Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]
Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]

Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:

Voici venue l’heure des ultimes aventures de Manse Everard et ses collègues de la Patrouille du temps au service de l’Histoire… Des aventures qui conduiront nos héros depuis la préhistoire jusqu’à une étrange variante de notre XXe siècle, en passant par la Bactriane du IIIe siècle avant notre ère et le Moyen Âge italien. Car les Exhaltationnistes menacent toujours, sans parler d’un danger plus grand encore qui pourrait bien annihiler jusqu’à la Patrouille elle-même… et nous avec !
1 ... 91 92 93 94 95 96 97 98 99 ... 125
Перейти на страницу:

Le duc Roger tira son épée du fourreau. La lame se dressa vers le ciel. « Haro ! » hurla-t-il, et il talonna son destrier.

Ses féaux poussèrent à leur tour un cri de guerre. Les sabots de leurs chevaux firent trembler le sol, suscitant un véritable tonnerre à mesure qu’ils passaient du trot au petit galop et pour finir au galop tout court. Les lances s’agitaient en cadence.

Comme la distance se réduisait entre les deux osts, elles s’abaissèrent, évoquant les multiples crocs d’un dragon.

Wanda est perdue dans cet avenir que nous devons annihiler. C’est la seule explication possible ; elle n’est pas revenue. Je ne pouvais pas partir à sa recherche, ni moi ni personne d’autre, notre premier devoir n’est pas de sauver un individu, si cher soit-il à notre cœur, mais un univers tout entier. Peut-être a-t-elle péri, peut-être est-elle piégée, je ne le saurai jamais. Lorsque cet avenir cessera d’exister, elle connaîtra le même sort. Son courage, son rire ne seront plus présents qu’au XXe siècle, pendant son enfance et son adolescence, et dans ce lointain passé où elle a travaillé et… Je ne dois plus aller la voir, plus jamais. Sa ligne de vie s’achève à l’instant où elle a quitté l’âge de glace pour sauter vers l’aval. Il lui sera même refusé de se dissocier en atomes, comme il en va de toute créature vivante au moment du trépas, son sort sera le néant plutôt que la décomposition.

Everard refoula ce sombre savoir dans les profondeurs de son esprit. Il ne pouvait pas se permettre de faire autrement. Plus tard, plus tard, une fois seul, il s’autoriserait à souffrir, et peut-être à pleurer.

La poussière lui bouchait les narines, lui piquait les yeux, lui brouillait la vue. Les troupes de Rainulf lui apparaissaient comme une masse floue. Ses muscles se tendirent, sa selle trembla.

« Lorenzo fonce sur son flanc droit à la tête d’une vingtaine d’hommes, l’informa la voix neutre dans son casque. Ils tentent un mouvement tournant. »

Oui. Le chevalier d’Anagni et ses vaillants camarades allaient frapper Roger sur son flanc gauche, ouvrir une brèche, tuer le jeune duc et arrêter la charge d’un coup, d’un seul. L’arrière-garde sicilienne sombrerait alors dans la panique. Dès qu’il aurait regroupé son escadron, Lorenzo prendrait la tête de la contre-offensive lancée par Rainulf, et ce serait au tour du roi Roger de se faire occire.

Tout cela sans l’intervention d’un chrononaute, qu’il s’agît d’un historien gaffeur, d’un renégat ambitieux ou tout simplement d’un dément. La cause se résumait à une fluctuation de l’énergie spatio-temporelle, à un saut quantique, à un hasard insensé. Personne ne pouvait être rendu responsable de la disparition de Wanda.

De toute façon, elle est perdue. Je dois l’accepter, si nous voulons sauver le reste de l’humanité.

« Attention, agent Everard ! Votre taille fait de vous une cible tentante… L’un des chevaliers de Lorenzo s’est écarté de son escadron. On dirait qu’il a jeté son dévolu sur vous. »

Merde ! Le temps que je m’occupe de ce gêneur…

Eh bien, il faut réduire ce temps au strict minimum.

Everard repéra l’homme et sa lance. « Allez, Blackie, par ici, on va se le faire », dit-il à sa monture. Réagissant à la pression de ses genoux, l’étalon fonça droit devant. Everard se retourna vers le groupe de Roger pour lui lancer un cri, puis abaissa sa lance et se tassa sur sa selle.

Il ne se livrait pas à une joute, face à un gentilhomme séparé de lui par une barrière et ne cherchant au pire qu’à le désarçonner. Les tournois étaient une invention d’un prochain siècle. Ici, le but était de tuer l’adversaire.

