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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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« C’est entièrement automatisé, s’exclama Jackie. Tout le foutu bidule !

— Alors comment se fait-il qu’on ait l’impression qu’il y a quelqu’un ? Et ne me raconte pas que tu ne le sens pas, toi aussi. »

Jackie ne le contesta pas. « Parce que ce n’est pas normal. Il y a toujours quelqu’un pour surveiller la boutique, dans ces trucs. Cette installation a dû coûter une fortune, mon chou. Parle-moi du fantôme dans la machine ! Pendant combien de temps ce truc va-t-il tourner, d’après toi ?

— Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de propane ou que le générateur s’arrête, sans doute. »

Linda repéra alors une autre porte fermée qu’elle ouvrit d’un coup de pied, comme l’avait fait Jackie… à ceci près qu’elle avait auparavant pris son arme et la tenait le long de sa cuisse, sûreté mise.

Des toilettes, vides. Il y avait cependant, sur le mur, une image d’un Jésus de type extrêmement caucasien.

« Je ne suis pas croyante, dit Jackie, alors il va falloir que tu m’expliques comment des gens peuvent avoir envie que Jésus les voie chier ? »

Linda secoua la tête. « Sortons d’ici avant que je pète les plombs, répondit-elle. Cet endroit est la version radiophonique de la Marie-Céleste. »

Jackie regarda autour d’elle, mal à l’aise. « Les vibrations fichent les boules, je suis d’accord avec toi. » Elle éleva si soudainement la voix, prenant un ton rude, que Linda sursauta. Elle aurait voulu dire à Jackie de ne pas crier comme ça, que quelqu’un pourrait les entendre et venir. Quelqu’un ou quelque chose.

« Hé ! Ho ! Y’a quelqu’un là-dedans ? Dernière chance ! »

Rien. Personne.

Dehors, Linda prit une profonde inspiration. « Une fois, quand j’étais adolescente, nous sommes allées en bande à Bar Harbor. Nous avons pique-niqué au point de vue panoramique, sur la côte. Nous étions une bonne demi-douzaine. Il faisait très beau et on voyait pratiquement jusqu’en Irlande. Après avoir mangé, j’ai dit que je voulais prendre une photo. Mes copines n’arrêtaient pas de se bousculer et de chahuter, et moi de reculer pour les avoir toutes dans le cadre. Puis l’une d’elles — Arabella, ma meilleure amie à l’époque — a soudain arrêté de donner des bourrades à sa voisine et a crié, Stop, Linda, stop ! Je me suis arrêtée et j’ai regardé derrière moi. Et tu sais ce que j’ai vu ? »

Jackie secoua la tête.

« L’océan Atlantique. J’avais reculé jusqu’au bord de la falaise où se trouvait l’aire de pique-nique. Il y avait bien un panneau d’avertissement, mais pas de garde-fou ni de barrière, rien. Un pas de plus, et je dégringolais. Et ce que j’ai ressenti alors, c’est ce que je ressens maintenant.

« Il n’y avait personne, Linda.

— Je ne crois pas. Et je ne crois pas que tu le croies, toi non plus.

— C’était angoissant, c’est vrai. Mais nous avons visité les pièces…

— Pas le studio. Sans compter que la télé était branchée et la musique à plein volume. Ne me dis pas qu’ils la mettent tout le temps aussi fort, si ?

— Comment veux-tu que je sache ce que font les saints braillards du bon Dieu ? demanda Jackie. Ils attendent peut-être l’Apocalique.

— Lypse.

— Comme tu voudras. Tu veux qu’on aille voir dans la remise ?

— Certainement pas », répondit Linda.

Jackie réagit par un rire nerveux. « D’accord. Notre rapport c’est : aucune trace du révérend Coggins, d’accord ?

— D’accord.

— En route pour la ville. Et un café. »

Avant de remonter dans le véhicule de patrouille numéro 2, Linda jeta un dernier coup d’œil à la station de radio, baignée dans la blancheur douceâtre de sa joyeuse mièvrerie musicale. On n’entendait aucun autre son ; elle se rendit compte que pas un seul oiseau ne chantait et se demanda s’ils ne s’étaient pas tous tués en se jetant contre le Dôme. Ce n’était tout de même pas possible. Si ?

