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Dominium Mundi. Livre II

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:

« Cette guerre pour laquelle il s’était engagé n’était pas une guerre de religion, ni même une simple guerre de conquête ou de colonisation, mais bel et bien une guerre d’extermination. »
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En dépit de ses réticences à l’idée de faire courir des risques inconsidérés à ses camarades, il se résigna à contacter Liétaud sur son messageur.

« Tancrède ! s’exclama celui-ci. Bon Dieu, mais que se passe-t-il ? On a tout vu de là-haut. Qu’est-ce qui t’as pris de t’agiter comme ça ? Ils t’ont jeté quelque chose dessus, ou quoi ?

— Non, tout va bien, rassure-toi. Je… te raconterai plus tard.

— Tu veux qu’on intervienne ? Tu as besoin d’aide ?

— Pas du tout. En fait, ils savent que vous êtes là et ils proposent que vous vous joigniez à moi.

— Que l’on quoi ? Par tous les saints ! tu leur as dit qu’on était là ?

— Non, bien sûr ! Ils l’ont… deviné. »

Tancrède ne voulait pas alarmer davantage Liétaud en donnant trop de détails étranges.

« Mais c’est peut-être un piège, rétorqua celui-ci. Peut-être qu’on va se faire étriper comme de la volaille dès qu’on sera en bas.

— Je sais, je sais ! »

Tancrède se sentait pris entre deux feux. Même s’il voulait aller à la rencontre du vieil Ata, il était révulsé à l’idée de risquer la vie de ses amis. Les guerriers autour de lui s’agitaient, la situation durait trop longtemps, il fallait prendre une décision. Il décida de s’en remettre à son intuition.

« C’est peut-être un piège, en effet, reprit-il. Mais je ne le crois pas. Que ceux qui sont prêts à me suivre descendent me rejoindre sans leurs armes et qu’au moins un d’entre vous reste en haut pour nous couvrir, au cas où. »

C’était une mesure symbolique, puisqu’en cas de problème, un homme ne suffirait pas à les protéger du haut de la crête. Mais parfois les symboles suffisent à rassurer.

« Un instant, demanda Liétaud, je consulte les autres. »

Tancrède transpirait abondamment. Le foulard que lui avait noué Clotilde autour de la tête lui avait évité de perdre connaissance jusqu’à maintenant, mais il ne fallait pas que la situation s’éternise. Le soleil centaurien transformait la surface du sable en un véritable grill. En dépit de leur absence de protection, les Atamides, eux, n’avaient pas l’air incommodés. Heureusement, Liétaud le recontacta en moins d’une minute.

« Nous allons descendre, dit-il simplement. Tout le monde a accepté de venir, sauf Ignacio qui préfère rester là-haut pour nous couvrir. »

Pour nous couvrir, tu parles ! ne put s’empêcher de se dire Tancrède. Il n’a pas assez de cran pour venir, oui.

Il regretta aussitôt cette pensée mesquine.

« Préviens tes nouveaux petits copains qu’on arrive, reprit Liétaud. Je préférerais ne pas me faire transpercer par la lance d’un guerrier surpris ! »

Tancrède put alors voir ses compagnons franchir la crête et suivre le même chemin que lui vers le bas de la dune. Ils marchaient en file indienne afin d’éviter de provoquer une avalanche de sable, Albéric en tête, suivi d’Ancelin, Lennard, Clotilde et Nomi. Liétaud fermait la marche, sans quitter des yeux les guerriers atamides qui les regardaient descendre, impassibles.

Quelques minutes plus tard, le petit groupe avait rejoint Tancrède au milieu des guerriers. Les inermes dévisageaient avec crainte les machines à tuer extra-terrestres qui les encerclaient. Liétaud glissa à Tancrède :

« J’espère que tu sais ce que tu fais, mon vieux.

— Je l’espère aussi. Au moins, suis-je parvenu à entrer en contact avec eux sans me faire tuer.

