir mat. Elle se demanda quelle était la profondeur de l’océan sous la mince pellicule de leur coque.

« Vous avez toujours eu un faible pour le quart rouge, observa marin n°3, sur un ton étonnamment venimeux. Vous avez souri aux rouges plus de quinze fois au moins. Vous avez quasiment jamais adressé de sourire à ceux du jaune.

— Je n’ai pas fait attention. Je suis vraiment désolée.

— Ah ouais. Bien sûr que vous l’êtes. Maintenant.

— Voilà l’avion », commenta marin n°1.

Laura leva les yeux, la main en visière. Le ciel vide était moucheté de taches floues, étranges artefacts visuels qui suivaient ses mouvements oculaires. Elle ne savait pas au juste leur nom précis ou leur origine, mais c’était en rapport avec l’intensité d’éclairement. Puis elle vit quelque chose s’ouvrir dans le ciel, quelque chose se déchirer, éclater et finalement se déplier par mouvements saccadés comme un cygne en origami. Un immense parapente aux ailes orange vif comme un gilet de sauvetage. Il planait dans leur direction.

Marin n°2 examina son téléphone de campagne, pour vérifier l’émission du signal de repérage. Marin n°3 attacha un long sac flasque à l’extrémité d’une bonbonne d’hydrogène et se mit à le gonfler avec un sifflement sonore et flatulent.

Puis un second largage, un troisième. Marin n°2 poussa des cris de joie. Les conteneurs robots rayaient le ciel, losanges bruns gros comme des autobus, surmontés de grandes ailes déployées en plastique orange fluorescent. Ils évoquaient pour Laura ces gras scarabées qui hantent les nuit du Texas au mois de juin. Ils descendaient en décrivant de vastes cercles.

Leur coque incurvée toucha la surface avec une étonnante grâce pesante. Ondulation des vagues de proue. Les ailes se replient avec force grondements et craquements secs.

Elle pouvait à présent contempler l’appareil qui les avait largués, un aérobus en céramique de vaste envergure, le ventre peint en bleu ciel, les surfaces supérieures recouvertes d’un camouflage de désert jaune et brun-gris. Marin n°1 mit en route le moteur du pneumatique et l’embarcation se dirigea en marmonnant vers le conteneur le plus proche. Celui-ci, plus gros que le canot, était un cylindre flottant dont l’avant et les flancs étaient hérissés de lourds crochets d’amarrage.

Marins nos2 et 3 se débattaient avec le ballon-sonde. Ils le lâchèrent et celui-ci bondit soudain dans les airs, dévidant derrière lui son interminable filin avec un sifflement sauvage.

« Parfait », dit numéro 1. Il arrima l’extrémité du câble à une série de mousquetons au dos du gilet de sauvetage que portait Laura. « Vous allez garder les genoux remontés, maintenus avec les bras, lui indiqua-t-il. Et restez la tête bien baissée, mâchoires serrées. Pour vous éviter le coup du lapin, vous voyez, et pas vous briser les dents. Quand vous sentirez l’avion intercepter ce câble, vous allez aussitôt monter à toute vitesse. À ce moment, dépliez-vous simplement, laissez aller vos jambes. Exactement comme pour un saut en parachute.

— Je savais pas que ça se passerait ainsi, dit Laura, anxieuse. Du parachute ! Je sais pas comment on fait !

— Ouais, s’impatienta numéro 2, mais vous l’avez quand même vu, au moins, à la télévision.

— Un ramassage en vol est exactement la même chose qu’un largage en parachute, simplement à l’envers », précisa numéro 1, avec obligeance. Il les dirigeait vers l’avant du premier conteneur. « À votre avis, c’est quoi, celui-ci ?

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9

La VO est « You could slaughter them by the hundreds, even win new little forts to fire thingslasers? Bombs? – but you always died in the end » ce qui semble être une référence aux jeux de type tower-defense.

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