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Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]

Электронная книга - «Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]». Краткое содержание книги:

L’autorité des Mondes syndiqués s’effondre lentement depuis la victoire de l’Alliance. Partout éclatent sécessions et guerres civiles. Que deviendront ces « étoiles perdues » ?
De haute lutte, Midway a conquis son indépendance et s’est soustrait à la dictature syndic. Mais à quoi bon si c’est pour retomber sous sa férule faute d’une flotte spatiale digne de ce nom ? Ou pour succomber à une nouvelle agression des Énigmas ? Car voici que surgissent aux confins du système stellaire les vaisseaux du CECH Boyens, le vieil adversaire, ainsi que ceux des extraterrestres belliqueux. Et, même si Black Jack Geary, retour d’expédition dans l’espace inexploré, a plus d’un tour dans son sac pour venir à bout de ces menaces-là, il reste l’ennemi dans l’ombre, l’ennemi infiltré, celui qui vous sourit en face et vous poignarde dans le dos.
Des siècles de conditionnement dictatorial ne s’effacent pas d’un trait. La présidente Gwen Iceni et le général Drakon vont pourtant devoir apprendre à se faire confiance alors que le danger rôde autour d’eux.
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Près de deux heures plus tard, sous le regard impassible des étoiles, les six cargos, remplis d’êtres humains qui se rendaient enfin compte qu’ils étaient libres, émergeaient dans l’espace conventionnel. Encore sous le choc de l’émeute et de sa répression, Rogero fixait ces étoiles d’un œil morose. Je ne veux plus jamais refaire une chose pareille. Mais comment procéder autrement ? Et si je ne m’y résous pas, qui prendra ma place ? Le général Drakon affirme avoir besoin de moi.

Les quatre croiseurs légers et les six avisos étaient encore là. Beaucoup plus loin, à des heures-lumière de distance, les deux croiseurs lourds attendaient près du point de saut pour Kalixa.

Une fenêtre virtuelle s’ouvrit soudain près de Rogero : le commandant du croiseur léger Harrier lui faisait face. « Bienvenue. Nous nous demandions si vous n’alliez pas la louper et nous avons même pris des paris là-dessus.

— Louper quoi ? demanda Rogero.

— La flotte de Black Jack. Elle a sauté pour Varandal il y a trois jours. Vous avez dû vous croiser dans l’espace du saut. »

Rogero recourut au matériel de trans sécurisé du petit compartiment réservé pour envoyer son rapport à Marphissa. « Kommodore, j’ai l’honneur de vous annoncer que notre mission a réussi. Nous avons à bord plus de cinq mille prisonniers libérés, dont une grande majorité appartenait à la flottille de réserve. Compte tenu de la surcharge de travail imposée aux systèmes vitaux des cargos, et à la lumière d’événements récemment survenus sur le nôtre, je préconise que nous débarquions ici, à Atalia, ceux qui ne désirent pas se rendre à Midway. »

Il joignit un résumé des événements qui s’étaient déroulés à Varandal ainsi qu’un compte rendu de la très récente émeute. « Je veillerai à la sécurité du capitaine Bradamont, mais, plus tôt elle sera transférée à bord du Manticore, mieux ça vaudra. Au nom du peuple, Rogero, terminé. »

La réponse de Marphissa lui parvint quelques heures plus tard. Elle n’avait pas l’air contente.

« J’ai appris avec le plus grand déplaisir que la vie de notre officier de liaison avait été menacée, colonel Rogero. Je conviens avec vous qu’il est urgent de la transférer sur le Manticore. Je laisse le Kraken au point de saut afin de maintenir notre blocus d’Indras, mais je vous dépêche le Manticore. Je ne tiens pas àdifférer le débarquement à Atalia de centaines de vos passagers, mais je ne vois pas d’alternative. Même s’il n’y avait pas cesproblèmes de sécurité, les relevés des systèmes vitaux de vos cargos ne sont pas bons. Il faut réduire la pression qui s’exerce sur eux. Je transmets aux vaisseaux qui vous accompagnent un nouveau vecteur les conduisant vers une installation orbitale qui prendra en charge ceux des travailleurs que nous comptons laisser sur place. Demandez à vos soldats de faire le tri à bord des cargos. Il faudra que ce soit fait avant votre arrivée à cette installation, afin de procéder le plus vite possible à leur débarquement.

» Je me félicite de vous savoir tous rentrés sains et saufs. Au nom du peuple, Marphissa, terminé. »

Voyager dans l’espace, c’est un peu comme courir sur des sables mouvants, décida Rogero. On a beau sortir tout ce qu’on dans le ventre, on a parfois l’impression de faire du surplace. Plusieurs jours après leur émergence à Atalia, inconsolable, il se tenait devant le sas d’où une navette venait à l’instant de s’envoler pour Atalia, emportant Honore Bradamont.