Je n’ai pas passé ma vie à pratiquer cet art. Mais je me débrouille pas mal, j’ai l’avantage du poids et je chevauche un magnifique destrier… C’est parti !

Son cheval s’écarta d’un rien. La pointe qui visait sa gorge heurta son bouclier et dérapa dessus. S’il échoua lui aussi à porter un coup mortel, Everard frappa l’autre en plein torse et accentua l’impact d’une poussée des épaules. L’Italien tomba de sa selle, mais son pied gauche resta coincé dans l’étrier. Son cheval partit au galop, le traînant derrière lui.

Le duel avait attiré l’attention des Siciliens chevauchant à proximité. Repérant l’escadron ennemi, ils se détachèrent aussitôt de la charge pour suivre le Patrouilleur. Le malheureux cavalier ennemi périt sous les sabots de leurs chevaux.

Everard lâcha sa lance et tira son épée du fourreau. Si la bataille virait au combat rapproché, il allait pouvoir faire usage de certaines armes déconseillées en temps ordinaire. Il continua de foncer sur l’ennemi.

« Une heure », dit la voix. Il guida Blackie dans la direction voulue et reconnut la bannière de Lorenzo.

Elle lui était familière. Il avait partagé le pain de cet homme, il avait fait voler ses faucons, il avait chassé le cerf sur ses terres, il avait échangé avec lui des récits et des chants, il avait ri et trinqué en sa compagnie, il était allé à l’église et à la fête, il avait reçu ses confidences et feint de lui en faire en retour, jour après jour et nuit après nuit, un an après cette bataille. A l’heure de son départ, Lorenzo avait versé des larmes et l’avait appelé frère.

Les chevaliers s’entrechoquèrent.

Les hommes qui taillent et encaissent, les chevaux qui poussent et se cabrent. Leurs cris qui se confondent. Le fracas du fer frappant le fer. Le sang qui gicle et arrose le sol. Les corps qui s’effondrent, se convulsent une seconde, deviennent sous les sabots une charpie de sang et d’os. La mêlée qui soulève une poussière aussi épaisse que de la fumée. Everard avançait en son sein sans fléchir. Chaque fois qu’un danger le menaçait, les observateurs dans le ciel l’en avertissaient à temps pour qu’il pare le coup de son bouclier, lève sa lame pour riposter. Puis il s’enfonçait un peu plus au cœur de la violence.

Lorenzo se tenait devant lui. Il avait également renoncé à sa lance. Il balayait l’air de son épée. Des gouttes de sang s’envolaient de la lame. « En avant, en avant ! exhortait-il. Pour saint Georges, pour Rainulf… pour le saint-père…»

Il vit Everard émerger du chaos. Il ne le reconnut pas, bien entendu, car il ne l’avait jamais vu avant ce jour, mais il lui adressa un sourire carnassier et lança son cheval à la rencontre de ce colossal adversaire.

Au diable l’esprit sportif ! Everard pointa son épée sur lui et pressa le bouton logé dans le pommeau. Un rayon étourdisseur jaillit de la lame. Les yeux de Lorenzo se révulsèrent. Son épée lui échappa de la main. Il s’affaissa sur sa selle.

Mais il ne tomba point. Ses bras se refermèrent autour de l’encolure de sa monture, qui renâcla et changea de direction. Les réflexes de ce diable d’homme lui permettaient-ils de rester en selle même lorsqu’il était inconscient ? Dans ce cas, il ne tarderait pas à se réveiller en pleine forme. Sans doute conclurait-il qu’on lui avait asséné un coup sur la tête que son casque et sa cotte de mailles avaient été incapables d’amortir.

Everard l’espérait.

Pas le temps de faire du sentiment. « Allez, Blackie, on fiche le camp d’ici. Et fissa. » Il avait la langue aussi sèche qu’un bout de bois.

De toute façon, le combat perdait en intensité. Ce n’était en fait qu’une escarmouche, passée inaperçue du gros des troupes dans les deux camps. Les Siciliens achevèrent leur charge en dispersant les hommes de Rainulf, ouvrant une brèche dans leurs rangs.

Everard traversa au petit trot un champ où gisaient des cadavres désarticulés, où gémissaient les blessés, où les chevaux mutilés se cabraient en poussant des cris déchirants. Comme il jetait un coup d’œil derrière lui, il vit le duc Roger et ses chevaliers poursuivre plusieurs centaines d’hommes sur la route de Siponto. Il vit aussi que Rainulf regroupait ses forces tandis que le roi Roger conservait sa position.

1 ... 91 92 93 94 95 96 97 98 99 ... 125
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)