Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem
Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem». Краткое содержание книги:

Ce roman met en scène les tentatives criminelles des Habits Noirs (que couvre Lecoq, alors devenu chef de la Sûreté) contre la famille de Champmas, et contre la richissime mais avare paysanne Mathurine Goret. L'appât, dans les deux cas, est le «faux Louis XVII», rôle rempli parmi les Habits noirs par plusieurs personnages successifs. Celui-ci, qu'on appelle aussi M. Nicolas, séduit d'abord Ysole de Champmas, fille bâtarde du général de Champmas, et se sert de sa complicité inconsciente pour tenter de tuer sa soeur légitime, Suavita…
1 ... 90 91 92 93 94 95 96 97 98 ... 111
Перейти на страницу:

La haine d’Ysole! la belle et profonde haine de la vierge outragée! La colère qui avait mis de si magnifiques éclairs dans ses grands yeux!

Cela brillait faux maintenant et cela ne sonnait pas juste. La haine semblait factice comme l’amour.

Pourquoi, cependant, et à quoi bon cette laborieuse comédie, jouée vis-à-vis d’un étranger?

Paul rêvait ainsi, et il souffrait de cette angoisse confuse qui fait ressembler certains regrets à des pressentiments.

La lune s’était voilée sous un nuage, faisant la nuit complète à l’intérieur de la chambre.

Dans cette obscurité profonde, Paul entendit un mouvement léger.

Le nommerai-je fluidique, ce lien mystérieux, ou le ferai-je, comme c’est plus vraisemblable et moins matérialiste, complètement étranger au corps?

Les spirites amoncellent beaucoup de mensonges autour d’une vérité qu’ils n’ont point inventée: la communication entre les âmes.

On ne sait comment cela est, mais cela est: les âmes se touchent à l’aide d’organes inconnus.

Ce bruit si faible, ce mouvement presque imperceptible fit tourner la rêverie de Paul et appela vers lui la pensée de Suavita.

Il la repoussa d’abord, car elle venait, distraction importune, troubler sa méditation douloureuse et bien-aimée à la fois.

Puis il fit comme les bons cœurs qui écoutent malgré eux la tendre pitié, comme Jésus qui laissait venir à lui les petits enfants: il ne se défendit plus contre cette douce diversion.

Il lui sembla qu’elle soulageait sa peine.

Il se le dit, car ces solitaires parlent souvent tout haut. Il prononça le nom de Blondette, comme il avait répété tant de fois le nom d’Ysole, ce soir.

Un soupir sortit de l’ombre.

– Est-ce que tu es là, fillette? demanda Paul malgré lui.

Et certes, il n’attendait point de réponse.

Mais un pas furtif effleura le parquet, et la lune, qui émergeait hors de la nuée, éclaira la forme gracieuse de la pauvre petite muette.

– Petite folle! murmura Paul. Je n’ai pas le cœur à jouer. Voulais-tu me faire une niche ou me surprendre?

Blondette continua d’avancer.

Paul l’attira contre lui, et, selon sa coutume, essaya de lire sa réponse dans ses yeux.

– Tu ris, dit-il, espiègle!

La lumière de la lune est trompeuse. Blondette ne riait pas. Paul sentait son sein battre violemment. Il crut entendre un sanglot.

– Qu’as-tu donc, chérie? interrogea-t-il tout inquiet déjà.

Blondette appuya sa tête contre sa poitrine.

Paul, effrayé, prit une allumette et l’enflamma. En approchant le feu de la bougie, il put voir le charmant visage de Suavita rouge à force de pleurer et encore tout inondé de larmes.

XIX Langage muet

Paul aimait cette pauvre chère enfant mieux qu’un frère aîné: comme un père.

Il croyait cela, du moins.

Il ne savait pas que l’amour qui l’entraînait vers Ysole et dont il souffrait était une maladie.

Il ne savait pas que ces maladies d’amour se guérissent par l’amour.

Il eût donné beaucoup pour le savoir, ce digne et grave cœur, attardé dans des ignorances enfantines; car, s’il ne se connaissait pas lui-même, il avait deviné les premiers battements du sein de Suavita.