— C’est déjà un début. »

L’un des soldats atamide grogna quelque chose puis fit un geste de sa lance qui signifiait clairement : « Avancez ! » Le groupe d’humains obtempéra et suivit les Atas. Aussitôt, Tancrède remarqua que ce n’était pas la bonne direction. Ils n’allaient pas vers le vieil Atamide, mais vers le camp !

« Attendez ! dit-il aux guerriers en montrant du doigt le rocher du vieillard. Attendez, il faut aller… »

Il s’interrompit soudain en remarquant que celui-ci n’était plus là. Le rocher était vide.

Le guerrier de tête répondit quelque chose sans toutefois s’arrêter. Tancrède n’insista pas. Le vieil Atamide les attendait peut-être au camp.

Lorsqu’ils pénétrèrent dans le cercle de tentes, presque tous les Atamides s’étaient attroupés pour les regarder. La plupart des guerriers étaient là, lances au poing, prêts à réagir au premier geste suspect, ainsi que les civils. Contrairement aux soldats, ces derniers n’étaient pas plus grands que les humains. De courtes jambes surmontées d’un torse massif leur donnaient une silhouette plus trapue, et en même temps bien plus humanoïde que celle des guerriers dont les membres inférieurs en forme de S étaient presque choquants. Comme l’avait déjà remarqué Tancrède sur le groupe d’enfants qu’il avait approché, leurs yeux étaient entièrement noirs, ce qui les rendait à la fois plus doux et plus expressifs que ceux des guerriers, pourvus d’un effrayant iris jaune.

Ils portaient tous des vêtements taillés dans une toile légère et souple. Simple tunique monochrome pour les enfants, les tenues étaient plus élaborées pour les adultes qui enroulaient de longs pans d’étoffe autour de leur corps en les entrecroisant avec du fil épais et multicolore, de façon à produire de complexes entrelacs.

Tancrède s’aperçut rapidement de certaines différences de gestuelle ou de morphologie qui trahissaient des différences de sexe. À n’en pas douter, comme chez les humains, les femmes atamides manifestaient plus de grâce que les hommes, qui eux faisaient tout leur possible pour paraître forts et intimidants.

Dès que le groupe d’évadés arriva à leur niveau, les Atamides se séparèrent de manière à laisser un couloir entre eux. Tancrède s’attendait à entendre des exclamations ressemblant à des insultes ou des menaces, voire à prendre quelques coups au passage. Rien de tout cela ne se produisit. Les Atamides les regardèrent défiler dans le calme sans laisser paraître – à l’exception des guerriers – une quelconque agressivité. Le lieutenant croisé comprit alors que cette absence de réaction était leur façon de montrer tout le mépris qu’ils éprouvaient à l’égard de ces êtres venus d’ailleurs juste pour les exterminer. Dans les mêmes circonstances, des humains auraient craché à leurs pieds.

De honte, le groupe se mit à marcher tête baissée.

La colonne s’arrêta devant une tente dont les parois de feutre n’avaient pas été relevées, de sorte que l’on ne voyait pas l’intérieur. Une longue fente verticale s’ouvrait dans la façade. L’un des guerriers qui les avaient accompagnés l’entrouvrit et fit signe aux humains d’entrer.

Tancrède hésita, regarda les autres, puis se décida. Il dut se baisser pour franchir l’ouverture.

Aussitôt, la fraîcheur de l’air le surprit. Dans une tente fermée exposée au soleil, il s’attendait à trouver une atmosphère suffocante. Il n’en était rien, bien au contraire. L’obscurité qui régnait là permettait seulement de deviner des silhouettes assises sur des tapis ou de larges coussins. Une fois qu’ils furent tous entrés, un autre guerrier qui attendait à l’intérieur s’avança et leur indiqua une place au sol. Ne sachant trop s’ils devaient s’asseoir ou rester debout, Tancrède opta pour se mettre à genoux. Les autres l’imitèrent.

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