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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Dieu m’en garde, pensa-t-il.

Twitch lui posa une main sur le bras. « Ne t’en fais pas, dit-il. À chaque jour suffit sa peine.

— Foutaises. À chaque heure suffit sa peine. » Il se leva. « Il faut que j’aille voir ce qui se passe au centre de soins. Encore heureux, bon Dieu, que ce ne soit pas arrivé pendant l’été ; on se serait retrouvés avec trois mille touristes et les sept cents mômes des camps de vacances.

— Tu veux que je t’accompagne ? »

Rusty secoua la tête. « Va plutôt voir dans quel état est Ed Carty, tu veux bien ? S’il fait encore partie du monde des vivants. »

Il jeta un dernier coup d’œil à la remise de l’hôpital, puis partit d’un pas lourd, contournant l’angle du bâtiment pour suivre la diagonale qui le conduirait au centre de soins, de l’autre côté de Catherine-Russell Drive.

10

Ginny était à l’hôpital, bien entendu ; il lui restait à peser une dernière fois l’heureux événement de Mrs Coveland avant de les renvoyer à la maison. La réceptionniste de service, au centre de soins, était Gina Buffalino, dix-sept ans, qui avait exactement six semaines d’expérience dans le domaine médical. Celle d’une aide-soignante, en gros. Elle adressa à Rusty, à son arrivée, un regard de biche prise dans les phares qui lui serra le cœur, mais la salle d’attente était vide, ce qui était une bonne chose. Une très bonne chose.

« Des appels ? demanda-t-il.

— Oui, un de Mrs Venziano, qui habite sur Black Ridge Road. Son bébé s’était pris la tête entre les barreaux du parc. Elle voulait qu’on lui envoie une ambulance. Je… je lui ai dit de lubrifier la tête du bébé avec de l’huile d’olive et de voir si ça ne suffirait pas. Ça a marché. »

Rusty sourit. Il y avait peut-être de l’espoir, avec cette petite. Gina, l’air divinement soulagée, lui rendit son sourire.

« Au moins, il n’y a personne, dit Rusty. Ce qui est génial.

— Pas tout à fait. Mrs Grinnell est ici, Andrea Grinnell. Je l’ai installée dans la 3. » Gina hésita un instant. « Elle paraît drôlement bouleversée. »

Rusty, qui commençait à se sentir soulagé, sentit son cœur se serrer à nouveau. Andrea Grinnell. Et bouleversée. Ce qui signifiait qu’elle voulait un post-scriptum à son ordonnance d’OxyContin. Ce qu’en toute conscience il ne pouvait pas lui donner, même en supposant qu’Andy Sanders disposât d’un stock suffisant.

« Très bien. » Il se dirigea vers la salle d’examen numéro 3 puis s’arrêta et se retourna. « Tu ne m’as pas bipé. »

Gina rougit. « Elle m’a expressément demandé de ne pas le faire. »

Voilà qui intrigua Rusty, mais une seconde seulement. Andrea avait peut-être un problème de pilules, néanmoins elle n’était pas idiote. Elle savait que si Rusty se trouvait à l’hôpital, il était probablement en compagnie de Twitch. Or Dougie Twitchell était son petit frère qu’il fallait, en dépit de ses trente-neuf ans, protéger encore des horreurs de la vie.

Rusty s’arrêta un instant devant la porte numéro 3, essayant de se blinder contre ce qui allait se passer. La confrontation allait être difficile. Andrea n’était pas du genre de ces alcoolos provocateurs qui prétendent que l’alcool n’est absolument pas leur problème ; elle n’était pas non plus un de ces drogués à la méthadone qu’il voyait de plus en plus souvent débarquer, depuis un an environ. La responsabilité qu’avait Andrea dans son problème était plus difficile à évaluer, ce qui compliquait le traitement. Elle avait incontestablement souffert le martyre après sa chute. L’Oxy avait été sa planche de salut en lui permettant de supporter la douleur et donc de pouvoir dormir et commencer la thérapie. Ce n’était pas sa faute si la drogue qui lui avait permis de faire cela était aussi celle que les médecins surnommaient l’héroïne du péquenot.

