Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem
Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem». Краткое содержание книги:

Ce roman met en scène les tentatives criminelles des Habits Noirs (que couvre Lecoq, alors devenu chef de la Sûreté) contre la famille de Champmas, et contre la richissime mais avare paysanne Mathurine Goret. L'appât, dans les deux cas, est le «faux Louis XVII», rôle rempli parmi les Habits noirs par plusieurs personnages successifs. Celui-ci, qu'on appelle aussi M. Nicolas, séduit d'abord Ysole de Champmas, fille bâtarde du général de Champmas, et se sert de sa complicité inconsciente pour tenter de tuer sa soeur légitime, Suavita…
1 ... 91 92 93 94 95 96 97 98 99 ... 111
Перейти на страницу:

Elle fit encore un grand effort qui amena le sang à ses joues.

On eût dit que les paroles allaient enfin jaillir de ses lèvres.

– Je ne t’ai jamais vue ainsi, reprit Paul Labre. Ta raison est tout à fait revenue.

Suavita l’interrompit d’un geste péremptoire qui signifiait: «tout à fait».

Il voulut l’embrasser, elle s’arracha à son étreinte et gagna en deux bonds la table où étaient la plume et l’écritoire.

Elle saisit la plume.

C’était si extraordinaire et si nouveau que Paul Labre demeurait stupéfait. Savait-elle écrire?

Mais la plume, trempée dans l’encre résolument, hésita entre les jolis doigts de la fillette qui mit sa tête dans ses mains en pleurant.

– Tu as oublié, pauvre amour! dit Paul Labre qui tâcha de sourire.

L’émotion le prenait.

Il ajouta pour la cacher:

– Tu ne devais pas être encore bien savante!

Suavita sanglotait.

Elle se leva soudain d’un mouvement violent et courut dans l’embrasure où Paul avait déposé son fusil de chasse.

Elle le lui montra d’un geste raide et qui eût fait peur à toute une salle de théâtre.

– Eh bien! fit Paul dont la voix s’altéra.

Elle mit le fusil en joue.

– On a tué quelqu’un?… commença Paul.

Elle rejeta brusquement le fusil et croisa ses bras sur sa poitrine. Puis, échevelée, tragique, elle revint vers Paul et lui toucha le bras.

– Moi? fit-il au hasard.

Et il s’arrêta, ébahi, parce que les yeux de l’enfant répondaient oui.

– Est-ce la folie qui vient, la vraie folie? balbutia-t-il avec un serrement de cœur.

Elle secoua son bras fortement, et son regard, aussi net qu’une parole, affirma:

– Non! je ne suis pas folle!

Mais elle ne put aller au-delà, et ses belles petites mains se tordirent avec désespoir.

– Voyons, reprit Paul, qui avait de la sueur aux tempes. Calme-toi. Tu sais bien que nous nous comprenons toujours à la fin. Je n’ai pas été tué, est-ce moi qui ai tué?

La tête de Suavita tomba sur son sein.

– Oui? interrogea Paul.

Les beaux yeux humides de l’enfant répondirent affirmativement.

– Et tu crois cela, toi?…

Il n’acheva pas parce que les deux bras de Suavita se pendirent à son cou.

Par un mouvement plus rapide que la pensée, elle colla ses lèvres à celles de Paul.

Ses lèvres brûlaient.

Puis elle s’enfuit à l’autre bout de la chambre.

Paul resta tout tremblant sous le choc de ce baiser virginal et ardent.

Son premier pas le porta vers l’enfant qui frémissait loin de lui, mais il s’arrêta à la contempler si merveilleusement gracieuse et jolie.

On eût dit une étude de la Pudeur adolescente, échappée à la fantaisie d’un maître du pinceau.

Elle était fière, mais douce. Elle se repentait, mais par l’instinct seulement. Elle naissait femme, et il semblait qu’il y eût autour de son sourire farouche un reflet d’immaculée volupté.

En ce moment, peut-être, Paul entrevit le fond de son propre cœur.

Mais tout cela passa comme un éclair.

