Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Mais…
— On ne discute pas avec le patron, fiston. Parle. »
Joe s’exécuta, tout d’abord avec précaution et un tas de euh, ah et vous savez, mais lorsqu’il ne pensa plus qu’à son idée, il accéléra et devint cohérent. Puis il écouta. Au bout d’un moment, un sourire s’étala sur sa figure. Quelques instants plus tard, il s’exclama, « Oui, m’sieur ! Merci, m’sieur ! » et rendit le téléphone à Barbie. « Ils vont essayer d’augmenter la puissance de notre Wi-Fi avant de tirer leur missile ! Bordel, c’est génial ! » Julia le prit par le bras et Joe se reprit : « Désolé, Ms Shumway, je voulais dire bon sang.
— Hé, laisse tomber. Tu penses vraiment pouvoir faire marcher ce truc ?
— Vous blaguez ? Pas de ’blème.
— Colonel Cox ? dit Barbie. C’est vrai, pour la Wi-Fi ?
— Nous ne pouvons pas vous empêcher de faire ce que vous voulez, observa Cox. Il me semble c’est vous qui me l’avez fait remarquer le premier, non ? Alors autant vous aider. Vous allez avoir l’Internet le plus rapide au monde, au moins pour aujourd’hui. Sacrément brillant, ce gamin, au fait.
— Oui monsieur, c’est aussi mon impression », répondit Barbie en levant le pouce en direction de Joe.
Le gamin rayonnait.
« Si l’idée de ce jeune homme réussit et que vous l’enregistrez, reprit Cox, arrangez-vous pour nous en faire parvenir une copie. Nous ferons la même chose de notre côté, bien sûr, mais les scientifiques responsables de ce truc vont vouloir se rendre compte de ce que ça va donner, vu de votre côté du Dôme.
— Je crois que nous pouvons faire mieux que cela, dit Barbie. Si Joe peut monter ce projet, je crois que presque toute la ville pourra le voir en direct. »
Cette fois-ci, ce fut Julia qui brandit son poing. Avec un sourire, Barbie le heurta du sien.
13
« Bon Dieu ! » dit Joe. La stupéfaction émerveillée qu’on lisait sur son visage lui donnait l’air d’avoir huit ans et non treize. Le ton de confiance ironique avait disparu de sa voix. Il se tenait, en compagnie de Barbie, à une trentaine de mètres du point où le Dôme coupait Little Bitch Road. Ce n’était pas les soldats qu’il regardait, bien qu’ils se fussent retournés pour les observer ; ce qui le fascinait était le grand X rouge peint sur le Dôme.
« Ils ont déplacé leur bivouac — si c’est bien le mot —, observa Julia. Les tentes sont parties.
— Bien sûr. Dans environ… (Barbie consulta sa montre)… quatre-vingt-dix minutes, il va faire très chaud dans le coin. Fiston, autant t’y mettre tout de suite. »
Mais à présent qu’ils se retrouvaient sur la route déserte, Barbie commença à se demander si Joe serait capable de faire ce qu’il avait promis.
« Oui, mais… vous avez vu les arbres ? »
Sur le coup, Barbie ne comprit pas. Il regarda Julia, qui haussa les épaules. Joe montra alors quelque chose du doigt, et ils virent. Les arbres, du côté de Tarker’s Mill, s’agitaient sous l’effet d’un vent modéré d’automne, laissant tomber en pluie leurs feuilles qui voletaient jusqu’au sol entre les sentinelles. Du côté de Chester’s Mill, c’est à peine si les branches bougeaient et la plupart des arbres avaient encore toutes leurs feuilles. Barbie était à peu près certain que de l’air franchissait la barrière, mais sans aucune force. Le Dôme coupait le vent. Il se rappela comment, avec Paul Gendron, l’homme à la casquette des Sea Dogs, ils étaient arrivés au petit ruisseau et avaient vu l’eau s’accumuler.
« Ici, les feuilles ont l’air… comment dire… apathiques. Ramollies.
