Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Pot-bouille - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Pot-bouille

Электронная книга - «Pot-bouille». Краткое содержание книги:

Pot-bouille
1 ... 90 91 92 93 94 95 96 97 98 ... 102
Перейти на страницу:

-Que madame se rassure, expliqua complaisamment Hippolyte. C'est la petite dame d'en haut qui a ete prise des douleurs.... J'ai vu le docteur Juillerat monter en courant.

Puis, lorsqu'il fut seul, il ajouta philosophiquement:

-Un qui part, un qui vient.

Clotilde installa l'abbe Mauduit dans le salon, en disant qu'elle lui enverrait d'abord Clemence; et, pour le faire patienter, elle lui donna la Revue des deux mondes, ou il y avait des vers vraiment delicats. Elle voulait preparer sa femme de chambre. Mais elle trouva son mari assis sur une chaise de son cabinet de toilette.

Depuis le matin, Duveyrier agonisait. Il venait, une troisieme fois, de surprendre Clarisse avec Theodore; et, comme il protestait, toute la famille des camelots, la mere, le frere, les petites soeurs, s'etait ruee sur lui, l'avait jete dans l'escalier a coups de pied et a coups de poing. Clarisse, pendant ce temps, le traitait de pane, le menacait furieusement d'envoyer chercher le commissaire, s'il remettait les pieds chez elle. C'etait fini, le concierge apitoye lui avait appris en bas que, depuis huit jours, un vieux tres riche voulait entretenir madame. Alors, chasse, n'ayant plus de niche ou vivre chaudement, Duveyrier, apres avoir battu les trottoirs, etait entre dans une boutique perdue acheter un revolver de poche. La vie devenait trop triste, il pourrait au moins la quitter, quand il aurait trouve un bon endroit. Ce choix d'un coin tranquille le preoccupait, en rentrant rue de Choiseul d'un pas machinal, pour assister au convoi de M. Josserand. Puis, derriere le corps, il avait eu l'idee brusque de se tuer au cimetiere: il s'en irait au fond, se cacherait derriere une tombe; cela flattait son gout du romanesque, le besoin d'un ideal tendre et romantique, qui desolait son existence, sous la rigidite bourgeoise de son attitude. Mais, devant le cercueil qu'on descendait, il s'etait mis a trembler, saisi du froid de la terre. Decidement, l'endroit ne valait rien, il fallait chercher ailleurs. Et, revenu plus malade, envahi par l'idee fixe, il reflechissait sur une chaise du cabinet de toilette, discutant le meilleur coin de la maison: peut-etre dans la chambre, au bord du lit, ou plus simplement a la place meme ou il se trouvait, sans bouger.

-Auriez-vous l'obligeance de me laisser seule? lui dit Clotilde.

Il tenait deja le revolver dans sa poche.

-Pourquoi? demanda-t-il avec effort.

-Parce que j'ai besoin d'etre seule.

Il crut qu'elle desirait changer de robe et qu'elle ne voulait meme plus lui montrer ses bras nus, tant il la repugnait. Un instant, il la regarda de ses yeux troubles, si grande, si belle, le teint d'une purete de marbre, les cheveux noues en tresses d'or fauve. Ah! si elle avait consenti, comme tout se serait arrange! Il se leva en trebuchant, ouvrit les bras, tacha de la saisir.

-Quoi donc? murmura-t-elle, surprise. Que vous prend-il? Pas ici, bien sur.... Vous n'avez donc plus l'autre? Ca va donc recommencer, cette abomination?

Et elle avait le coeur souleve d'un tel degout, qu'il recula. Sans dire une parole, il sortit, s'arreta dans l'antichambre, hesita une seconde; puis, comme une porte se trouvait devant lui, la porte des lieux d'aisance, il la poussa; et, sans hate, il s'assit au milieu du siege. C'etait un endroit tranquille, personne ne viendrait l'y deranger. Il introduisit le canon du petit revolver dans sa bouche, il lacha un coup.

