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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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— Tout le monde dit la même chose, répondit Stacey Moggin. C’est pire près du Dôme, et ça s’améliore au fur et à mesure qu’on se rapproche du centre. Mais vous êtes toujours sur la Little Bitch ? À vous.

— Oui. On vient de vérifier les Killian et les Boucher. Tous partis. Si le missile passe au travers, Roger Killian va se retrouver avec un sacré lot de poulets rôtis. À toi.

— On organisera un pique-nique. Pete veut vous parler. Le chef Randolph, je veux dire. À vous. »

Jackie manœuvra la voiture et se gara un peu plus loin sur le bord de la route. Il y eut de la friture sur la ligne, puis Randolph prit la parole. Il ne s’embarrassa pas de formules codées — il ne l’avait jamais fait.

« Vous avez vérifié l’église, unité 2 ?

— L’église du Rédempteur ? À toi.

— C’est la seule du secteur, officier Everett. À moins qu’une mosquée hindoue ait poussé dans la nuit. »

Il semblait à Linda que ce n’était pas les hindous qui faisaient leurs dévotions dans des mosquées, mais quelque chose lui disait que le moment était mal choisi pour en faire la remarque. Randolph paraissait fatigué et de mauvaise humeur. « L’église du Christ-Rédempteur n’était pas dans notre secteur. Mais dans celui des deux petits nouveaux. Thibodeau et Searles, il me semble. À toi.

— Allez tout de même vérifier, dit Randolph, d’une voix plus irritée que jamais. Personne n’a vu Coggins, et deux de ses paroissiens veulent faire une de leurs petites fiestas de prières avec lui, j’sais plus comment ils appellent ça. »

Jackie porta l’index à sa tempe et fit le geste de se tirer une balle. Linda, qui n’avait qu’une envie, rentrer pour voir comment allaient ses filles qu’elle avait laissées chez Marta Edmund, acquiesça.

« Bien compris, chef. On y va. À vous.

— Vérifiez aussi le presbytère (il y eut une pause). Et la station de radio. Ce foutu machin continue de beugler, c’est donc qu’il y a quelqu’un.

— Entendu. » Elle était sur le point d’ajouter Terminé, lorsqu’elle pensa à quelque chose d’autre. « Chef, du nouveau, à la télé ? Le Président a-t-il donné des informations ? À vous ?

— J’ai pas le temps d’écouter toutes les conneries qui sortent de la bouche de cet idiot. Foncez, retrouvez-moi le padre et dites-lui de ramener ses fesses ici. Et ramenez aussi vos fesses. Terminé. »

Linda raccrocha le micro et regarda Jackie.

« Qu’on ramène nos fesses ? dit Jackie. Nos fesses ?

— C’est lui le trouduc », dit Linda.

La réplique se voulait drôle, mais elle tomba à plat. Elles restèrent un moment silencieuses, tandis que le moteur tournait au ralenti. Puis Jackie reprit d’une voix si basse qu’elle était presque inaudible : « C’est vraiment trop moche.

— Randolph au lieu de Perkins, tu veux dire ?

— Oui, ça et les nouveaux flics. » Elle avait mis des guillemets au mot flics. « Des gosses. Et tu sais quoi ? Quand je suis arrivée, Henry Morrison m’a dit que Randolph en avait engagé deux de plus, ce matin. Ils ont débarqué en compagnie de Carter Thibodeau et Peter les a fait signer sans leur poser une seule question. »

Linda connaissait le genre d’individus qui traînaient avec Thibodeau, au Dipper’s ou au Gas & Grocery, où ils se servaient du garage pour customiser leurs motos achetées à crédit. « Deux de plus ? Et pourquoi ?

— Pete a dit à Henry que nous pourrions en avoir besoin si le missile ratait son coup.Pour être sûr que la situation ne devienne pas incontrôlable, il a dit. Et tu sais qui lui a fourré cette idée dans la tête ? »

Oui, Linda le savait. « Au moins, ils ne sont pas armés.

