Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Киберпанк » Les mailles du réseau
Les mailles du réseau - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les mailles du réseau

Электронная книга - «Les mailles du réseau». Краткое содержание книги:

Bienvenue dans les années 2020 !Multinationales toutes-puissantes, complots terroristes, réseaux informatiques, réveil du tiers-monde, ingénierie génétique, retour en force de l’irrationnel, sida, torture, intox, chantage atomique… Toute ressemblance avec la Terre que vous connaissez n’est pas une pure coïncidence.Citoyenne de ce monde dément, Laura Webster a su s’adapter, trouver l’équilibre entre réalité et virtuel. Mais quand elle se retrouve impliquée malgré elle dans le meurtre du représentant d’un État-pirate, une course contre la mort s’engage pour échapper aux mailles du réseau.
1 ... 96 97 98 99 100 101 102 103 104 ... 128
Перейти на страницу:

— Quoi ? Je ne saisis pas. »

Il fronça légèrement les sourcils. « Enfin, la Bombe. La bombe atomique.

— C’est ça ? Alors, vous me gardez ici à cause d’une bombe atomique ? »

Le froncement s’accentua. « Qu’est-ce que c’est que ce cinéma ! Vous étiez bien à bord du Thermopyles. Notre bâtiment.

— Vous voulez dire le navire, le sous-marin ? »

Il la dévisagea. « Devrais-je m’exprimer plus clairement ?

— Je m’embrouille un peu, dit Laura, prise de vertige. Je viens de passer trois semaines en isolement complet. » Elle déposa sa tasse sur le bureau, avec précaution, la main tremblante.

Elle garda un instant le silence, cherchant à faire le tri dans ses pensées. « Je ne vous crois pas, dit-elle enfin. J’ai vu un sous-marin, mais je ne crois pas que ce soit un véritable sous-marin nucléaire lance-missiles. Je n’ai que votre parole pour m’en convaincre, et celle de l’équipage du submersible. Plus j’y réfléchis et plus j’ai du mal à y croire. Aucun des anciens gouvernements des puissances nucléaires n’aurait été assez stupide pour perdre un sous-marin complet. Surtout avec des missiles nucléaires à bord.

— Vous avez sans aucun doute une foi touchante en la sincérité des gouvernements, dit l’inspecteur. Si nous avons les plates-formes de lancement, peu importe où et comment nous avons obtenu les têtes, n’est-ce pas ? L’essentiel est que la convention de Vienne croie effectivement à l’existence de notre dissuasion, et notre accord avec eux requiert que nous gardions celle-ci secrète. Or, voyez-vous, vous connaissez ce secret.

— Je ne crois pas que la convention de Vienne traiterait avec des terroristes nucléaires.

— Peut-être pas, dit l’inspecteur, mais nous, nous sommes des contre-terroristes. Vienne sait très bien que nous faisons son travail. Mais imaginez en revanche les réactions malencontreuses si jamais la nouvelle se répandait que notre république du Mali est devenue une superpuissance nucléaire.

— Les réactions, répéta stupidement Laura.

— Eh bien, ce serait la panique parmi la racaille, la grande masse. Quelqu’un risquerait d’agir inconsidérément, ce qui nous obligerait à recourir à notre force de dissuasion, inutilement.

— Vous voulez dire, faire exploser quelque part une bombe atomique ?

— Nous n’aurions pas le choix. Bien que ce ne serait pas de gaieté de cœur.

— D’accord, supposons que je vous croie », dit Laura. Le café commençait à agir, la stimulant comme un bon champagne. « Comment pouvez-vous rester tranquillement assis là et me dire que vous êtes prêt à faire exploser une bombe atomique ? Vous ne voyez donc pas que c’est complètement disproportionné avec vos objectifs ? »

L’inspecteur secoua lentement la tête. « Savez-vous combien de personnes sont mortes en Afrique ces vingt dernières années ? Aux alentours de quatre-vingts millions. Un chiffre stupéfiant, n’est-ce pas : quatre-vingts millions. Et le pire de tout, c’est que même ça n’a pas suffi à endiguer les choses ; la situation empire encore. L’Afrique est malade, elle a besoin d’un recours à la chirurgie lourde. Nos exhibitions à la Grenade et à Singapour ne sont que vulgaires opérations de relations publiques comparées à ce qui serait nécessaire. Mais sans dissuasion, nous n’aurons pas le champ libre pour accomplir cette tâche.