— C’est juste parce qu’il y a du vent de l’autre côté et que c’est à peine si nous avons un souffle d’air chez nous », répondit Barbie, se demandant néanmoins ce qu’il en était réellement. Si ce n’était que ça. Mais à quoi bon spéculer sur la qualité de l’air côté Chester’s Mill, puisqu’ils ne pouvaient rien y faire ? « Vas-y, Joe. Au boulot. »
Ils étaient passés, dans la Prius de Julia, par le domicile des McClatchey où Joe avait récupéré son PowerBook. (Mrs McClatchey avait fait jurer à Barbie de veiller sur la sécurité de son fils, et Barbie avait juré.) Joe montra la route. « Ici ? »
Barbie fit le point avec les mains sur le X rouge. « Un peu à gauche. Est-ce qu’on peut essayer ? Voir ce que ça donne ?
— Ouais. »
Joe ouvrit le PowerBook et le brancha. La petite musique habituelle du Mac retentit, toujours aussi sympathique, et Barbie songea qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi surréaliste que cet ordinateur argenté posé sur un coin d’asphalte de la Little Bitch, l’écran allumé. Voilà qui résumait parfaitement, semblait-il, les trois derniers jours.
« La batterie est neuve et il peut tenir six heures, dit Joe.
— Il ne va pas se mettre en veille ? » demanda Julia.
Joe lui adressa un regard indulgent genre Enfin voyons, maman. Puis il se tourna vers Barbie. « Si le missile bousille mon Pro, vous me promettez de m’en payer un neuf ?
— L’Oncle Sam s’en chargera, répondit Barbie. Je ferai moi-même le bon de commande.
— Super. »
Joe se pencha sur l’ordinateur. Il y avait une petite pièce argentée montée au-dessus de l’écran. Il s’agissait, leur avait expliqué Joe, d’encore un autre miracle de l’électronique, appelé iSight. Ses doigts coururent sur le clavier, puis il appuya sur ENTER et l’écran s’emplit soudain d’une image brillante de Little Bitch Road. Au niveau du sol, la moindre bosse et la plus petite irrégularité dans le revêtement faisaient l’effet d’une montagne. À mi-distance, on distinguait les marines, coupés à hauteur des genoux.
« Sir, est-ce qu’il prend une photo, Sir ? » demanda l’un d’eux.
Barbie leva les yeux. « Pour tout vous dire, si je faisais l’inspection, marine, vous seriez en train de vous taper des pompes avec mon pied sur le cul. Il y a une éraflure sur votre botte droite. C’est inacceptable en mission non combattante. »
Le marine regarda sa botte, laquelle était effectivement éraflée. Cela fit rire Julia. Mais pas Joe. Joe était trop absorbé. « C’est trop bas. Vous n’auriez pas quelque chose dans votre voiture, Ms Shumway, avec quoi on pourrait… ? » — Il tendit la main à environ un mètre du sol.
« Si, j’ai ce qu’il faut.
— Et prenez aussi mon petit sac de sport, s’il vous plaît. » Il fit quelques opérations de plus sur son ordinateur puis tendit la main. « Le portable ? »
Barbie le lui donna. Joe appuyait sur les touches à une vitesse incroyable. « Benny ? Oh, Norrie, OK. Vous êtes là tous les deux ?… Bien. Je parie que c’est la première fois que vous mettez les pieds dans un bar à bières, hein ? Vous êtes prêts ?… excellent. Ne bougez pas. » Il écouta, puis sourit. « Vous blaguez ? Eh, ma vieille, d’après ce que j’ai, le relais est sensationnel. Ils vont faire exploser la Wi-Fi. Bon, faut que j’y aille. » Il referma le téléphone et le rendit à Barbie.
Julia revint, tenant le sac de sport de Joe et un carton contenant des exemplaires de l’édition spéciale du Democrat. Joe posa son PowerBook sur le carton (le soudain changement de hauteur de l’image étourdit Barbie un bref instant), puis vérifia son installation et la déclara impec. Il fouilla ensuite dans son sac de sport et en sortit une boîte noire équipée d’une antenne et la brancha sur l’ordinateur. Les soldats s’étaient regroupés de l’autre côté du Dôme et suivaient les opérations avec intérêt. Je sais maintenant ce que ressent un poisson dans un aquarium, se dit Barbie.