Et il désirait si passionnément la faire heureuse!

C’était la parole qu’il lui rendait en allumant la bougie, car Suavita n’était vraiment muette que dans l’obscurité. Dès que ses grands yeux étaient éclairés, ils se mettaient à parler.

Paul interrogea ces beaux yeux éloquents où il lisait si couramment d’ordinaire; les yeux de Suavita parlèrent, en effet, mais ils parlèrent un langage inquiet, confus, que Paul, étonné, ne sut point déchiffrer aujourd’hui.

C’est que cette langue chère qui leur servait à converser ensemble avait bien peu de mots, et tous les mots qu’elle savait se rapportaient à leur mutuelle situation.

Ils savaient dire, ces mots, combien l’enfant aimait chaque jour davantage et mieux; comme elle était heureuse quand son ami revenait, triste quand il partait. Ils savaient exprimer aussi, depuis quelques semaines, cette douce, cette adorable jalousie de la vierge qui souffre en tâchant de sourire.

C’étaient des mots charmants, mais qui ne pouvaient pas tout dire.

En face d’une idée nouvelle ou complexe, Suavita redevenait muette, ou plutôt elle avait beau parler, Paul restait impuissant à la comprendre, comme si, en tournant la page d’un livre favori, il fût tombé tout à coup sur des lignes écrites en langue étrangère.

Tel était ici le cas. Du premier coup d’œil, Paul Labre vit que sa petite amie avait à lui dire des choses qui sortaient de la gamme habituelle de leurs entretiens.

Leur silencieux vocabulaire ne contenait point les signes qu’il fallait pour exprimer ces idées.

Et ces choses étaient graves; car, pour la première fois, Blondette, dans son impatience d’être comprise, fit un effort visible et douloureux, pour articuler des sons.

Sa gorge se contracta, les lignes gracieuses de sa bouche rompirent leur harmonie, puis elle porta ses deux mains à son front avec découragement.

– Mais qu’est-ce donc? mais qu’est-ce donc, chérie? demanda Paul en l’attirant contre sa poitrine. Tu as donc beaucoup de chagrin?

Les yeux bleus dirent oui, et exprimèrent un espoir joyeux.

– Interroge-moi, semblait demander l’enfant; cherche, essaie!

Ceci était dans le dictionnaire de leurs causeries. Paul comprit et obéit aussitôt:

– Quelqu’un t’a-t-il fait du mal, chérie?

Le doigt de Suavita toucha la poitrine de Paul qui fronça légèrement le sourcil.

Mais elle secoua aussitôt sa tête blonde avec pétulance comme si elle eût voulu dire:

– Non, non! il ne s’agit pas de ma jalousie qui t’impatiente!

Et ses yeux bleus, levés vers le ciel, ajoutèrent:

– Plût à Dieu qu’il ne s’agît que de cela!

– As-tu vu quelqu’un? demanda Paul.

Les paupières de Suavita s’étaient séchées sous l’effort du grand travail qu’elle faisait pour exprimer sa pensée. Une nouvelle larme vint se balancer à ses cils.

– Mais tu me fais mourir, fillette! s’écria Paul.

Elle serra sa main si fortement sur ce mot: mourir, que Paul la regarda, effrayé.

Il y avait dans la prunelle de Suavita un feu sombre qui soulignait énergiquement et volontairement ce mot: mourir.

– Quelqu’un est mort? reprit Paul Labre. Oui! Quelqu’un que tu connaissais? Oui! Que tu aimais?…

Toujours oui.

Paul avança la main pour prendre la sonnette.

– Le plus court est d’interroger les domestiques, pensa-t-il tout haut.

Mais Suavita secoua la tête vivement.

– Tu ne veux pas? reprit Paul. Pourquoi ne veux-tu pas?

Pour la seconde fois, le doigt de l’enfant toucha sa poitrine comme pour le désigner lui-même.

– Ma foi, Blondette bien-aimée, dit Paul, c’est de l’hébreu pour moi.

1 ... 90 91 92 93 94 95 96 97 98 ... 111
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)