— Deux ou trois le sont. Pas avec des armes de service ; avec les leurs. Mais demain — sauf si tout se termine aujourd’hui — ils le seront. Et Pete les a laissés patrouiller ensemble au lieu de les mettre avec des vrais flics. Tu parles d’une période de formation, hein ? Vingt-quatre heures, à peu de chose près ! Tu te rends compte que ces gosses sont maintenant plus nombreux que nous ? »

Linda digéra cette information en silence.

« Les Jeunesses hitlériennes, reprit Jackie. C’est à ça que je n’arrête pas de penser. J’exagère sans doute, mais j’espère vraiment que ce truc-là finira aujourd’hui et ne pas avoir à vérifier.

— Je ne vois pas tellement Peter Randolph en Hitler.

— Moi non plus. C’est à Rennie que je pense quand je parle de Hitler. » Elle enclencha une vitesse, exécuta un demi-tour et prit la direction de l’église du Christ-Rédempteur.

5

L’église était vide mais pas fermée à clef. Le générateur ne tournait pas. Le presbytère était silencieux, la Chevrolet du révérend garée dans le petit garage. Quand elle y jeta un coup d’œil, Linda vit deux autocollants sur le pare-chocs arrière : SI JE RENTRE EN TRANSE PRENEZ LE VOLANT ! lisait-on sur l’un. MON AUTRE VOITURE EST À DIX VITESSES, lisait-on sur l’autre.

Linda attira l’attention de Jackie sur le deuxième : « Il a une bicyclette ; je l’ai déjà vu dessus. Comme elle n’est pas dans le garage, je me dis qu’il l’a peut-être prise pour aller en ville. Pour économiser l’essence.

— C’est possible, admit Jackie. Mais nous devrions peut-être vérifier la maison, des fois qu’il aurait glissé dans sa douche et se serait cassé le cou.

— Nous ne risquons pas de le voir nu ?

— Personne ne prétend que le boulot de flic soit toujours agréable. Allons-y. »

La maison était fermée à clef, mais dans une ville où les résidents temporaires constituent une bonne partie de la population, la police sait comment entrer, dans ces cas-là. Elles vérifièrent les cachettes habituelles de la clef de secours. Ce fut Jackie qui la trouva, accrochée à un clou, derrière le volet de la cuisine. Elle ouvrait la porte de derrière.

« Révérend Coggins ? » appela Linda en passant la tête à l’intérieur. « C’est la police, révérend Coggins. Vous êtes là ? »

Pas de réponse. Elles entrèrent. Ordre et propreté régnaient au rez-de-chaussée, mais l’endroit n’en donna pas moins une impression de malaise à Linda. Parce qu’elle se trouvait chez quelqu’un d’autre, songea-t-elle. Dans la maison d’un religieux, sans y être invitée.

Jackie monta au premier. « Révérend Coggins ? C’est la police. Si vous êtes là, veuillez nous le faire savoir. »

Linda était restée au pied de l’escalier et regardait vers le haut. La maison lui donnait la sensation que quelque chose clochait, sans qu’elle sache pourquoi, exactement. Cela lui fit penser à Janelle agitée de tremblements en pleine crise de petit mal. Il y avait aussi quelque chose qui clochait là-dedans. Une certitude bizarre l’envahit : si Janelle avait été ici maintenant, elle aurait eu une autre crise. Oui, et elle aurait commencé à raconter des choses bizarres. Halloween et la Grande Citrouille, peut-être.

L’escalier était parfaitement ordinaire, mais elle n’avait aucune envie de monter à l’étage ; elle voulait juste que Jackie lui dise que les pièces étaient vides afin qu’elles puissent se rendre à la station de radio. Néanmoins, lorsque sa collègue l’appela, Linda monta les marches.

6

Jackie se tenait au milieu de la chambre de Coggins. Une grande croix en bois toute simple ornait l’un des murs, une plaque gravée sur un autre. Sur la plaque, on lisait : IL N’EST MOINEAU QUI TOMBE AU SOL SANS QU’IL NE LE SACHE. Le lit était défait. Il y avait des traces de sang sur le drap du dessous.

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