Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Avec des injections de B12 et un apport en thiamine et en vitamines, on pourrait y arriver en dix jours. Mais vous seriez sacrément mal en point. Impossible de dormir bien longtemps, et vous souffririez du syndrome de la jambe agitée. Et pas qu’un peu. De plus, il vous faudrait quelqu’un pour vous administrer les doses en diminuant — quelqu’un capable de garder les pilules, quelqu’un qui refuserait de vous en donner quand vous en demanderiez. Parce que vous en demanderez.
— Dix jours ? » Une lueur d’espoir apparut dans son regard. « Et ce truc pourrait être fini d’ici là, non ? Ce truc du Dôme ?
— Peut-être même dès cet après-midi. C’est ce que nous espérons tous.
— Dix jours…
— Dix jours. »
Et, pensa-t-il, vous aurez envie de reprendre ces foutues saloperies jusqu’à la fin de votre vie. Mais cela aussi, il le garda pour lui.
11
Le Sweetbriar Rose avait connu une affluence exceptionnelle pour un lundi matin… mais bien entendu, il n’y avait jamais eu de lundi matin comme celui-ci dans toute l’histoire de Chester’s Mill. Les clients avaient cependant vidé les lieux sans protester lorsque Rose avait annoncé qu’elle éteignait ses feux et ne rouvrirait qu’à cinq heures de l’après-midi. « Et à cette heure-là, vous pourrez peut-être aller casser la croûte au Moxie’s de Castle Rock ! » La formule avait provoqué des applaudissements spontanés, alors que le Moxie’s était le type même du bouge graillonneux.
« Pas de déjeuner ? » demanda Ernie Calvert.
Rose regarda Barbie, qui leva les mains en un geste d’impuissance. Voyez vous-même.
« Des sandwichs, dit Rose. Jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. »
Réponse qui avait provoqué une nouvelle salve d’applaudissements. Les gens paraissaient étonnamment en forme, ce matin. Ils riaient, ils plaisantaient. Le meilleur indicateur de cet optimisme retrouvé était la reprise des activités de la table aux foutaises, dans le fond du restaurant.
La télé placée en hauteur — bloquée maintenant sur CNN — jouait un rôle important dans ce renouveau. Les gazetiers de comptoir n’avaient guère que des rumeurs à répandre, mais la plupart étaient dans la veine optimiste. Plusieurs des scientifiques interrogés avaient dit que le missile de croisière avait une bonne chance de faire sauter le Dôme et de mettre ainsi un terme à la crise. On estimait le taux de probabilité de réussite à « plus de quatre-vingts pour cent ». Mais évidemment, ils se trouvent au Massachusetts Institute of Technology de Boston, se dit Barbie. Ils peuvent s’offrir le luxe d’être optimistes.
Alors qu’il était en train de nettoyer son gril, on frappa à la porte. Barbie leva les yeux et vit Julia Shumway entourée de trois enfants. Du coup, elle avait l’air d’une prof de lycée en sortie scolaire. Barbie se dirigea vers elle en s’essuyant les mains à son tablier.
« Si on laisse entrer tous ceux qui veulent manger, on n’aura plus rien à servir le temps de le dire », râla Anson qui essuyait les tables dans un coin du restaurant. Rose était repartie au Food City pour essayer d’acheter un peu de viande.
« Je ne crois pas qu’elle veuille manger », répondit Barbie. Il avait vu juste.
« Bonjour, colonel Barbara, dit Julia avec son esquisse de sourire à la Joconde. Je n’arrête pas d’avoir envie de vous appeler major Barbara comme dans…
— Dans la pièce, oui, je sais. » Ce n’était pas la première fois qu’on la lui faisait. Plutôt la dix-millième. « C’est votre équipe ? »
Le premier des enfants était un garçon extrêmement grand, extrêmement maigre, avec une tignasse de cheveux châtain foncé ; le deuxième était au contraire du genre massif et portait un short ample et un T-shirt délavé 5 °Cent ; le troisième était une jolie fille avec un éclair sur la joue. Décalqué plutôt que tatoué, mais qui lui donnait cependant une certaine allure. Il songea que, s’il lui disait qu’elle lui faisait penser à une jeune Joan Jett, elle ne saurait pas de qui il parlait.