Cependant, Clotilde, que ses allures inquietaient depuis le matin, avait ecoute pour savoir s'il lui faisait la grace de retourner chez Clarisse. En comprenant ou il allait, a un craquement particulier de la porte, elle ne s'occupait plus de lui, elle sonnait enfin Clemence, lorsque la detonation sourde de l'arme l'etonna. Qu'etait-ce donc? on aurait dit le petit bruit d'une carabine d'appartement. Elle accourut dans l'antichambre, n'osa pas d'abord l'interroger; puis, comme un souffle etrange sortait de la dedans, elle l'appela, finit par ouvrir, en ne recevant aucune reponse. Le verrou n'etait pas meme pousse. Duveyrier, etourdi plus encore par la peur que par le mal, restait accroupi sur le siege, dans une pose lugubre, les yeux grands ouverts, la face ruisselante de sang. Il venait de se rater. La balle, apres lui avoir entame la machoire, s'en etait allee en trouant la joue gauche. Et il n'avait plus le courage de se tirer un second coup.

-Comment! c'est ce que vous venez faire la! cria Clotilde hors d'elle. Eh! tuez-vous dehors!

Elle etait indignee. Ce spectacle, au lieu de l'attendrir, la jetait a une exasperation derniere. Elle le bourra, le souleva sans precaution aucune, voulut l'emporter pour qu'on ne le vit pas en un pareil endroit. Dans ce cabinet! et il se manquait encore! C'etait le comble.

Alors, pendant qu'elle le soutenait pour le conduire a la chambre, Duveyrier qui avait du sang plein la gorge et qui crachait ses dents, begaya entre deux rales:

-Tu ne m'as jamais aime!

Et il sanglotait, il souffrait de la poesie morte, de cette petite fleur bleue qu'il ne pouvait cueillir. Lorsque Clotilde l'eut couche, elle s'attendrit enfin, prise d'une emotion nerveuse dans sa colere. Le pis etait que Clemence et Hippolyte arrivaient, au coup de sonnette. Elle leur parla bien d'abord d'un accident: monsieur venait de choir sur le menton; puis, elle dut abandonner cette fable, car le domestique, en allant essuyer le siege ensanglante, avait trouve le revolver, tombe derriere le petit balai. Cependant, comme le blesse perdait du sang, la femme de chambre se souvint que le docteur Juillerat accouchait en haut madame Pichon, et elle courut, elle le rencontra justement qui descendait, apres une delivrance heureuse. Tout de suite, le docteur rassura Clotilde; peut-etre resterait-il une deviation dans la machoire, mais la vie n'etait pas en danger. Il se hatait de proceder a un premier pansement, au milieu de cuvettes d'eau et de linges taches de rouge, lorsque l'abbe Mauduit, inquiet de tout ce bruit, se permit d'entrer.

-Qu'est-il donc arrive? demanda-t-il.

Cette question acheva de bouleverser madame Duveyrier. Elle eclata en larmes, des les premiers mots d'explication. Le pretre avait compris d'ailleurs, au courant des miseres cachees de son troupeau. Deja, dans le salon, envahi d'un malaise, il regrettait presque son succes, cette malheureuse jeune femme qu'il venait de pousser chez son mari, sans qu'elle eut un remords. Un doute terrible le prenait, Dieu peut-etre n'etait pas avec lui. Son angoisse augmenta devant la machoire cassee du conseiller. Il s'approcha, il voulut condamner energiquement le suicide. Mais le docteur, tres affaire, l'ecartait.

-Apres moi, monsieur l'abbe. Tout a l'heure.... Vous voyez bien qu'il est evanoui.

Duveyrier, en effet, au premier attouchement du medecin, avait perdu connaissance. Alors, Clotilde, pour se debarrasser des domestiques qui n'etaient plus utiles, et dont les yeux grands ouverts la genaient, murmura, en s'essuyant les yeux:

-Allez dans le salon avec monsieur l'abbe.... Il a quelque chose a vous dire.

Le pretre dut les emmener. C'etait encore une laide affaire. Hippolyte et Clemence, tres surpris, le suivaient. Quand ils furent seuls, il commenca par leur adresser des exhortations embrouillees: le ciel recompensait la bonne conduite, tandis qu'un seul peche conduisait en enfer; du reste, il etait toujours temps de mettre fin a un scandale et de faire son salut. Pendant qu'il parlait ainsi, leur surprise devenait de l'ahurissement; les mains ballantes, elle avec ses membres menus et sa bouche pincee, lui avec sa figure plate et ses gros os de gendarme, ils echangeaient des coups d'oeil inquiets: est-ce que madame avait decouvert ses serviettes, en haut, dans une malle? ou bien etait-ce pour la bouteille de vin qu'ils montaient tous les soirs?

1 ... 90 91 92 93 94 95 96 97 98 ... 102
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)