D’une certaine façon, Honore lui laissait une partie de sa personne. Elle avait été contrainte de porter sans arrêt la cuirasse de combat de Rogero, tant et si bien que celle-ci s’était imprégnée de son odeur corporelle jusqu’au moment où elle s’en était enfin débarrassée dans le sas. Il y avait eu des témoins et tous deux n’avaient pas pu se dire grand-chose, certes, mais elle l’avait regardé au fond des yeux et le message qu’il avait lu dans les siens était limpide. Ses sentiments à son égard n’avaient pas changé.

Un groupe important approchait, conduit par le sous-CECH Garadun, qui lui adressa un sourire contrit. « On me dit que la prochaine navette est pour nous. Vous ne nous avez jamais promis de nous conduire plus loin qu’Atalia. »

Rogero agita la main devant son visage comme pour chasser l’odeur qui, à mesure que les systèmes vitaux surchargés du cargo livraient leur bataille perdue d’avance, semblait devenue assez forte pour apparaître à l’œil nu. « J’aurais cru que vous seriez content de laisser tout cela derrière vous.

— Que non pas, Donal ! Je tiens à voir ces extraterrestres ! Je vais rester quelque temps à Darus, mais, ensuite, attendez-vous à me revoir.

— Promis. » Rogero lui broya chaleureusement la main. « Au moins n’aurez-vous pas à repasser avec nous par Kalixa. »

Garadun secoua la tête, rembruni. « C’est là une des raisons pour lesquelles nous continuons de haïr l’Alliance, voyez-vous, Donal. Avant la destruction de notre flottille, nos CECH nous avaient montré des images de ce qui s’était passé là-bas. De ce que l’Alliance avait fait à Kalixa.

— Quoi ? » Rogero le fixa avec stupeur. « On ne vous a donc jamais appris la vérité, Pers ?

— Que voulez-vous dire ? L’Alliance a bel et bien provoqué l’effondrement du portail de l’hypernet. C’est ce qui a ravagé le système de Kalixa.

— Non, pas l’Alliance. Les Énigmas. »

Garadun le dévisagea, bouche bée.

« Nous avons découvert qu’ils pouvaient transmettre un signal à une vitesse PRL, poursuivit Rogero. Un signal capable de déclencher l’effondrement d’un portail, accompagné d’une colossale décharge d’énergie. Tous ont désormais été modifiés pour empêcher que cela se reproduise, mais nous n’avons pas appris à le faire à temps pour sauver Kalixa. »

Garadun recouvra enfin la voix. « Pourquoi les Énigmas auraient-ils détruit Kalixa plutôt qu’un système plus proche de leur territoire ?

— Pour en faire endosser la responsabilité à l’Alliance, répondit Rogero en sentant la sienne se durcir. Ils voulaient que les Mondes syndiqués et l’Alliance s’anéantissent mutuellement en faisant s’effondrer leurs portails l’un après l’autre. »

Au terme d’une longue réflexion, le sous-CECH Garadun détourna les yeux avec colère. « Qu’ils se détruisent l’un l’autre. Ils cherchaient à ce que nous nous exterminions. Que l’humanité se suicide pour qu’ils héritent de sa dépouille.

— Oui.

— Et nous avons bien failli le faire. Pour un peu, nous leur aurions obéi à la lettre. La flottille de réserve avait l’ordre de provoquer l’effondrement du portail de Varandal. Le saviez-vous ? En représailles de la destruction de Kalixa. »

Au tour de Rogero de le fixer sans trouver ses mots.

« Nous avons presque réussi. » Garadun frissonna, le visage convulsé de chagrin. « Qu’ils soient tous maudits ! Si nous n’avions pas perdu cette bataille… Il faut l’annoncer aux gens. Ils croient que c’est l’Alliance qui a détruit Kalixa. En êtes-vous absolument certain, Donal ? On ne peut pas en douter ?

— Aucun doute à cet égard. L’information est même largement répandue, à cause du programme consacré à la pose des dispositifs de sauvegarde sur les portails. » Rogero s’interrompit un instant. « Vous devriez au moins savoir ce qui s’est passé à Prime. Le portail s’y est effondré aussi, à un moment où il aurait pu non seulement détruire Prime, mais encore la flotte de Black Jack. Or le dispositif de sauvegarde avait déjà été installé, si bien qu’il n’a pas entraîné de dégâts aussi monstrueux qu’à Kalixa. »

Garadun secoua la tête puis regarda autour de lui. « Voici Ito. Hé ! Et toi aussi, Jepsen. Vous avez entendu ce que vient de dire le colonel Rogero ? Vous restez tous les deux avec lui, alors veillez à ce que tout le monde sur ce cargo et les autres apprennent la vérité. Je me charge de la dire à ceux qui débarqueront avec moi. Les raisons de haïr l’Alliance pour ce qu’elle a fait pendant la guerre sont nombreuses, mais aucune n’arrive à la cheville de ce qui s’est produit à Kalixa. Notre population doit être informée de l’identité des vrais responsables.

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