« Norrie Calvert, dit Julia en touchant l’épaule de la petite délurée. Benny Drake. Et ce grand échalas est Joseph McClatchey. La manifestation de protestation hier était son idée.
— Sauf que je n’ai jamais voulu qu’il y ait des blessés, dit Joe.
— Mais ce n’est pas de ta faute s’il y en a eu, lui fit remarquer Barbie. Alors ne te sens pas coupable.
— C’est vraiment vous le patron dans cette histoire ? » voulut savoir Benny.
Barbie se mit à rire. « Non. Je ne vais même pas essayer de l’être, à moins d’y être absolument contraint.
— Pourtant, vous connaissez les soldats, là-dehors, non ? demanda Norrie.
— Pas personnellement, non. Tout d’abord, ce sont des marines. Moi j’étais dans l’armée de terre.
— Vous y êtes encore, si j’en crois le colonel Cox », dit Julia. Elle arborait toujours son petit sourire entendu, mais ses yeux brillaient d’excitation. « Est-ce qu’on peut vous parler ? Le jeune Mr McClatchey a eu une idée, et je la trouve brillante. Si ça marche.
— Ça marchera, dit Joe. Dans le domaine des ordinateurs de m… des ordinateurs, le patron, c’est moi.
— Entrez dans mon bureau », répondit Barbie en les escortant jusqu’au comptoir.
12
L’idée était certes brillante, mais il était déjà dix heures et demie et s’ils voulaient passer à l’action, ils allaient devoir faire vite. Il se tourna vers Julia. « Vous avez votre téléphone por… »
Elle le lui plaqua dans la main avant qu’il ait pu finir sa phrase. « Le numéro de Cox est dans le répertoire.
— Génial. Évidemment, il faudrait que je sache accéder au répertoire. »
Joe prit le téléphone. « D’où vous sortez ? Du Moyen Âge ?
— Exactement ! s’exclama Barbie. Quand les chevaliers étaient sans peur et sans reproche et que les gentes dames ne portaient pas de sous-vêtements. »
Norrie éclata de rire et quand elle leva son petit poing Barbie lui fit un high five.
Joe appuya sur deux boutons du minuscule clavier. Il écouta, puis tendit l’appareil à Barbie.
Cox devait toujours être assis avec une main sur le téléphone, car il avait décroché quand Barbie porta l’appareil de Julia à son oreille.
« Comment ça se passe, colonel ?
— En gros, ça va.
— Et ce n’est qu’un début. »
Facile à dire pour vous, pensa Barbie. « J’imagine que les choses ne vont pas fondamentalement changer tant que le missile n’aura pas, soit rebondi sur le Dôme, soit ravagé les bois et quelques fermes de notre côté. Ce qui ferait plaisir aux citoyens de Chester’s Mill. Et vous, qu’est-ce que vous racontez ?
— Pas grand-chose. Personne ne se risque à faire des prédictions.
— Ce n’est pas ce qu’on a entendu à la télé.
— Je n’ai pas le temps d’écouter ce que racontent les gourous patentés. » Il y avait comme un haussement d’épaules dans le ton de Cox. « Nous avons de l’espoir. Nous pensons que nous avons une ouverture. Si je puis dire. »
Julia ouvrait et fermait les mains en un geste qui trahissait son impatience.
« Colonel Cox, je suis en compagnie de quatre amis. L’un d’eux est un jeune homme du nom de Joe McClatchey qui a eu une idée assez originale. Je vais vous le passer tout de suite… »
Joe secouait la tête si fort que ses cheveux volaient. Barbie n’en tint aucun compte.
« … pour qu’il vous l’explique. »
Il tendit le portable à Joe. « Vas-y, parle.