Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles
- Автор: Loubier Jean-Marc
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Éditions Robert laffont
- ISBN: 978-2221115763
- Жанр: Биографии и мемуары
Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:
Louis a donc retrouvé sa gaieté jusqu’à ce qu’il découvre en première page du journal La Cinématographie française un encart publicitaire pour un film baptisé Un coup fumant avec son nom en tête d’affiche et une photo de lui datant de quelques mois. En ce 19 juillet, il voit rouge. Ce film, il le connaît pour l’avoir tourné dix ans plus tôt en Italie. La vedette en était l’italien Totò et son premier titre français avait été Totò à Madrid ! Dans ce long métrage, peu diffusé en France, Louis n’a qu’un petit rôle, il n’apparaît que huit minutes. Mais son nouveau statut de star a donné une idée aux producteurs italiens — Lux et Jolly Film — et au producteur espagnol — Hesperia — qui, au passage, ont fait disparaître Cormoran, le producteur français. Non seulement on utilise son nom et son image sans son autorisation, mais en plus, quelques jours plus tard, il reçoit une assignation par laquelle on lui réclame la somme de 1 500 000 francs pour rupture de contrat ! On lui demande aussi d’assurer le doublage en français de sa prestation alors qu’il l’avait déjà fait à l’époque. Louis n’est pas procédurier, mais cette fois la pilule est difficile à avaler. Il contre-attaque pour « interprétation malicieuse de contrat » et demande la même somme de dommages et intérêts. L’affaire devient rapidement publique dans les journaux corporatifs et elle ne connaîtra sa conclusion que quelques mois plus tard, devant les sourires des juges qui se font projeter le film. Le tribunal tranchera en faveur de Louis de Funès. Un coup fumant ne pourra être exploité en France qu’à deux conditions : que les photos de « l’acteur français » servant à la publicité du film soient extraites du matériel de l’époque du tournage et que l’année de la réalisation par Steno soit mentionnée sur toutes les affiches. Après ces conclusions, le film restera dans les tiroirs du distributeur pour Paris et au niveau national. Pourtant, sortie en catimini à Nantes, une copie « pirate » aura le temps d’accueillir sept mille spectateurs. « Sept mille personnes trompées », dira Louis de Funès en ajoutant : « Je ne puis supporter ça. J’aime trop le public. » Au final, ce Coup fumant demeurera pendant des années le film « fantôme » de Louis de Funès jusqu’à ce qu’il soit édité en 2005 par la société René Château Vidéo en DVD.
Tout en achevant le tournage du Gendarme se marie aux studios de Boulogne, Louis n’en pense pas moins à l’avenir. Il a déjà pris la décision de ne tourner qu’un seul film l’année suivante. Il est temps pour lui de lever un peu le pied. Voilà des mois qu’il n’arrête pas, consacrant peu de temps à sa famille et à son jardinage sacré. Ce film, c’est Hibernatus. Il aurait souhaité que Jean Girault soit de nouveau derrière la caméra, mais celui-ci s’est déjà engagé pour mettre en images La Maison de campagne avec Jean Richard et Un drôle de colonel avec Jean Yanne. Alain Poiré tient à ce que ce soit Édouard Molinaro qui le réalise. Sur le moment, Louis se montre dubitatif, puis il finit par accepter à condition d’avoir la mainmise sur le script, les dialogues et la distribution. L’affaire se conclut sur cette base et il est même décidé que le tournage débutera le 17 février 1969. Louis commence par demander à Molinaro de retravailler sans perdre de temps le premier scénario qu’il lui a proposé. Rien ne lui convient. Il ne tarde pas à faire intervenir Jean Halain, dès les premiers jours du mois d’août. Louis ne veut pas — et on le comprend aisément — voir se reproduire la mésaventure du Tatoué. Il veut du fignolé, du pourléché aussi bien pour lui que pour ses partenaires qui seront Claude Gensac, Paul Préboist, Max Montavon, Jacques Legras, Martine Kelly, et son fils Olivier, désormais bachelier et élève au cours Simon. Seule concession dans cette équipe, la présence du jeune Bernard Alane et celle de « Michel » Lonsdale[425] dont Gérard Oury lui a dit le plus grand bien en espérant ne pas avoir à le regretter.
Au matin du 9 août, Louis découvre dans son courrier une bien curieuse lettre qu’il s’empresse de cacher à Jeanne. La missive a été glissée sous la porte d’entrée de son appartement rue Monceau. Un inconnu répondant au nom de Pierre Langlois et se réclamant d’un groupuscule révolutionnaire appelé Delta 4 lui réclame la somme de 150 000 francs au motif qu’il « gagne trop d’argent ». Ce n’est pas la première fois qu’il reçoit ce genre de lettre. Certes, il prend cela au sérieux, mais il ne s’en alarme pas davantage et, surtout, il ne veut pas inquiéter sa famille, d’autant qu’on ne menace pas sa vie. Pendant une semaine, il n’y pense plus. Pire, il oublie. Seulement, un soir, le téléphone rappelle à son souvenir le sieur Langlois. Cette fois, son correspondant se montre particulièrement déterminé : « J’ai besoin de 150 000 francs très vite ! Si vous refusez, vos fils en subiront les conséquences ! » Là, plus question de rigoler. L’avertissement est clair, et comme dans tout bon polar Pierre Langlois exige que la police ne soit pas mêlée à cette histoire. Louis réunit immédiatement femme et enfants. Même si ces derniers ne semblent guère bouleversés par ces menaces, « à 24 et 19 ans, nous sommes à l’abri du rapt classique à la sortie de l’école », dit aujourd’hui Olivier de Funès[426], Louis et Jeanne tiennent à ce qu’une décision collégiale soit prise. Faut-il ou ne faut-il pas alerter la police ?
17.
Sombreros et papillons
425
À cette époque Michael Lonsdale orthographiait son prénom à la française.
426
Olivier de Funès, op. cit., p. 192.