Dominium Mundi. Livre II
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #2
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-1-090648-18-0
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:
« Ton comportement les rend nerveux, fit Liétaud entre ses dents. Partons tant que c’est encore possible ! Nous pourrons peut-être réessayer plus tard.
— De quoi parles-tu ? intervint Tan’hem. Qui t’a appelé ? »
Tancrède fixa sur le vieil Atamide un regard brûlant.
« Je ne sais pas ! Mais il m’a dit que… »
Soudain, une tache rouge dansa devant les yeux de Tancrède. D’abord floue et agitée de soubresauts, elle s’éloigna brusquement et devint nette en se fixant sur le torse de Tan’hem, puis remonta d’un coup vers sa tête. En un dixième de seconde, Tancrède comprit de quoi il s’agissait. Il se leva d’un bond et se jeta sur le vieillard.
Arnut’har poussa un rugissement tandis qu’il se levait à son tour pour empêcher l’humain de sauter sur Tan’hem. Sur le côté, quelqu’un cria : « Une visée laser ! »
Même si le guerrier atamide était rapide, Tancrède était parti plus vite. Il arrivait déjà sur Tan’hem en écartant les bras, comme s’il voulait l’enlacer, lorsqu’un geyser de sang explosa sur son épaule droite avec un bruit mat. L’humain et l’Atamide roulèrent vers le fond de la tente, mais Tan’hem était sauf. D’autres impacts T-farad éclatèrent dans les coussins tandis que tout le monde essayait de se mettre à l’abri.
D’une poigne puissante, Arnut’har saisit Tancrède, qui gémissait de douleur, mais recouvrait encore Tan’hem, et le rejeta sur le côté. Puis il souleva le vieux sage comme s’il ne pesait rien et le pressa contre sa poitrine pour faire un rempart de son corps.
« C’est Ignacio ! cria Liétaud. Il nous tire dessus depuis le sommet de la dune !
— Il est devenu dingue ! s’écria Nomi. Il va tous nous faire tuer ! »
Le sage qui avait fait office d’interprète durant la rencontre, réfugié derrière un banc renversé, traduisit immédiatement à l’adresse des guerriers. Le vieux chef aux nombreuses cicatrices lança un ordre bref et sonore et aussitôt, dix guerriers disparurent dans les rochers en direction de la dune.
Des décharges T-farad éclataient encore sporadiquement sur les tapis et le toit de la tente, mais tout le monde était à l’abri. Des flocons de la matière légère comme de l’étoupe qui remplissait les coussins flottaient dans l’air, accrochant les rayons de l’astre déclinant.
Albéric avait réussi à approcher Tancrède, roulé en boule le long d’une des parois. Il était encore en vie, cependant la blessure à son épaule paraissait sérieuse et il perdait beaucoup de sang. L’inerme comprit qu’Ignacio avait dû mal régler son arme, sans quoi l’ex-lieutenant serait mort, et Tan’hem aussi. C’était une chance que le mécanicien ait snobé les premiers entraînements.
« Liétaud ! cria-t-il. Il va avoir besoin d’un bloc-médic rapidement !
— On en a pris un avec nous, mais il est au bivouac ! »
Subitement, les décharges T-farad cessèrent.
« Il ne canarde plus, dit Ancelin, caché derrière une sorte de commode en bois. Peut-être que ce fumier s’est enfui ?
— Ou alors, ils l’ont eu », répondit Clotilde.
Et comme pour répondre à cette question, les guerriers atamides partis sur ordre de leur chef quelques minutes plus tôt, revinrent en traînant derrière eux un Ignacio terrifié et désarmé. Il était couvert de sang et de sable. Les Atas n’avaient pas pris de pincettes.
Immédiatement, tout le groupe d’humains et les chefs guerriers atamides sortirent de la tente et l’entourèrent.
Liétaud, lui, ne s’intéressait pas le moins du monde au traître. Il cria à Albéric « Je fonce au bivouac chercher le bloc-médic ! » puis s’élança sans attendre de réponse. Aussitôt, trois soldats atamides lui barrèrent la route d’un air menaçant. Le message était clair : « personne ne part d’ici ».