— Vous voulez parler d’un génocide. »

Il secoua la tête avec regret, comme s’il avait maintes fois entendu ce discours et attendait mieux de sa part. « Nous voulons sauver l’Afrique d’elle-même. Nous pouvons offrir à ces gens l’ordre dont ils ont besoin pour survivre. Que leur offre Vienne ? Rien. Parce que les régimes africains sont des gouvernements nationaux souverains, pour la plupart signataires de Vienne ! Épisodiquement, Vienne se hasarde bien à subvenir tel ou tel régime particulièrement répugnant – mais sans jamais offrir de solution définitive. Le monde extérieur a tiré un trait sur l’Afrique.

— Nous envoyons toujours de l’aide, non ?

— Cela ne fait qu’ajouter à la misère. Stimuler la corruption. »

Laura épongea son front en sueur. « Je ne comprends pas.

— C’est pourtant simple. Nous devons réussir là où Vienne a échoué. Vienne n’a rien fait contre les paradis informatiques des terroristes, rien pour l’Afrique. Vienne est faible et divisée. Un nouvel ordre mondial s’instaure qui n’est plus fondé sur des gouvernements nationaux démodés. Il se fonde sur des groupes modernes tels que votre Rizome ou mon Front armé.

— Personne n’a voté pour vous, dit Laura. Vous n’avez aucune autorité. Vous êtes une milice !

— Vous êtes une milice vous aussi, objecta calmement l’inspecteur des prisons. Une milicienne diplomate. Qui vous ingérez dans les affaires des gouvernements au profit de votre multinationale. Vous voyez, nous avons tout en commun.

— Non !

— Nous n’existerions pas sans des gens comme vous, madame Webster. Vous nous avez financés. Vous nous avez créés. Nous servons vos besoins. » Il soupira, sourit. « Nous sommes votre glaive et votre bouclier. »

Laura s’affala sur son siège. « Si nous sommes dans le même camp, alors pourquoi suis-je dans vos geôles ? »

Il se pencha en avant, le bout des doigts joints. « Mais je vous l’ai dit, madame Webster – pour des raisons de sécurité nucléaire ! D’un autre côté, nous n’avons pas d’objection à ce que vous contactiez vos collègues et vos proches. Pour leur faire savoir que vous êtes vivante et en bonne santé. Cela serait très important pour eux, j’en suis sûr. Vous pourriez faire une déclaration. »

Laura parla d’une voix engourdie. Elle l’avait plus ou moins senti venir. « Quel genre de déclaration ?

— Une déclaration préparée, bien sûr. On ne peut pas vous laisser divulguer nos secrets atomiques à la faveur d’une liaison directe avec Atlanta. Mais vous pourriez enregistrer une vidéo-cassette. Que nous diffuserions pour vous. »

Son estomac gronda. « Il faudrait d’abord que je voie cette déclaration. Et que je la lise. Et que j’y réfléchisse.

— C’est cela. Réfléchissez-y. » Il effleura son multiphone, dit quelques mots en français. « Vous nous ferez savoir votre décision. »

Un autre maton arriva. Il la conduisit dans une autre cellule. Ils la laissèrent sans menottes.

La nouvelle cellule de Laura était de même longueur que la précédente mais elle avait deux couchettes et faisait un pas et demi de plus en largeur. On ne la forçait plus à garder des menottes. On lui donna un vase de nuit personnel et une grande cruche d’eau. Il y avait plus de prom et les flocons d’avoine étaient de meilleure qualité, avec même parfois des lamelles de jambon de soya à l’intérieur.

On lui donna un jeu de cartes et une Bible en édition de poche, diffusée par la Mission des témoins de Jéhovah à Bamako en 1992. Elle demanda un crayon pour prendre des notes sur sa déclaration. On lui donna une machine à écrire d’enfant, avec un petit écran rabattable. Elle tapait très bien mais était dépourvue d’imprimante et ne pouvait pas être employée à griffonner des messages secrets.

Les cris étaient plus forts sous sa nouvelle cellule. Plusieurs voix et, jugea-t-elle, en plusieurs langues. Les cris se poursuivaient, hachés, durant une heure peut-être. Ensuite, pause-café pour les tortionnaires. Et puis ils se remettaient au travail. Elle estima qu’ils devaient être plusieurs. Leurs habitudes différaient. L’un d’eux aimait à fredonner des ritournelles nostalgiques en français durant sa pause.

Une nuit, elle fut éveillée par une salve assourdie d’arme automatique. Qui fut suivie de cinq claquements secs : des coups de grâce. Ils avaient tué des gens, mais pas ceux qu’ils torturaient – deux d’entre eux étaient encore là la nuit suivante.

1 ... 96 97 98 99 100 101 102 103 104 ... 128
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)