Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Киберпанк » Les mailles du réseau
Les mailles du réseau - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les mailles du réseau

Электронная книга - «Les mailles du réseau». Краткое содержание книги:

Bienvenue dans les années 2020 !Multinationales toutes-puissantes, complots terroristes, réseaux informatiques, réveil du tiers-monde, ingénierie génétique, retour en force de l’irrationnel, sida, torture, intox, chantage atomique… Toute ressemblance avec la Terre que vous connaissez n’est pas une pure coïncidence.Citoyenne de ce monde dément, Laura Webster a su s’adapter, trouver l’équilibre entre réalité et virtuel. Mais quand elle se retrouve impliquée malgré elle dans le meurtre du représentant d’un État-pirate, une course contre la mort s’engage pour échapper aux mailles du réseau.
1 ... 85 86 87 88 89 90 91 92 93 ... 128
Перейти на страницу:

« Mettez ça ! » lui hurla-t-il à la figure.

Laura se saisit machinalement de la chose. « La chaloupe ! » répondit-elle.

Il fit un signe de dénégation. « Non ! Pas possible ! Elle est piégée !

— Espèce de salaud ! »

Il l’ignora. « Quand le bateau va couler, va falloir nager dur, Laura ! Dur pour résister à l’aspiration !

— Non ! » Elle bondit sur ses pieds, dansant pour esquiver sa tentative de plaquage. L’arrière du bateau vomissait maintenant de lourds torrents explosifs de fumée noire. Des gens couraient en tous sens sur le pont.

Elle se retourna vers Hennessey. Il était par terre, plié en deux, assis en tailleur, les mains nouées sur la nuque. Elle le fixa, bouche bée puis regarda de nouveau la mer.

Un autre missile. Il glissait au ras des flots, sa tuyère illuminant la crête des vagues avec la brièveté d’un flash. Il atteignit le navire.

Explosion cataclysmique au niveau de la coque. Des panneaux d’écoutilles sautèrent dans les airs, arrachés à leurs gonds, et partirent en tourbillonnant vers le ciel comme des dominos enflammés. Geysers de feu. Le navire tressaillit comme un éléphant frappé en plein ventre.

Le pont bascula, lentement, inexorablement ; la pesanteur les attirait comme pour la fin du monde. Des jets de vapeur s’élevaient dans une puanteur d’eau de mer brûlante. Laura tomba à genoux et se mit à glisser.

Hennessey avait rampé jusqu’au bastingage avant. Il s’y était accroché en y passant le coude et causait dans une sorte d’appareil – un téléphone de campagne. Il s’interrompit, déploya la longue antenne et se remit à crier. Allègrement. Il attira son regard, fit un signe, gesticula : Sautez ! Nagez !

Elle se remit debout tant bien que mal, brûlant de l’envie de lui sauter dessus pour le tuer. L’étrangler, lui arracher les yeux. Le pont se déroba sous elle comme un ascenseur en chute libre et elle retomba en s’écorchant les genoux. Elle avait failli perdre sa bouée.

Ses mollets étaient trempés. Elle se retourna. La mer montait à présent par tribord avant. D’horribles vagues grises chargées de débris épars. Le navire, éventré, répandait ses viscères.

La terreur la submergea. Un désir panique de vivre. Jouant des pieds et des mains, elle arracha le sari qui l’enveloppait. Ses sandales avaient disparu depuis longtemps. Elle se passa la bouée par la tête et les épaules. Puis se précipita vers le bastingage avant, l’escalada, sauta.

L’eau la recouvrit, chaude et rance. Le crépuscule déteignait dans le ciel, mais l’incendie du navire illuminait le détroit comme un champ de bataille.

Encore une explosion, mineure, et un éclair près de l’unique chaloupe de sauvetage. Il les avait tués. Bon Dieu, ils allaient les tuer tous ! Combien de personnes – cent, cent cinquante ? On les avait entassés dans un wagon à bestiaux puis conduits en pleine mer pour être massacrés ! Brûlés et noyés, comme de la vermine !

Un hélico-robot bourdonnait furieusement juste au-dessus de sa tête. Elle en sentit le vent dans ses cheveux trempés.

Elle coinça la bouée sous ses aisselles et se mit à nager vigoureusement.

La mer semblait en ébullition. Elle pensa aux requins. Soudain, les profondeurs opaques sous ses jambes nues étaient emplies de présences menaçantes. Elle redoubla d’efforts, jusqu’à ce que l’énergie née de la panique se dissipe et laisse place au frisson du choc. Elle se tourna, regarda.

Le navire coulait. La poupe en dernier, dressée au-dessus des flots dans un dernier bouquet de flammes, comme une lointaine pierre tombale éclairée par des cierges. Elle le contempla durant de longues secondes, le cœur battant la chamade. Puis il disparut, sombrant dans le néant, les ténèbres et la vase.