Le Flamand s’arrêta à leur niveau et un éclair de colère passa sur son visage. Albéric comprit qu’il tenterait de passer quoi qu’il en coûte. Il chercha rapidement des yeux le traducteur et, ne le voyant pas, ramassa son courage pour s’adresser directement à Arnut’har.
« Notre ami est gravement blessé, lui dit-il en montrant Tancrède baignant dans son sang, et nous voulons simplement aller chercher de quoi le soigner à notre camp. » Il désigna ensuite Liétaud face aux gardes. « Laissez-le passer, s’il vous plaît. »
Le guerrier lui paraissait immense. Sa tête de prédateur féroce le dominait de plus de cinquante centimètres. Lorsque ses yeux jaunes se fixèrent sur les siens, Albéric eut instinctivement envie de reculer. Il ne savait même pas si Arnut’har avait prêté attention à lui tandis qu’il parlait. Pourtant, au bout de quelques instants, celui-ci fit un signe aux gardes, qui s’effacèrent. Liétaud reprit sa course sans attendre.
« Merci », dit simplement Albéric, soulagé. Mais le guerrier à la crête orange ne le regardait déjà plus.
Il se tenait face à Ignacio, toujours recroquevillé au sol.
Après avoir demandé à Clotilde de rester auprès du blessé pour faire pression sur sa plaie, Albéric se joignit au groupe qui entourait Ignacio.
Arnut’har éructait des phrases courtes que le mécanicien ne comprenait nullement. Celui-ci secouait la tête d’un air pathétique.
« Pourquoi as-tu fait ça, espèce d’ordure ? lui lança Albéric en interrompant l’Atamide. Tu voulais nous faire tuer ? J’aurais dû t’abandonner dans le désert l’autre jour, c’était tout ce que tu méritais ! »
Arnut’har se tourna vers lui et le repoussa en arrière sans ménagement de sa longue main griffue à trois doigts.
« Ker’hur, uk ! » cria-t-il avec colère.
Albéric trébucha et tomba à la renverse.
« Il ne veut pas que vous communiquiez avec le prisonnier tant qu’un interprète ne peut lui traduire ce que vous lui dites. »
Tan’hem, indemne, venait de les rejoindre. Albéric se releva.
« Je me chargerai donc de traduire, vous pouvez l’interroger. »
Le vieux sage fit un geste invitant Albéric à s’approcher à nouveau du prisonnier, et Arnut’har à ne pas intervenir. Toisant Ignacio avec tout le mépris dont il était capable, Albéric demanda : « Qui es-tu réellement ? Que faisais-tu parmi nous ? »
L’espace d’une seconde et en dépit de la douleur que ses nombreuses blessures devaient lui infliger, Ignacio retrouva la morgue dont il était coutumier.
« Je n’ai rien à te dire. Ni à toi, ni à ces animaux ! »
À ces mots, Arnut’har parut sur le point de perdre le contrôle de lui-même. Il eut un rugissement effrayant et saisit le mécanicien par les deux bras. Il tira ensuite si fort que les os craquèrent et Ignacio poussa un hurlement de douleur mêlée de terreur. Croyant que ce dernier allait être écartelé, Albéric se sentit sur le point de tourner de l’œil, mais Tan’hem cria quelque chose qui ressemblait à un rappel à l’ordre et Arnut’har lâcha le mécanicien.
Albéric s’efforça de repousser la pitié que lui inspirait son ex-compagnon. Après tout, celui-ci avait tenté de les tuer. Clotilde aurait pu y passer.
« Je pense que tu ferais mieux de répondre à mes questions, maintenant », lui dit-il.
Ignacio, le bras gauche tordu selon un angle anormal, le visage livide et le souffle court, répondit les mâchoires serrées :
« Que veux-tu… que je te dise. Je… Je n’étais pas… des vôtres. Je ne l’ai jamais été !
— Pas des nôtres, que veux-tu dire ?
— Je fais partie de… la Legio Sancta… J’avais été chargé de vous infiltrer ! »
Albéric n’en croyait pas ses oreilles.
« Tu es… un légionnaire ?