Suavita, par un geste admirable d’expression et de dignité, mit fin à cet épisode imprévu; puis, comme Paul fixait toujours sur elle son regard interrogateur, elle revint vers lui, tenant à la main un petit médaillon de cristal qui pendait à son cou.

La peur nous tient que le lecteur ne prenne ce petit médaillon pour un meuble de mélodrame, d’autant qu’il contenait une mèche des cheveux de feu Mme la comtesse de Champmas.

Sans mépriser le génie des écrivains habiles qui se servent de pareils bijoux pour amener d’importantes péripéties, nous croyons n’avoir jamais abusé de «la croix de ma mère».

Le lecteur peut compter sur nous.

Le médaillon était tout uniment un cadeau de la pauvre Thérèse: une demi-dévotion, une délicatesse tronquée: comme tous les actes de cette malheureuse femme.

Thérèse, qui gardait un culte fidèle, mais stérile, à la sainte, avait attaché au cou de sa fille cette relique, sans lui dire que les cheveux, coupés par elle-même, avaient appartenu à Mme de Champmas.

Impossible de produire avec ce médaillon aucun effet capable d’attendrir, pendant cent représentations, Clampin, dit Pistolet, et les lettrés de sa force.

Suavita reprenait sa pantomime au point où elle avait été interrompue.

Si elle apportait le médaillon, c’était pour forcer Paul à prononcer le nom de Thérèse Soûlas.

Ceci rentrait dans leurs façons de converser.

Paul, en effet, qui savait d’où venait le médaillon, nomma Thérèse Soûlas. Suavita n’attendait que cela; elle montra de la main le fusil d’abord, puis Paul lui-même, et ce double geste fut si terriblement significatif que Paul s’écria:

– Thérèse est morte assassinée et on m’accuse de ce crime!

Suavita joignit les mains et les posa sur son cœur.

– Pas moi! criait ce mouvement plein d’une confiante adoration.

Puis ses yeux supplièrent.

Puis encore, elle montra la porte.

– Fuir! dit Paul avec indignation.

Elle s’agenouilla suppliante et prit sa main qu’elle porta jusqu’à sa bouche.

Paul restait pensif. Il songeait à cette réunion qu’il avait vue au Château-Neuf-Goret. Malgré lui et sans avoir aucun motif pour cela, il reliait ces hommes au meurtre de Thérèse et à ce fait qu’il était lui-même accusé.

Mais sa raison se révolta bientôt contre ces capricieuses hypothèses.

C’était d’aujourd’hui seulement que ces hommes pouvaient le regarder comme un ennemi. Et, quant à Thérèse Soûlas, quel ombrage cette pauvre femme pouvait-elle leur porter? Pour tuer, il faut haïr ou craindre.

– J’aimais Thérèse, dit-il enfin; je faisais mieux que l’aimer: j’avais pour elle de la reconnaissance. Ma mère est morte dans ses bras, et elle fut bien bonne pour vous, ma fille, au temps où je ne pouvais vous soigner.

Suavita répondit avec son regard profond et triste:

– J’ai prié pour elle et je l’ai pleurée.

– Mais, est-ce vrai? s’écria Paul. Qui vous a dit cela? Qui avez-vous vu?

Il sentit son bras serré, comme toujours, quand la fillette voulait marquer une de ses questions.

Il ne manquait guère de prendre garde à ce geste, qui était un de leurs plus sûrs moyens de s’entre-comprendre; mais, cette fois, une pensée subite l’emporta: il songea tout d’un coup aux gens qui disaient derrière lui dans le village:

– Il a encore le fusil!

Il songea à l’air que son domestique normand avait en lui demandant s’il n’était point monté ce jour-là à la Belle-Vue -du-Foux.

À la Belle-Vue -du-Foux! La figure de ce sauvage braconnier qu’il avait aperçu un instant entre les branches lui revint.

Et le coup de feu entendu à la fin de sa conversation avec Ysole!

Et ce mot de sa vieille servante:

1 ... 91 92 93 94 95 96 97 98 99 ... 111
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)