Le ciel nocturne était couvert. L’obscurité tomba comme un linceul. La vague du naufrage la frappa, la fit danser comme un bouchon.

Nouveau bourdonnement au-dessus d’elle. Puis, au loin, dans le noir, un crépitement d’arme automatique.

Ils tuaient les survivants dans la mer. Les abattant depuis les engins-robots, dans le noir, au viseur infrarouge. Elle se remit à nager, fuyant avec l’énergie du désespoir.

Elle ne pouvait pas mourir ici. Réduite en charpie, simple statistique[8]… Non. David, le bébé…

Un pneumatique apparut – silhouettes sombres de l’équipage, doux murmure d’un moteur. Une claque dans l’eau – quelqu’un venait de lui jeter une ligne. Elle entendit la voix d’Hennessey. « Attrapez-la. Grouillez-vous ! »

Elle obéit. C’était ça, ou mourir ici. Ils la tirèrent et la hissèrent par-dessus le boudin de l’embarcation. Hennessey lui sourit dans ses vêtements trempés. Il avait des compagnons : quatre marins en béret blanc, uniforme impeccable à l’aspect soyeux, sombre, avec des reflets d’or.

Elle s’étendit sur le caillebotis, le dos calé contre un panneau noir et lisse comme un boyau, en slip et tunique. L’un des marins jeta la bouée par-dessus bord. Ils prirent de la vitesse, s’enfonçant dans le détroit.

Le marin le plus proche d’elle se pencha – un Anglo aux alentours de la quarantaine. Il avait le visage aussi blanc qu’une tranche de pomme. « Cigarette, m’dame ? »

Elle le dévisagea. Il haussa les épaules, se rassit.

Elle cracha de l’eau de mer, puis replia les jambes sous elle, tremblante, lessivée. Un long moment s’écoula. Puis son cerveau se remit en route.

Le navire n’avait pas eu la moindre chance. Pas même de lancer un SOS. Le premier missile avait rasé le pont – radio, radar, tout le tremblement. Les tueurs avaient pris soin de les égorger d’abord.

Mais tuer une centaine de personnes au milieu du détroit de Malacca ! Commettre une atrocité pareille – sûrement, d’autres bateaux devaient avoir constaté l’explosion, vu la fumée. Avoir accompli un tel acte, avec une telle absence de scrupule, aussi ouvertement…

Sa voix, quand elle réussit enfin à articuler, était cassée, éteinte. « Hennessey… ?

— Henderson », lui dit-il. Il ôta par-dessus la tête son ciré rouge trempé de pluie. En dessous, il portait un gilet de sauvetage orange. En dessous encore, un gilet sans manches, semé de poches, de petites fermetures à glissière métalliques et de rabats en Velcro. « Tenez, enfilez ce ciré. »

Il le lui lança. Elle le garda à la main, engourdie.

Henderson étouffa un rire. « Mettez-le donc ! Vous avez envie de vous retrouver devant cent marins au sang chaud vêtue d’une simple petite culotte mouillée ? »

Elle n’avait pas tout saisi mais obéit néanmoins. L’embarcation fonçait dans le noir avec des embardées ; le vent gonflait et faisait claquer le ciré. Elle se débattit avec durant ce qui lui parut une éternité. Il collait à son épiderme nu et mouillé comme une seconde peau.

« On dirait que vous avez besoin d’un coup de main », dit Henderson. Il rampa vers elle et l’aida à l’enfiler. « Là. C’est quand même mieux.

— Vous les avez tous tués », croassa Laura.

Henderson lança aux marins des coups d’œil amusés. « Pas le moment de discuter de ça, dit-il à haute voix. En outre, le bateau assaillant nous a un peu aidés ! » Il rit.

Le marin numéro deux coupa le moteur. Ils continuèrent sur l’erre dans l’obscurité. « Le “navire”, corrigea-t-il. Un sous-marin est un “navire”, monsieur. »

Dans le noir, elle entendit un bruit cascadant, un gargouillis de ressac. Elle l’entrevit à peine dans la pénombre, vague silhouette bleu-noir. Mais elle pouvait sentir son odeur, sa présence, presque son contact sur la peau.

вернуться

8

Note de l’édition numérique : la traduction originale est « Elle ne pouvait pas mourir ici. Réduite en charpie, perdue au milieu d’un bilan… Non. David, le bébé… ». La VO est « She couldn’t die out here. No, not blown to shreds out here, killed like a statistic… David, the baby. ». La traduction étant assez imprécise, elle a été corrigée en « Elle ne pouvait pas mourir ici. Réduite en charpie, simple statistique… Non. David, le bébé… »

1 ... 85 86 87 88 89 90 91 92 93 ... 128
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)