Jackie montra le micro. « Et si je lançais un avertissement avec ça ? Pour dire que s’il y a des gens qui se cachent, ils feraient mieux de se tirer en ville ? Parce que — je viens juste d’y penser — ils ont peut-être eu peur de nous.

— Ce que je veux que tu fasses, c’est arrêter de traîner et qu’on fiche le camp d’ici. »

Jackie ne discuta pas. Elle s’engagea en marche arrière dans la courte allée donnant sur Little Bitch Road et de là prit la direction de Chester’s Mill.

8

Du temps passa. La musique religieuse continua. Norman Drake revint annoncer qu’il était neuf heures trente-quatre, Heure Aimée de Dieu Avancée de l’Est. Ce fut suivi d’une publicité pour Jim Rennie’s Used Cars, faite par le deuxième conseiller lui-même. « Ce sont nos grands soldes d’automne et, les gars, c’est le trop-plein ! lança Big Jim d’un ton patelin. Nous avons des Ford, des Chevrolet, des Plymouth ! Nous avons des Dodge Ram si difficiles à trouver et des Mustang encore plus difficiles à dégoter ! Les gars, j’ai en stock non pas une Mustang, mais trois, comme neuves, dont la célèbre V6 décapotable, et chacune bénéficie de la célèbre garantie chrétienne de Jim Rennie. Nous assurons le service après-vente, nous finançons, et tout ça au meilleur prix. Et aujourd’hui (il partit d’un petit rire plus patelin que jamais) nous devons faire le grand MÉNAGE dans ce GARAGE ! Alors rappliquez ! Il y a toujours du café au chaud, voisins, vous allez adorer l’atmoSPHÈRE, quand Big Jim fait des afFAIRES ! »

Une porte qu’aucune des deux femmes n’avait remarquée s’ouvrit dans le fond du studio. À l’intérieur clignotaient d’autres lumières — une véritable galaxie. La pièce, guère plus grande qu’un placard, était remplie de câbles, de dérivations, de connexions, de boîtiers électroniques. On aurait cru qu’il n’y avait pas place pour un homme, là-dedans. Mais le Chef était plus que maigre : squelettique. Ses yeux se réduisaient à deux points brillants au fond d’orbites profondément enfoncées. Il avait une peau blême aux taches malsaines. Ses lèvres se repliaient vers l’intérieur sur des gencives presque dépourvues de dents. Sa chemise et son pantalon étaient sales et flottaient sur ses hanches saillantes ; quant à ses sous-vêtements, ils n’étaient plus qu’un souvenir. Sammy Bushey n’aurait probablement jamais reconnu son mari disparu. Il tenait un sandwich au beurre de cacahuètes et à la gelée (il ne pouvait plus manger que du mou) dans une main et un Glock 9 mm dans l’autre.

Il s’approcha de la fenêtre donnant sur le parking, avec l’idée de se précipiter dehors et d’abattre les intruses si elles étaient encore là ; il avait bien failli le faire pendant qu’elles exploraient le studio. Sauf qu’il avait eu peur. Car on ne peut pas vraiment tuer les démons. À la mort de leur corps humain, ils se contentent d’aller en occuper un autre. Entre deux corps, les démons ressemblent à des merles. Le Chef les avait vus dans les rêves intenses qu’il faisait quand il dormait, ce qui était de plus en plus rare.

Elles étaient parties, cependant. Son atman avait été trop puissant pour elles.

Rennie lui avait dit qu’il devait tout arrêter, là-derrière, et le chef Bushey l’avait fait, mais il allait peut-être devoir rallumer l’un des fours parce qu’il y avait eu une expédition importante pour Boston une semaine auparavant et qu’il allait être bientôt à court de produit. Il avait besoin de fumer. C’était de ça que se nourrissait son atman, ces temps-ci.

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