Il ouvrit la porte et entra, répétant sa formule de refus. Il fallait être, se dit-il, gentil, mais ferme. Gentil, mais ferme.

Elle était assise sur la chaise, dans l’angle, sous l’affiche décrivant les ravages du cholestérol, jambes serrées, la tête inclinée sur le sac qu’elle tenait sur ses genoux. Une grosse femme qui paraissait maintenant petite. Diminuée, d’une certain façon. Quand elle leva les yeux sur lui et qu’il vit à quel point elle était hagarde — les plis entourant sa bouche profondément creusés, les cernes sous ses yeux presque noirs —, il changea d’avis et décida qu’il lui ferait son ordonnance sur le papier rose à en-tête du Dr Haskell, en fin de compte. Et lorsque la crise du Dôme serait terminée, il essaierait de la faire entrer dans un programme de désintoxication, et s’il le fallait, il la menacerait au besoin de tout raconter à son frère. Pour l’instant, cependant, il lui donnerait ce dont elle avait besoin. Parce qu’il avait rarement vu quelqu’un dans un tel état de manque.

« Eric… Rusty… j’ai des ennuis.

— Je sais. Je vais vous faire une ordo…

— Non ! » Elle le regarda avec une expression proche de l’horreur. « Même si je vous en supplie ! Je suis une droguée et il faut que je m’en sorte ! Je suis qu’une foutue junkie ! »

Son visage parut s’effondrer sur lui-même. Elle essaya de lutter pour lui redonner son apparence, sans succès. Elle le couvrit alors de ses mains et éclata en sanglots déchirants, terribles à entendre.

Rusty s’approcha d’elle, mit un genou à terre et passa un bras autour de ses épaules. « C’est une bonne chose de vouloir arrêter, Andrea. Une très bonne chose. Mais ce n’est peut-être pas le meilleur moment… »

Elle le regardait de ses yeux rougis, débordants de larmes. « Vous avez raison, Rusty, c’est même le pire moment, et pourtant il faut que ce soit maintenant ! Et pas question d’en parler à Dougie ou à Rose. Pouvez-vous m’aider ? Est-ce seulement possible ? Parce que j’en ai été incapable jusqu’ici, pas toute seule. Ces abominables pilules roses ! Je les range dans mon armoire à pharmacie et je me dis, pas une de plus aujourd’hui, et une heure plus tard, j’y retourne ! Je ne me suis jamais trouvée dans une telle situation, jamais, de toute ma vie. »

Elle se mit à parler plus bas, comme si elle était sur le point de lui confier un grand secret.

« Je crois que le problème ne vient plus de mon dos — je crois que c’est mon cerveau qui dit à mon dos de me faire mal pour que je puisse continuer à prendre ces fichues pilules.

— Mais pourquoi maintenant, Andrea ? »

Elle se contenta de secouer la tête. « Pouvez-vous m’aider, oui ou non ?

— Oui, mais pas si vous envisagez d’arrêter brusquement, d’un coup. Pour commencer, vous risquez… » Un bref instant il revit Jannie, tremblant de tout son corps dans son lit, parlant de la Grande Citrouille. « Vous risquez d’avoir des crises d’épilepsie. »

Soit elle n’enregistra pas l’information, soit elle décida de ne pas en tenir compte. « Combien de temps ?

— Pour être débarrassée des symptômes physiques ? Deux semaines. Trois, peut-être. »

Et encore, dans le meilleur des cas, pensa-t-il.

Elle l’agrippa par le bras. Elle avait la main très froide. « Trop long. »

Une idée des plus déplaisantes vint à l’esprit de Rusty. Probablement un accès temporaire de paranoïa provoqué par le stress, mais une idée néanmoins convaincante. « Andrea ? Quelqu’un vous fait chanter ?

— Vous blaguez, ou quoi ? Tout le monde sait que je prends ces pilules. C’est une petite ville. » Ce qui, de l’avis de Rusty, ne répondait pas vraiment à la question. « Quel serait le minimum ?

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